Vous avez dit... atypique ?

Êtes-vous spécistes ?

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Êtes-vous spécistes ?
Uneconsciencele 20 novembre 2025 à 17:19

Sujet hors sujet à première vue, mais je me demande si l'antispécisme, qui est une de mes plus grandes convictions, est plus présent ici qu'en moyenne. J'ai l'impression qu'avec de l'honnêteté intellectuelle -- qui est peut-être corrélée au HP, peut-être pas --, on en vient inévitablement à la conclusion que rien ne légitime de considérer les membres de toutes les espèces, excepté la nôtre, comme inférieurs à nous au point de s'arroger le droit de les tuer. Je ne souhaite évidemment pas une confrontation violente, juste que vous partagiez vos points de vue, réflexions, etc., sur la question.

Cecicelale 20 novembre 2025 à 17:54  •   129053

Salut,

Cette vidéo a largement contribué à ma transition pour devenir végétarienne.
voir la vidéo?si=v6D-E3OvCN3jzaiU
Bon difficile encore d avoir une approche parfaitement vertueuse (cuir, lait, fromage...) mais c est une démarche oui qui a du sens pour moi.
D ailleurs, j ai beaucoup de questionnement en ce moment sur le sujet des animaux domestiques.

NB aucun dinosaure n'a été blessé ou exploité pour cette photo de profil

Malkav_ATWle 20 novembre 2025 à 18:05  •   129055

citation :
"Ne faites plus un seul geste. Sa vision est basée sur le mouvement."


Juliette.le 20 novembre 2025 à 21:38  •   129059

😄 @Malkav_ATW

Sinon, ça me questionne moi aussi. Le lapin que j'ai pris et qui vit donc en cage, enfin, la nuit. Le jour il trotte dans la maison et fait du foot avec le ballon de mon fils. Il sort aussi régulièrement. Mais quand même, il vit en appart 🙁 et seul! 😒
Mais j'avoue que sinon, on mange de la viande et porte du cuir. Et pour ça, je me pose moins de questions.
"J'admire" tous ceux qui tuent encore l'animal pour en tirer ces produits. Je veux dire, quelque part, j'aimerais pouvoir avoir à expérimenter ça pour voir ce qui en découlerait au niveau de mon comportement alimentaire et vestimentaire...
J'imagine que je vis, en la matière, comme complètement hors sol..

Juliette.le 20 novembre 2025 à 22:37  •   129060

J'ai regardé la vidéo. C'est pas mauvais en tous cas de se remettre tout çà en tête.

Vibrissele 20 novembre 2025 à 23:15  •   129061

Vraie, noble, complexe question que le spécisme et son antonyme.

À s'intéresser au fait parasitaire; on ne se figure jamais assez (je trouve) comment la vie utilise des niches écologiques ingénieuses (et très cruelles) pour "maintenir cette forme de vie là".

Quantités de moustiques disséminent quantités de pathogènes, parfois viraux; parfois des protozoaires; en volant au passage du sang, pour poursuivre leur existence.

Les tiques et autres acariens représenteraient d'après certains spécialistes quelque chose comme 6 ou 8% de toute la masse des êtres vivants en ce monde.

L'abeille commune, si spécialisée et efficace est sous la pression simultanée d'environ 15 parasites bien identifiés.

Que penser ainsi,
Du sarcopte (Sarcoptes scabiei) l'agent microscopique provoquant la gale ?

Que penser du Varroa destructor ?
Ce maudit acarien disséminé par la "mondialisation heureuse", depuis les forêts de Bornéo, vers 1977.

Aujourd'hui cette plaie est partout dans le monde, ou presque.

Dernièrement une forme de punition dantesque, Aethina tumida a franchi l'Afrique et la mer Méditerranée.

Signalé à l'île de la Réunion.
Ainsi qu'en Sicile. Un authentique désastre.

Et commence à ravager quantités d'insectes butineurs et sociaux; apprivoisés/domestiqué comme l'abeille Apis mellifera; mais ravage aussi fort bien les nids de bourdons et de xylocopes, espèces sauvages, qui n'ont rien demandé.

Qui va remettre Aethina tumida à sa place géographique, en lui livrant une guerre ?

Que penser d'Acarapis woodi ?
Dont le pouvoir pathogène si puissant a forcé des écclésiastes à développer une abeille métisse, devenue quasi-ubiquitaire car capable de lui résister un peu mieux ?

Les rats ont saccagé quantité d'îles du Pacifique.
Les lapins se sont fait littéralement l'Australie.

Parfois, le vivant fait ses propres guerres.

Et ...on n'a pas abordé les moisissures dans le genre Aspergillus, qui nous offrent pour certaines de superbes aflatoxines, molécules vectrices de cancers.

La dose maximale admissible se compte en nanogrammes/litre ou ng/kg.

C'est aussi pour cela que construire des "méga-bassines" pour arroser du maïs n'est pas du tout une bonne idée.

Le vivant est redoutable. Certaines espèces vivantes sont ultra-efficaces pour ce qui est de survivre.

On a séquencé le génome du mildiou car ce champignon a fait trop de dégâts, de morts et de famines.
On s'est fait aussi le code génétique de Serpula lacrymans (la funeste mérule pleureuse).

Nous sommes parmi les plus malfaisants, malintentionnés du vivant.
Ayant un rapport à la technique ultra-toxique et court-termiste.

Nous en sommes là aussi parce que certains gouvernements agissent comme des mafias : même méthodes, mêmes résultats.
Pensée aux gens torturés par des amateurs de gâchettes (avec nos impôts ! ) qui furent à Sainte Soline.

Aux gens morts de l'amiante, si cautionnée par la $ci€nc€, à l'époque. Pensez, une matière si formid(i)able, pour résister si vaillamment aux incendies... on en a foutu partout, encore et toujours minée et utilisée en Inde, Pakistan et Amérique du Sud...

Le vivant pourrait ainsi se décrire notamment avec la formule "Tue. Ou sois tué".
Cette formule n'est pas douce, la vie non plus.

Toute la difficulté de la chose réside dans une certaine forme de mesure, de sagesse; de laisser-faire ou de modalités d'actions.

J'aime l'idée d'être armé face à des pathogènes, des parasites. D'agir face à des poisons aussi mortels que de l'amiante ou du cadmium.

Jusqu'à présent, nous n'avons pas été les plus sages, alors que le nom de notre espèce s'en attribue (très faussement) la qualité.

"Homo sapiens sapiens" 🙄 😒

Sujet vraiment pas facile que celui-ci.

Cecicelale 23 novembre 2025 à 11:43  •   129065

@Malkav_ATW
Vu!

@Juliette.
C'est vrai qu il y a quelque chose de déconnecté entre l expérience de manger une pièce de boeuf dans un restaurant chic et les conditions d elevage/transportl/abattage de l animal.
J ai l impression que l'experience d' avoir un animal domestique n'amène pas à visualiser tous les autres animaux comme des individus qu'on peut aimer, avec leur singularité, leur sensibilité, leur personnalité propre. Ca n'a pas revolutionné les conditions d'élevage .
Alors j'ai un doute sur la piste :que tu proposes, vivre l expérience de tuer : rendre perceptible la souffrance de la bête, entendre les cris, la douleur d un animal. Tout ce qui est aujourd'hui bien caché. L experience serait forcément tres différente de la pratique industrielle de l elevage. Je doute que ca amène un sentiment qui s'étendrait à percevoir la sentience de l ensemble des animaux et à changer notre rapport à eux. Déjà pour les humains, c'est pas si simple...
Mais c'est peut etre quand même un début. Qu'en penses tu ?

Ca m'a fait penser au film Okja
voir la vidéo?si=H0YMTvdM1hUxyluL

Cecicelale 23 novembre 2025 à 12:17  •   129066

@Vibrisse
Ta description de la nature et du vivant est un monde sans foi, ni loi, violent, hostile.
C'est pas faux, la nature, ce n'est pas un monde de bisounours. Et tu l as bien dit une partie de cette violence est aussi dû aux activités de l'homme.
« tue ou sois tué » ca reste réducteur car deja il y a plein d autres stratégies de survie qui existent dans le monde du vivant, basées sur de la coopération...
Mais surtout, c est mettre comme une intention morale dans ce fonctionnement.

Les moustiques, les acariens, les champi ne « veulent » rien : ils s'adaptent à leur environnement et a ses contraintes.

L'homme lui a cette perception morale des questions et on peut integrer ca dans nos choix.
comment gérer des conflits de survie ou de confort
quelles sont les consequences en matiere de souffrance et d'impact pour le vivant dans la réponse
Comment éviter voire réparer les déséquilibres qu on a créé : pollution, apport d une nouvelle espece ou disparition d un predateur, modification des sols

L'antispécisme, ce n est pas dire que les animaux ou meme bactéries sont gentils et non violents.
C'est évaluer moralement notre réponse à ces questions dans le rapport aux animaux et au vivant plus generalement.
Ca ne dit pas de laisser proliferer la malaria mais de considérer les interets materiels au dela de notre unique espece pour limiter les nuisances :
En gros, ne pas se sentir supérieur, chercher les solutions les moins destructrices, revoir nos interactions avec la nature en prenant en compte les preoccupation des autres.
Ca peut prendre des formes étonnantes, comme donner une personnalité juridique à une rivière par exemple

Malkav_ATWle 23 novembre 2025 à 14:47  •   129070

Cecicela
Grillé. 😅

Je suis désolé mais je passe mon tour. Le sujet est trop pour moi. Trop large, trop violent, trop point de cristallisation de trop d'enjeux.
Mais, pour avoir assisté de loin, dans mes jeunes, années à la "préparation" d'un cochon, je suis évidemment sûr que je mangerais moins de viande si je devais tuer moi-même.
Pour moi la déconnexion est autant problématique que le sujet en lui-même.
C'est tout aussi important pour moi de faire les choses en conscience de ce que cela implique.

Et non les règnes animaux comme végétaux ne sont pas des univers de Bisounours où tout le monde il est gentil.
Mais ils ne sont pas forcément non plus que des compétitions à vie à mort. Ce que cherche chaque espèce, c'est son homéostasie. Il y a énormément d'espèces qui vivent en harmonie, voir en symbiose (bon après je n'irai pas jusqu'à faire un câlin à une caravelle portugaise).
Mais si la loi du plus fort prédominait, il n'y aurait rien d'autre sur terre que des requins, des orcs, des lions, des aigles royaux... Et le bouzin n'irait pas très loin.
Chaque espèce fait partie du système, l'évolution étant une évolution à son environnement (et ses réussites liées aux capacités d'adaptation plutôt qu'à une force brute).
Ça prévaut aussi pour le genre homo.
Les différentes "espèces" ont évolué avec une évolution du volume de la boîte crânienne constante. Sauf que plus gros cerveau = plus grands besoins énergétiques, et à un moment ça coince.
D'ailleurs l'espèce sapiens est venue interrompre cette course à "avoir la plus grosse", avec une boite crânienne moins grande que Néandertal et Denisova... Mais organisée autrement.
Donc faire mieux, plutôt que faire plus.

"Heureusement" nos congénères semblent repartis pour la course aux armements.

PS Le darwinisme mal compris (loi du plus fort qui survit plutôt que capacités adaptatives) transposé dans le domaine social, ça a posé les bases du nazisme (darwinisme social) et celles du capitalisme ("travailler plus").

