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Help, ma différence me pèse. Besoin de conseil, que suis-je?

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Help, ma différence me pèse. Besoin de conseil, que suis-je?
Arobaazle 19 octobre 2022 à 21:18

Bonsoir,
Je découvre à peine ce forum. Excusez si mon message est mal placé ou innaproprié si c'est le cas je l'enlève sans soucis.
Voilà, j'ai 27 ans et à l'heure d'aujourd'hui ma vie est totalement décousue et je me sens désoeuvrée. Le mois dernier je suis rentrée en formation. Une entrée en formation qui me tenait à coeur jusqu'à présent et pour laquelle j'ai fais pas mal de sacrifices. J'avais interrompu mes études pendant 7 longues années ne sachant que faire de ma foutue vie et j'ai trimé dans des petits boulots sans intérêts dans le but d'épargner, de m'acheter une voiture (pour les stages), de déménager etc...
Mais seulement voilà, il y a un HIC et un gros... Malgrè l'enthousiasme des débuts et la volonté de bien faire les choses, je n'arrive toujours pas à m'intégrer à ma promo! C'est un problème que j'ai rencontré à partir du lycée et depuis presque 10 ans mtn, j'ai des pb relationnels (pro et perso) qui me pourrissent littéralement la vie. Au point d'avoir des idées noires car honnêtement j'ai beau faire tout les efforts du monde, les gens me rejettent toujours et encore.
Qui plus est, je viens d'une famille chaotique, pas du tout sécurisante. Des parents plutôt atypiques (bah ouai les chiens ne font pas des chats) et instables émotionnellemenst. Bref, mes frères et soeur et moi même on en a durement baver. Nous n'avons jamais eu aucun support émotionnel de leur part.
De mon côté, j'ai pu avoir des bandes de potes mais je ne me suis jamais sentie totalement à l'aise avec eux et j'avais constamment cette impression de devoir jouer un rôle, de dissimuler qui j'étais pour être acceptée. Mais petit à petit je sombrais en dépression car jouer ce rôle, en plus de me bouffer toute mon énergie, m'a rendue complètement étrangère à moi-même et j'avais une réelle impression d'être vide de toute substance, comme si mon âme s'éteignait. J'ai donc arrêté de porter ce masque et ça a été de plus en plus chaotique au niveau relationnel. Il y a un truc en moi que les gens fuient et j'ignore ce que c'est.
On m'a souvent vu comme quelqu'un(e) d'assez originale, de bizarre, de "folle". Plus jeune j'étais souvent celle qui faisait le pitre, la bonne copine avec qui on rigolait bien. J'étais appréciée. Puis petit à petit, il est vrai que les problématiques familliales ont consumées ma joie de vivre. J'étais un peu moins funky, et c'est vers mes 16 ans que j'ai du avoir ma première crise existentielle. Une période très sombre où j'avais tendance à me replier sur moi-même, me scarifier et fumer beaucoup de bédo.
De mes 16 ans jusqu'à mes 25 ans ça a été la dégringolade. Je consommais différentes substances, et j'étais clairement en dépression quand j'y repense. N'étant pas particulièrement entourée, ou bien par des gens pas forcèment bienveillants à mon égard, j'ai sombré. A cette période j'ai pensé m'ôter la vie plus d'une cinquantaine de fois, sans réels passage à l'acte, mais l'envie était plus que présente. Un jour j'ai donc décidé d'aller voir une psychothérapeute EMDR, car je sentais que je vrillais car c'est aussi à cette période que des flashs de mon enfance me revenaient. J'ai suivi quelques séances, puis par manque d'argent j'ai dû stopper. En même temps, niveau pro c'était vraiment horrible. En plus du fait que je ne m'intégrais pas aux équipes, j'étais prise pour cible, le bouc émissaire. Je m'attire toujours les foudre de tout le monde, j'ai subis de l'harcèlement moral de la part de mes supérieurs.
J'ai pris conscience que c'est mon comportement qui cause cela. Mais quoi précisèment, je l'ignore...
Quand je regarde mon passé, et quand je tente de prendre du recul sur moi-même, je me demande si je ne suis pas Autiste Asperger, TDAH ou HPI/PE. Je m'explique:

-J'ai des facultés artistiques très développées: je peins, dessine et toutes les personnes à qui j'ai montré mes peintures et dessins sont ébahits. Plusieurs fois, l'on m'a dit qu'il fallait que j'expose etc mais ce que je dessine ou peins relève de l'intime pour moi. C'est comme une partie de moi que je ne veux ni vendre, ni exposer.

