Présentation des nouveaux

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Elisabaitle 11 novembre 2020 à 16:28

Je ne vais pas tenter ici la vaine entreprise de me définir puisqu'il s'agirait alors de circonscrire ce que je suis à un espace trop réduit. Nul ne peut se résoudre à cela. Je vais juste me contenter de poser quelques jalons qui vous permettront peut-être d'avoir envie de venir à ma rencontre.

Je me suis toujours sentie différente et décalée, tout comme la majorité des personnes ici. Toutefois, cela ne m'a jamais dérangée et je pense même que cela a été un atout.

En effet, ma curiosité insatiable m'a rendue protéiforme, et je me suis adaptée sans déplaisir à tout type de personnes en bâtissant des ponts à partir des socles communs. La différence présente un grand intérêt car cela apporte un enrichissement personnel. C'est pour cela que j'adore rencontrer l'autre, même si j'apprécie aussi les moments de solitude.

Ayant très peu croisé de personnes comme moi, j'ai le sentiment d'avoir vécu en terre étrangère avec ce délicieux sentiment d'exotisme, et d'avoir vraiment été unique. D'aucuns disent de moi que je suis un alien et cela me plaît.

J'ai longtemps été réfractaire à ce type de groupe parce que cela me donnait, a priori, un sentiment de fermeture, de vouloir rester dans « l'entre soi ». Mais après réflexion, je suis curieuse de voir quelles belles rencontres je pourrais y faire. Je me suis rendue compte aussi que dans le choix dun partenaire, partager des éléments communs était essentiel.

Je suis athée mais je suis une grande rêveuse et j'aime les histoires que l'être humain se raconte depuis la nuit des temps pour conjurer ses peurs ou pour simplement faire société. Ainsi, j'envisage de vivre dans le Morbihan après mes études parce que, dans ma vision peut-être romantique de cette région, j'aime le folklore Breton et la proximité de la magique et légendaire forêt de Brocéliande.

Je ne souffre pas de ma condition et j'adore la vie. Tout mamuse, je suis très joueuse et je ris beaucoup. Je suis en réalité à la fois espiègle et lucide sur les choses. J'ose affronter la vérité parce que je n'ai pas peur de regarder le néant et cela n'affecte en rien ma bonne humeur. J'ai surmonté beaucoup d'écueils dans mon existence, comme tout un chacun, mais je suis particulièrement résiliente. Chaque combat m'a rendue plus forte, m'a permis de grandir et m'a fait aimer davantage la vie.

Je précise qu'à linscription, j'ai dabord développé de façon très prolixe mes thèmes de prédilection, comme demandé, toutefois, je me suis rendue compte qu'en tapant mon pseudo sur Google on tombait directement sur mon contenu. J'ai donc modifié mon profil qui ne contient que des informations peu significatives parce que je fais attention à la diffusion de mes données personnelles. La visite de mon profil n'indiquera donc pas grand-chose sur qui je suis. Je dis cela parce que 'jai constaté depuis ma récente inscription que les personnes ici semblent se regarder de loin mais échangent peu. N'hésitez donc pas à simplement discuter, faire connaissance n'engage à rien de plus.

À la revoyure !

Merlinle 11 novembre 2020 à 17:08   •  

Bonjour !

J'ai aussi suivi le rêve de Brocéliande, même si j'ai aussi des raisons "spirituelles" d'en être proche. Je comprends donc votre cheminement !

Bienvenue :)

Elisabaitle 11 novembre 2020 à 17:24   •  

Bonjour Merlin et merci, quelles sont ces raisons spirituelles ?

Aurelle 11 novembre 2020 à 17:40   •  

Bienvenue à toi en ces lieux, Elisabait ! 🙂

PS : Les profils ne sont pas publics, et leur contenu ne peut pas être référencé par les moteurs de recherche.
Tu devais toujours être en session sur le site lorsque tu as suivi le lien. 😉

Elisabaitle 11 novembre 2020 à 17:49   •  

Merci Aurel, c'est possible en effet

Merlinle 11 novembre 2020 à 17:53   •  

@Elisabait une connexion aux lieux sacrés de l'antiquité préchrétienne

Elisabaitle 11 novembre 2020 à 18:41   •  

@Merlin Comme une communion symbolique avec ceux qui nous ont précédés ?

Merlinle 11 novembre 2020 à 18:48   •  

@Elisabait non pas vraiment... Ce sont les lieux avec lesquels je me sens en phase, pas vraiment les gens qui les ont fréquentés avant moi. Mais j'ai une spiritualité très personnelle :)

Juliette...le 11 novembre 2020 à 19:23   •  

Bienvenue! 🙂

Elisabaitle 11 novembre 2020 à 19:55   •  

Merci Juliette 😄

Maele 11 novembre 2020 à 20:46   •  

Bienvenue ! En espérant que tu vas te plaire en ces lieux ! 😄

Elisabaitle 11 novembre 2020 à 21:02   •  

Merci, je l'espère aussi @Mae 😀

Elisabaitle 11 novembre 2020 à 21:12   •  

@Aurel j'ai vérifié en me déconnectant. Lorsque je tape mon pseudo sur le moteur de recherche, une partie de mon profil et son contenu apparaît ainsi que le début du message de présentation. Lorsque je clique sur les liens proposés, j'arrive sur la page d'accueil du site et non sur ma fiche.

Elisabaitle 11 novembre 2020 à 21:56   •  

@ Merlin. Ta spiritualité est digne d'intérêt

Fropople 12 novembre 2020 à 09:47   •  

Bienvenue @Elisabait

Elisabaitle 12 novembre 2020 à 09:49   •  

@Fropop Merci 🙂

Etre_enfinle 12 novembre 2020 à 17:18   •  

Hello @Elisabait bienvenue et bon partage, échange et décalage.

Elisabaitle 12 novembre 2020 à 17:27   •  

Hi @Etre_enfin. Merci à toi 😀

Abderianle 12 novembre 2020 à 21:49   •  

Oh, une belle description ; sois la bienvenue @Elisabait ! "-Bait" est très hameçonnant ; voilà peut-être pourquoi Google te traque... ! :p
Bref, dis-moi, si tu ne crains pas la solennelle, sentencieuse et terrible question du Sphinx (végétarien) de ce lieu, toi qui te décris comme telle, qu'est-ce qu'être "joueuse" ? Comment peut-on, dans nos existences, "jouer" ?

Elisabaitle 13 novembre 2020 à 01:05   •  

@Abderian Tu connais Google, il fait feu de tout bois. Un petit élément atypique et le voilà accroché comme une sangsue. Je te remercie de compatir au sujet de cette traque sans merci que je subis.

Ooooh Sphinx terrifiant quoi que végétarien, je mesure le danger de paraître courge à tes yeux ! Mais c'est avec joie que je réponds à cette question amusante. D'autant que ce n'est, j'imagine, pas un hasard si tu le demandes, Abderian, « inclined to incessant merriment or laughter », si c'est bien là la signification que tu accordes à ce pseudo.

Shakespeare a dit que « le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles ». Si jeu d'acteur il y a, Spinoza me susurre à l'oreille que lorsque je crois improviser le déploiement particulier de mes rôles successifs, dans mon infime contribution à la représentation mondiale, il y a des déterminismes que j'ignore qui me donnent l'illusion que je maîtrise mon jeu.

Et pourtant je veux croire que par ce jeu, qui est aussi l'art de faire surgir l'imaginaire dans notre réalité propre, je suis en mesure de faire advenir ce que je souhaite, me transformer moi-même et m'accorder cette distance des choses qui me permet de m'extraire de leur gravité, afin de pouvoir rire de tout.

Ainsi, j'aime jouer parce que le rire que cela suscite rend l'existence plus légère. Bichat a défini la vie comme étant « l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort ». Eh bien le rire né du jeu instille du bonheur qui nourrit la vitalité de mes cellules.