Flexle 01 décembre 2025 à 00:23  •   129127

citation :
@'avec de l'honnêteté intellectuelle -- qui est peut-être corrélée au HP, peut-être pas --, on en vient inévitablement à la conclusion que rien ne légitime de considérer les membres de toutes les espèces, excepté la nôtre, comme inférieurs à nous au point de s'arroger le droit de les tuer

Bonjour @Uneconscience

Allez je veux bien répondre un peu, ayant été végan, antispé pendant logntemps, à partir d'un peu plus tard que ton âge.
En te lisant, je me rappelle très bien qu'il y avait cette croyance assez forte que la cohérence intellectuelle obligeait l'humain à être antispé, je lisais plein de textes de ce genre, sur l'abolitionnisme, on débattait, etc.
- Quel lien tu fais entre la cohérence "intellectuelle" et tuer un animal ou pas ?
- Est-ce que tu crois que chaque humain n'a ni les mêmes besoins ni les mêmes intérêts ?
- et as-tu déjà répondu à l'éternel "comment vit-on en pleine nature ?
- si je comprends bien tu te positionnes sur un argument purement moral de tuer/pas tuer, donc rien à voir avec un débat écolo, droitegauche, richepauvre, paysancitadin, juste : respect de la vie ?

A te lire

Uneconsciencele 01 décembre 2025 à 20:43  •   129139

citation :
Allez je veux bien répondre un peu
J'ignore comment je dois le prendre, @Flex... 😉 En tout cas je vais m'efforcer de répondre à tes questions.

citation :
Quel lien tu fais entre la cohérence "intellectuelle" et tuer un animal ou pas ?
Je n'ai pas parlé de cohérence mais d'honnêteté intellectuelle (autrement dit : pas du rapport logique entre cette idée et les autres qu'on a, mais de l'honnêteté qu'on met dans la réflexion sur ce sujet en particulier), et pas du fait de tuer un animal ou non mais du fait que tuer les animaux est moralement justifié par la croyance que leurs vies valent moins que celles des humains. Alors que, tout simplement, rien ne soutient cette croyance. Mais puisque tu te présentes comme un antispéciste "repenti", j'imagine que tu as des arguments dans le sens inverse... Je serais heureux de les lire.
citation :
Est-ce que tu crois que chaque humain n'a ni les mêmes besoins ni les mêmes intérêts ?
Pour répondre, même si je préfèrerais que tu dises où tu veux en venir : les humains ont les mêmes besoins, entre autres des besoins physiologiques (nutrition, sommeil...) et psychologiques (interactions, respect de la part d'autrui...), mais pas forcément dans les mêmes proportions pour chacun. Seule leur intensité varie. Pour ce qui est des intérêts, tout dépend de ce que tu mets derrière ce mot, mais si on parle des intérêts objectifs des humains dans la perspective d'être plus heureux, alors à mon avis oui, là encore à l'échelle collective on a tous les mêmes intérêts. En revanche ce n'est évidemment pas le cas des désirs.
citation :
et as-tu déjà répondu à l'éternel "comment vit-on en pleine nature ?
Là je crois que tu t'éloignes vraiment du débat... D'abord que veut dire "en pleine nature" ? Il n'y a pas de distinction fondamentale entre ce qui est naturel et ce qui ne l'est pas. Si tu fais référence au fait que les animaux se tuent entre eux : oui, c'est un équilibre issu des besoins physiologiques dont je parlais. Le truc, c'est que les humains n'ont plus actuellement le besoin de se nourrir de chair, ce qui rend immoral de tuer dans ce but, d'autant plus d'une manière extrêmement disproportionnée (au grand minimum, 1000 milliards d'animaux tués chaque année pour la consommation humaine en fonction des estimations).
citation :
si je comprends bien tu te positionnes sur un argument purement moral de tuer/pas tuer, donc rien à voir avec un débat écolo, droitegauche, richepauvre, paysancitadin, juste : respect de la vie ?
Parfaitement, ici on est d'accord. (Même si les différentes positions sont, comme pour presque tous les débats, corrélées à des positions politiques, sociales, etc., ce que je trouve fort dommage.)

Flexle 04 décembre 2025 à 17:19  •   129170

Salut à toi
Il fallait le prendre comme une salutation plus ou moins bien formulée 😜 et un enthousiasme à échanger avec toi.
Tu noteras que j'ai précisé ce que je pensais fermement avant, mais pas ce que je pense actuellement : je n'attends pas une réponse en particulier, juste un échange, nous sommes sûrement d'accord sur plein de points.

Sur la position que tu formules ainsi "avec de l'honnêteté intellectuelle on en vient inévitablement à la conclusion que rien ne légitime de considérer les membres de toutes les espèces, excepté la nôtre, comme inférieurs à nous au point de s'arroger le droit de les tuer" : c'est ça que j'aimerais que tu expliques, comment tu arrives du point A (honnpeteté intell.) au point B "ne plus les tuer" et plus bas aussi tu écris "Alors que, tout simplement, rien ne soutient cette croyance [que leurs vies valent moins que celles des humains]" : comment es-tu arrivé à cette conclusion ? Et penses-tu que ces gens réfléchissent à la valeur des vies animales, ou qu'ils font juste ce qu'ils font sans réfléchir ?

J'y vois là un ultra-rationnalisme, une recherche intellectuelle de la cohérence pure. Très présent dans certains milieux philo-politiques qui se perdent eux-même dans leurs raisonnements "alors si ça c'est mal, mais que ça ça appartient à X et que B pense qu'il possède C mais que historiquement le peuple Y a maltraité les Z" un peu comme si on faisait des opérations mathématiques avec les idées.
Et malheureusement, spoiler alert, dans le monde factuel (matériel) cette cohérence n'existe nulle part. En voulant être cohérent ou honnête sur un point, on devient incohérent sur un autre point (ou alors, on s'épuise mentalement^^)

Ce que j'ai constaté : les gens -en majorité- ne réfléchissent pas plus que ça à leurs actes, ils miment, reproduisent. Si un changement advient dans leur temps de vie, ils l'accepteront si la masse l'accepte et leurs suivants les mimeront. Une minorité résistera.
Et en fait je dirais même qu'ils ne sont pas "malhonnêtes intellectuellement" car il n'injectent pas d'énergie à comprendre, chercher, le sens de telle ou telle pratique.

Sur ma question des besoins et intérêts, je crois que c'était par rapport aux tempéraments humains (tempéraments psycho, métabolismes, destins, classes socio culturelles, vécus à un moment T...), ethnies, modes de vie : et donc je dis qu'ils n'ont pas tous le même besoin au même moment. Pour avoir étudié la nutrition, ça change pas mal selon les groupes humains (que j'ai cités ci-dessus), même si on a identifié de grandes règles physiologiques, et ce qui est censé abimer un corps n'abimera pas le corps voisin.
Sur les désirs, je veux bien que tu développes.

"en pleine nature" : j'ai mal formulé ma question, ma question c'était : est-ce qu'on t'a déjà sorti ce fameux argument "vivre en pleine nature" et as-tu convaincu ? Tu y as déjà répondu un peu. C'est que j'ai vu très peu de naturalistes réellement vivre sur le long terme en végétaliens végans stricts. Je l'ai fait, mais pas très longtemps.

Si les idées antispé sont parfois corrélées à d'autres dichotomies très tranchées, ça peut être le fait de personnes elles aussi très rationalistes qui cherchent la cohérence parfaite alors ils vont mélanger antispé avec le sujet X ou Y, ou bien des personnes qui affectionnent 2 3 idées qui n'ont rien à voir et veulent les garder toutes même si ça fait un mélange bizarre (je donne volontairement pas d'exemple!)

Uneconsciencele 06 décembre 2025 à 15:07  •   129186

citation :
Sur la position que tu formules ainsi "avec de l'honnêteté intellectuelle on en vient inévitablement à la conclusion que rien ne légitime de considérer les membres de toutes les espèces, excepté la nôtre, comme inférieurs à nous au point de s'arroger le droit de les tuer" : c'est ça que j'aimerais que tu expliques, comment tu arrives du point A (honnpeteté intell.) au point B "ne plus les tuer" et plus bas aussi tu écris "Alors que, tout simplement, rien ne soutient cette croyance [que leurs vies valent moins que celles des humains]" : comment es-tu arrivé à cette conclusion ?
Nous y voilà... En effet, chaque fois que je dis que je suis antispéciste, j'entends cette question : pourquoi ? Pourquoi les animaux seraient-ils nos égaux ? Et comme à chaque fois, je te retourne la question : pourquoi ne le seraient-ils pas ? Ce que je veux dire, c'est que je ne vois pas pourquoi j'aurais besoin de justifier le principe d'égalité naturelle. Ce serait plutôt aux personnes qui s'y opposent d'expliquer par quelle loi ontologique cette vie aurait une valeur inférieure à cette autre... Les antiracistes ont dû trouver des arguments "en faveur" des Noirs pour montrer qu'ils étaient "comme les Blancs", et donc que l'esclavage, la colonisation, la ségrégation, etc., étaient immoraux ; alors que, tout simplement, nous sommes fondamentalement égaux. L'honnêteté intellectuelle consiste ici à interroger l'idéologie qu'on nous enseigne selon laquelle nous sommes supérieurs aux autres espèces, à se rendre compte qu'elle n'a aucune base logique qui lui permette de contredire ce fameux principe d'égalité, et donc à se référer ultimement à ce dernier.
citation :
Et penses-tu que ces gens réfléchissent à la valeur des vies animales, ou qu'ils font juste ce qu'ils font sans réfléchir ?
citation :
Ce que j'ai constaté : les gens -en majorité- ne réfléchissent pas plus que ça à leurs actes, ils miment, reproduisent. Si un changement advient dans leur temps de vie, ils l'accepteront si la masse l'accepte et leurs suivants les mimeront. Une minorité résistera.
Et en fait je dirais même qu'ils ne sont pas "malhonnêtes intellectuellement" car il n'injectent pas d'énergie à comprendre, chercher, le sens de telle ou telle pratique.
Tu avais raison d'écrire que nous sommes sûrement d'accord sur plein de points : c'est le cas ici. En effet, l'immense majorité des spécistes (cette dénomination peut paraître méprisante, mais pour reprendre le parallèle, ça revient selon moi à dire "les racistes" au temps de l'esclavage) ne mettent ni d'honnêteté ni de mahonnêteté dans leur réflexion, parce que pour ça il faut déjà avoir une réflexion...
citation :
J'y vois là un ultra-rationnalisme, une recherche intellectuelle de la cohérence pure. Très présent dans certains milieux philo-politiques qui se perdent eux-même dans leurs raisonnements "alors si ça c'est mal, mais que ça ça appartient à X et que B pense qu'il possède C mais que historiquement le peuple Y a maltraité les Z" un peu comme si on faisait des opérations mathématiques avec les idées.
Et malheureusement, spoiler alert, dans le monde factuel (matériel) cette cohérence n'existe nulle part. En voulant être cohérent ou honnête sur un point, on devient incohérent sur un autre point (ou alors, on s'épuise mentalement^^)
Scrogneugneu, @Flex, voilà que tu reprends la confusion entre cohérence et honnêteté ! 😜 Je refais donc la distinction : pour la première, je suis d'accord, il est impossible d'être cohérent sur tout (je ne pense pas que la cohérence n'existe nulle part dans le monde factuel, mais que ce dernier est beaucoup trop complexe pour qu'on puisse en avoir une vision cohérente). En revanche, il est parfaitement possible d'être honnête dans n'importe quelle réflexion, c'est-à-dire de ne pas s'aveugler avec des sophismes du genre "c'est ce que j'ai appris depuis que je suis enfant, ça ne peut pas être faux".
citation :
Sur ma question des besoins et intérêts, je crois que c'était par rapport aux tempéraments humains (tempéraments psycho, métabolismes, destins, classes socio culturelles, vécus à un moment T...), ethnies, modes de vie : et donc je dis qu'ils n'ont pas tous le même besoin au même moment. Pour avoir étudié la nutrition, ça change pas mal selon les groupes humains (que j'ai cités ci-dessus), même si on a identifié de grandes règles physiologiques, et ce qui est censé abimer un corps n'abimera pas le corps voisin.
Sur les désirs, je veux bien que tu développes.
Eh bien, quand tu parles de besoins qui ne sont pas les mêmes pour tous au même moment et qui dépendent des tempéraments, classes socioculturelles... je crois justement que ce sont plutôt des désirs. Certains désirent être riches, d'autres être libres, puissants, admirés, etc., en fonction de leur psychologie et de l'influence qu'a leur milieu.
"Même si on a identifié de grandes règles physiologiques, ce qui est censé abimer un corps n'abimera pas le corps voisin" : soit, mais un régime alimentaire tel que le végétarisme ou le véganisme entre dans ces "grandes règles physiologiques", non ? Si par "au même moment" tu veux dire "dans une même situation", j'imagine qu'il va certes y avoir des différences liées au poids, à la masse musculaire, etc., mais essentiellement les mêmes réactions et les mêmes besoins plus ou moins importants.
citation :
"en pleine nature" : j'ai mal formulé ma question, ma question c'était : est-ce qu'on t'a déjà sorti ce fameux argument "vivre en pleine nature" et as-tu convaincu ? Tu y as déjà répondu un peu. C'est que j'ai vu très peu de naturalistes réellement vivre sur le long terme en végétaliens végans stricts. Je l'ai fait, mais pas très longtemps.
Je ne suis pas sûr de voir de quel argument tu parles... A mon tour, je veux bien que tu développes.