-Hypersensibilité sensorielle: Petite, je pleurais lorsque les lumières s'éteignaient et que l'ont chantait "Joyeux anniversaire". J'avais peur de l'aspirateur. J'étais très sensible aux bruits. Aujourd'hui, cette hypersensibilité sensorielle à diminuée. J'ai aussi

-Groupe d'amis restreint/difficultés à se lier: je ne me suis jamais sentie à l'aise dans des groupes trop grand, comme si je me noyais. Au delà de 3 personnes dans un groupe, je perds tout mes moyens et n'arrive pas à trouver ma place. Je finis par me replier totalement sur moi-même.

-Remise en causes des normes: Depuis petite, j'ai toujours éprouvé un malin plaisir à déjouer les normes. Déjà, j'étais "garçon manqué", je ne jouais qu'avec des jeux dits pour "garçons". Je détestais m'habillait en "fille", je haïssais les robes (et c'est toujours le cas). Je ne me suis jamais sentie moi-même totalement femme d'ailleurs. Ni homme. Je suis juste moi. Ce qu'aujourd'hui on pourrait appeler être "non-binaire". Mais je déteste les étiquettes. Je remets beaucoup en question ce que la société nous impose, et je n'y peux rien c'est plus fort que moi.

-Discipline: Je suis très carrée sur mon hygiène de vie, j'ai arrêté de fumer seule et depuis je cours tout les 2 jours 15 à 20km. J'adore prendre soin de mon corps, et c'est une fierté pour moi de l'entretenir de cette manière. J'essaie aussi d'avoir une alimentation équilibrée et suis très attentive à ce que j'ingurgite.

-Intérêts spécifiques: Je suis vraiment interessée par les arts, les sciences humaines (psycho, socio, philo), la métaphysique, la spiritualité, l'ésotérisme. Ce qui est hors-norme m'attire plus que tout. J'ai des phases, par exemple je me suis interessée à la Chiromancie, l'Astrologie pendant une période, puis ça a été au tour de l'Hindouisme, puis de la proto-histoire (Sumer, Aryens...). Mais ça reste assez superficiel, enfin je suis loin d'être une experte dans ces domaines-ci.

-Solitude: Cela peut sembler paradoxale mais je me complais dans ma solitude en même temps que je la méprise. Je me ressource dans ma solitude et ai besoin de ces moments pour me sentir bien et pas "submergée" par le monde extérieur. J'ai conscience que ça a clairement dû saboter pas mal de mes relations, car c'est un réel déchirement intérieur: d'un côté je veux être entourée d'un autre je fuis les gens.

J'ai toujours eu cette impression que les gens se rendaient compte de quelque chose que j'ignorais de moi-même. Je sais pas comment l'expliquer mais c'est dans leur regard, leur façon de faire avec moi, j'ai comme l'impression qu'ils s'adaptent et qu'ils font un effort qu'ils ne feraient pas face à tout le monde avant de me m'exclure. Je me sens totalement en décalage avec la plupart des gens que je croise. Je refuse de faire certaines choses (comme me moquer d'autrui par exemple) pour m'intéger, car j'ai l'impression de me trahir et faire du mal à autrui intentionnellement me rend malade. Ma soeur aussi est très atypique, elle-même pense être Autiste Asperger, nous avons les mêmes problèmes relationnels. Mon frère quant à lui, est celui qui s'en sort le mieux. Il a toujours sû s'intégrer, il a des amis et est plutôt bien professionnellement parlant.
SVP j'ai besoin de vos conseils, j'arrive vraiment à un point de non-retour je le sens. Je n'ai qu'une envie c'est d'arrêter cette foutue formation qui me tenait tant à coeur et me barrer à l'autre bout du monde. Je ne supporte plus d'être la marginale qu'on méprise, j'aimerai tant trouver ma place, être enfin sereine et prendre ma revanche sur cette vie de misère. Je déteste l'échec et le vivre au quotidien va me rendre folle. Je n'attends pas de vous un diag mais juste des mots qui pourraient me guider ou je sais pas...
Merci de m'avoir lue si jamais

Juliette.le 19 octobre 2022 à 22:04  •   87481

Bonjour @Arobaaz !

Je ne peux pas répondre à ta question "qui suis-je?" évidemment, mais j'ai juste envie de te souhaiter la bienvenue parce que je pense que tu trouveras sûrement des clés ici. De toutes façons, il me semble judicieux que tu te rapproches de gens qui, diagnostic ou pas, partagent les particularités que tu as évoquées et qui ont pu, à un moment ou un autre, ressentir les mêmes "limites" au niveau social. Je comprends ton besoin de compréhension de toi-même mais, à mon avis, il est plus urgent que tu reçoives des ondes positives concernant ta personne, que tu t'entoures de personnes qui te comprennent, t'écoutent et t'acceptent. Ca peut vraiment t'aider, dans un premier temps, à t'accepter telle que tu es et à mettre en lumière toutes tes belles qualités.

