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Paradoxe du "paraître normal" et de la solitude

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Paradoxe du "paraître normal" et de la solitude
mathole 19 janvier 2021 à 19:31

Bonjour à tous !

J'ai actuellement 22 ans et je me pose énormémént de questions en cette période sur ma vie. Pour tout mettre en contexte enfant j'ai été diagnostiqué HP après avoir sauté une classe et il y a quelques années j'ai été diagnostiqué asperger. Je me suis toujours senti différent des autres et j'ai parfois été jugé "bizarre" par des amis ou connaissances au fur et à mesure de ma vie. Cependant j'ai toujours été celui qui restait avec les "populaires" tout en sachant être apprécié des autres groupes, selon moi parce que malgré mon côté bizarre pour ces gens normaux j'ai pris l'habitude d'agir de façon à ce que l'on me voit comme normal et pour avoir un minimum de sociabilité. Globalement on me perçoit comme introverti ou calme alors que paradoxalement je peux être aussi extraverti mais dans ma vie j'ai toujours eu besoin de ce que j'appelle une solitude positive pour m'éloigner un peu de tout ce monde et rester dans ma bulle pour penser à tout et à rien ce qui fait qu'à 22 ans j'ai connu énormément de personnes mais au bout du compte il y a très peu avec qui j'ai gardé contact (en plus d'avoir traversé l'atlantique pour changer d'air et commencer une nouvelle vie en france) et avec les confinements il y a cette espèce de solitude négative parce que évidemment c'est important de garder un lien social bien que je ne garde pas longtemps mes amis.

Si quelqu'un a déjà vecu la même chose ou la vit actuellement je suis ouvert aux témoignages et si vous avez des conseils je suis preneur.

elsbzhle 19 janvier 2021 à 19:49   •  

"j'ai pris l'habitude d'agir de façon à ce que l'on me voit comme normal" : je connais bien cette habitude. Même si je n'ai jamais réussi, c'était le but : paraître, normale non, mais au moins qu'on me fiche la paix. Ne pas être montrée du doigt, ("trop") moquée, isolée socialement...
Le danger ? Oublier que ce n'est qu'une façade, et qu'à l'intérieur il y a plein d'envies, de curiosité, d'élans, qui ont besoin de s'éparpiller sans rester cloîtrés dans le cerveau.
Donc c'est important de ne pas te mentir à toi-même (je ne crois pas que ce soit le cas, mais je préfère dire un truc inutile que m'abstenir), et c'est important de trouver des gens avec qui être toi-même.

Une solution c'est de trouver une activité qui te mette au contact des gens. Comment ça, ce n'est pas la bonne période ? Je sais, hélas... Mais dis-toi que ça te laisse le temps de réfléchir à ce qui te plairait, voir ce qui existe autour de chez toi... Avoir un centre d'intérêt commun c'est un bon point de départ. Peu importe que ce soit du sport, de la musique, des cours de couture... Une activité qui te tente assez pour que tu te sentes capable (une fois les diverses autorisations sanitaires enfin arrivées, ce ne sera pas trop tôt) d'aller à la rencontre des gens voir s'il y a la possibilité d'un début de lien. [oui il y a du vécu derrière mes mots 😉 ]

Sais-tu ce qui pourrait te motiver ?

Bouhhle 20 janvier 2021 à 00:14   •  

Ce que tu racontes @matho va résonner chez beaucoup de gens ici. Pour ma part, je viens de faire un bon dans le temps, je n'enlèverais pas un mot pour me raconter à ton âge. Sauf que moi c'est juste la manche que j'ai traversé à 22 ans. Et que je suis pas testé, je n'avais même pas cette clé.
Et le coup du confinement évidemment.

En ce moment, j'ai choisi d'être le plus seul possible, j'en ai besoin. Le confinement m'arrange bien en fait. J'ai appris tellement de ma solitude, je ne la laisserais pas tomber. Quand elle est forcée, certes, c'est difficile. Il faut pouvoir à en faire quelque chose, apprendre de toi-même. Qu'en fais-tu ?

