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La lucidité

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La lucidité
estel08le 25 avril 2020 à 23:18

Bonsoir, je ne sais pas si ce sujet a déjà été abordé, mais je suis dans un état émotionnel assez particulier. Je m'explique j'ai l'habitude de tout analyser très rapidement de percevoir les failles et de trouver des solutions à des problèmes facilement et du coup je suis très mal perçue par les autres, je me sens incomprise et rejetée je dérange ! C'est pourquoi, j'ai décidé de prendre mes distances avec certaines personnes car les échanges sont difficiles et je me dis que je ferai mieux de me taire. Comment arrivez vous à gérer tout ça ? Est ce un vrai problème ?

Kdep92le 26 avril 2020 à 05:11

Salut !

Ecoute j'ai pas forcément la solution mais je m'identifie parfaitement à cela, moi aussi face à ces choses je m'isole pour simplifier les choses mais je me suis rendu compte que cela me rend pas la tâche évidente.
Faut dire que dans mon cas c'est plutôt à la fac que ça m'arrive mais pas que, en gros pense qu'en tant que HP on a la faculté entre guillemets de voir quand un truc n'est pas viable, le truc foireux qui ne va aboutir à rien de bon, du coup on ne perd pas notre temps.
Sur le papier c'est bien mais en vrai ça fait perdre pas mal niveau relationnel, parce que l'individu lambda ne va pas calculer et taper dans le mille comme nous, et puis même, les échanges avec les gens sont complexes et souvent en tout cas perso j'ai toujours un raisonné bien ficelé mais la flemme d'expliquer le pourquoi du comment et il faut dire que des fois j'ai tendance à être incohérent à force de vouloir plaider une pseudo justice / équité.

Je te dis franchement, j'ai 22 ans, j'ai plutôt bien évolué en tant qu'ado de 15 à 17 ans et demi et après ce fut la dégringolade, comme par hasard (mais ça je m'en rend compte juste maintenant en ayant le temps et en y réflechissant posément ) cela coincidait avec le rdv chez une psy (pris par ma mère) qui est spé des enfants on va dire parce que j'étais un peu turbulent à son goût, bref j'ai pas fait de test à proprement parler mais elle ma diagnostiqué le truc et j'ai lu le bouquin c'est vrai que je me suis identifié dans un certain nombre de points.
C'est pas pour raconter ma vie (un peu quand même MDR), mais jusqu'à mes 17 ans j'étais putain de stimulé à sortir de ma zone de confort je sentais une progression j'étais dans la découverte et ça a développé des trucs en moi j'ai commencé à me créer une personnalité.
Après la reflexion, la recherche de soi notamment avec l'orientation , la recherche de la perfection avec des investissements dans des asso soutiens scolaires et des cours en +, je me suis vraiment entouré on va dire de grandes personnes (d'ailleurs ça c'est un truc depuis toujours j'ai tendance a kiffé trainer avec plus grand..) mais, encore une fois je fais le constat juste maintenant et j'espère rattraper tout ça, JE ME SUIS PERDU trop de formations, trop de parcours, l'envie de réussir, le rapport délicat avec ceux qui m'ont prodigué des cours : j'ai manqué de discernement et d'affirmation de personnalité.
La terminale j'ai eu un bac moyen alors que je pouvais exceller, en fait le PUTAIN (là ça m'énerve en y repensant c'est STUPIDE) de politiquement correcte et pas vouloir faire de vagues, que ce soit avec la famille (un peu conservatrice) ou le reste (même les profs putain ) toujours j'ai été dans les pincettes.

Pas étonnant la L1 j'ai fait une réorientation semestrielle dans deux domaines totalement opposés dans deux facs différentes et j'ai foiré et je me suis emmerdé à un point pas possible. Vraiment, c'est pas comme si j'ai pris du plaisir ou quoi.
Depuis bientôt 3 ans je suis dans un tout autre domaine qui me plaît, dans lequel j'ai des projets mais j'ai toujours ce foutu truc de je veux pas froisser, je veux pas qu'on me classe, qu'on me juge peut être aussi ..