Arobaazle 19 octobre 2022 à 22:21  •   87483

Merci pour le retour et pour ces gentils mots. Oui bien sûre je partage ton avis. C'est le désespoir qui me fait parler ainsi. Cette société est tellement féroce face à la différence que ça me fait pleurer de rage... d'où le besoin de cerner mon identité, que je ne réduis pas à un trouble ou à un syndrome, mais ça serait inconvenant de gommer cette différence là.

Merlinle 20 octobre 2022 à 05:03  •   87486

Bonjour,

Le hic lorsqu'on est différent, c'est qu'on ne peut pas devenir "normal". La norme, c'est aussi un phénomène social qui s'auto-entretient : les gens qui sont dans la norme auront tendance à se rassembler et à rejeter ceux qui s'en éloignent. Après, les tactiques pour gérer cela sont différentes en fonction de chacun, mais je dirais qu'elles sont de deux ordres :
- imposer qui l'on est. Faire en sorte par son comportement (mais aussi souvent de son utilité sociale, donc la manière dont on développe des capacités, talents ou dons professionnels) que les autres nous cataloguent dans une case "original mais sympa".
- faire croire qu'on fait partie du lot. C'est la technique caméléo, qui demande la capacité à se fondre dans son milieu même si cela ne correspond pas à qui on est.
Imagine une personne aux cheveux roux poil de carotte : depuis l'enfance, cette personne-là subira les remarques et moqueries. Elle va avoir le choix entre porter bien haut sa chevelure de flamme, parfois même en exagérant son symbolisme, ou se teindre les cheveux pour se fondre dans la masse. Mais elle ne pourra pas garder ses cheveux roux étincelants et passer inaperçue. C'est un choix. L'un implique d'affronter les autres (même de manière passive) alors que l'autre implique un renoncement de soi.

Aucune de ces deux voies n'est facile. Bien sûr, ce sont des axes sur lesquels on peut se situer en mélangeant un peu des deux en fonction des situations et des milieux dans lesquels on évolue, mais cela demande tout de même une force intérieure. Je crois que la clé pour constituer cette force passe d'abord par l'acceptation de soi. Comprendre que l'on est différent, l'admettre, et se sentir bien avec cette différence. C'est sûr que dans cette situation, les introvertis ont un avantage parce qu'ils ressentent moins le besoin de s'immerger dans les groupes - donc de multiplier les situations où l'on peut ressentir le besoin de leur approbation.

Je crois que plutôt que de rechercher l'insertion forcée dans un groupe donné, il est plus facile (et plus enrichissant) de trouver quelques personnes avec qui on se sent bien, qui nous acceptent tels que nous sommes et qui nous fournissent la "respiration sociale" dont on a besoin. Lorsqu'on est inséré dans un groupe obligatoire (études, travail...) on peut très bien se tenir un peu à l'écart avec une ou deux autres personnes, ou encore être seul mais retrouver des gens à l'extérieur qui donnent la force de continuer.

Dans ton cas précis, je crois qu'abandonner ta formation serait une erreur. Tu sembles l'avoir recherchée et être motivée pour cette voie, et y renoncer pourrait te priver de débouchés te permettant ensuite d'avoir un équilibre professionnel - et de revenus dont on a hélas besoin dans notre type de société. Là, je dirais qu'il est nécessaire de faire appel à sa force intérieure, à son caractère, pour faire le dos rond et aller jusqu'au bout en sachant quel est l'objectif (obtenir le diplôme recherché pour améliorer sa vie ensuite). Cette force, elle peut être moins difficile à trouver lorsqu'on a un ou plusieurs amis qui nous soutiennent et avec qui on peut évacuer la pression et se ressourcer. Et tu peux te servir de la discipline que tu sembles posséder pour y parvenir. Parce qu'une formation, comme des études, ce n'est pas une fin en soi, c'est à la fois un apprentissage (indépendant de ceux avec qui on apprend) et une marche à franchir. Donc une période limitée dans le temps, aussi.

Je sais que ce genre de période n'est pas facile. J'aimerais te dire que ça ira mieux après, mais tout dépend des circonstances que l'on rencontre dans la vie. Ce qui me paraît certain, c'est que l'on peut franchir ces obstacles et trouver son propre équilibre, à l'intérieur de soi d'abord et ensuite dans les différents milieux sociaux que l'on est amené à fréquenter et ceux que l'on choisit.

Voilà, désolé d'avoir fait un peu long, j'espère que ces réflexions pourront te servir au moins un peu. Et je rejoins entièrement @Juliette. sur le sujet des ondes positives !