Ce qui casse un peu pour moi cette solitude, j'avoue, c'est de venir papoter ici. C'est quand tu veux, personne ne te juge, tu arrêttes si tu veux, tu peux dire toutes les anneries qui te passe par la tête, on s'entraide. Et c'est une marche pour rencontrer des gens qui te comprendront. C'est ma petite bouée.

Si tu penses trop à tout et à rien, fait en quelque chose, écris, bricole, invente un nouveau concept, même farfelu (ou incroyablement pertinent tant qu'à faire), étonne-toi, épate-toi, promène-toi les yeux et les oreilles grands ouverts et redécouvre ton univers avec ses détails fous qui t'auraient échappé, prends des chemins de traverse inattendus, etc, etc, etc. Ce sera d'autant plus de choses à partager le moment venu. Créativité, émerveillement, partage.

Évidemment que c'est important de garder un lien social. À ton âge, c'est à fond le temps de la découverte des autres. Mais je me disais: Si tu ne gardes pas longtemps tes amis, c'est que ce ne sont pas vraiment des amis (au sens noble et entier du terme). Ou bien ce sont eux qui ne te gardent pas. Alors ils ne te mérites pas. J'ai rencontré des milliers de gens, certains restent des potes, les ami-es se comptent sur les doigts.

Mais tu mets quand même le doigt sur un truc qui me titille. Mon obstination à être autonome, à vouloir à tout prix me débrouiller seul le plus que je peux, a sans doute creuser quelques fossés avec des gens que je regrette maintenant. S'il y a des gens auquels tu penses souvent, ce n'est pas pour rien, ne perds pas contact (ou reprends contact) même succinctement, ça réchauffe.

Les conseils d' @elsbzh sont pertinents, pour le moment venu. Être soi-même avec les autres est un défi personnel et une recherche de gens ouverts à la bizarrerie, c'est pas si simple au milieu des tous ces (oups).

"Paraître normal" est fatiguant et contre productif, même si les circonstances nous le prescrivent constamment. "Tenter d'être normal, c'est abdiquer sa propre personnalité", nous enseigne l'anti-psychiatrie. D'où l'importance absolue d'être régulièrement avec des gens qui te prennent pour ce que tu es, avec qui une réelle confiance s'instaure. Et c'est vrai pour tout le monde, pas juste pour les énergumènes que nous sommes. C'est parfois une lutte mais la victoire est délectable.

Et puis (désolé je suis en verve, ton poste me touche et ton titre me fait dire ça), "les contradictions ne sont pas à résoudre, elle font partie du réel".

mathole 20 janvier 2021 à 09:27   •  

Merci pour ta réponse @elsbzh . Et je crois qu'au fond à force d'agir pour paraitre normal je me suis menti à moi même et avec ces périodes de confinement j'ai pu longuement réflechir sur moi même et au fur et à mesure je deviens celui que je suis vraiment et plus cette belle image renvoyée aux autres. Et heureusement quand même j'ai des amis proches qui m'aiment comme je suis et qui aiment mon côté atypique.

En effet il y a beaucoup de choses qui me passionnent et qui me motive. Je suis geek et footeux dans l'âme mais je suis capable de discuter et faire énormément d'activités tant que je vois la passion dans les yeux des autres donc oui bien sûr dès que ce sera possible j'irai rencontrer les autres.

Concernant l'avis de @Bouhh ça fait plaisir de savoir qu'il existe des personnes comme moi. Pour parler de ma solitude ces derniers mois à certains moments je l'ai choisi et d'autres fois non mais cette solitude négative m'a quand même permis de me recentrer sur moi, de choisir ce que je veux pour mon futur et prendre soin de moi moralement et physiquement.