Le jeu n'est pas le propre de l'homme, l'animal joue pour apprendre à chasser, à interagir avec son groupe. Est-ce que le jeu ne nous renvoie pas ainsi à notre animalité, n'est-ce pas les réminiscences de ce que nous fumes avant de nous extraire de l'état de nature ? Cela continue en tous les cas d'être un facteur de lien permettant de faire société.

Enfin, Ooooh Sphinx vénérable, et je l'espère, rassasié ! Puisque d'aucuns disent que le jeu est surtout l'apanage des jeunes, je veux en user toujours, et de toutes les façons, puisque c'est là ma fontaine de jouvence.

Juliette...le 13 novembre 2020 à 06:01   •  

😄 Voilà une rudement bonne explication @Elisabait, et qui devrait savoir ravir @Abderian... 😉

Hatsale 13 novembre 2020 à 07:29   •  

🤘 excellent ! Bienvenue amie joueuse et puisses-tu te plaire en ces contrées !

Elisabaitle 13 novembre 2020 à 17:09   •  

@Juliette 😉

Elisabaitle 13 novembre 2020 à 17:10   •  

@Hatsa Merci beaucoup 😄

Abderianle 13 novembre 2020 à 22:35   •  

Ouh là... là ! Est-ce moi ou, dans un post, anodin, le deuxième du nom, à la réponse à une question d'une brûlante actualité onto-philosophique que des générations entières d'invididus plus ou moins obscurcis par les motifs dépressifs qui ont même traversé A. Van Reeth, voilà une promeneuse qui, tout à la gratitude de sa jeunesse, de ses jeux sans jeûne et de ses dispositions aériennes, cite Bichat, Spinoza et Shakespeare et répond à une question avec une luxuriance de détails et de progression ?
Non, @Abderian, tu as dû abuser de quelque éthyle, sûrement !
(se frotte les yeux, baille, touche religieusement la couverture de son Ethique, se gratte le bouton de moustique, maugrée et jure qu'il aura bien la peau de l'infâme bête qui lui a fait ça, se refrotte un oeil avec le doigt armé de la vengeance, puis relit)

Mh... Le Sphinx ne s'est pas mépris ! 😄
Eh bien, moi qui espérais manger, on me trouva satisfait ! Ou... presque. Car certes, je te vois, là, disséquant justement mon pseudo, moi qui ne forligne guère au respect dû à mes bons ancêtres pourfendeurs des agélastes, toi qui avises en effet de l'amusement de la question, moi qui reluque clairement l'amusement de ta réponse... mais quand bien même !
Quand bien même, déjà, ceci : quels rôles endosses-tu donc avec joie ? Et quelle différence peut-on faire encore le jeu léger de l'acteur en société et le jeu grave des contraintes déterministes ? N'y a-t-il pas sur ces jeux des valeurs différentes, au point que le jeu qu'autrui pourrait attendre, ou qu'une situation pourrait exiger, serait moins ludique que le jeu librement prescrit ? Au point qu'entre le jeu-pléonasme de la liberté de s'inventer et celui d'être dans le devoir de s'exécuter autrement, il n'y aurait point de continuum ? Voilà qui est terrible, car, imagine qu'un Abdéritain vienne sur un forum, se réclame joueur, et, soudain pris dans la tourmente d'être considéré comme tel, se demande s'il est un papillon qui joue un jeu ou un joueur qui joue à faire le papillon ?! Vois-tu comme l'insoutenable légèreté du je(u) pose question ?! 🙂

Et, pour ne point marteler le jeu au supplice d'énigmes terribles (du genre "Le Sphinx est un mauvais joueur, quand il perd il veut encore jouer !" (et lui de dire "Le but du jeu n'est-il pas de prolonger toujours le jeu ?" et l'autre de rétorquer "Crétin ! Comme Ionesco le disait de ses pièces, le jeu doit avoir une fin car les joueurs doivent aller se coucher" et alors "Mais le jeu infini n'est-il pas un jeu plus suprême ?" et de débattre de la sorte avec par exemple cette réplique : "Crénom, si le jeu n'a plus de fin, comment faire la différence avec le sérieux ? Il faut bien balancer de l'un à l'autre, non ? Car comment savoir sinon, comme entre rêve et réalité, si là je joue ou si là je suis sérieux ?), cette dernière question, qui ne vient absolument pas après une prétérition : crois-tu que toutes les formes de jeux peuvent faire société ? Crois-tu que tous les esprits soient ouverts à toutes les formes... d'humour ? Et d'ailleurs, selon toi, tout humour est-il jeu ? Et tout jeu s'appuie-t-il sur de l'humour ?

Ah, vois-tu, Sphinx riant que je suis, ma gorge est immense, ma jeunesse déployée et mon estomac toujours trop vide... par jeu ?! 😀

Sourceduventle 14 novembre 2020 à 08:03   •  

Coucou et bienvenue à toi ^^ .

Connais-tu "La régle du jeu" du poète et ethnologue Michel Leiris ?

Ici pointée la réglette (sociale) de tout "Je" -au critérium de quelles réalités ?

Plus loin, la guerre est-elle autre chose qu'un jeu ?

Quand au rire, "Si tu ris c'est que tu as peur" a écrit G. Bataille, à mettre en perspective avec l'oeuvre de Buster Keaton, l'intrépide acrobate ?

Enfin, tu ne trouveras peut-être à Brocéliande que ce que tu y cherches : mais es-tu certaine que cette forêt soit située en Bretagne (certains
l'ayant localisée en Normandie...) ?

Enfant , j'ai tôt cherché de voir/savoir ce qu'il pouvait se cacher derrière les choses : s'ensuivit une crise hallucinatoire très violente qui durât plusieurs jours -que de choses merveilleuses et inquiétantes n'ai-je pas vu alors ? Les effets du Lsd, à côté, relèveraient presque de la rigolade -ayant failli littéralement mourir de peur .
Concernant l'aspect clinique de mon expérience : j'ai gardé les pupilles dilatées pendant plus de 6 mois !

Ceci pour dire qu'à ce que j'en sais de la face cachée du monde, elle n'est pas "spiritualisable" : mais simplement démente . Aussi, est-il humain de chercher
des consolations à travers les mythes et merveilles : aussi éloignées soient-elles de la réalité...

Question : la spiritualité* est elle un échec philosophique ?

(*) On rattache souvent celle-ci au mot "religare" (voir Félix Gaffiot), -ce dernier serait même à l'origine du mot "religion" : le problème est que ce mot n'existe dans aucun dictionnaire latin ancien de référence...c'est dire la confusion qui règne en ces fumeux domaines !

🙂

Elisabaitle 15 novembre 2020 à 00:49   •  

@Abderian.

Ah, ah, ah, c'est ainsi que s'esclaffe la promeneuse pour débuter l'exorde qui lui accordera un peu de temps avant de répondre à l'impresionnant sphinx laudatif.

Dans mes pérégrinations, je t'ai vu au loin poser tes questions en ce lieu qui regorge de recoins où se murmurent des confidences. Je trouve que "Sphinx" est, pour le coup, le surnom idoine que je garde pour te nommer. Et cela n'a rien à voir avec le fait que ce terme possède la même racine grecque que le terme sphincter, dis-je avec un rire gouailleur "étranglé".