Flexle 08 décembre 2025 à 00:35  •   129194

J'essaye de me mettre dans la tête d'autrui pour le comprendre

Ma 1è question tu n'y as pas répondu : je demande la raison absolue intellectuelle qui justifierait l'égalité dont je reparle plus bas. Et si une loi naturelle et absoue de notre monde acceptait et encourageait la prédation, la domination (ce qui serait pas étonnant au vu des différentes sociétés)

et je crois vraiment que c'est pas parce que certains tuent des animaux qu'ils pensent que ces derniers leur sont inférieurs. Ils tuent pour se nourrir ou par reproduction culturelle ou nutritif.

Et si tu me demandes pk ne seraient-ils pas nos égaux, moi je les considère pas inférieurs ou supérieurs donc je peux pas répondre. Et je crois pas qu'il faille inférioriser ta proie pour la chasser quand t'es naturel. Plus t'es déconnecté du vivant plus oui tu vas mépriser le vivant, les proies, les maltraiter et les objectifier.

Autre Q :
Qu'entends-tu par "égaux" ?
Et en quoi sommes nous égaux ?
Et quid du mot équitable ?

Si j'étais taquin, je dirais que tu compares les animaux aux Noirs 😉
(car les animaux sont bien plus éloignés des humains que les noirs ne le sont des blancs, ce qui pour moi rend cet exemple non valable, mais j'ai très bien compris ton raisonnement tkt)

Si on fait un peu d'étymologie, le fait d'être supérieur ou inférieur en terme de capacité dans un contexte donné (adulte et nouveau-né, physiquement / ours et chèvre / ancien sage et jeune excité, mentalement / etc) n'envisage pas pour autant la soumission/destruction de l'inférieur. Certains préconisent la protection et la bienveillance de la part du supérieur. Là-dessus je sais pas si j'ai été clair.

Honnêteté : pas sûr de ta définition : beaucoup se trompent, par éducation aussi, mais sont honnêtes dans leur erreur. Et si je reformule mon paragraphe j'enlève juste le mot honnête car je parlais de recherche de cohérence totale intellectuelle (entre les idées).

Besoins désirs : je saurais pas trop comment déterminer et se mettre d'accord sur une définition neutre de ces deux mots ?

Q qui me vient : ce serait un sacré coup de chance si le régime végéL était correct en même temps que le côté moral qu le justifierait, n'est-ce-pas ? L'antispécisme étant justifié surtout moralement (comme tu l'as confirmé) et il aurait sa justification nutritionnelle pour tous ? Ca me paraît... chanceux!

Nutrition :
- on peut pas dire "le régime végéR ou végéL est une grande règle physio" car ça ne précise pas ce qu'il contient (industrie?microondes?sucre?feuillescrues?spiruline?jus?alcool?dr0gue?légumineuses et céréales(décriées par les hygiénistes)?...). S'il est sain, il aura une majorité de bons aspects, mais chez certains il se peut que ça se passe mal... Le corps est complexe.
- mais il y a un bon paquet de véganes motivés qui en sont sortis par le côté nutrition justement. Il y a des gens qui supportent +ou- bien le régim vgtalien.
- beaucoup de gens pro nature, plutôt sains d'esprit, ou thérapeutes naturels ne valident pas ce régime, ou témoignagent de patients qui en ont fait les frais. Ont-ils tous tord?

"en pleine nature" : en résumé pour simplifier je te demandais ta réponse à "comment vivre en pleine nature partout, notament en régions froides, en relative autonomie, sans utiliser de chose animale, car peu de ces gens-là y arrivent, il y a toujours une peau ou un arc ou une poule qui traîne."

*

J'ai aussi conscience qu'on ne pourra jamais développer autnat qu'à l'oral et que nous serons limités à un stade.
Mais trêve d'argumentations, j'aurais un exercice de réflexion à tester, stimulant, qui sort un peu de la zone de confort : t'es chaud ?

Mule2112le 11 décembre 2025 à 08:38  •   129216

Salut,

Quelques réflexions, après avoir cogité un brin sur ce sujet :

Bon je suis allé me pencher sur cette idéologie, ou philosophie peut être - spécisme VS antispécisme - et sa proposition.

Toutes les espèces vivantes sont à mettre sur le même plan et se valent : antispécisme. Ok.

Les espèces ne se valent pas et il s'agit alors d'une forme de racisme (Il compare dans cette optique un animal à une femme ou un homme noir, tous autant victimes de racisme) : spécisme. Ok.

Question fortement éthique et morale, à laquelle il faut répondre par pour ou contre.

Elaboration en 1975, Peter Singer. Titulaire de la chaire d'éthique de l'université de Princeton : une stature qui en impose en effet.



1- Je suis toujours curieux d'observer le mécanisme d'un concept appelant une réponse binaire se mettre en place. Une personnalité brillante pose un axiome novateur, et enjoint chacun à se positionner au sein de la société. Vous êtes donc soit X, soit anti X. C'est une belle démonstration orwellienne d'appauvrissement de la pensée au service d'une idée que l'on sert ici sur un plateau éthique en argent massif.

2- C'est assez ironique je trouve, que cela soit défendu par des personnes qui se disent plus intelligentes que la masse. Le gratin éclairé, non seulement d'intelligence (c'est mesuré scientifiquement) mais aussi possiblement comme tu dis, d'une facilité à bénéficier d'une morale irréfragable. Tirant l'éthique qui fait briller cette morale vertueuse à la face du monde.

3- Pour revenir à nos chers moutons, j'ai tendance à penser qu'il est sans aucun intérêt constructif de comparer une morale à une autre : cela implique de les hiérarchiser. De déclarer ce qui est donc bien et correct. Le reste ne l'étant évidemment pas, aux yeux de l'axiome de référence.

4- En fait je ne suis ni X ni anti X. Je critique le fait de produire un axiome qui traite de morale, et ambitionne une éthique de référence à laquelle chacun devrait dès lors se conformer ou non.

5- L'éthique reste à mon sens une construction en grande partie personnelle assez complexe, vivante, qui évolue le long des chapitres de la vie. Elle est le propre de chaque personne, ainsi que ses subtilités toutes singulières. Elle se façonne avec le temps, avec un panel de valeurs distinct. Elle prend à l'air ambiant : la société et son histoire. Bien loin d'une notion binaire comme présentée ici.

6- Il y a une 6ème remarque qui se rajoute dans un registre subsidiaire :



En me plongeant dans les pages dévolues à cet éminent universitaire : j'ai trouvé une cohérence certaine dans le développement de sa pensée, une fois l'axiome mis de côté. Et ça ce n'est pas ironique. Son développement établit un pied d'égalité entre un homme et un animal. Je ne serais pas surpris qu'il pense à une forme de cannibalisme lorsqu'il s'agit pour un homme de manger un animal.

Bref, rationnellement, je n'ai pas été choqué par le fait qu'il en arrive également à faire sauter le verrou des relations sexuelles entre humains et animaux. A plusieurs occasions, il développe l'idée que nous devrions revoir notre point de vue sur la zoophilie, ce tabou.

Rationnellement, je n'ai rien à redire en fait car ça se tient.

Sous l'angle éthique, je ne vais pas pouvoir considérer sa pensée comme une source de développement valable, ceci dit. Car il en arrive à mes yeux à être un monstre de cruauté envers les animaux comme les humains. Justification de viol et de la destruction de leur dignité à tous.

Pour une sommité de l'éthique ... WoW c'est énorme.

Bref, merci de m'avoir donné l'occasion de passer un peu de temps sur cet axiome contemporain et son auteur.
Il restera clairement en dehors de mon champ éthique.

My 2 cents

Flexle 12 décembre 2025 à 17:04  •   129229

@Mule2112

Que signifie my 2 cents ?

Pour Singer, en effet, personne discutable, tu as une source sur la z00philie ? J'ai entendu (peut-être faux) la même chose le concernant, sur la p3d0...
Ceci étant dit, cela ne disqualifie en rien car il n'est ni créateur ni le seul à défendre cette idée. Le piège est tentant.

A l'époque en tant que antispé je t'aurais répondu -entre autres-, que nous sommes radicaux et tranchés dans notre façon de refuser car il y a urgence, qu'il y a un nombre incalculable de vi0lences et de tueires de masse d'animaux , qu'ils sont par milliards enfermés, maltraités, et ceci sans que rien ne soit fait pour limiter, car en plus les moeurs nutritionnels ont évolué en ce sens (protéines animales parfois plusieurs fois à tous les repas) et tout ce qu'on trouve en produits animaux passe par ces circuits. Il faut donc un caractère très fort pour se positionner entre les deux positions opposées, au vu de l'attirance forte qu'on a envers les produits animaux : donc soit végétaR/Lien strict, ou mangeurs de produits animaux issus de l'élevage industriel ou mécanisé".
Pas de position tiède car elle ne sera pas tenue.

Malgré le côté tranchant de cette position, la majorité des véganes ne juge pas l'humain, ni le boucher et sont des personnes plutôt bienveillantes.

En tant qu'ex-végane, je dirais que la société évolue souvent par extrêmes, et que le véganisme est une réponse rationaliste à une situation ubuesque, comme pourrait l'être l'excès de sport en salle avec toute l'industrie qui va avec, en réponse à une société trop sédentaire. Ou les changements de régimes politiques. Cette réponse rationaliste et éthique s'est fusionnée avec un idéalisme philosophique inspiré de ce qui existait déjà depuis bien longtemps (Asie, Grèce, Moyen-Orient, la Bible, notamment)

Et que dans l'absolu on peut créer une société entièrement végétalienne, avec toutes les strates et professions déjà existantes. Mais va savoir pourquoi, ça ne s'est jamais fait (depuis l'époque de la sédentarité, de l'élevage et de l'agriculture), et ce même dans les pays qui regorgent de végétaux et fruits délicieux.