Résultat mon ambition s'exprime et je me bats tout de même mais BORDEL qu'est ce que je suis en dessous de mon potentiel, je gache énormément en y repensant c'est abusé.
Maintenant j'ai 22 ans et 3 mois, c'est pas la fin du monde (même si dans ma tête c'est presque le cas), je retiens deux causes de toutes mes emmerdes (surotut que au passage j'ai voulu m'inventer un genre de personnalité attractive pour séduire en bossant certes, mais j'ai pas voulu faire les choses pour moi réellement .. perte de temps encore une fois ! ) 1 - politiquement correcte (pas de vague) 2 - isolement qui est lié au politiquement correcte
Pour couronner le tout , je suis dans un état de santé physique et mental lamentable, je sais ce que je veux précisément mais j'ai tendance à pas être stable dans ma confiance en moi pour aborder les bonnes personnes, car là il est bien question de relations , que ce soit pour le sport, le projet pro , les amitiés, l'amour.
BREF

Le HP (à mon avis) il synthétise et tape pile oû il faut mais la vie ne marche pas comme ça, après on a besoin d'intensité dans les choses donc je pense faut apprendre à peut être être un peu moins regardant sur la qualité des gens et multiplié les cercles pour augmenté en intensité. Enfin je sais pas si j'ai été clair.
Aujourd'hui je me donne plus aucune excuse et je fais tout pour vivre, j'en ai marre de vivre par procuration ou dans mes rêves, déjà que ce monde est pourri de base il ne donne pas forcément le sourir alors si on déprime et on passe 3/4 de notre temps à bader on est mal. (le covid en fait m'a aidé a définitivement dissocier le fantasme et ce qui compte VRAIMENT pour moi)

At the end of the day comme j'aime dire, on vit pas pour avoir, pour que les choses soient parfaites mais pour kiffer ça je comprenais pas du tout avant, j'essaie de piger un peu mieux.

J'ai pas mal raconté ma vie mais j'espère avoir peut être avoir amené une piste, sinon si tu veux parler n'hésite surtout pas je suis OPEN; )

Merlinle 26 avril 2020 à 07:37

@estel08 je crois qu'il vaut mieux savoir ce qu'on attend des gens. Si c'est de l'amitié, alors il est nécessaire d'être sélectif et de s'entourer de personnes avec qui on se sent bien, qui nous acceptent comme nous sommes et nous apprécient.

Mais on peut aussi avoir des relations plus ou moins superficielles avec des tas d'autres gens et là, je ne vais pas forcément étaler tout ce que je perçois ou comprends mais juste amener aux conversations ce que je pense pouvoir apporter mais sur la "longueur d'onde" de ceux à qui je m'adresse. Quand on a une bonne perception des autres et un brin d'intuition, ce n'est pas très difficile, et ça évite de se renfermer totalement lorsqu'on n'a pas affaire à des gens qui pensent comme nous... et c'est aussi très enrichissant.

estel08le 26 avril 2020 à 11:35

@Kdep92 oui c'est exactement ça car je le vis mal, être isolée dans sa vie professionnelle ce n'est pas supportable sur le long terme surtout quand tu travailles en équipe. Mais dès qu'il y a des échanges en équipe et il y en a, alors c'est très compliqué ! Adolescente, j'ai des souvenirs où je remettais gentiment certains profs à leur place ainsi que mes parents quand quelque chose était incohérent ou illogique (je revenais sur leurs paroles et pointais ce qui n'allait pas) et déjà ça m'attirait les foudres (c'était dit cash sans filtre mais je mettais pourtant les formes). Je me suis retrouvée dans le ""caméléon" mais quand le "moi, ce que vous êtes" ressort et il le faut sinon on peut se perdre, c'est terrible, c'est comme une soupape de sécurité "je me comprends quand je le dis". Je n'ai pas ce souci avec mes amis de moins en moins en tout cas (je ne prends plus la tête pour savoir pourquoi un tel s'est braqué ou ne me parle plus car avant cela m'empoisonnait la vie, je me demandais ce que j'avais fait de mal). Plus mes ascenseurs émotionnels que continuent à me déstabiliser quand une situation me stresse. j'espère que tu as suivi, je crois que c'est un peu brouillon tout ça !!
@Merlin J'ai des amis avec qui les échanges sont naturels et spontanés. J'aimerais avoir cette même qualité d'échange, même si je sais que c'est un peu utopique ! Mais le fait de vouloir faire progresser les choses c'est à dire les améliorer en mieux et de s'apercevoir finalement que les autres se contentent de la situation sans réagir ça me rend dingue. Je ne le comprends pas !