Je me suis amusée d'une allusion pastafarienne glissée discrètement au détour d'une de tes phrases qui faisait coexister les termes dieu, métaphysique et spaghettis. Bein souvent, j'ai vu peu de réponses à tes questions, peut-être faut-il l'inconscience d'Oedipe pour oser affronter le monstre dévoreur d'âmes. Mais au fait, pourquoi le Sphinx mythologique (ou devrais-je dire pour les puristes la Sphinx), pose une question au lieu de se contenter de dévorer ? Pourquoi se suicider ensuite lorsqu'Oedipe donne la bonne réponse ? D'aucuns affirment que c'est sur le terrain du savoir qu'ils s'affrontent. Est-ce alors le symbole que le savoir peut annihiler l'autre ? Je me demande si le Sphinx ne représente pas plutôt les questions que l'on se pose sur notre condition d'être humain qui nait, vit et meurt, et si le fait de pouvoir répondre définitivement à nos questions n'engendrerait pas la mort de ce qui est le moteur de nos actions : à savoir, trouver des réponses.

En effet, n'avoir que des certitudes ralentit le mouvement de l'esprit, voire marque un arrêt, comme un moment qui se sclérose, c'est cela, c'est comme un thrombus veineux qui fait planer le risque d'embolie. Et le mouvement, n'est-ce pas encore une des caractéristiques de la vie ? Et c'est là précisément que je ris de moi-même, parce que je dis cela avec hâblerie, comme si j'avais réussi cette entreprise impossible de me soustraire aux certitudes. Je suis du moins consciente que ce ne sont que des points d'ancrage qui jalonnent les directions que prend mon esprit.

Ce que j'apprécie chez celui qui pose des questions, c'est justement ce que cela dit de sa faculté à s'enrichir de l'autre pour bousculer ses certitudes, afin d'entretenir une certaine ductilité de pensée. Mais j'y pense, Oooooh Sphinx avide de réponses, n'est-ce pas encore ce qui te décrit ? A l'image de Démocrite d'Abdère en Thrace, ce philosophe rieur qui a donné son sens au terme anglais abderian et qui se montrait sceptique envers toute forme de certitudes ....

Je termine cet exorde, qui n'a que trop duré, en me demandant si tu es parvenu à avoir la peau du moustique en faisant s'abattre sur lui ton précieux éthique, ou si ton éthique t'a fait agir avec charité envers cet être éphémère qui, pour survivre quelques jours seulement, a bu le nectar de tes capillaires.

De complexion enjouée, c'est avec une certaine alacrité que je te réponds, marquant par cette redondance l'humeur dans laquelle ton questionnement me place. Revenons donc à nos jeux. Je te réponds avec méthode.

"quels rôles endosses-tu donc avec joie ?"
La question étant vaste, je réponds avec une idée très générale : tous les rôles susceptibles d'être plaisants.

"Et quelle différence peut on faire encore le jeu léger de l'acteur en société et le jeu grave des contraintes déterministes ?"

Sans vouloir insister, tout jeu, quel qu'il soit, est illusion d'improvisation puisque les déterminismes sont partout. Le libre arbitre est illusoire : tout survient par un enchaînement de causes à effet, y compris nos choix. "Les hommes se croient libres parce qu'ils sont conscients de leurs désirs mais ignorants des causes qui les déterminent". Nous obéissons à des lois nécessaires, nous ne sommes pas plus libres qu'une pierre qui roule (oui oui, je sais à quoi tu penses, elle n'amasse pas mousse non plus) puisque' "il n'y a pas de contingence dans la nature".
Des expériences en neurosciences tendent à confirmer, semble-t-il, l'absence de libre arbitre dans nos choix (expérience de Libet, par exemple). Nous savons aussi que notre microbiote communique avec notre cerveau, ce qui produit des conséquences sur ce que nous sommes en modifiant, par exemple, notre appétit ou nos capacités sociales. D'ailleurs, sais-tu que nous avons plus de bactéries dans notre corps que de cellules qui nous composent ? Sommes-nous humains ou une simple colonie de bactérie ? Des parasites aussi influent sur notre comportement, comme la Toxoplasma Gondii...
La question est : jusqu'à quel point les organismes qui me colonisent influent sur ce que je t'écris à l'instant, sur mon "je" et sur mon "jeu" ?

J'oserais cependant l'affront d'objecter à Spinoza que si cela est vrai au niveau macroscopique, la physique quantique semble démontrer que la contingence existe bel et bien au niveau des particules élémentaires, créant le paraoxe que nous sommes déterminés en tant qu'êtres pourtant constitués d'éléments indéterminés (prrrr.... Mind blowing !).

Néanmoins, c'est en accomplissant pleinement ce que nous sommes, selon nos déterminismes, que nous sommes véritablement libres. En somme, "je veux ce que je veux parce que je suis ce que je suis, je ne peux pas vouloir autre chose, mais en le voulant, je suis pleinement moi-même, et donc pleinement libre". Cela peut faire écho à beaucoup de personnes qui disent souffrir de ne pas pouvoir être elles-mêmes, en particulier sur ce site.
En fait, je n'oppose pas "une légèreté du jeu en société avec un jeu plus grave des contraintes déterministes". Ce qui est une contrainte, ce n'est pas le déterminisme en lui-même, mais ce qui s'oppose à ce que tu es de façon déterminée, c'est l'absence de congruence avec ta nature.
Quant à la légèreté ou la gravité du jeu, je dirais que si une situation est grave ou si elle est légère, alors le jeu sera à l'avenant, pour peu que la situation grave admette le jeu.

"N'y a t-t-il pas sur ces jeux des valeurs différentes, au point que le jeu qu'autrui pourrait attendre, ou qu'une situation pourrait exiger, serait moins ludique que le jeu librement prescrit ?"
Cela dépend selon moi d'au moins trois éléments :
1) Est-ce que l'on peut vraiment dire que tu fondes ton jeu sur l'attente de l'autre, ou bien est-ce que ton jeu n'est pas juste ta réponse singulière au jeu de l'autre ou à une situation, puisque nous sommes des animaux d'interaction ?
2) Qu'est-ce que le jeu librement prescrit ? N'est-ce pas antynomique d'ailleurs : prescrire emporte l'idée de la formulation d'un ordre et s'oppose au terme "librement", non ? Est-ce que tu te places dans l'acception de la liberté selon Spinoza ? dans ce cas, si ton jeu correspond à ce que tu es, alors cela ne t'affectera pas négativement. Est-ce la liberté selon Sartre ? Dans ce cas, tu pourrais te sentir lésé chaque fois que tu percevrais une réponse déterminée par des circonstances
3) En fonction de l'acception que tu donnes au jeu librement prescrit, est-ce vraiment incompatible avec le fait que cela soit ludique ?

"Au point qu'entre le jeu-pléonasme de la liberté de s'inventer et celui d'être dans le devoir de s'exécuter autrement, il n'y aurait point de continuum ?"
Le continuum que je verrais, dans ce tu me présentes comme une dichotomie, c'est que même si l'on imaginait que l'on soit contraint par un tiers ou une situation de jouer, si tant est que l'on puisse encore appeler cela un jeu, alors, dans la limite de cet espace contraint, c'est toi qui inventerais librement ton jeu, parce que dans une même situation contraignante, les réponses peuvent encore différer d'une personne à l'autre.

"Voilà qui est terrible, car, imagine qu'un Abdéritain vienne sur un forum, se réclame joueur, et, soudain pris dans la tourmente d'être considéré comme tel, se demande s'il est un papillon qui joue un jeu ou un joueur qui joue à faire le papillon ?! Vois-tu comme l'insoutenable l'égèreté du je(u) pose question ?!
Oui, je vois. Je dis que je suis joueuse et l'on attend de moi que je joue, comme un comique à qui l'on commande "fais-moi rire". Pour aller plus loin que le chaotique battement d'ailes de ton papillon, je dirais du coup : est-ce que c'est Elisabait qui joue, ou Elisabait qui joue à jouer ? Est-ce que finalement cela n'enlève pas de la légèreté au je(u) ? mmmmmmm....
Je dirais que ne je vois nulle tourmente à l'idée d'être considérée comme joueuse, puisque je ne suis pas que cela et que je peux m'extraire de la volonté de l'autre en usant de ma liberté d'exprimer une autre facette de ce que je suis. Le joueur qui reçoit l'injonction de jouer peut donc s'y soustraire et s'il joue quand même, c'est qu'il peut jouer simplement pour jouer, sans s'offenser du défi lancé qu'il aura alors plaisir à relever.