En espérant que @Uneconscience rejoindra à nouveau cette discussion

Mule2112le 12 décembre 2025 à 23:43  •   129231

My 2 cents : Mes 2 sous apportés à la discussion. Un idiomatique de forums internet.

Le piège est tentant : oui en effet. C'est pour ça que j'ai mis le point zoophilie en subsidiaire quand je l'ai découvert. J'y reviendrai plus tard si tu veux bien.

Le point vraiment essentiel pour moi ici est de questionner le fait de poser un axiome en matière éthique. Axiome : proposition admise sans démonstration. Principe évident en soi. Vérité admise par tous, sans discussion. L'axiome d'Euclide dans le domaine mathématique.

Le truc qui titille mon esprit critique c'est ça. Quelqu'un qui présente sa pensée, brillante, fouillée, profonde, et pose qu'elle n'est pas discutable pour ce qui est de ses fondements. Il la pose en axiome : ses fondements sont opposables à tous, comme le fait que le soleil brille. Un postulat aurait été plus ouvert comme démarche, et reconnu l'existence possible d'autres soleils par exemple, mais là ce n'est pas le cas. Chacun n'a que le choix entre être pour ou contre, les deux faces de la pièce.

Cette personne pose un nouveau mot pour nommer cette vérité : Singer a recours à l'utilisation d'un mot créé en 1970, soit 5 ans avant lui d'après l'histoire trouvable sur ce mot. Ce mot enveloppe le propos qu'il définit, et il l'affuble de son antonyme. Axiome révélé, mot aussi neuf que vierge pour le faire vivre.

Il instaure 2 éventualités pour que chacun puisse se ranger ou il l'estime cohérent personnellement : l'antonyme devient aussi puissant que le mot référence.

Ici l'axiome est comparable à mon sens à un pot de l'argile nécessaire et suffisante avec laquelle modeler son éthique personnelle. Révéler celle d'une société présente, et ouvrir la perspective concrète d'une société à l'éthique supérieure. On désire tous ardemment ce meilleur semble-t-il.

Alors tous autant qu'on est, on peut et on va discuter des heures, des années sur l'échiquier de l'axiome, entre dames blanches et noires, pour savoir si on veut être une dame blanche ou noire, si c'est bien ou mal de l'être. On va pouvoir « transitionner » comme j'ai lu aussi. On juge l'équipe qui est en face, souvent. On peut juger de l'éthique de ses proches comme d'un illustre inconnu aussi. On peut aussi décider de ne pas juger. Tout fonctionne.



Maintenant, si on vient réfuter la qualité de l'argile, ou dire que la vie qui nous constitue ne serait pas que blanche ou noire, ni grise en dernier ressort, alors c'est qu'il y a un bug. Chez soi. Qui est assez idiot pour remettre en cause une vérité posée et admise ? Un idiot c'est évident ? ! C'est ça qui m'apparait orwellien : on empêche de penser en dehors de l'échiquier tout beau tout neuf, qui vieilli bien (Il est tellement patiné par les recherches à le parcourir).

Au passage, j'ai l'impression que plus il y a de discussions, plus cela entérine le fait que l'échiquier aura été de toute façon pertinent. Pour le siècle en cours c'est très bien parti, voire gagné. Reste juste à savoir si le siècle suivant l'utilisera. Si il y a un siècle suivant : ok.

A mon sens, il est malheureusement vain de prétendre à poser un axiome en matière éthique. C'est un graal de la pensée (mais on peut poser de magnifiques et impressionnants postulats : Kant, Nietzsche, Marx dans l'Histoire récente par exemple).

Pour résumer : c'est l'élévation de la pensée de Singer au rang d'axiome qu'on peut et doit remettre en question à mon sens : son échiquier n'est qu'un soleil parmi d'autres. Et c'est déjà pas mal ! On peut aussi porter un regard critique sur les modalités avec lesquelles il l'a installé en place publique.

C'est peut être plus compréhensible comme ça mes deux centimes, enfin j'espère ?

Uneconsciencele 14 décembre 2025 à 17:04  •   129240

Je suis toujours là, @Flex ! Simplement pas eu le temps d'intervenir ces derniers jours. 🙂

citation :
Ma 1è question tu n'y as pas répondu : je demande la raison absolue intellectuelle qui justifierait l'égalité dont je reparle plus bas. Et si une loi naturelle et absoue de notre monde acceptait et encourageait la prédation, la domination (ce qui serait pas étonnant au vu des différentes sociétés)
En fait, je ne considère pas vraiment le principe d'égalité comme une "loi naturelle", car un tel concept ne signifierait rien concrètement (à moins d'affirmer qu'une volonté consciente a établi ces lois (on peut garder ce débat pour plus tard)). Il n'y a pas de loi qui encourage l'égalité ou la domination, seulement des propositions sur lesquelles nous pouvons nous fonder pour agir de manière éthique : bref, pas de raison intellectuelle mais des raisons morales.
citation :
je crois vraiment que c'est pas parce que certains tuent des animaux qu'ils pensent que ces derniers leur sont inférieurs.
Je crois vraiment que si : c'est parce qu'ils tuent des animaux qu'ils pensent que ces derniers leur sont inférieurs. Les idéologies sont là pour justifier des actes, c'est très arrangeant de se dire que ce qu'on fait n'est pas si grave. Et ça s'applique également, de manière plus indirecte, à toutes les personnes qui ne tuent pas d'animaux mais consomment leur chair (autrement dit, bénéficient de ce système et donc l'entretiennent).citation :
Ils tuent pour se nourrir ou par reproduction culturelle ou nutritif.
L'idéologie est collective, elle se transmet par l'éducation et la culture, mais reste un ensemble de dogmes et de croyances qui légitiment le fonctionnement de notre société. Par exemple : "La chair animale est nécessaire à la nutrition humaine", donc en ce sens "ils tuent pour se nourrir" en effet, mais seulement parce qu'on leur a appris qu'il fallait tuer pour se nourrir.
citation :
Et je crois pas qu'il faille inférioriser ta proie pour la chasser quand t'es naturel. Plus t'es déconnecté du vivant plus oui tu vas mépriser le vivant, les proies, les maltraiter et les objectifier.
Objectifier, certes ! A mes yeux, c'est une infériorisation poussée à l'extrême. En tout cas nous sommes d'accord, c'est bien cette "objectification" qui domine dans le rapport aux animaux qu'ont la majorité des humains. Maintenant, est-ce qu'être plus connecté au vivant -- si tu entends par là avoir plus d'interactions concrètes avec la diversité des êtres vivants -- permet de réduire ce biais ? La pensée magique peut beaucoup de choses : les personnes qui "possèdent" un animal domestique vont pour la plupart le considérer comme un être sensible et digne d'être traité en tant que tel, sans pour autant modifier le moins du monde leurs opinions sur ce qu'ils ingèrent.
citation :
les animaux sont bien plus éloignés des humains que les noirs ne le sont des blancs, ce qui pour moi rend cet exemple non valable
Sur le plan biologique, en effet les différences sont bien plus grandes. Ce qui m'amène à répondre à cette question :
citation :
Qu'entends-tu par "égaux" ?
Il n'est pas question d'une égalité en termes de capacités, mais simplement en termes de valeur de l'existence et des expériences vécues (comme la souffrance). Pour être plus précis, je ne considère pas que ces "variables" aient une valeur au sens mathématique du terme ; au contraire, c'est parce que leur valeur n'est pas quantifiable qu'elle n'est, pour reprendre ton expression, pas inférieure ou supérieure d'une espèce à l'autre. Je crois que ça répond aussi à "en quoi sommes-nous égaux ?" (à moins que j'aie mal compris), donc :
citation :
quid du mot équitable ?
L'équité est pour moi l'attitude que l'on devrait avoir vis-à-vis d'êtres considérés comme égaux les uns aux autres (selon la définition ci-dessus) : appliquer de manière effective la reconnaissance de cette égalité, donc se comporter de la même manière vis-à-vis d'une même expérience vécue par plusieurs de ces êtres.
citation :
Honnêteté : pas sûr de ta définition : beaucoup se trompent, par éducation aussi, mais sont honnêtes dans leur erreur.
Je dirais qu'ils sont honnêtes jusqu'à un certain niveau de profondeur, celui où se trouvent les croyances qu'ils ont intériorisé -- par éducation comme tu l'as dit -- mais qu'ils pourraient néanmoins remettre en question.
citation :
Besoins désirs : je saurais pas trop comment déterminer et se mettre d'accord sur une définition neutre de ces deux mots ?
On pourrait dire qu'un besoin, à l'inverse d'un désir, est ce dont la non-matérialisation provoque la destruction de ce qui en est à l'origine : mort du corps dans le cas des besoins biologiques, destruction de la santé mentale (donc de la psyché elle-même) dans le cas des besoins psychologiques... En ce sens, la frontière est floue entre les deux : la frustration de certains désirs/besoins altère plus ou moins fortement sa victime, jusqu'au point où elle l'anéantit.
citation :
Q qui me vient : ce serait un sacré coup de chance si le régime végéL était correct en même temps que le côté moral qu le justifierait, n'est-ce-pas ? L'antispécisme étant justifié surtout moralement (comme tu l'as confirmé) et il aurait sa justification nutritionnelle pour tous ? Ca me paraît... chanceux!
Ce n'est en effet pas une coïncidence : la justification morale du végétarisme et du véganisme implique le fait qu'ils sont aujourd'hui parfaitement réalisables. (J'y reviens plus bas.)
citation :
on peut pas dire "le régime végéR ou végéL est une grande règle physio" car ça ne précise pas ce qu'il contient
Difficile de préciser ce que contient ce régime, puisqu'il se définit justement par ce qu'il ne contient pas ! Tout ce qui n'est pas exclu est permis, et un équilibre est donc possible comme dans d'autres régimes : il s'agit juste d'une répartition différente des sources de nutriments en tous genres.
citation :
mais il y a un bon paquet de véganes motivés qui en sont sortis par le côté nutrition justement. Il y a des gens qui supportent +ou- bien le régim vgtalien.
Se tenir à un tel régime est difficile, loin de moi l'idée de le nier. Pourtant, je suis à peu près certain que si tout le monde grandissait avec, personne n'aurait l'idée de se mettre à manger de la chair animale par facilité nutritive. Soyons clairs : je ne suis pas en train de huer les anciens véganes dont tu parles (j'ignore pour quelle(s) raison(s) tu as cessé de l'être personnellement), le monde dans lequel on vit fait de ce mode de vie une épreuve de plein de façons.
citation :
beaucoup de gens pro nature, plutôt sains d'esprit, ou thérapeutes naturels ne valident pas ce régime, ou témoignagent de patients qui en ont fait les frais. Ont-ils tous tord?
Aurais-tu des sources sur ce point ? Je me suis pas mal documenté sur le sujet, et j'ai trouvé un très large consensus scientifique. Par exemple, l'Académie de nutrition et de diététique a publié un rapport fondé sur près de 200 études qui indique que les régimes végétarien et végétalien ont un impact positif à long terme sur la santé.
citation :
"en pleine nature" : en résumé pour simplifier je te demandais ta réponse à "comment vivre en pleine nature partout, notament en régions froides, en relative autonomie, sans utiliser de chose animale, car peu de ces gens-là y arrivent, il y a toujours une peau ou un arc ou une poule qui traîne."
Je comprends mieux ! Et je confirme : il est quasi impossible de vivre dans de telles conditions sans profiter de l'exploitation animale, parce que ce sont des conditions où la mort de plusieurs est nécessaire à la survie de chacun. Mais la logique est collective : il s'agit d'extraire les humains de la survie (en dehors de toute considération antispéciste, je pense que nous serons d'accord sur le fait que c'est un objectif louable) pour que chacun puisse vivre sans tuer, comme c'est aujourd'hui le cas des riches occidentaux.
citation :
Mais trêve d'argumentations, j'aurais un exercice de réflexion à tester, stimulant, qui sort un peu de la zone de confort : t'es chaud ?
voir la vidéo