Il est vrai que j'ai toujours trop réflechi par exemble juste en regardant un objet, en entandant un son etc quitte à souvent pousser cette réflexion un peu (trop) loin. J'ai toujours cette façon de faire de toujours tout analyser, y réflechir dessus et anticiper ce qui peut se produire. J'aime beaucoup marcher autour de chez moi avec la musique dans les oreilles mais j'ai toujours une oreille attentive à tout ce qu'il se passe comme les différentes teintes des saisons, les changements de certains endroits et ayant la vue sur les pyrénées ça me fait toujours un beau cadre pour se vider l'esprit quelques instants.

J'avoue que le mot amis était un peu exagéré. J'ai toujours voyagé dans ma jeune vie donc je n'ai pas gardé de lien avec ces gens que j'ai rencontré et ces dernières années j'ai toujours été avec plusieurs groupes de "potes" et du jour au lendemain c'est à peine si on me reconnait que ce soit dans la rue ou autre mais ça ce n'est pas grave comme on dit les amis ça va ça vient, le peu d'amis que j'ai en ce moment et depuis de nombreuses années me conviennent.

Je me reconnais concertant ton obstination à être autonome. J'ai toujours voulu me débrouiller par moi même autant que possible et assumer même si je suis au fond du trou. Je n'ai jamais rien regretté mais d'après ton témoignage je crois qu'il faudrait quand même que je change cette façon de penser. J'ai récemment repris contact avec mon ancienne meilleure amie et on se parle très souvent et c'est vrai que ça réchauffe.

Nevromonle 20 janvier 2021 à 17:45   •  

Hello.
Un lien vers la notion de camouflage social : https://comprendrelautisme.com/le-camouflage-social-chez-les-personnes-autistes/

elsbzhle 20 janvier 2021 à 21:49   •  

Je suis contente pour toi que tu trouves des belles choses dans ta vie actuelle, que ce soit ton environnement géographique ou d'avoir retrouvé cette amie, c'est une très bonne nouvelle.

mathole 21 janvier 2021 à 13:39   •  

Merci beaucoup @Nevromon pour ce bon article qui complète assez bien les témoignages que j'ai eu. Et merci encore @elsbzh tu m'as beaucoup aidé.

elsbzhle 21 janvier 2021 à 19:06   •  

De rien, ça m'aide également, d'arriver à mettre des mots sur quelques-uns des fils qui tourbillonnent dans ma tête.
Raconte-nous comment ça évolue pour toi, si tu le veux bien.

Astile 22 mai 2021 à 08:41   •  

@matho je viens de débarquer sur le forum et ton sujet date un peu, donc je ne sais pas si tu liras ma réponse. Je me sens complètement concerné par la question de la solitude. Mais au final, je lis que finalement tu as quelques amis sur qui compter.
Je suis entrain de lire un livre qui m'aide beaucoup sur le sujet : "Ces liens qui nous font vivre"
Il parle notament de l'importance de l'autonomie qui est différent de l'indépendance. Et la possibilité de construire une interdépendance positive.

romanskle 04 août 2021 à 11:06   •  

Bonjour...
Je suis asperger (diagnostiqué)... j'ai 47 ans et j'ai passé une bonne partie de ma vie à essayer de paraître normal en toutes situations...au bout d'un moment, ça coince. Je me suis retrouvé à la limite de l'internement, à déambuler dans la nature avec un ouvrage de botanique, sans plus parler à personne,...
j'en garde un bon souvenir, j'ai appris les bases de la botanique. Mais...ce n'était pas non plus le meilleur moment de ma vie.
La difficulté des aspergers est de trouver le bon équilibre, non? - normalité apparente pour ne pas attirer l'attention - surtout en milieu professionnel - mais là aussi j'ai fini par me faire déclarer travailleur handicapé, ça aide - et besoin de ne plus se fatiguer avec les contraintes sociales impossibles à intégrer. Je ne parle même pas de la manière de penser...
Mon fils de 18 ans est aspie, il a du mal à trouver aussi l'équilibre.
Finalement, une fois la normalité à tout prix abandonnée, le syndrôme déclaré et connu - les gens me trouvent plus "normal"....
J'ai écrit ce commentaire pour mettre mon vieux grain de sel.


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