"Mais le jeu infini n'est-il pas un jeu plus suprême ?"
Je dirais que pour que le jeu soit "plus" suprême, encore eût-il fallu que le jeu infini existât.
Le jeu est un produit de la vie et est circonscrit à celle du joueur. Le jeu n'est donc pas infini, il cesse à la mort du joueur. Mais il ne cesse pas brutalement, il s'épuise peu à peu, à mesuer que la vie quitte le vieillard valétudinaire. Ainsi, dans le jeu de la vie, le joueur finit par perdre et le jeu perd son support. Mais me diras-tu, lorsqu'un joueur s'éteint, le jeu perdure dans le monde où nous avons dit ce tantôt qu'il était semblable à un théâtre ? Certes, néanmoins, à l'instar d'un virus, il faut un hôte pour que le jeu existe, mais à l'extinction de toutes créatures joueuses, c'est le jeu qui s'éteint aussi. car, jusqu'à preuve du contraire, il n'y a pas de jeu dans l'horlogerie du monde, il y a un fonctionnement régit par des causes aveugles que seule une existence consciente interprète à l'aulne de ce qu'elle nomme spiritualité. Mais je ne continuerai pas plus avant ce propos, ne souhaitant pas prêter le flanc à la diatribe des croyants, qui ont tout mon respect par ailleurs, ni à celle des non-croyants qui me diraient que spiritualité n'est pas croyance. Je n'entrerai pas dans l'inanité d'un tel débat, tant cette notion peut être abstruse.
D'aucuns diront qu'il est heureux que la vie, et donc le jeu, ne soient pas infinis. Ces personnes sont semblables au renard de la fameuse fable qui, comprenant qu'il ne pourra jamais parvenir à atteindre le raisin convoité, rationnalise en décrétant après coup qu'il ne le désire pas puisque ceux-ci sont sûrement trop verts. Le désir d'éternité qui est l'étiologie de bon nombres de productions humaines et qui m'anime aussi, fait que ne ne me lasse pas de faire durer le jeu, tentative vaine en réalité, je le sais bien, mais chhhhhut, telle est mon illusion consciente et entretenue que jamais je ne vais me décatir. C'est ainsi que je vais me rasséréner des effets de ma lucidité.

"Si le jeu n'a plus de fin, comment faire la différence avec le sérieux ? Il faut bien balancer de l'un à l'autre non ?"
Est-ce que souvent on ne joue pas à être sérieux ?

"Crois-tu que toutes les formes de jeux peuvent faire société ?"
Nous faisons société autour de fictions et nous avons forgé pour cela un imaginaire collectif. Le jeu, surgissement de l'imaginaire dans le réel, contribue donc à renforcer cela. Le jeu de rôle social c'est aussi un costume d'apparat que l'on revêt, sous des formes diverses, puisque le jeu possède des masques multiples à l'effigie de ceux qui les portent.
Toutefois, tout jeu ne fait pas société. Il est des jeux solitaires que l'on peut ici garder sous le boisseau.

"Crois-tu que tous les esprits soient ouverts à toutes les formes...d'humour ?"
Non, l'humour est sinon personnel, du moins culturel

"Et d'ailleurs, selon toi, tout humour est-il jeu ?"
Oui

"Et tout jeu s'appuie-t-il sur de l'humour ?"
Non, les jeux génésiques, par exemple, peuvent en être dépourvus, même si y mettre de l'humour n'enlève rien au plaisir.

Ooooooh Sphinx, si tu étais affamé, sans doute es-tu arrivé jusqu'ici, toi qui possèdes un estomac plus vide que le tonneau des Danaïdes. Et si mes loooooongues réponses ne te satisfont pas, j'excipe de mon ignorance. En outre, voudrais-tu vraiment dévorer une promeneuse cachectique ?

Elisabaitle 15 novembre 2020 à 01:44   •  

@Sourceduvent
Merci de ma souhaiter la bienvenue.

Non, je ne connais pas la règle du jeu de Michel Leiris.

« Ici pointée la réglette (sociale) de tout "Je" -au critérium de quelles réalités ? » La question est absconse.

Où ça plus loin ? Je n'ai jamais parlé de guerre, ou alors ce n'était pas moi. Tout au plus ai-je parlé figurément parlant des combats que l'on mène dans sa vie. Si la guerre n'est qu'un jeu, il s'agit d'un jeu dangereux et inique.

La peur est inhérente à la vie consciente, elle l'est déjà à la vie animale. La peur accompagne certains de nos instants parce qu'elle est associée à la perte. Ainsi, nous avons peur de perdre l'objet de notre amour. La peur, c'est également ce qui te fait sentir en vie en remuant tes entrailles, en excitant tes neurones et en produisant des cascades d'éléments chimiques dans ton organisme, cela crée du mouvement et donc, dois-je le rappeler, de la vie. Est-ce que l'on ne joue pas d'ailleurs avec délectation à se faire peur ?

Oui, le rire peut aussi être un mécanisme de défense face à la peur, c'est un outil supplémentaire, dans notre panoplie, qui nous aide à avancer avec courage et qu'est-ce que le courage sinon savoir surmonter ses peurs ?

Je ne cherche rien de précis à Brocéliande. J'aime bien juste les histoires légendaires, pour le reste, je suis complètement athée. Je ne crois pas aux manifestations d'aucunes sortes.
La forêt de Paimpont, qui est en Bretagne, est identifiée comme étant la forêt de Brocéliande. Toutefois, il semblerait en effet que les légendes arthuriennes soient revendiquées par la Normandie car elles auraient été inspirées par des forêts normandes. Peu me chaut. Il s'agit là d'une querelle d'historiens qui ne me concerne pas.

Je ne sais pas ce qu'est la spiritualté : il est des mots fourre-tout qui possèdent une définition qui appartient à chacun. Aussi, je n'ai aucune légitimité à te dire si cela signe un quelconque échec philosophique.

Sourceduventle 15 novembre 2020 à 10:24   •  

@Elisabait Je voulais faire un peu d'humour : mais comme d'habitude, c'est tombé à plat (genre crêpe cosmique pas comique), aussi n'ai-je à m'en prendre qu'à moi-même, même si"je" est un autre, quand je ne mélange pas tout (oh flagellation) .

"La règle du jeu" peut se voir -mais l'est-elle?- comme une réflexion introspective implacable basée sur la sincérité (entre autres choses) aussi éloignée que possible du caractère hagiographique qui émaille presque trop souvent plupart des textes censés être autobiographiques . En outre, son journal (publié chez Gallimard) est un incontournable pour qui voudrait appréhender les dessous du monde artistique du 20 ème siècle -notamment le cubisme, dada et le surréalisme .

"Oui, le rire peut aussi être un mécanisme de défense face à la peur, c'est un outil supplémentaire, dans notre panoplie, qui nous aide à avancer avec courage et qu'est-ce que le courage sinon savoir surmonter ses peurs ?" : tout est question de degrè, car je ne crois pas qu'on puisse (ne fusse qu'un instant) rire de la peur, quand celle-ci résulte d'un questionnement intense/immense, et que devant vous s'ouvre la boite de Pandore (surtout quand on fini par réaliser à quel point l'expérience est reproductive -sans l'aide aucune de toxique, je précise) . Les nombreux psychiatres rencontrés alors n'ont trouvé aucune solution logique, ni diagnostiqué, chez moi, l'ombre d'une pathologie . En substance " Nous ne comprenons pas ce qu'il est arrivé à votre enfant (j'étais dans ma cinquième année), mais surtout, ne lui en reparlez jamais, car nous doutons fort qu'il puisse survivre à une nouvelle crise de ce genre " . A titre informatif, mes visions étaient interactives, dynamiques, colorées et...sonorisées ! A titre de comparaison, je les comparerais à des Miro vivants ultra-inquiétants . Pourtant, je ne souffre d'aucun trouble psychiatrique particulier . Je désespère encore de pouvoir échanger avec des personnes ayant vécu une expérience similaire .