estel08le 26 avril 2020 à 11:49

Je parle d'échanges constructifs qui font avancer changer les choses !

franchle 27 avril 2020 à 18:55

@estel08
tu parles au début de fuir certaines personnes, bonne idée si tu le sens comme ça, Ou peut-être te taire, c'est jamais une bonne idée, il faut trouver le moyen, la façon de dire les choses.

"le fait de vouloir faire progresser les choses c'est à dire les améliorer en mieux et de s'apercevoir finalement que les autres se contentent de la situation sans réagir ça me rend dingue. Je ne le comprends pas !"
Bienvenue au club. Le "à quoi bon" et le "c'est comme ça" sont insupportables. Je les appelle les fainéants du cerveau, pas qu'ils savent pas s'en servir, qu'ils n'en prennent le temps, qu'ils n'en voient pas l'intérêt. Une forme de défaitisme aveugle. Insupportable.

C'est pour des échanges constructifs que je suis là. Même dans les milieux soit disant éclairés, les oeillères gênent la construction. Les milieux expérimentés sont plus à même d'apporter des données fiables sur quoi bâtir un débat, une construction, une anticipation.

Berengerele 27 avril 2020 à 20:46

@estel08, je te comprends et suis en accord avec certaines réponses ici. Toutefois, tu ne peux demander aux autres d'avoir les mêmes perceptions ou les mêmes motivations que toi. Pourquoi vouloir faire progresser à tous prix ? Parfois, tes commentaires peuvent faire avancer les choses mais longtemps après. Parfois, ça ne changera rien. Mais finalement, c'est quand même ton évolution personnelle qui compte. Tant que toi tu progresses donc.....

catiminile 27 avril 2020 à 23:27

@estel08,
Nous avons tous été épuisés par la lenteur de compréhension ou d'anticipation de ceux qui nous entourent. Mais ne sont-ils pas épuisés par nos conclusions argumentées alors qu'ils n'ont pas encore réfléchi à l'énoncé du problème ? Chacun avance à son rythme et comme ils sont plus nombreux n'est-ce pas à nous de taire nos découvertes ?
Je ne le dis pas par altruisme mais parce que mon impatience m'a longtemps bousillé la vie. Je bouillais face à un tel immobilisme. Je tentais de raisonner celui qui me faisait face, d'expliquer inlassablement le bien fondé de mes dires et cela mène où ? Insolence pour les profs, vantardise pour les élèves, jalousie pour les collègues ou colère face à l'humiliation de n'avoir rien vu venir.
J'ai appris à me taire et attendre ou pas que le déclic se fasse et s'il ne vient pas, est-ce important ? Certains ne supportent pas qu'on les bouscule, d'autres ne sont pas capables d'analyser une situation, d'autres encore sont dans le déni pour des raisons qui leur appartiennent.
Cela s'appelle le lâcher prise et c'est autrement plus reposant que ruer dans les brancards.

Dariale 29 avril 2020 à 10:06

Je te rejoins en bonne partie @catimini.

Bien entendu, je ne dis pas que c'est facile.
Et il paraît normal de ressentir de l'agacement lorsque ce qu'on essaye de donner n'est pas reçu. Il me semble en effet que tout le monde a le désir de participer et que ça frustre n'importe qui d'avoir le sentiment que l'échange échoue, surtout si on ne voit pas de défaut dans le raisonnement qu'on communique, qui pourrait expliquer ça. Et ça énerve aussi, si les autres nous renvoient alors quelque chose de négatif et qu'on a l'impression que notre effort/intention n'est pas bien perçu en face. Le problème n'est souvent pas dans le raisonnement. Mais autour.
Le désir de participer existe chez les HP comme chez les autres (on n'est pas si différent·e·s ^^) : alors une conversation où l'un·e des interlocuteur·trice donne toutes les "solutions" d'emblée, sans que celles-ci s'élaborent dans la discussion/le partage de points de vue, au fond ce n'est pas vraiment une conversation.
Un vrai échange ça ne peut pas se réduire à ça, et je crois que c'est vrai pour tout le monde.
Vous n'aimeriez sans doute pas ça non plus.