Bon courage... et bienvenue :)

paradoxle 20 octobre 2022 à 13:07  •   87491

Je plussoie ce qui a déjà été dit. Ce serait dommage de lâcher la formation.
Le problème de l'intégration à la normalité revient souvent. Moi, je n'y arrive pas. Je suis capable de faire mon caméléon, facilement, mais pas longtemps, il faut des soupapes. Un.e ami.e suffit parfois, écoute et soutien. Un patron de bar inconnu a parfois fait l'affaire, expérience rigolote. Et ça détend.

Mais une phrase m'a fait tilt : je fais pourtant des efforts mais c'est pire (ou un truc comme ça).
Alors arrête de faire des efforts. Sois plus dans la sincérité même si c'est pas facile : "désolé, j'ai toujours eu du mal à m'intégrer", "je suis un peu perchée je sais mais c'est pas une raison pour en profiter", ou ce qui te correspond sur le moment. Dis qui tu es, parle de ce que tu es, par petite dose au bon moment.
Y a bien ne serait-ce qu'une personne qui sera touchée ou à l'écoute et faire un pont avec les autres. Le dialogue sincère, c'est l'arme magique, il faut un peu de stratégie.

Le côté garçonne, je dirai que c'est un peu à la mode, ça devrait pas poser de problème (ou alors tu es entourée de beauf, du coup quel est besoin de s'intégrer).

Le bédo, ça exacerbe l'état d'esprit dans le lequel tu es. Pas de joint quand ça va pas, c'est mieux.

LE truc que tu dois comprendre, c'est ce qui repousse les autres. Tu dis trois ou quatre fois que tu ne comprends pas ce que se passe. Il y a là l'enjeu de base. Que quelqu'un le te dise sincérement et que tu l'acceptes. Tu en feras une force, soit pour comprendre comment être avec les autres, soit pour avoir la force de dire fuck off sans s'énerver, avec le sourire, ce qui fait un bien fou.

Je rajouterais que si tu te sens marginale, alors après ta formation, rejoins la marge, il y a de la place.

MaisEncorele 20 octobre 2022 à 15:36  •   87493

Enchantée @Arobaaz 🙂,

J'ajoute une idée d'exercice pour compléter ce que relève Paradox sur le rejet :
Écrire une liste de situations et comportements dans lesquels tu penses voir un soucis / une difficulté avec les personnes, même si tu ne les "expliques pas", en posant très simplement et rapidement les choses. Juste observer, et si tu peux les repérer alors noter les éléments précis qui mènent les autres à te mépriser et rejeter (je reprends tes mots).
Laisser tomber tout ce qui est psycho, socio etc... ne pas chercher à savoir si c'est normal ou pas, qui a tort ou raison mais regarder chaque scène comme un simple *fait* pour que tu puisses aller chercher l'élément qui te permettra d'interagir différemment la prochaine fois. Parler plus, parler moins, écouter plus, écouter moins, faire sa vie sans se préoccuper des autres ou prendre des initiatives... je dis n'importe quoi ne te connaissant pas... mais des espaces dans lesquels tu peux te sentir bien, avec ou malgré les autres.

Il ne s'agit pas de se cacher derrière des apparences (cela ne semble pas ou plus te convenir) mais bien de trouver la posture qui va faciliter les interactions tout en restant toi-même.
Être "original mais sympa" évoqué par Merlin, à commencer dans ta vie au sein de la formation, c'est important et à privilégier je le pense aussi. Qui dit formation dit apprentissage personnel, la plus grosse partie relève donc de ce qui se passe entre l'enseignement proposé et toi. Alors prend tout ce que tu peux prendre, concentre-toi sur tout ce qui va t'enrichir toi en tant qu'individu... Les relations avec les autres devraient même s'en voir modifiées ou influencées.
Tu prends déjà soin de ton corps et ce n'est pas rien... t'investir à fond dans la formation et tenter des attitudes facilitatrices vis-à-vis des autres peuvent favoriser ouvertures et ondes positives supplémentaires.
Ensuite il sera peut-être plus facile de passer aux parties introspectives et de positionnements que tu souhaites avoir et construire...

🙂

Minairalele 20 octobre 2022 à 18:09  •   87504

@Arobaaz, un grand pas immense de poser ce témoignage, mais lorsqu'on le lit on voit les autres, les autres, les autres, les autres...cad le monde autour de moi,
reprends ton pouvoir personnel, artistique, créative, imaginative, sensible, extra sensorielle, capable d'une immense compréhension, d'une empathie manifestée inconsciente, d'un réservoir de bien faire, bien être, d'un puits abyssinal de force intérieure, de ressources extraordinaires, penses tu qu'en face de toi, il serait capable de tenir avec ce que tu vis et ressens ? Avance et affranchis toi de la vision étriquée d'autrui. Travaille ta verticalité et ne laisse personne te dire qui tu es ou ce que tu dois être à leurs yeux, Paix et sérénité du coeur à toi,

Minairale

paradoxle 20 octobre 2022 à 18:41  •   87507

Ah oui la créativité, bien vu @Minairale.
@Arobaaz , as-tu une quelconque pratique créative, le champ est vaste ? Déjà, juste le faire, ça fait du bien. C'est aussi une forme de réalisation de soi. Et une façon de se décharger d'un trop plein. Bref, dessin, musique, écriture, jardin, cuisine, déco, etc, etc. Non ?