Je ne conteste pas la valeur poétique de lieux mythiques comme la forêt de Brocéliande -même si, pour avoir vécu en Bretagne, les contes pagano-christianiques (oups) demeureurent très éloignés de la conception que je me fais de la poésie : aussi, à chacun son Pausilippe ^^.

Quant à la spiritualité, elle m'a toujours fait penser à une sorte de canne pour aveugles (cela dit, je respecte les inclinations de chacun en ce domaine -malgré mes railleries parfois irrépressibles: on ne se refait pas à mon âge ) .

Enfin, "C'est toujours dans le désert qu'on casse sa bouteille d'eau" - Louis Scutenaire, "Mes inscriptions" - l'un des poètes les plus humoreux que je connaisse ^^.

Au plaisir d'échanger 🙂

Elisabaitle 15 novembre 2020 à 14:02   •  

@Sourceduvent

Il est vrai que je n'ai pas perçu à quel moment tu as fait de l'humour. Mais pourquoi d'emblée voudrais-tu t'autoflageller pour autant ? Il n'y a rien de grave je t'assure. L'humour est parfois très personnel et il est possible qu'à l'écrit, où l'on n'a pas la notion de l'intonation de voix, ce que tu dis soit perçu différemment.
Il te suffit de m'indiquer à quel moment tu plaisantais afin de me donner une clef de compréhension de ton fonctionnement.

Concernant tes expériences, je ne sais pas de quoi il s'agit. Cela me rappelle juste que moi-même j'ai vécu dans l'enfance des paralysies du sommeil. Cela m'avait impressionnée à l'époque au point de faire germer des croyances. Des années après j'ai compris qu'il y avait une explication physiologique à un phénomène somme toute banal. Dit autrement, j'ai comblé mon ignorance avec des croyances parce que, comme la nature, l'esprit humain a horreur du vide. Mais je ne dis pas que c'est également ton cas.

"La règle du jeu" peut se voir -mais l'est-elle? Je ne comprends pas ta question, j'ai envie de dire : mais l'est-elle quoi ?

Pourquoi rajoutes-tu "oups" après "contes pagano-christianiques" ?

Abderianle 15 novembre 2020 à 22:59   •  

Oh oh oh sexclame le nain sphingique devant un si noble et joueur déploiement ! Et ce nain, un temps perché sur ces épaules géantes, soulevé de terre par lexorde dun arrachement onomastique (quel exode !), sétonne déjà, car, en bon nain, il est, entre quelques pintes (de livres, et cest un pléonasme), assez philosophe : quel jeu autorise la licence quautrui aurait de substituer une déclaration ontique véritable par un mot étranger et, qui plus est, monstrueux ?

Alors, le nain, tandis que sa longue barbe finit pour la première fois depuis longtemps par ne plus toucher terre, de poursuivre ainsi : « Mais nest-ce pas la donnée fondamentale de tout jeu que de réécrire les individus, et, partant, leur(s) nom(s) ? Mais nentrons-nous pas dans une mascarade ? Et si moi, nain, jétais avant abdéritain, et que je suis maintenant Sphinx, voire, Sphinge (alors que mon état de nain dispense, à ce que les RPGistes disent, de connaître mon sexe), comment savoir ce que je peux être si je peux être nimporte qui, qui plus est si nimporte qui peut me faire être nimporte quoi ? Le jeu serait-il alors le climax de la destruction de tout ego, et, partant, la revitalisation de celui-ci par une infinie multiplicité de personae ?

Voilà désormais le nain à quelques coudées du sol --- un Everest pour lui --- alors que cette voix, cette clameur, lui indique que rares ont été les réponses adressées à ses questions. Alors, lui, bête machine à jouer, de sinterroger de nouveau, avec ce vent aérien qui lui caresse les genoux virginalement exposés : « Peut-être alors le jeu que je suis nest pas le jeu dautrui, mais jouer alors ainsi, nest-ce pas causer du tort à autrui ? Où peut commencer le jeu si tout partenaire de jeu ne joue pas comme je jouerais ? Le jeu est-il finalement le climax de légoïsme ? Me voilà déjà donc à mon antithèse, sacrebleu de palsembleu ! »

Et comme le jeu est ainsi par essence et par accident une énigme, Abderian, philosophe compétent, reprend la main du nain, obligeamment, car depuis larrêté de Morsang, le lancer est une activité prohibée (peut-être un jour lancer un jeu sera-t-il aussi interdit ?). Et ça prend aux veines.



Ah, @Elisabait ! La Sphinge, je crains que cela ne soit surtout, prosaïquement, lobsession qui traverse la civilisation grecque, cette idée profondément culturelle qui est la question de lorgueil*, que lon peut retrouver dans la titanomachie comme dans les fins souvent funestes des héros grecs, et que lon retrouve aussi sûrement chez la Sphinge pour son incapacité à accepter quun être humain ait pu trouver une réponse à son énigme si bien ficelée. Cest dailleurs aussi lidée, je suppose, du « kairos », de loccasion, et quand la prédation devient occasion manquée, elle se retourne contre le prédateur, car quest-ce que le suicide sinon une forme de consommation de soi et de sa vie ?

Quant à la question de savoir si le savoir, justement, peut annihiler lautre, ma foi, cest assez intéressant, surtout dans la généralisation que tu donnes de la condition humaine, mais si lon suit lesprit grec, une fois quun Mystère est percé, révélé, il nest plus mystère, et les textes acroamatiques ou ésotériques ne peuvent exister que par opposition aux « hoi polloi », à la masse, si bien que le Père Fouras aurait dû dès la première réponse trouvée se jeter du haut de sa tour, car pareil statut implique quAutrui nen sait rien. Eliphas Lévi a sûrement écrit un livre de jeux ; la « gnose » et la pensée sectaire sont une autre forme de jeu, prise par opposition à des filaments de pensée. Le jeu est de toute manière déviation, détournement, renversement, subversion, mais comment différencier le bon jeu de la mauvaise roue ? Pan est-il un heureux farceur ou un vilain démon ? Reste que le savoir, à défaut dannihiler autrui, pourrait ou réduire la violence, ou lexacerber ; le savoir reste une arme que le jeu peut tenir en alarme ?! ^^

Tu dis à juste titre que le jeu est mouvement, mais si la vie est aussi un mouvement, pourquoi ny a-t-il pas plus de joueurs ? Sont-ce deux mouvements peu familiers ? Y a-t-il des jeux libres, des jeux libérateurs, et des jeux sclérosants ? Comment dans ce dernier cas tenir la mesure dune pareille contradiction ? Comment différencier le jeu sain, le sans-jeu et le jeu du Malin ?

Et si ton esprit prend des directions, et que tu as conscience de celles-ci, joues-tu encore si tu les suis ? Le jeu véritable ne serait-il pas de sen affranchir ? Mais à se libérer de tout, ne se libérerait-on pas du jeu non plus ? Jusquà quel point, @Elisabait, le jeu est-il tenable par rapport à lui-même ?! (Imagine si javais tout rédigé du point de vue du nain !)