@Mule2112, je commence par te répondre sur le subsidiaire. Sur le sujet de la zoophilie je ne peux que rejoindre Flex, non seulement Singer n'a pas inventé l'antispécisme, mais même si c'était le cas ça ne m'empêcherait pas d'être opposé à cette pratique, car c'est bien sous l'angle moral que je considère l'ensemble du problème. Pour le reste, tu écris ça :
citation :
j'ai tendance à penser qu'il est sans aucun intérêt constructif de comparer une morale à une autre : cela implique de les hiérarchiser. De déclarer ce qui est donc bien et correct. Le reste ne l'étant évidemment pas, aux yeux de l'axiome de référence.
Donc "déclarer ce qui est bien et correct" n'a "aucun intérêt constructif". Par exemple celui de s'opposer au meurtre, au viol, etc. J'ai beaucoup de mal avec ce relativisme mou appliqué à la morale, parce que je ne vois pas comment il n'amènerait pas à de telles conclusions.
citation :
En fait je ne suis ni X ni anti X. Je critique le fait de produire un axiome qui traite de morale, et ambitionne une éthique de référence à laquelle chacun devrait dès lors se conformer ou non.
citation :
L'éthique reste à mon sens une construction en grande partie personnelle assez complexe, vivante, qui évolue le long des chapitres de la vie. Elle est le propre de chaque personne, ainsi que ses subtilités toutes singulières. Elle se façonne avec le temps, avec un panel de valeurs distinct. Elle prend à l'air ambiant : la société et son histoire. Bien loin d'une notion binaire comme présentée ici.
C'est sûr, l'époque et la société façonnent les valeurs collectivement reconnues. Est-ce que ça fait d'elles "l'éthique" pour autant ? Pour reprendre cet exemple, qui m'est cher parce qu'il me paraît très pertinent : l'esclavage.
Est-ce qu'être antiraciste est un "appauvrissement de la pensée", est-ce qu'il faudrait s'ouvrir à des idées racistes pour ne pas avoir une pensée "binaire" ? Pour moi, les "axiomes moraux" comme tu les appelles (ici : encore et toujours le principe d'égalité, qui est à la base de l'antispécisme) sont clairement nécessaires.

paradoxle 16 décembre 2025 à 11:20  •   129257

je n'ai pas le lu tout le fil, je vais dire vite fait mon point de vue.

Je suis anti-spéciste dans le sens où je ne vois pas pourquoi les humains auraient droits à plus de considération que les autres animaux.
(j'ai rencontré il y a plus de trente le fondateurs des Cahiers Anti-spécistes (Yves Bonnardel).
Je mange de la viande après 20 ans de végétarisme. La bête est morte, ça changera rien que je la mange, la pauvre.
Mais je me comporte avec les vivants avec bienveillance.
Le nombre de végétariens pour raison éthique que je connais mais qui se comportent comme des cons avec leurs chiens ou leurs chats, ça me déprime.

Uneconsciencele 16 décembre 2025 à 20:16  •   129259

Je réponds rapidement sur la question du végétarisme, @paradox : à ton inverse, c'est au début de mes convictions antispécistes que j'étais dans cette optique "ça ne change rien". Puis je me suis rendu compte que je ne pouvais pas vraiment m'arranger avec moi-même pour continuer à manger ce que je voyais en tant que tel : des morceaux de cadavre, et en même temps de continuer à bénéficier du système qui produisait ces cadavres. Je ne fais aucun reproche bien sûr, puisqu'en effet en manger n'a individuellement pas de conséquence. C'est un choix que j'ai fait pour moi.

Mule2112le 17 décembre 2025 à 18:31  •   129271

Salut et merci à vous deux pour les éléments de réflexion.

1 - Peter Singer, fondateur ou non ?

@Uneconscience : tu dis que Peter Singer n'a pas inventé l'antispécisme. @Flex dit : Il n'est ni le créateur ni le seul à défendre cette idée. Ok il faut que je revoie ma copie de padawan alors.

Du coup je suis allé à la recherche de la parole du mouvement, pour ce qui est de la place de Singer d'après le mouvement lui-même. Histoire de voir si j'avais en effet d'emblée un truc faux en tête. Résultat : d'après tout ce monde il est bien le père fondateur archi reconnu de l'antispécisme/spécisme.

- Sur le site boutique-militante, dont le fond de commerce est la thématique animaliste : il est présenté à travers ses deux livres en vente, comme le « pionnier de la cause animale ». Il est le « penseur fondateur de l'antispécisme ». Livres : 1975 et 2015.

- Lors de la conférence sur le mouvement de libération animale de 2015 - Cité des sciences et de l'industrie à Paris, avec Aymeric Caron et Matthieu Ricard à ses côtés (facile à trouver sur youtube) : son livre de 1975 est présenté comme « l'ouvrage fondateur du mouvement ».

- Sur le site politique Marseille Vert : on dit de lui : « Très en avance sur son temps, le philosophe Peter Singer avait déjà publié son ouvrage « La libération animale » en 1975... le traité fondateur des mouvements animalistes et véganes du monde entier. »

Trois sources sont suffisantes mais on en trouve facilement si besoin. Alors pourquoi dire le contraire ? Déni ? Peu importe, disons que ça n'aide pas les padawans qui tentent de comprendre le sujet !


2 - la zoophilie.

J'ai cherché et trouvé une source. Je m'arrête à une seule : Peter Singer lui-même avec son article sur le sujet, paru en 2001. Ce n'est pas l'essentiel, je maintiens, mais ça questionne beaucoup en creusant :

https://www.prospectmagazine.co.uk/opinions/56258/heavy-petting

Une seule source parce qu'il explique de toute façon assez crument les choses. Ames sensibles s'abstenir ou se préparer avant de lire : vraiment ce n'est pas du luxe. Lire ces 3 passages peut suffire, mais pour une meilleure image ( ! ) de sa pensée il faut tout lire.

« Mais tous les tabous ne se sont pas effondrés. Vous avez entendu quelqu'un discuter lors de fêtes récemment sur la qualité de son sexe avec son chien ? Probablement pas. Le sexe avec les animaux est encore tabou. »

« Mais le sexe avec les animaux n'a pas besoin d'être cruel. Qui n'a pas été à une fête perturbée par le chien de ménage agrippant les jambes d'un visiteur et frottant vigoureusement son pénis contre eux? L'hôte décourage généralement de telles activités, mais en privé, tout le monde ne s'oppose pas à être utilisé par elle ou son chien de cette manière, et parfois des activités mutuellement satisfaisantes peuvent se développer. »

La fin de son article : « Cela ne rend pas le sexe à travers la barrière de l'espèce normal, ou naturel, quoi que ces mots mal utilisés puissent signifier, mais cela implique qu'il cesse d'être une offense à notre dignité en tant qu'humains. »

Il parle de dignité en dernière analyse, enfin celle des humains. Quid de celle des animaux ? Dignité. C'est justement la notion qui m'était venue instinctivement à l'esprit avec ce sujet. C'est cocasse qu'il termine son texte par elle. Enfin c'est pas si étonnant.


3 - Un peu d'échange

@Uneconscience « Donc "déclarer ce qui est bien et correct" n'a "aucun intérêt constructif" »

Prendre 2 morceaux de phrases distinctes et les coller ensemble, pour faire dire à quelqu'un une phrase qu'il n'a pas écrite : un peu grossier ton truc. Ce que tu peux en déduire ne fait aucun sens. Enfin on imagine que c'était pour lui prêter une idée charmante.


« C'est sûr, l'époque et la société façonnent les valeurs collectivement reconnues. Est-ce que ça fait d'elles "l'éthique" pour autant ? »

Pour moi, l'éthique est une affaire personnelle construite sur deux principales fondations.

Première : le panel de valeurs personnelles dont je parlais. Pas collectif. Il est ce qui façonne chaque individu, définit les aspirations profondes en toute singularité. C'est de l'inné. Il va inspirer une bonne partie de la construction de l'éthique propre. Il est complexe et prend du temps à se révéler.

La seconde dimension inspirante est le collectif historique social juridique contemporain. Et c'est le droit local qui dit de la dimension collective à mon sens. La loi. Régissant ce qui est bien ou mal aux yeux de l'Histoire juridique de chaque peuple administré (le viol, le meurtre, etc). Cf les 5 grands systèmes de droit au monde, pour faire face au biais anthropomorphique de base.

Ca prend quelques années à forger, et à mettre en proportion. Plusieurs écoles de pensée développent des mises en proportion très différentes. Sartre et Aron au XXème s'affrontaient là dessus notamment.


« Est-ce qu'être antiraciste est un "appauvrissement de la pensée", est-ce qu'il faudrait s'ouvrir à des idées racistes pour ne pas avoir une pensée "binaire" ? »

Ce n'est pas le fait d'être X ou anti X qui est un appauvrissement de la pensée. Relis bien. C'est le fait de juger de l'Autre en l'essentialisant : le réduisant à cette alternative, cette logique du X - Anti X.

C'est très utilie : que ce soit le racisme ou son antonyme par exemple qui soit élevé au rang de loi éthique dans une société donnée : il y a alors légitimation de l'oppression de l'autre groupe. Ce mécanisme est pauvre et orwellien par excellence. Il contrôle vite les gens par une police de la vertu. Très en vogue aujourd'hui dans la réflexion éthique globale (racisme Vs anti racisme, Spécisme Vs anti spécisme, fascisme Vs anti fascisme, guerre Vs anti guerre, etc).

Formidable machine de réduction, d'aliénation que cette essentialisation de l'Autre à l'une de ses caractéristiques.
C'est comme ça qu'on pourrait réduire Peter Singer et sa pensée à néant par exemple : si on le cancelle au nom de zoophilie Vs antizoophilie. Non merci. Ca n'aura aucune action sur la zoophilie. Ca annihilerait au passage tout ce que cet homme aurait pu dire par ailleurs. On régresse dans le champ individuel comme dans le collectif quand on part vers une forme de censure.

Sous l'angle de la notion porteuse d'éthique concernée (zoo racisme etc), autant que sous l'angle de la raison, ce mécanisme est insatisfaisant. Tu le dis toi-même : mais faudrait-il que je sois perméable au racisme pour avoir une position non binaire dessus ? Eh non ... tu resterais encore cantonné à l'échiquier. Pas en très bonne posture en plus aux yeux de tous ! Un bouquin est essentiel pour aider à comprendre ça : 1984 de Georges Orwell.

Ce mécanisme est la voie du totalitaire et de la tyrannie. Il ne s'intéresse à aucun moment aux personnes car il annihile la réflexion et l'identité individuelles comme la raison. Il façonne des moutons de pensée pour mieux les contrôler. Un mouton n'est pas un homme : il n'est pas doué de raison même si on le fait parler.
Un enfer de plus, pavé sur une belle intention morale irréprochable : l'axiome de l'égalité. On aboutit à l'égalité ... des moutons. Enfin de ceux qu'on n'a pas tué au passage pour y arriver. Un enfer de plus parce que c'est pas nouveau comme mode d'approche de l'éthique / du bien commun.