Arobaazle 20 octobre 2022 à 20:46  •   87513

Tout d'abord, merci à tous pour vos réponses et merci d'avoir pris le temps de me lire.
@Merlin Je te rejoins totalement sur l'idée de l'acceptation de soi et tu as sans doute raison quant aux stratégies à adopter. "Les clous qui dépassent, soit on les enfoncent, soit on les arrachent." Mais justement, vers mes 20 ans par exemple j'étais dans un esprit assez "fuck off" et je m'efforcais de cultiver l'amour de soi, je chérissais ma singularité, puis si ça plaisait pas tant pis. Mais même avec ça, on s'acharnait sur moi, on m'enfoncait, j'étais la cible de railleries ou de méchancetés. Souvent dites derrière mon dos d'ailleurs. Ce à quoi je n'ai pas souvent répondu (sauf cas extrême où je déboulonnais et me faisait du mal, rarement aux autres). Et honnêtement, je pense être assez combative et ce depuis toute petite, mais lutter sans cesse contre ça m'use, j'ai mal à mon estime c'est plus fort que moi. C'est sûrement ma plus grande faiblesse. J'ai l'impression que toute ma vie ça sera la même galère. Originale mais pas sympa... Et au final, pour quoi? Cette société est tellement infatuée qu'elle ne dédaigne même pas se remettre en question. Enfin si, pardon, mais ça reste du fake, de la remise en question de façade avec rien de solide derrière. Aucune envie d'être une de leur bouffone ou un simple clone, j'suis pas un playmobil bordel. J'ai envie d'être moi, c'est tout. Si je peux me permettre, et toi, quelle stratégie adoptes-tu donc?
Pour ce qui est de la formation, merci pour tes conseils. En effet, ce n'est l'histoire que de quelques années au final. Après j'ai oublié de préciser que c'était une formation qui demande une très grande implication personnelle. Je serai amenée à accompagner des publics vulnérables donc il faut avoir un certain équilibre. Et souvent, je le perds, à cause de ces foutus pb relationnels... Même si en situation professionnelle, et en accompagnant des personnes je suis toute autre et j'arrive à creer du lien. Bizarrement...

Kobayashile 20 octobre 2022 à 20:55  •   87516

Tu sais déjà qui tu es, reste à l'accepter et à le vivre pleinement.
Simplifie ton relationnel en mettant seulement deux ou trois principes pour gérer la relation aux autres, dans le respect de chacun, inclus toi, et pour tout le reste, vas-y, fonces ! Exprime-toi et épanouie tous tes talents en gardant un équilibre avec ton hygiène de vie.

Tu découvriras sur ton chemin les beautés de la vie, de ta vie, que toi seule peu comprendre et apprécier !

Arobaazle 20 octobre 2022 à 21:05  •   87520

@paradox Hello, merci pour la réponse 🙂
Je prends note de tes conseils. Pour le côté sincère, je ne suis pas très douée pour simuler quoi que ce soit. Je pense être assez naturelle, et justement j'ai l'impression que c'est ce qui agace! En revanche, quand je sens que je saoul quelqu'un.e par mon comportement ou autre (parler trop, trop m'agiter, trop rigoler ou bien que sais-je...) là je fais des efforts et modifie mon comportement. J'essaie de m'adapter à la personne que j'ai en face de moi quoi, je me censure même.
Et le truc, c'est que personne n'ose rien me dire en face, c'est toujours derrière mon dos que les choses se disent et je ne pense pas que je me fasse des films! J'ai l'impression que j'effraie, par ce que je suis. J'ai du muscle mais je suis loin d'être foutue comme The Rock!
Niveau substance j'ai tout arrêté, même l'alcool et la weed c'est pour dire. Et justement, depuis que je ne consomme plus rien je suis comme "à poil" devant les autres, c'est dur mais je résiste car je sais désormais que ça ne mène à rien de bon comme tu dis.
Mais oui, recadrer avec le sourire c'est important. Il est vrai que je ne suis pas de nature très souriante en revanche. Peut-être est-ce ça qui pose problème?