Oh, et par aparté, quand tu dis « Oooooh Sphinx avide de réponses, n'est-ce pas encore ce qui te décrit ? A l'image de Démocrite d'Abdère en Thrace, ce philosophe rieur qui a donné son sens au terme anglais abderian et qui se montrait sceptique envers toute forme de certitudes .... », je dois avouer que ton jeu a vu clair dans le mien ! Mais tu vois donc que, si fidèle à mon scepticisme, je joue des certitudes quont les autres, peut-être pour nen avoir point, ne fais-je état de quelque sérieux ? Ou alors, comme ces portraits de Démocrite, ne suis-je pas devenu une sorte dobscène démon, aussi laid que Socrate et visiblement fou, notamment à en croire les versions de Moreelse ?

Pour conclure également cette introduction néo-sérieuse, et concernant le moustique, mon éthos mautorise totalement à tuer les organismes volants qui veulent me nuire, mais par quels procédés ? Comme le Sphinx, si jemploie quelques produits chimiques, nest-ce pas un peu de moi que jexpose au risque de me perdre ? Si jutilise mes mains vigoureuses, nest-ce pas mon temps contre ses ruses ? Et sil est au plafond, que peut le nain que je suis ? Et si je veux le manger, nest-ce pas ma langue, si longue ici et si courte contre lui, qui fera de lui lêtre qui se gaussera dun chasseur inadapté ? Voilà donc la folie, la « mania » de qui sengage dans un duel perdu davance ; le Sphinx se fait Goliath, et David a bien entendu gagné, mais lorgueil moderne du géant impose de ne point renoncer, et ce moustique (dailleurs, comme le Sphinx, « cette » moustique) et ses compères connaîtront la même rage, trop impuissante, qui fera au moins de leur entreprise une odyssée dangereuse et leur donnera peut-être lidée quune puissance supérieure ne peut être aisément importunée. Voilà donc mon refuge : le Dieu impuissant qui a le statut avant laction. Bah après chaque été, cest sûrement pour ça que je (re)deviens athée ! :p



Ah ah, alors tu ne joues que sous impulsions secrètes ? Que derrière un voile dIsis ? Tu mériterais un blâme pour chercher la justice ! Diantre, tout ton texte est dicté par des forces supérieures, et ce serait alors moi, le moustique, le taon***, qui vient te piquer et déclencher tes gestes réflexes, tes contorsions lexicales et tes envolées burlesques et cérébrales ?! Tu nes donc quune machine au sang où jai bien trempé ? Me voilà décidément démon de Bosch (un peintre qui jouait sévèrement, tiens) !

Après oui, il a été montré que les intestins dépendaient de bactéries, et dailleurs la présence de certaines dentre elles aurait des effets régulateurs sur la prise ou non de poids. Après, savoir que tu me réponds avec tes bactéries devrait-il influencer mon propre jeu ? Voire, mes propres habitants ? Devrais-je toutes les réunir, mesurer les effets, et aviser de celles qui pousseront mon jeu dans la direction la plus idoine pour ne froisser ou décourager les tiennes ? Ou tout à ma folie bactérienne, suis-je de toute manière déterminé à faire fi de tous mes congénères aux mains sales ou aux tripes surpeuplées ? Ou bien, me faudrait-il mettre un avertissement implorant déventuels lecteurs ou déventuelles lectrices daller aux toilettes avant afin dêtre parfaitement libres du bas-ventre et heureusement disposé(e)s ?!

Ah, et parle-moi de la liberté cartésienne ! Mh, je lai souvent considérée comme pertinente dans certaine situation, mais sa grande beauté est quelle ne me semble absolument as généralisable, et à cette position joppose le bon clinamen : même la détermination peut te faire dévier dune trajectoire pour laquelle tu étais déterminée, en sorte que, pour paraphraser notre joueur des cartes, « la détermination sort de la détermination » ! Être « déterminé à changer » serait donc la position la moins contradictoire possible et la plus respectueuse dun esprit quantique ! 🙂

Ah, quant à ton analyse de mon oxymore « jeu librement prescrit », je pourrais te dire « Bah, jai joué à dire cela, mais cela navait pas grand sens ! ». Mais je jouerais là un autre jeu. Alors je continue, à cause de mon « cénobiote », à jouer ce que je disais : sur ta première question --- je lai montré par lexemple plus tôt --- peut-on vraiment toujours parler de jeu dinteraction ? Un jeu sans interaction est moins ludique ; un jeu avec est plus contraint. Où est lesprit du jeu alors ? Et dans lantinomie, si lon prend Spinoza, ma démonstration par la pratique (mon côté Diogène un autre sacré joueur) montrait que si lon est déterminé à jouer, on ne saurait appeler ça un « jeu ». On ferait, puisque tu cites Sartre, le « salaud ». Franchement, suis-je un salaud ?! :p

Plus sérieusement, simplifions : si on ne me contraint pas, disons que je suis libre. Si je te réponds, je peux le faire par obligation, pour respecter ce que tu as dit, ou par plaisir, juste parce que jaime mon message à travers le tien (+1 Schultheis). Dans ce cas-là, je peux jouer, jouer à te répondre, mais le jeu ne serait quune modalité, non une essence. Or crois-tu que je veuille jouer comme une manière dêtre ? Non, ce qui mintéresse, cest lIdée du Jeu, et une Forme strictement incarnée. Si je Joue, je ne joue pas ; si je joue, je ne Joue pas. Des jeux doivent sortir du Jeu pour quon puisse Jouer : les joueurs sont alors des salauds, et les Joueurs des francs-tireurs. Vois-tu ? Donc si je me prescris librement de jouer, je me prescris de suivre mon essence, mais cette essence nest pas déterministe, malgré le côté « esse », précisément déjà parce que le Jeu a toujours un effet rétroactif sur mes états et mon être. Un exemple ? Vois : avant de técrire, je nétais point Sphinx. Avant de técrire, je nétais point nain. Et maintenant, que suis-je ? Un Sphinx nain ? Un lépidoptère ? Un bombycinant ? Oui, sûrement, jagrège par là dautres « qualités », dautres « vertus » dans le sens grec, à ces nouveaux corps, mais ce corps polymorphe, nest-il point matière même à jouer ? Et je joue mieux matériellement que modalement, car par essence, être joueur est mieux que jouer à jouer : le second cas manque de tenue et de sincérité. Comme Dieu, exister est plus parfait que de ne point exister (même si Kant, comme tu le sais, a réfuté la « preuve »), donc jouer de manière plénière est plus parfaite que mimer un jeu.

(Pfiou, je me trouve pour une fois tellement clair et synthétique que personne ne comprendra sûrement rien ; jai cependant bon espoir que nul ne le remarque ^^).

Bref, en passant, tu remarqueras que jai répondu à ton interrogation sur cette « @Elisabait qui joue à jouer ». Dailleurs, celle-ci pourrait être une Elisabête, un « monstre » incarné dans un jeu de dupes ; lautre, la plus sincère, jouerait de lhameçon pour ne point déjouer son goût de jouer. Et dans ce cas-là, pourrais-tu vraiment faire autre chose quéviter la prétention de jouer pour le jeu véritable ? Cest comme lacteur de ta judicieuse comparaison : si le comique ne peut faire rire sur commande, nest-il pas toujours forcé de jouer ? Dailleurs, pour aller plus loin, comment savoir, face à un acteur, quand il joue et quand il ne joue pas ? Comme cette mauvaise actrice dun épisode de Castle qui joue lamante pour un rôle : si elle avoue sa sincérité et son plaisir, comment savoir si ce nest pas que la prolongation de son jeu ? Tu pourrais donc, pour reprendre un peu les idées du Sartre que tu employais, arrêter de jouer mais dans la perception de lautre rester à jouer. Le jeu ne nous enfermerait-il donc pas, justement à cause des interactions ?!