@Flex : merci pour les réflexions sur le vécu et leur partage. Sur la pédophilie et Singer : je vais prendre mon temps pour creuser. Avec son aversion pour la notion de tabou en matière de sexualité : j'ai une vague idée de comment il peut aborder la chose ... donc je vais y aller doucement. Si j'y vais.

Avec ou sans Faux gras / Foie gras au menu : bonne fêtes à tutti 😋

Uneconsciencele 20 décembre 2025 à 19:14  •   129309

1 - Paul du Breuil dans Plaidoyer pour nos amis les bêtes (1968) : "Il est grand temps, en effet, que l'homme considère enfin la Vie comme un bien universel ne lui appartenant nullement en propre [...]. La conscience, dont la science la plus moderne reconnaît indéniablement la présence, à des degrés plus ou moins élevés, dans toutes les formes de vie, permet aux animaux traînés dans les abattoirs d'éprouver une angoisse tragique devant le meurtre systématique perpétré sur elles ; d'autant que l'animal, interdit devant la cruauté humaine déployée envers lui, n'a même pas le soulagement de l'étincelle de l'espoir, suprême consolation devant la mort. L'anesthésie imposée pour les tuer « sans douleur » ne dégage d'ailleurs nullement notre responsabilité ; dirait-on qu'un assassin ayant préalablement chloroformé sa victime aurait pour autant atténué la réalité de son crime ?"
Isadora Duncan dans Ma vie (1928) : "De l'égorgement d'un agneau à celui de vos frères et soeurs il n'y a qu'un pas. Tant que nous servons nous-mêmes de tombeaux vivants aux animaux assassinés, comment pouvons-nous espérer le règne de la paix sur la terre ?"
Plutarque dans Que les bêtes ont l'usage de la raison (Ier siècle) : "Vous me demandez pour quelle raison Pythagore s'abstenait de manger de la chair de bête ; mais moi, je vous demande avec étonnement quel motif ou plutôt quel courage eut celui qui le premier approcha de sa bouche une chair meurtrie, qui toucha de ses lèvres les membres sanglants d'une bête expirante, qui fit servir sur sa table des corps morts et des cadavres, et dévora des membres qui, le moment d'auparavant, bêlaient, mugissaient, marchaient et voyaient ? Comment ses yeux purent-ils soutenir l'aspect d'un meurtre ?"
Donc non, pas de déni @Mule2112, juste des faits. 😉

(2 - J'ai déjà exprimé mon avis sur cette question.)

3 :
citation :
« Donc "déclarer ce qui est bien et correct" n'a "aucun intérêt constructif" »

Prendre 2 morceaux de phrases distinctes et les coller ensemble, pour faire dire à quelqu'un une phrase qu'il n'a pas écrite : un peu grossier ton truc. Ce que tu peux en déduire ne fait aucun sens. Enfin on imagine que c'était pour lui prêter une idée charmante.
J'ai accompagné mon propos du tien, repris tel quel, et je le refais ici :
citation :
j'ai tendance à penser qu'il est sans aucun intérêt constructif de comparer une morale à une autre : cela implique de les hiérarchiser. De déclarer ce qui est donc bien et correct.
Si l'on veut être méthodique, je restitue la logique de cette phrase : il est sans aucun intérêt constructif de comparer une morale à une autre parce que (les deux points) cela implique [...] de déclarer ce qui est donc bien et correct. Je ne pense donc pas avoir trop écorché ta pensée.
citation :
Pour moi, l'éthique est une affaire personnelle construite sur deux principales fondations.

Première : le panel de valeurs personnelles dont je parlais. Pas collectif. Il est ce qui façonne chaque individu, définit les aspirations profondes en toute singularité. C'est de l'inné. Il va inspirer une bonne partie de la construction de l'éthique propre. Il est complexe et prend du temps à se révéler.

La seconde dimension inspirante est le collectif historique social juridique contemporain. Et c'est le droit local qui dit de la dimension collective à mon sens. La loi. Régissant ce qui est bien ou mal aux yeux de l'Histoire juridique de chaque peuple administré (le viol, le meurtre, etc). Cf les 5 grands systèmes de droit au monde, pour faire face au biais anthropomorphique de base.

Ca prend quelques années à forger, et à mettre en proportion. Plusieurs écoles de pensée développent des mises en proportion très différentes. Sartre et Aron au XXème s'affrontaient là dessus notamment.
Pour moi, l'éthique a au contraire une visée universelle : déterminer ce qui est moral et ce qui est immoral. Elle n'y arrivera pas demain, mais elle est là justement pour ne pas laisser la question uniquement aux mains des deux systèmes dont tu parles. J'ai l'impression que tu as complètement évacué l'exemple de l'esclavage, qui s'applique parfaitement à ce que tu écris : il a été considéré comme moral par le droit collectif et par l'immense majorité des individus dans les sociétés qui le pratiquaient. Comme tu l'écris, ça prend quelques années à forger... et ça peut même prendre bien plus longtemps ; au point que ce qui est considéré à un moment donné comme moral par ce que tu appelles l'éthique, peut être pratiquement opposé à ce qui l'est réellement. Et je pense que c'est actuellement le cas en ce qui concerne notre rapport aux animaux.
Nous sommes d'accord : il peut y avoir, il y a et il doit y avoir plusieurs pensées sur chaque sujet qui vont dans des directions différentes. La mienne se trouve aller dans une direction à peu près opposée à celle de la pensée majoritaire aujourd'hui, ce qui n'exclut pas toutes les autres qui existent entre les deux.
citation :
Ce n'est pas le fait d'être X ou anti X qui est un appauvrissement de la pensée. Relis bien. C'est le fait de juger de l'Autre en l'essentialisant : le réduisant à cette alternative, cette logique du X - Anti X.
Dans ce cas, retour à la question de départ : si ce n'est pas le fait d'être X ou anti-X qui est un appauvrissement de la pensée, où est le problème au fait d'être antispéciste, puisque c'est l'unique position que je défends ? En quoi cela impliquerait-il de réduire autrui à la sienne sur ce sujet ?
citation :
Sous l'angle de la notion porteuse d'éthique concernée (zoo racisme etc), autant que sous l'angle de la raison, ce mécanisme est insatisfaisant. Tu le dis toi-même : mais faudrait-il que je sois perméable au racisme pour avoir une position non binaire dessus ? Eh non ... tu resterais encore cantonné à l'échiquier. Pas en très bonne posture en plus aux yeux de tous ! Un bouquin est essentiel pour aider à comprendre ça : 1984 de Georges Orwell.
Je l'ai lu. Livre profondément fascinant en effet, qui soulève de nombreuses réflexions. Pour reprendre la métaphore de l'échiquier, il peut être décliné pour accueillir trois joueurs (échecs Yalta), quatre (échecs forteresse)... et encore une fois, oui, il doit accueillir toutes les visions et toutes les opinions existantes.
citation :
Ce mécanisme est la voie du totalitaire et de la tyrannie. Il ne s'intéresse à aucun moment aux personnes car il annihile la réflexion et l'identité individuelles comme la raison. Il façonne des moutons de pensée pour mieux les contrôler. Un mouton n'est pas un homme : il n'est pas doué de raison même si on le fait parler.
Un enfer de plus, pavé sur une belle intention morale irréprochable : l'axiome de l'égalité. On aboutit à l'égalité ... des moutons. Enfin de ceux qu'on n'a pas tué au passage pour y arriver. Un enfer de plus parce que c'est pas nouveau comme mode d'approche de l'éthique / du bien commun.
Je vais résumer ici mon sentiment général à propos de tes messages : j'ai l'impression que tu as constaté dans plusieurs situations les phénomènes de binarité et d'annihilation de la pensée dont tu parles, mais qu'ici tu en fais quasiment un réflexe mental et que tu appliques automatiquement cette grille de lecture à mon opinion, alors que je n'ai jamais tenu ou suggéré les discours que tu dénonces. A quel moment ai-je dit ou sous-entendu que tout le monde devrait penser d'une manière ou d'une autre ? qu'il était nécessaire de se débarrasser de certaines pensées (voire de certaines personnes) pour réaliser une société plus morale ? D'autant que, je le répète, mon point de vue est motivé par l'empathie, elle-même soutenue par la raison : l'"axiome" d'égalité (je n'ai pas introduit ce mot), que j'ai justifié dans ma réponse à Flex :
citation :
Il n'est pas question d'une égalité en termes de capacités, mais simplement en termes de valeur de l'existence et des expériences vécues (comme la souffrance). Pour être plus précis, je ne considère pas que ces "variables" aient une valeur au sens mathématique du terme ; au contraire, c'est parce que leur valeur n'est pas quantifiable qu'elle n'est, pour reprendre ton expression, pas inférieure ou supérieure d'une espèce à l'autre.

Mule2112le 22 décembre 2025 à 13:30  •   129332

1 - Date de la création du mot antispécisme : 1970.

C'est le titre de ton sujet. C'est le cadre de référence que tu poses pour que l'on réagisse dessus. Mot et antonyme cadres qui n'existaient pas avant le livre fondateur de Singer. Les questions qu'il soulève ne datent pas de lui, nous sommes d'accord. Simplement le cadre et le mot que tu choisis pour tirer la bonne conduite éthique sur ces questions sont les siens. Difficile de faire abstraction de cela en cours de route !


3- « accompagner ton propos »

à nouveau : déformer ce que j'ai écrit est une étrange façon « d'accompagner » : )) . C'est amusant de le présenter comme ça, mais toujours aussi malhonnête comme procédé. je ne te suivrai pas dans cette direction.

« j'ai l'impression que ... » « j'ai l'impression que ... »

D'une manière générale, nos impressions personnelles sur ce que peut penser l'Autre, nos interprétations, nous appartiennent. Il n'y a que nous pour leur donner vie, les justifier et les estimer.
Sur l'esclavage : je ne vois pas bien la pertinence de la comparaison - collusion. Mais si ce sujet là aussi te « tient à coeur », alors pourquoi pas en faire un sujet à part entière ? Comme tu veux bien sûr.

Le souhait du plan universel : je comprends. L'art arrive à l'être à mon sens, pour le reste je doute.

« où est le problème au fait d'être antispéciste, puisque c'est l'unique position que je défends ? »

Tu défends ce que tu veux : personne n'a dit que ça posait un problème de défendre une opinion. « Etre antispéciste » : tu es ce que tu entends être, à ta guise et en toute liberté, en suivant qui tu veux et dans le cadre idoine : il n'y a pas de problème.
Maintenant, se réclamer de l'honnêteté intellectuelle en matière d'éthique sur le sujet pour autant, (cf ton intro) parait assez ambitieux sinon péremptoire. Une supériotité morale affichée éveille l'esprit critique : ce que nous décidons d'être (ou nos opinions) ne vaut que pour notre personne à mon sens.
Et elle demeure assez petite. C'est la sagesse de Lafontaine qui est parlante à ce sujet :)

Je te remercie d'avoir posé ton sujet, et je laisse la parole à d'autres personnes. Monopoliser un sujet après m'être exprimé dessus n'est pas mon truc.

iremosle 22 décembre 2025 à 18:53  •   129336

Bonsoir à tous,

Dans le propos introductif de ce fil, il est dit que l'honnêteté intellectuelle en vient inévitablement à ne pas s'arroger le droit de tuer une autre espèce... incluant donc pour se nourrir.

Antispécisme, morale et éthique liées ont été bien développés dans les échanges.