Et pour te répondre à propos d'une activité créative, oui en effet, je dessine et je peins quand j'ai le temps. Je t'avoue que depuis la reprise de la formation j'en manque cruellement, et ça me manque! Cependant, j'ai recommencé à écrire hier. Comme une sensation de délestage, ça m'a fait un bien fou. En bordure de mer qui plus est, c'était très agréable.

Arobaazle 20 octobre 2022 à 21:23  •   87524

@MaisEncore Hello, enchantée aussi 🙂
Je vais tenter ce que tu me dis. Ma psy de l'époque m'avait parlé d'un truc similaire que je n'avais jamais mis en place. Je pense que ça pourrait m'être utile en effet. Merci bcp!
Tu as tout à fait cerné mes intentions. J'ai besoin d'être ancrée en moi-même et je fuis les faux-semblants. J'essaie de me concentrer sur ma formation car celle-ci m'intéresse plus que tout en plus de ça. Mais il est vrai que c'est une réelle charge mentale pour moi de ne pas réussir à m'intégrer. C'est un mélange d'agacement, de frustration et de honte. J'ai l'impression de revivre mon passé, une situation d'échec, et c'est hyper désagréable et déstabilisant. Il faut que je me recentre, ce n'est pas simple.

@Minairale Hello, merci pour ce message. C'est vrai ce que tu dis, je ne m'en étais même pas rendue compte. Je suis focalisée sur les autres et sur ce qu'ils pensent de moi. Et ça m'asphyxie. J'ignore s'ils pourraient survivre à mes déboires, mais je suis persuadée que chacun.e porte sa croix et possède son lot de misère et c'est déjà assez. Je ne pense pas qu'il faille totalement s'affranchir du regard des autres, car dans ce cas, nous n'existons plus. C'est justement en nous confrontant à cette altérité, qui peut sembler nous desservir, que paradoxalement on est le plus à même d'évoluer, de se transformer. "ne laisse personne te dire qui tu es ou ce que tu dois être à leurs yeux" cette phrase me restera, je te remercie. Peace

@Kobayashi Hello, merci pour ces conseils et ces encouragements! Ce genre de période me fait oublier comme la vie est belle et précieuse, merci pour cette piqûre de rappel. De belles choses sont à venir, au fond de moi, j'y crois. Gratitude

zozottele 20 octobre 2022 à 22:39  •   87527

citation :
Je ne pense pas qu'il faille totalement s'affranchir du regard des autres, car dans ce cas, nous n'existons plus.


Pas vraiment @Arobaaz.
Nous n'existons pas à travers le regard des autres.Nous existons parce que nous avons des envies,des besoins,des désirs.
Les autres auront toujours un regard sur nous,et négatif ou positif,quelle différence ?
Ces regards auront l'importance que tu leur donnera.
L'important c'est de savoir quel regard toi,tu as sur toi.Quel sont tes valeurs, tes envies,tes peurs,tes forces et tes faiblesses.
Les autres ne voient que la partie émergé de toi.
Toi seule connait la totalité,et pour vraiment juger,il faut tout connaître.
C'est la ta vie et ton chemin,et c'est la que tu existes.
A travers ton regard sur la vie,et non plus à travers le regard des autres,et ça change tout.

paradoxle 20 octobre 2022 à 23:17  •   87533

Et ben, avec tout ça, tu as du travail mais ça ne peut être que gratifiant.

Je reviens sur la sincérité.
Ok, tu veux être entière même avec les autres, bravo. Mais si j'ai bien compris, parfois, c'est ton attidude "trop" qui agace. Je t'avouerais que moi aussi, les gens trop agités peuvent parfois me fatiguer.
Sauf que je fais une différence entre sincérité de la parole et attitude. Ce n'est pas te changer, renier ta personalité ni même ton identité de changer d'attitude avec les autres, ça s'appelle de la sociabilité, c'est un jeu (un jeu est un ensemble de règles). Se censurer, avec la pluaprt des gens, on le fait tous. Ça me rappelle la série Young Sheldon où son grand frère lui apprend à mentir. Et mon grand frère a fait la même chose avec moi : "mais tu peux pas dire ce que tu penses tout le temps, ça va pas !"
C'est bien pour ça qu'une oreille empathique, de temps en temps, permet une soupape : "comment j'avais envie de lui dire ceci cela mais je serai encore passer pour une tarée". Et tu arrêtes de ruminer ce moment frustrant, y a même moyen de bien rigoler.