Tu soulèves enfin dautres questions pertinentes, mais je ne voudrais, si tu as la folle ardeur de me répondre (et de mavoir lu), faire durer le jeu plus que nécessaire, au moins pour te laisser la possibilité de respirer ; je te laisse donc répliquer et si ta fougue de joueuse surjoue la mienne, si tu es moins valétudinaire que tu le prétends, tu pourras te prêter à une réponse, et je ne doute que ces thèmes en suspens se joueront bien de la discussion qui sensuivra, mon estomac, bien entendu, ne pouvant se contenter de cela. 😋



*(ma position de nain était une délicate anti-référence, car je ne saurais jouer sans jouer de ce que je vais dire car entre ce que je vais dire et ce que je vais en jouer, il y a pfiou, lespace dun nain, au moins !)**

** Tas vu, je mamuse même à rendre la lecture torte et cryptique, et même si Pratchett le fit avant moi, je peux dire que le jeu est contagieux (hélas, a-t-il jamais été pandémique ? Hormis le dé, bien sûr)

*** Mouais, tas vu, tout était prévu. Comme Hannibal : « jadore quand un plan se déroule sans moustique ».

Abderianle 15 novembre 2020 à 23:01   •  

Tiens, par un étrange jeu de code, mes apostrophes ont été éliminées du message. @Aurel, arrête de jouer ! 😄

Sourceduventle 15 novembre 2020 à 23:48   •  

Elisabait@

Quel oups ajouter: au seuil de quel soleil de pluie ?
Combien d'enfin ?

Je souffre fort de mon inintellegibillité sommaire : Pascal et son idée du vide à chier-littéralement .

Mon oups n'est qu'un halala -à ne pas lire .

Quant à combler son vide par des croyances: z'as-tu pas trouvé mieux ?

Croyances...ou intuition de certitudes mélées?

Kesako ?

Renseigne-moi au passage des nuages .

Elisabaitle 16 novembre 2020 à 12:45   •  

@Sourceduvent
"Quel oups ajouter: au seuil de quel soleil de pluie ?" Elle ressemble, cette mélodie, à la lumière d'un soleil de pluie, da da diii da da da da da dadaaaaaaa .... "Nous ne voyons pas d'autres explications"
"Combien d'enfin ?"
Je ne sais pas, je dirais 10, à la louche... Y en a un peu plus, je vous le mets quand même ?
"Pascal et son idée du vide à chier"
...:😶 Okaaaaayyy.... je transmettrai tes amitiés à Pascalou
"Mon oups n'est qu'un halala -à ne pas lire" Comme c'était écrit, en fait bêtement je l'ai lu, Zuuuut, je savions pas !😜
"Quant à combler son vide par des croyances: z'as-tu pas trouvé mieux ?" Baaaah... non. z'avais moins de 10 ans et à cet âge, z'avais pas trouvé mieux que d'interpréter mes paralysies du sommeil comme des manifestations paranormales. Mais faut dire que ze croyais encore au monstre dans le placard et sous le lit. Mais ça va beaucoup mieux depuis 🥴
"Croyances...ou intuition de certitudes mélées?" Non, non, croyances, je m'en souviens bien, puisque j'y étais
"Kesako ?" Quézac eau ?
"Renseigne-moi au passage des nuages" Ooooups (je t'ai vuuu, fallait pas le liiiiiire ! 😂), justement, voilà qu'arrive un nuage de plasma, bon allez, je filoche avant de recevoir une pluie coronale sur la tronche !

Amarle 16 novembre 2020 à 21:34   •  

Bienvenue @Elisabait
Un plaisir de te lire. 👍
Et ça fait plaisir de voir quelqu'un qui vit bien sa différence.
J'aurais aimé être comme ça. 😒

Hatsale 16 novembre 2020 à 21:58   •  

@Amar, il n'est jamais trop tard pour Être.

Amarle 16 novembre 2020 à 22:36   •  

Merci @Hatsa.
T'inquiète pas, désormais je suis très bien dans mes pompes 🤘

Hatsale 16 novembre 2020 à 22:37   •  

👍

Elisabaitle 17 novembre 2020 à 03:25   •  

@ Amar
Merci Amar. Dans mon parcours de vie bien particulier, cette différence m'a sauvée à plus d'un titre. Je lui dois ma résillience. Contente que tout aille pour le mieux pour toi.

Laurent...le 17 novembre 2020 à 16:42   •  

Bienvenue à toi, c'est un vrai plaisir de te lire. Je repasserai surement dans le coin ^^

Elisabaitle 03 décembre 2020 à 18:33   •  

@ Laurent, merci beaucoup 👍

Elisabaitle 03 décembre 2020 à 18:35   •  

@Abderian
Hi, Hi, Hi, jarrive tardivement mais je poursuis la déclinaison, nous nétions pas encore à loraison. À ce propos, je saisis lopportune occasion de menquérir à nouveau de la santé de notre moustique dont tu ne me fis pas état, si ce nest la description de ce quil ten eût coûté de le tuer. Jen conclus quil nest ni mort, ni en vie, mais dans état de superposition quantique. Cétait là un dilemme, difficile élection en effet, pour ne pas altérer notre éthéré éthique, sil fallait que le typique loustic qui pique fût mort et enterré ou en vie.

Tu me reproches duser de licence, serais-je subitement devenu la licencieuse Circé, reine des métamorphoses ? Quel grand pouvoir tu me prêtes daccorder à ma parole dêtre performative : ainsi, ce que je dis que tu es cest ce que tu deviens réellement. Si je te faisais boire le filtre de loubli, comment jouerais-tu alors ? Comment depuis toi tu inventerais un autre si tu étais persuadé dêtre déjà cet autre. Est-ce que le jeu peut être folie et dépersonnalisation ? Toi qui convoques tes ancêtres n'as-tu pas une souche suffisamment enracinée pour affronter de porter un masque. Eh bien, nain asexué, cest ainsi que tu crains de te perdre dans le jeu, doublier qui tu es ? Aaaah, le délice de se perdre, nest-ce pas pourtant ce que lon demande un peu au jeu ?, Hegel pensait quautrui est ce miroir indispensable pour que la conscience de nous-même ne soit pas une illusion : lhumanité nest pas acquise à la naissance, elle nous est accordée par autrui. À cela soppose le solipsisme de Descartes où il est nul besoin de lautre pour savoir qui lon est, permettant ainsi de jouer avec notre identité sans jamais la menacer.

Tu es bien prompt à balayer le sphinx majestueux, mais si, selon la maxime delphique tu te connaissais toi-même, quelle masque temporaire pourrait alors faire abdiquer un abditérian de sa souveraine identité ? Ne peut-on pas jouer avec son identité si lon sait qui lon est ? Toutefois, dans la dimension sociale et humaine du jeu, il est possible de renégocier sa propre identité dans lintersubjectivité, surtout dans lespace virtuel dInternet où nait lambivalence de « flouter » qui nous sommes à travers nos pseudonymes dans une volonté de ne jamais totalement nous dévoiler, et la découverte de lêtre humain derrière le joueur.

Non, le jeu nest point la destruction de légo qui renaîtrait de ses cendres, tel le phénix, mais sa sublimation en le transformant, en lépurant. Cest fort de notre égo que lon peut jouer à décliner ce que nous sommes sous des identités nouvelles, permettant de laisser libre cours aux facettes de soi qui, dordinaire, sont peu loquaces. En dehors du jeu, légo est ainsi réduit à sa stricte expression, mais le jeu nous fait tantôt devenir un sphinx dévoreur insatiable ou un vil nain asexué sans souffrir du jugement de ses pairs, puisque cest pour du beurre et que la crémière est sympa.