Je me pose aussi la question sous un autre angle, et j'aimerai bien avoir des regards croisés :

Peut-on honnêtement intellectuellement envisager une humanité privée de toute protéine animale?

Le lait ? Dans un monde exclusivement végétarien mais massivement consommateur de lait, que ferait-on des bovins mâles?
Les oeufs ? Idem avec les poules et les poulets...

L'honnêteté intellectuelle peut-elle s'affranchir de tout pragmatisme et des réalités concrètes?

Je comprends bien que la question est posée sur un plan individuel, personnel. Mais peut-on honnêtement détacher et revendiquer l'exemplarité de sa position personnelle si elle n'est pas compatible à une morale et à une éthique collectives viables?

L'antispécisme comme modèle d'évolution intellectuel et moral est-il alors par nécessité réservé à une élite, à ceux qui peuvent?

Tout cela me fait penser à Pluribus (pour ceux qui regardent cette série). 😉 😄

paradoxle 23 décembre 2025 à 00:15  •   129338

@iremos Il existe des éleveurs qui ne tuent pas le veau, il garde le taureau jusqu'à la fin.
Sinon, oui, l'humain peut se passer de protéïne animal, les vegan le font et s'ils font gaffe, n'ont pas problème outre mesure.

Je crois que je vais choquer un peu.
"ne pas s'arroger le droit de tuer une autre espèce".
Quand on déterre un légume, on tue un individu d'une autre espèce.

Je crois que c'est l'une des raisons pour laquelle je me suis remis à manger de la viande. Très peu, et j'en achète presque jamais.
L'argument de l'être sensible proposé par Singer, de la souffrance animale, est le point de départ du végétarisme philosophique. Avec des débats du genre : système nerveux central donc souffrance. Donc les huitres ne souffrent pas ?

Mais j'ai lu que chaque cellule vivante pouvaient souffrir, et que les nerfs de la douleur servent à communiquer la souffrance de la cellule au cerveau pour qu'on réagisse.

J'ai été militant acharné du végétarisme avec des arguments dont je trouve aujourd'hui qu'ils ne tiennent pas la route.

Et le véganisme, c'est contre l'exploitation animale en général. Donc pas de miel. Et l'exploitation des plantes ??? Ne dit-on pas "exploitant agricole" ?

Je continue à tout faire pour prendre soin du vivant autour de moi. Mais faut bien manger. Il me semble vain d'avoir une position sans contradiction dans cette histoire.

Merlinle 23 décembre 2025 à 06:09  •   129339

Je crois que ce sujet est avant tout émotionnel, bien plus que rationnel. Né d'une révolte (très justifiée) contre les conditions d'élevage et d'abattage pratiquées désormais par l'agro-industrie, au carrefour avec des philosophies profondes sur la nature de la vie.

Ceci dit, comme tout positionnement émotionnel, il y a assez peu de place pour un juste milieu. J'essaie, pourtant.

Faut-il changer notre mode d'alimentation ? Bien sûr, à la fois pour le bien de la planète (le rôle de l'élevage dans les émissions de gaz à effet de serre, dans la déforestation, etc), pour notre santé (trop de viande favorise des tas de causes de morbidité) et pour une manière éthique de cohabiter avec le vivant.

Faut-il convaincre tout le monde de devenir végan ? Contrairement à ce qui a été écrit plus haut, les végétaux aussi ont des modes de communication qui laissent penser à une forme de conscience végétale, même si nous avons du mal à la comprendre. L'équivalence "conscience=cerveau" devient de plus en plus contestée chez les scientifiques qui étudient le sujet. Par ailleurs, des humains plus civilisés que nous (comme les Hurons d'Amérique du Nord) mangeaient de la viande en ne chassant que ce qu'ils consommaient et en respectant les "esprits animaux". Ils vivaient en équilibre avec leur environnement naturel.

Même aujourd'hui, certains chasseurs ne sont pas aussi "méchants" qu'on aimerait le croire. Attention, je ne suis pas pro-chasse, s'il y avait un référendum pour l'interdire, je voterais dans ce sens. Mais même avec une interdiction, dans l'état actuel de certaines populations animales (notamment des sangliers), il y aurait un rééquilibrage nécessaire pour compenser les méfaits humains précédents et préserver des espèces en danger (donc avec des abattages faits par des agents assermentés?).

J'ai été très surpris de découvrir que l'association de chasse de mon village (quelques centaines d'habitants) distribuait la viande de ses battues aux habitants, notamment aux personnes âgées isolées... et à ceux qui n'ont pas beaucoup d'argent pour s'acheter de la viande.

Je tente de ne plus être en mode binaire sur ce sujet-là. Même si je ne mange plus de poulet depuis que j'ai des poules. Même si j'achète régulièrement de la viande (boeuf et porc) à des éleveurs bio du coin. Même si je regarde mes légumes avec un oeil différent, et que j'arrive même à remercier mes fruitiers lorsque j'en cueille des fruits.

Pas facile... La voie du Tao m'aide. Un peu.

Cecicelale 23 décembre 2025 à 08:38  •   129340

Je trouve dommage mettre dos à dos emotionnel et rationnel. Un sentiment de colère ou de révolte contre quelque chose qui relève de l injustice me semble au contraire tres rationnel.
Je ne pensais pas lire ici des arguments relevant du cri de la carotte ou des hontes par associations fallacieuses. J ai été parfois quelque peu sidérée des arguments utilisés.

Oui le végétal fait partie du vivant et a probablement des modes de communication et peut etre une forme de conscience (mais pas de méta conscience : conscience d etre conscient). Cela n a pas de lien avec la consideration de la souffrance animale à mon sens. D'ailleurs en soi, tuer n est pas la question, c'est la justification pour tuer qui importe.

On peut etre conscient de ce qui est juste et ne pas le faire. On a tous en nous des paradoxes ou des envies contradictoires a nos valeurs mais autant l admettre que de detourner des arguments.

Justifier l exploitation animale par une bonne gestion des déchets (les veaux ou poussins) de l industrie laitiere ou de la production d oeufs est assez cynique.

L'exploitation agricole manque aussi de respect pour la vie : utilisation de pesticide, fongicide, herbicide, pollution des eaux des sols, appauvrissement des sols, ruine des ecosystemes.

L antispecisme consiste à reconnaître une injustice et de la violence évitable dans la façon dont on traite les animaux.
C est s'interroger sur notre considération des animaux parfois comme des objets à notre disposition plutôt que comme des individus sensibles certes d une autre espèce.

Il n y a probablement pas aujourd'hui de solution évidente et applicable à l'échelle de toute l'humanité. Mais c'est le principe d'une évolution morale. Le "manque de pragmatisme" d'une question ne peut peut pas être un critère pour juger la pertinence de ce concept ou sa justesse morale d autant que ce manque de pragmatisme est discutable. Il releve souvent des limites de l imagination et du poids de l habitude.

L antispecisme est un angle de regard, il donne une direction pour guider des changements progressifs. Cela permet d identifier des criteres de choix, sans réponse binaire, ni jugement de la qualité des personnes.

Renvoyer cela à une élite me paraît volontairement clivant pour faire croire à des écologistes hors sol. Une évolution de la façon de penser l'évidence collective ne vient pas de nulle part : elle émerge d'un contexte et de précurseurs qui amènent à réfléchir notre propre considération de la question.

Uneconsciencele 23 décembre 2025 à 19:40  •   129345

Inconfortable situation dans laquelle tu me plonges, @Mule2112... Si je laisse notre conversation en suspens, ça risque d'être perçu comme un éloquent refus de dialoguer ; si je contribue une dernière fois à l'échange maintenant que tu as annoncé ton intention de le quitter, ça peut être interprété comme une volonté d'avoir le dernier mot à tout prix... Préférant quand même clarifier/rectifier quelques points que tu évoques, je réponds.
citation :
1 - Date de la création du mot antispécisme : 1970.

C'est le titre de ton sujet. C'est le cadre de référence que tu poses pour que l'on réagisse dessus. Mot et antonyme cadres qui n'existaient pas avant le livre fondateur de Singer. Les questions qu'il soulève ne datent pas de lui, nous sommes d'accord. Simplement le cadre et le mot que tu choisis pour tirer la bonne conduite éthique sur ces questions sont les siens. Difficile de faire abstraction de cela en cours de route !
Difficile de "choisir" un autre mot : Singer l'ayant en effet inventé, il n'y en a pas d'autre. Pour moi une idée se définit d'abord par son contenu, et non par le mot et le cadre qu'on lui applique, donc en ce sens l'antispécisme existait bien avant que Singer le formalise.
citation :
3- « accompagner ton propos »

à nouveau : déformer ce que j'ai écrit est une étrange façon « d'accompagner » : )) . C'est amusant de le présenter comme ça, mais toujours aussi malhonnête comme procédé. je ne te suivrai pas dans cette direction.
Il semble pourtant bien que tu l'aies empruntée, cette direction. Les mots que tu me prêtes entre guillemets sont tronqués et faux. Sortir ça tout en m'accusant de déformer tes propos, voilà ce qui me paraît réellement amusant. Et qui montre à mon avis que ce n'est pas vraiment à ton interlocuteur que tu adresses ce message -- puisque tu sais pertinemment que je sais ce que j'ai écrit --, mais plutôt aux potentiels lecteurs de notre échange, pour leur faire valoir non pas ton argumentation -- puisque tu utilises un tel procédé pour me discréditer -- mais ta position de défenseur et détenteur de la raison face à un "adversaire" malhonnête.
citation :
« j'ai l'impression que ... » « j'ai l'impression que ... »

D'une manière générale, nos impressions personnelles sur ce que peut penser l'Autre, nos interprétations, nous appartiennent. Il n'y a que nous pour leur donner vie, les justifier et les estimer.
Je vais cependant en partager une autre (puisqu'on ne peut pas faire un débat en supposant que les esprits sont libres de tout biais ou préjugé, et qu'il est fort peu probable que chacun remarque lui-même les siens) : "j'ai l'impression" qu'on atteint ici, avec cette formulation qui n'est pas sans rappeler les caricatures agacées de babillages que l'on fait devant des enfants, le sommet d'une condescendance que j'ai perçue dans tes messages et que je ne peux m'empêcher de relier à mon âge. Donc oui, je peux me tromper, mais je pense avoir le droit de faire part de mon ressenti au sujet de cette condescendance, puisque j'en suis ou serais la cible.
D'autant que le premier "j'ai l'impression" que tu relèves ne concernait absolument pas "ce que peut penser l'Autre" (peu de bonne foi ici aussi) mais un simple fait, auquel je viens :
citation :
Sur l'esclavage : je ne vois pas bien la pertinence de la comparaison - collusion. Mais si ce sujet là aussi te « tient à coeur », alors pourquoi pas en faire un sujet à part entière ? Comme tu veux bien sûr.
Je pense avoir été assez explicite : l'esclavage a été commis et accepté collectivement en dépit de son incommensurable immoralité, comme aujourd'hui la mise à mort organisée des animaux selon moi. (Jamais écrit que le sujet me "tient à coeur", je te serais reconnaissant de ne pas inventer purement et simplement des citations.)
citation :
« où est le problème au fait d'être antispéciste, puisque c'est l'unique position que je défends ? »

Tu défends ce que tu veux : personne n'a dit que ça posait un problème de défendre une opinion. « Etre antispéciste » : tu es ce que tu entends être, à ta guise et en toute liberté, en suivant qui tu veux et dans le cadre idoine : il n'y a pas de problème.
Encore une fois, lire la phrase entière permettait de comprendre assez facilement que je parlais d'un problème moral et/ou logique, bref d'un défaut d'argumentation... Or, tu n'en soulèves aucun dans tout ton message, il n'y a que des attaques ad hominem et plus un mot sur la validité de l'antispécisme lui-même. Je trouve assez dommage que le sujet ait à ce point dérivé.
citation :
Maintenant, se réclamer de l'honnêteté intellectuelle en matière d'éthique sur le sujet pour autant, (cf ton intro) parait assez ambitieux sinon péremptoire. Une supériotité morale affichée éveille l'esprit critique : ce que nous décidons d'être (ou nos opinions) ne vaut que pour notre personne à mon sens.
Et elle demeure assez petite. C'est la sagesse de Lafontaine qui est parlante à ce sujet :)
Si j'avais voulu mon discours péremptoire, sans doute n'aurais-je pas ouvert un sujet précisément pour le débattre. Et heureusement, à mon sens, que les opinions de chacun ne valent pas que pour sa personne ! sinon à quoi bon les confronter entre elles, sans espoir qu'elles puissent obtenir grâce à d'autres yeux que ceux de leurs premiers dépositaires ?