Mais dire les choses pour que les gens comprennent, ça me parait plus qu'important. Par exemple, en vrac, il m'arrive de dire : "désolé mais si je comprends pas ce que je fais, je suis bon à rien", "oui, je sais, j'ai tendance à digresser", "je suis sensible, s'te plait, dis-moi ça avec des pincettes la prochaine fois", etc, et ce sont les gens aussi qui s'adapteront à toi, ça devient un échange.
Et il faut méta-communiquer, communiquer sur la communication : "vous le dites si je parle trop !" ; "la fille qui rigole pour un rien, t'sais" en parlant de toi ; "pardon, je t'écoutais pas, j'étais ailleurs", "oui je sais, je suis pas trop souriante mais la vie m'a pas trop épargnée depuis un moment", la communication, c'est aussi le non verbal. Je crois que tu vois le genre.

Cool pour l'écriture, moi aussi ça me fait un bien fou.
Allez, retrouve le sourire !

Arobaazle 21 octobre 2022 à 12:44  •   87560

@paradox Justement, je vois qu'il faut jouer ce "rôle social" dont tu parles, et je l'ai joué un moment donné ce jeu là. Mais j'étais devenu un type de personne méprisable. C'est comme si j'étais trop perméable et que je n'arrivais pas à conserver une identité propre et que jouer ce jeu me perdais complètement. J'ai bien peur d'être irrécupérable sur ce point là, y'a un truc qui a foiré durant mon enfance.
Aujourd'hui par exemple, je me pose en amphi. Une camarade se pose à côté de moi. Je suis concentrée sur le cours car ça m'intéresse vraiment et je n'ai pas envie d'en louper une miette. Elle me sort un truc drôle, et moi je sais que dans le "jeu social" il faudrait que je renchaîne sur quelque chose, ou que je délire avec elle. Mais voilà, j'ai plus envie de faire ce compromis là, car j'ai envie d'écouter le cours et pas de sociabiliser à ce moment quoi. Et du coups je passe pour une grosse associale mais c'est juste que c'est pas le bon moment en fait. Pourtant je sais recadrer en douceur "Attends stp, je suis en train d'écouter le cours." (avec le sourire ;) ). Mais vu qu'on m'a posé cette étiquette de bizarre, j'ai l'impression que chacun de mes faits et gestes renforcent l'idée reçue qu'on les gens sur moi.

zozottele 21 octobre 2022 à 13:10  •   87564

@Arobaaz personne n'est irrécupérable.
Plus tu auras confiance en toi, plus tu seras bien dans ta peau,et plus les autres arriverons à te comprendre, sans que tu n'es forcément besoin de t'expliquer.
Si tu te sens bizarre,tu te comportera bizarrement.
Si tu es à l'aise,les autres le sentirons,et le serons en retour.

paradoxle 21 octobre 2022 à 13:36  •   87568

"du coups je passe pour une grosse associale",
j'ai envie de dire "et alors ?" Encore un coup du regard de l'autre.

"Mais vu qu'on m'a posé cette étiquette de bizarre, j'ai l'impression que chacun de mes faits et gestes renforcent l'idée reçue qu'ont les gens sur moi.".
Ça c'est sûr, t'es la bizarre. Et alors ? Assumes ! Et tu dois revenir vers cette camarade plus tard en disant "désolé, c'était rigolo mais c'était pas le moment, j'étais à fond dans le cours. Et quand je suis à fond dans quelque chose, ben je suis une grosse associale." Verbalise !

Arobaazle 21 octobre 2022 à 19:01  •   87596

@zozotte Oui je vois, c'est vrai que je l'avais remarqué ce truc de projection de l'état intérieur vers l'extérieur. Le truc c'est que chez moi, ce n'est pas pérenne. Il suffit qu'on me clash sur quelque chose pour que je perde toute confiance en moi, c'est terriblement chiant. Mon égo est trop fragile et je tangue toujours sur un flot d'incertitudes.

@paradox Ok, verbaliser! J'avoue avoir de gros efforts à faire niveau communication. C'est pas simple de s'assumer! Mais c'est jouable
Merci bcp en tout cas

paradoxle 21 octobre 2022 à 19:59  •   87597

Dire toi-même ce que les autres pensent, ça marche bien. Oui, je sais, je suis bizarre, oui je sais, je peux être asociale, etc. Plutôt que d'essayer de le cacher, ce qui est encore plus bizarre et inquiétant parce que les gens se posent encore plus de questions, "elle cache des trucs".
Pourquoi ce serait toujours à nous de nous adapter, pourquoi pas à eux, un petit peu ? En plus, y a un côté beaucoup plus médiatisé sur les profils atypiques, presque une mode, faut surfer cette vague.