La prédation manquée qui se retournerait contre le prédateur qui sautoprédate ? Théorie intéressante, quoique je nai jamais entendu parler dun lion qui se suiciderait davoir perdu loccasion de prédater la gazelle. Comment le prédateur peut-il alors « se consommer soi », « consommer sa vie » par le suicide ? Plutôt quune autophagie, il me semble que le suicidé laisse là son corps sans vie à la merci des prédateurs et charognards qui le consomment, eux, bel et bien. Le suicide nest-il pas plutôt labandon de soi, dans le sens de prendre congé de soi-même. Et pourquoi le sphinx, voulait il rompre avec lui-même ? Est-ce vraiment une prédation manquée lorsque le promeneur est tout offert à sa gorge déployée, et quau lieu de le dévorer, il se contente de le questionner ? Quest-ce que cela dit sur le type de prédation : la nourriture « spirituelle » prime-t-elle sur la nourriture physique ? Le sphinx nest-il pas simplement mauvais joueur ?

Où se situe la limite entre le bon jeu et la mauvaise roue ? La réponse dépend de langle de vue : le joueur est-il celui qui samuse quel que soit lobjet de son amusement, ou est-ce lobservateur qui déclare le personnage bon joueur ou mauvais farceur ? Pour trancher un peu, si le jeu a une dimension sociale, ce sont probablement les êtres qui font société qui disent ensemble ce qui est jeu ou pas.

Le jeu est porté par la vie, disais-je, mais la vie porte-t-elle toujours du jeu, non ai-je également théorisé, sinon il y aurait effectivement plus de joueurs. Mais il faut pour cela que lêtre conscient se prête au jeu. Na-t-on jamais vu des personnes qui naiment pas jouer et dont la vie est un exemple daustérité par trop prise au sérieux ?

Tu dis, si ton esprit prend des directions, et que tu as conscience de celles-ci, joues-tu encore si tu les suis ? Le jeu véritable ne serait-il pas de sen affranchir ? Mais à se libérer de tout, ne se libérerait-on pas du jeu non plus ? Je rétorquerais quune définition du jeu est, en substance, quil sagit dune action volontaire réalisée dans les limites de la règle librement consentie mais règle impérieuse toutefois, engendrant un sentiment de tension et de joie et dune conscience dêtre autrement que dans la vie courante. Donc le jeu se veut libre dans lespace circonscrit par les règles. Cest un paradoxe où la liberté côtoie la contrainte faisant écho à Rousseau pour qui « il ny a point de liberté sans lois ». Cest dans cette liberté cloisonnée offerte par lespace de jeu que sexprime lintelligence humaine qui se prête à lexercice de sa créativité et dune pensée libre, dépourvue des contraintes du réel. Dans le contrat ludique, cest la règle du jeu qui fait le joueur et cest même le jeu qui détermine le rôle du joueur. Le joueur ne peut déterminer totalement le jeu, à moins dêtre et le joueur et le créateur du jeu, devenant ainsi à la fois divinité de lunivers que tu forges et sujet qui se soumet volontairement à ses propres règles. Et même si tu te créés toi-même en tant que joueur dun nouveau jeu, le jeu que tu auras créé te déterminera à son tour en y jouant puisque tu te soumets aux règles.

Ainsi, le dieu que tu invoques, jamais ne se soumet à ses propres règles car sur la règle du « tu ne tueras point » il sy soustrait par la promesse de destructions éternelles et ça ce nest pas du jeu !

Comment pourrais-tu aviser des effets de tes bactéries ou espérer que les rares lecteurs parvenus jusquici se délestent dune partie significative dentre elles alors que la frontière entre elles et nous est si mince ? Tu raisonnes comme sil sagissait dentités distinctes de toi, pourtant, sans elles tu ne survivrais pas. Où commencent-elles et où finis-tu ? Qui pense réellement : ton cerveau ? Lequel ? Sais-tu que la mitochondrie est une ancienne bactérie qui a tellement pris à cur son rôle symbiotique quelle a fusionné avec nous et avec la majorité du vivant. Elle transmet son ADN qui est resté différent de celui du reste du corps et cest par la mère seulement, divine créature du vivant, quil se transmet. Quel être fusionné avec nos bactéries sommes-nous en train de devenir ? Nous sommes multiples en réalité et nous définir cest nous limiter.

Être déterminé à changer, oui, en effet, cest tout à fait cela, quoi quil arrive nous changeons sous leffet de nos déterminismes. Il en va ainsi de la physique classique et de son univers bloc qui soppose à la physique quantique mais nous ny sommes pas soumis en réalité puisquelle ne concerne que linfiniment petit. Un esprit quantique ? Quest-ce que cela ? Est-ce que lesprit est composé de particules soumises à linfluence des lois de la physique quantique ? Il faudrait dabord se demander : quest-ce que lesprit et en a-t-on réellement déjà vu un ?

Lhomme utilise le jeu pour se divertir et libérer son intellect de son obsession effroyable de la mort qui marque labsence de sens de la vie humaine. Le jeu est donc un outil de liberté daction car il dévie nos pensées de notre condition de mortel et évite la paralysie de nos peurs infrangibles.

Je te laisse ici probablement de façon durable. En effet, jai dimpérieux devoirs : je me consacre à la réussite de mes éudes et je suis actuellement réquisitionnée en renfort Covid à lhôpital. En outre, ce site est, à linstar de beaucoup de lieux virtuels, semblable à une sorte de désert où lon croise finalement peu de monde et où lon sobserve vraiment de loin. Or, il est impératif pour moi, après avoir essuyé bien des aléas auxquels mes déterminismes mont conduite, de construire ma vie dans le monde réel. Je reste ici en pointillés pour le moment, échangeant avec de rares passants. À ce propos, je te remercie davoir pris le temps de ce riche échange qui ma beaucoup amusée. Oooh grand sphinx abditérian ou qui que tu sois, tu nes pas un nain pour ce qui est de tes qualités.

PS : La disparition des apostrophes vient de ce que tu as dabord rédigé, dans un document texte, ton propos que tu as ensuite copié-collé dans la partie commentaire. Pour éviter cet écueil, il faut directement écrire sur le site, ce que je nai pas fait non plus, doù la disparition de mes apostrophes également.

Elisavenale 05 décembre 2020 à 18:16   •  

Bonsoir, Elisabait
Je trouve qu'un charme ravageur se dégage des tes jeux et tes vols de mots-idées-atitudes et auto-questionnements- très serieux, ceux-ci-somme toute.
Je suis certaine que MAGISTER LUDI, dans sa Castalia, t'aura pris comme assistante, n'en craignant plus qui le jeux aux perles de verre soit en déclin!
Que Dieu te protége là, dans la ligne du front contre le covid!
Tu as raison , la vie il faut la chercher dehors, tout en gardant le livresque et le ludo-ludere comme reservoir personnel d'énergie et émmerveillement devant le monde.Comme bouclier, pannacée, réfuge et moyen béni de reconaitre ceux qui sont vraiment structurellement compatibles avec toi.
Souvent, ceux qui ont su garder une âme d'enfant; peut-être même un coeur pur.
Il ya une grande beauté, je trouve, dans tout jeux; de par sa gratuité?; par la purété de la joie qui s'en dégage? par la légereté de l"ésprit et corps qui batifollent?
Je ne sais pas.
Mais et j'aurais aimé que François Chang se penche un jour sur elle aussi, avec sa délicate et profonde éspièglerie poetico-philosophique:)
Et il me semble qui il, le jeu, illumine de l'interieur tout ce qu'il touche, ceux qui jouent et même ceux qui les regardent, si empatie.
Reviens-nous saine et toujors (en)jouesuse, donc !Et avec le polen de tes expèreiences pas loin de la frontière de la mort,
tu feras ton nouveau miel (sauvage, car si libre!) de ton envoutant jeux!
Un poet né sur le même ciel que moi a écrit ceci:
''L'enfant dit:ma sagesse et mon amour sont le jeu.
Le jeunne homme dit:ma sagesse et mon jeux sont l'amour.
Le vieil homme dit:mon jeux et mon amour sont la sagesse.''


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