Avec ou sans tonton spéciste au programme : joyeuses fêtes à tous ceux qui font partie des convives et pas du menu ! 😜

paradoxle 24 décembre 2025 à 13:19  •   129353

@Cecicela
Ben oui, je savais que le coup du "cri de la carotte" allait mal passé. Et ça ressemble plus à une justification de mon arrêt d'un végétarisme strict, je m'en rends bien compte.

Mais pour avoir eu des années et des années de discutions, de discutailles enflammées, de combats d'arguments totalement vains sur la question, j'en ai eu marre.
Oui, il existe une exploitation animale insupportable.
Mais les vaches mangent toujours à leur faim, dorment au chaud, n'ont plus de prédateurs. Et il existe des façons de faire tout à fait respectueuses. Je peux te dire qu'avec ce genre d'arguments, je me fais vertement houspiller par mes amis vegan.
Ce débat est sans fin.

Mule2112le 25 décembre 2025 à 02:01  •   129371

@Cecicela celma
"Un sentiment de colère ou de révolte contre quelque chose qui relève de l injustice me semble au contraire tres rationnel."
Une colère n'est pas rationnelle, par définition.
Elle est légitime. Au regard de tes valeurs.. Qui te sont propres :)

paradoxle 25 décembre 2025 à 11:49  •   129374

@Mule2112
"Une colère n'est pas rationnelle, par définition."
Je ne suis pas bien sûr. Et du coup je suis d'accord avec @Cecicela qu'il ne faut pas opposer rationnel et émotionnel, c'est pour moi forcément lié. Je ne vois pas ce qu'il y a d'irrationnel d'être en colère pour de bonnes raisons.

Mule2112le 25 décembre 2025 à 21:30  •   129379

Je pensais à l'émotion humaine qu'est la colère @paradox. Quand nous sommes en colère, nous perdons le contrôle de notre raison,
Nous nous emportons. Ce sont des instants hors de contrôle. C'est le propre de la colère.
Cela ne juge pas de la raison de la colère en question, qui elle peut être tout à fait légitime.
Ca veut dire qu'agir sous son pouvoir nous interdit la rationnalité.

Agir sous le contrôle de la colère : on ne vaut alors pas mieux que l'injustice qu'on dénonce. On se met à son niveau.
Pour la réduire, il y a de meilleures voies je pense.

Pour ce sujet précis, la dignité animale je dirais de mon côté (mon cadre) , on peut refuser d'acheter des profuits issus de l'industrie agro.
Arrêter d'acheter auprès des chaines de distribution à grande échelle, et faire travailler les profucteurs locaux. La petite échelle.
Ca ne suffit pas tout à fait, car il y a des "petits" qui ne respectent pas leurs animaux. Au niveau local, ça se sait.
Depuis le covid, ça se sait encore mieux. Alors ok, si on habite en grosse agglomération on a perdu ce lien à la terre et aux agriculeurs. On est aveugle.

On peut et on doit changer nos habitudes d'achat, en plaçant le respect et la dignité de l'animal dans la balance.
Pas besoin d''être en colère systémique pour évoluer là dessus à mon sens, le calme me parait plus efficace.
Je n'achète plus de produits carnés en grande distribution depuis les lustres. J'en achète moins, et différemment.
La grande distribution, les élevages de taille énorme qui vont avec, sont un non sens total je trouve : ça forme de sales gosses gavés, à la santé pourrissante.
Ce qui est produit est de qualité médiocre. On régresse.
Ce modèle de production - consommation effrénée est parfaitement absurde !

La mort de l'animal reste un fait (inacceptable pour les adeptes de Singer). Mais cela peut et doit se faire avec dignité (ils ne vont pas être d'accord !).
Nous l'avons totalement oublié en nous coupant de la terre.
Ce que rappelle Merlin là dessus est sage : il y a des civilisations qui ont su le faire : être en harmonie avec la faune et la flore, dont nous avons un besoin vital.
Les Indiens savaient tuer. Nous on organise un massacre absurde, c'est carrément autre chose.

Ce que tu dis sur la carotte me parle aussi : j'en fais pousser. J'en prends soin pendant 4 mois. Je la vois réagir et s'adapter aux conditions en modulant elle même sa croissance. Je parle avec elle. Et je finis par la tuer, l'empêcher de se reproduire. Alors j'en laisse quelques unes faire des graines et mourir. Et le cycle peut recommencer l'année suivante. En fait, même les carottes je ne peux plus les acheter en grande distribution ... ça sent rien !!

La nature est assez bien faite, et si on la respecte les choses se passent bien.
Besoin de retrouver la conscience d'une échelle à taille humaine, le respect de ce que nous cuisinons et mangeons.
Agir sous le joug de la colère ? S'insulter les uns les autres au passage ? Pas vraiment nécessaire pour y arriver. Enfin dans mon cadre !

paradoxle 26 décembre 2025 à 00:38  •   129384

@Mule2112
Mais justement, on peut très bien être en colère et rester en contrôle. Ça arrive à tout le monde dire qu'on est colère sans forcément péter un plomb. On est émotionnellement en colère mais la raison retient les débordements. On jure un bon coup ou on respire bien fort et ça détend. Mais on n'est pas moins en colère.

Cecicelale 26 décembre 2025 à 15:25  •   129392

La mort d un animal est un fait, son meurtre est un choix politique et ethique.

Limiter la responsabilité au consommateur qui doit acheter les bons produits fait porter la responsabilité du pb sur les individus et dédouane les structures responsables. Elles ne pas continuer à ne rien changer et à aggraver la situation, l impact individuel reste marginal face aux grandes entreprises,
aux chaînes de production mondialisées,
aux décisions d'investissement.
Les choix individuels sont nécesssaires mais ils ne doivent pas occulter la mobilisation collective, le débat démocratique, la lutte sociale.

@paradoxe
Pour moi, l engagement n'est pas quelque chose de sacrificiel sinon il aboutit à une forme d'écoeurement que tu décris.

La question que m'nspire ta reponse, c est : est ce qu'il existe une exploitation supportable ?
Et peut etre : est ce qu on peut changer le systeme de l intérieur.

Je trouve que ca rejoint pas mal les questionnements sur l anarchie et le communisme par ailleurs.

Est ce que rendre l'exploitation moins monstrueuse c est déjà avanvé ou est ce que c est entretenir un systeme d'exploitation en n'en régulant a minima les pires exces.

meiyole 26 décembre 2025 à 19:16  •   129397

Résolument, non. J'aime beaucoup les animaux sans en avoir à demeure et peut-être un jour, que, par compassion envers eux, je deviendrai végétarien. Mais de là à les considérer comme les humains ... Cependant plus le temps passe et plus que je trouve qu'ils nous surpassent dans la tolérance, car dans la nature, les animaux albinos, par exemple, ne sont pas rejetés par leurs pairs.

paradoxle 26 décembre 2025 à 22:25  •   129398

@Cecicela "rendre l'exploitation moins monstrueuse c est déjà avancé"
Non bien sûr. Je n'ai jamais dit le contraire. Ou je n'ai pas été très clair.

@meiyo
Personne n'a jamais dit qu'il considérait les animaux "comme" les humains. Mais en tant qu'être souffrant, ils avaient droits à notre considération.

Mule2112le 27 décembre 2025 à 00:01  •   129402

@Cecicela
Un questionnement sur le communisme est pertinent. Ah.
Un système qui a fait des millions de morts au XXème pose un questionnement pertinent pour l'humanité à ton avis.
Les régimes politiques de ce genre, à l'image de ceux d'extrême droite, la communauté mondiale ne les a pas assez payés peut être.
Ces meurtres là on en parle ? Niveau éthique on les gère comment ?

Uneconsciencele 27 décembre 2025 à 11:58  •   129414

@Mule2112, le communisme n'est pas "un système qui a fait des millions de morts". C'est un ensemble d'idées qui, comme beaucoup d'autres, a été pris comme étendard par des tyrans (dérivation en léninisme, puis en stalinisme) pour mettre en place des régimes meurtriers qui n'appliquaient absolument pas les idéaux communistes. N'est pas forcément communiste qui dit l'être (en témoigne la Chine contemporaine, qui est l'un des pays les plus capitalistes au monde). Et je ne pense pas qu'il existe des sujets sur lesquels aucun questionnement n'est pertinent.

Cecicelale 27 décembre 2025 à 21:08  •   129421

@Mule2112 ta reponse serait elle sous le coup de la colère ? 😉

Ma reférence au communisme était pour paradox car elle faisait référence à un autre fil qui posait la question de l adequation entre les moyens et la fin et du mode d action contre une domination.
Si tu souhaites parler du communisme et des meurtres liés si tu veux, je te conseille ce fil :
https://www.apie-people.com/forum/loisirs-passions-et-hobbies/histoire-et-sciences-humaines/je-vous-partage-mon-plus-beau-cadeau-de-ce-solstice-107563

Je recherchais les chiffres sur l exploitation animale. Il s avere qu'aujourd'hui, plus d'un milliard d'animaux sont-ils tués en France chaque année. C'est 3 millions d'animaux terrestres et 200.000 animaux aquatiques par jour.
Je trouve ca vertigineux.
(J ai pris une source Tf1 qui dit avoir croisé les données de la L214 avec les chiffres du ministere de l agriculture.)

Mule2112le 29 décembre 2025 à 18:23  •   129454

Je te rejoins une conscience : tout porte à questionnement.

Disons que ceux sur les régimes sanguinaires comme le communisme et le fascisme : peuvent m'agacer.
Ces deux là sont cul et chemise pour avoir produit des millions de morts. Peu importe les chiffres précis : ils sont vertigineux à mon sens, à l'échelle connue.
Alors la mansuétude envers eux, ou l'un deux suivant qui tu écoutes, est écoeurante quand elle se sent.
On est d'accord : nous n'avons pas tous le même odorat à ce sujet. Ni la même mémoire organoleptique.

Mule2112le 29 décembre 2025 à 18:49  •   129456

Sous le coup de la colère Cecicela ? Absolument !
Disons que nous sommes difféerents là dessus :
Je lui laisse le temps nécessaire pour passer : je ne la trouve pas bonne conseillère.
Tu fais une alliée de la tienne pour t'aiguiller dans les combats que tu t'es choisis : démarche militante orthodoxe.

paradoxle 04 janvier 2026 à 18:01  •   129520

Un petit résumé bien foutu de l'éthique utilitariste de Peter Singer dont découlent ses pensées anti-spécistes (13 min). La maximisation du bonheur global.
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