Maele 21 octobre 2022 à 20:01  •   87598

J'arrive après la bataille 🙂

Déjà l'équipe de permanence t'a répondu point par point sur à peu près tout ce que je souhaitais te répondre, bravo les loulous! Tu as vu comme ils assurent ici? 😉

Tout ce qu'il me reste à te dire c'est que je t'envoie beaucoup d'amour et de pensées positives, accroche-toi et souffle avec les moyens que tu as dès que tu le peux! Courage!

et ce serait dommage de lâcher ta formation ( de mon ressenti)🤘

Juliette.le 21 octobre 2022 à 20:24  •   87599

Oui, et puis, n'y a-t-il pas une activité que tu aimerais faire, peut-être un peu plus "déjantée", artistique pourquoi pas, quelque-chose que tu as toujours eu envie de faire, sans oser (parce-que c'est toujours le même problème, toi parmi les autres... Je connais!), qui pourrait peut-être réunir des gens un peu différents, un peu plus ceci, moins celà..., et où tout le monde vient un peu pour se lâcher quoi? J'ai rejoint un groupe de chant depuis un an et, franchement, malgré mes appréhensions et certaines limites (genre ne pas se mettre à parler de la valeur travail, ou de l'intégration de certaines populations immigrées.....), ben, l'amour du chant et le bonheur dans la recherche d'une harmonie, font que, même s'il m'arrive d'appréhender certains à-côté, le plaisir de chanter ensemble, de constater aussi comme je progresse,..., j'attends ce moment de la semaine avec impatience, et sais que j'en sortirai avec plus d'envergure pour mon "moi" bizarre, différent. Moi bizarre, différent, mais aussi difficile pour les autres parfois. Il est bon, aussi, d'essayer de se mettre dans la peau des autres. Pas parce que tu comprends leur manière d'être et de penser, non, juste parce que, il faut bien l'admettre, ils sont plus nombreux à fonctionner ainsi et, oui, on est légèrement en marge. Du coup, simplement, se dire que si on ne leur donne aucune clé pour nous comprendre, ni de l'amitié (en tous cas une certaine proximité), effectivement, comme le dit @paradox, on ne pourra être vus que comme "marginaux". Alors que, au chant, j'en suis sûre, je suis pour eux avant tout quelqu'un d'entier, de sensible, de généreux... (avec un côté bizarre, indescriptible, qui échappe...)
A chaque fois que nous parvenons à nous insérer un tant soit peu, et encore bien plus si nous parvenons à être le plus entier possible, il faut se dire que nous faisons avancer le schmilblik, pour nous-même, pour les autres, pour la société. Mais rien de bon ne peut se faire dans la douleur et en se forçant. Voir quelle part de nous peut correspondre à telle part des autres...

Arobaazle 22 octobre 2022 à 15:13  •   87617

@paradox Oui, je la pratique parfois, l'auto-dérision. Mais certaines personnes prennent ça pour une perche et se permettent de rabaisser. Du coups mtn je tempère de ce côté là car j'ai du mal à poser mes limites avec assertivité... J'ai vraiment de gros progrès à faire de côté là, j'en ai conscience. Mais par contre je te rejoins complètement sur l'idée d'échanger les rôles un peu

@Mae Merci, j'apprécie :)

@Juliette. Si j'y ai songé, rejoindre un club de sport d'équipe par exemple. Dans le cadre de ma formation, j'ai tenté une activité Théâtre car j'ai toujours voulu tester. Cela a été une expérience extrêment inconfortable pour moi, je me suis sentie vraiment vulnérable, honteuse et frustrée. Je ne suis pas parvenue pas à me lâcher (c'était de l'impro). Etre sur le devant de la scène m'a fait rentrer dans ma coquille, je l'ai extrêment mal vécu, c'était ridicule quand j'y repense... ça a encore foutu un coups à mon estime, je me suis trouvée décevante. Devoir mobiliser mes émotions m'a bloqué. Désolée je suis trop négative et je m'en rend compte. Mais ces réactions échappent complètement à mon contrôle, je suis en roue libre dans ces moments là. Une activité sportive me conviendrait certainement mieux.
Et oui, totalement, il faut savoir s'extirper de sa subjectivité, faire preuve d'empathie, s'ouvrir aux autres. C'est bien ici que le bât blesse, je suis trop sauvage et je fuis la proximité. Je crée moi-même le rejet d'une certaine façon, c'est pathologique à ce stade... Merci pour le conseil en tout cas ;)

Juliette.le 22 octobre 2022 à 16:42  •   87618

Oh là là, oui mais, le théâtre d'improvisation, tu as fait fort @Arobaaz, je ne vois pas activité plus compliquée pour quelqu'un qui a du mal à être à l'aise en groupe... Il y a sûrement moyen de trouver plus adapté, d'y aller crescendo. Le sport, oui, excellente idée si ça te fait envie. 🙂 En tous cas, j'espère que tu trouveras vite de quoi te donner un peu de confiance en toi et, petit à petit, t'ouvrir les larges ailes que tu as sur le dos ;)


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