Par ailleurs, je crois qu'on a une chance en tant qu'HP : on connaît notre différence de rythme et de type de pensée par rapport à la majorité. Mais les autres (nos interlocuteurs·trices les plus fréquent) ne le savent pas.
Ces interlocuteurs·trices ne perçoivent que l'inconfort dans lequel cette différence peut les mettre.
Dans un livre qui traitait de la différence de rythme entre les HP et les autres, j'ai lu une métaphore qui m'a parlée, ça disait un truc comme ça :
" HP, il arrive que vous soyez pour un "neurotypique" un conducteur qui fonce sur une route sans aucune visibilité. Et vous non plus vous n'aimeriez pas être le passager d'une voiture conduite à 100km/h par un jour de brouillard. "
Notre raisonnement peu ressembler à ça pour les autres. Et il nous est déjà arrivé à tou·te·s de nous retrouver aussi dans la position de ce passager·cette passagère. Bref, je crois que si on a conscience de la différence et qu'on arrive à être plus empathique et plus tolérant avec le rythme et la façon de penser de chacun·e, on s'énerve beaucoup moins et qu'au final la conversation est plus "nourrissante" pour tou·e·s.

Et si la conversation ne va pas dans le sens qu'on avait prévu, ou assez loin de notre point de vue, ça n'en fait pas pour autant une conversation, un raisonnement sans valeur. La coconstruction ça a aussi de la valeur.

Après je rejoins également @Merlin, ca n'empêche pas qu'il est confortable d'avoir, parmi ses ami·e·s, des personnes dont le mode de pensée est plus proche du nôtre, et avec lesquelles il est donc plus facile de partager. Et c'est important aussi.
Bref, l'un n'empêche pas l'autre :).

Évidemment ce n'est que mon point de vue ^^.

estel08le 01 mai 2020 à 17:09

Je me tais seulement avec les personnes (ce ne sont pas des amis) que je connais bien car j'ai finalement compris qu'elles n'étaient pas disposées à entendre d'autres idées. Ce sont des conversations indispensables qui ne sont pas des échanges. Je me retrouve éloignée comme une spectatrice d'une pièce de théâtre en dehors des clous et du temps !! Je sais me remettre en question et je comprends bien qu'il va falloir que je lâche prise, j'ai l'impresession de devoir me résigner. J'ai toujours cru naïvement que tout le monde pensait et avait le fonctionnement que moi, il va falloir aussi que je sois moins exigeante avec les autres. C'est un sacré travail qui m'attend ! Merci pour nos réponses !!

Dariale 01 mai 2020 à 21:08

Merci pour ton témoignage @estel08 !
Je comprends bien ton idée de "lâcher prise" et je trouve que c'est pas facile... Bravo à toi si tu y arrives :) (Personnellement, ça dépend des jours :D).
Je me sens moins en accord avec l'idée de "résignation". Je crois que tu n'es pas obligée de te taire (enfin, si tu n'en as pas envie). Il me semble que, pour ne pas être frustrée par ce type de conversation, il faut "juste" changer d'objectif. Faire que le but ce soit que l'autre avance à son rythme, à son étape, sur son chemin de pensée, même si c'est rarement le nôtre. Ça implique que tu ne dises pas tout ce que tu penses, mais juste la (plus ou moins petite) partie que l'autre peut entendre à ce moment-là, qu'il peut faire sienne. Des fois ça marche pas. Mais quand ça marche c'est très agréable. Alors je crois que ça vaut quand même le coup de continuer à parler (même si c'est moins...) et de ne pas se résigner.
Belle fin de journée à toi !

Rudeusle 22 mai 2020 à 20:58

Faire le pédagogue...ou me distancer si les personnes ne font aucun effort de compréhension.

Samsonle 23 mai 2020 à 11:32

Bonjour @estel08,
Quel est le lien entre de formidables capacités (que tu souhaiterais peut-être davantage incarner?), et le sentiment d'incompréhension et de rejet?
Je fais référence au "et du coup" au milieu de ta deuxième phrase.


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