Vous avez dit... atypique ?

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Pedro857754le 28 mai 2020 à 11:03

Salut, ça fais un bout de temps que je me pose cette question à laquelle j'ai pas trouvé d'études ou de témoignages. Sur la plupart des études sur les surdoués il est généralement indiqué que le surdoué pense en permanence sans interruption, moi même j'aurais tendance à valider cette caractéristique. Mais cela voudrais donc dire que les normopensant ont des moments de "vide" ? Je n'arrive pas à imaginer cela, je suis pas dans leurs tête donc difficile de comprendre leurs fonctionnement. Alors je vous pose la question normopensant pour les témoignages, et surdoué pour m'informer. Comment pensent les normopensant et est ce qu'il y a des moment où vous ne penser pas ? Merci de vos réponses. Et merci d'éviter de faire des témoignages plaintifs de vos pensées qui vous ruine la vie c'est pas nécessaire. Au revoir.

Amarle 28 mai 2020 à 13:27

AMHA (à mon humble avis - j'adore cette abréviation 😀 ), il n'y a pas de normo-pensants, ni même de surdoués.
Le concept même de distinguer des modes de fonctionnement sur la base d'un concept au minimum flou -l'intelligence- est pour mois un biais.

Et pour répondre plus précisément à ta question, penser n'est-il pas être ? cogito ergo sum (ça fait classe en latin)
Ne pas penser, c'est ne pas être.

et finalement, on revient toujours à ça : être, ou ne pas être.
Il était fort ce William secoue-poire. 🤘

mlinele 28 mai 2020 à 15:06

AMHA (tiens je te le pique Amar, c'est chouette comme accroche 🤘 )
Pour avoir échangé avec des amis dit "normo-pensant" en vue de mieux comprendre mon fonctionnement, je trouve que (opinion personnelle en lien avec ma personnalité et mode de fonctionnement), mon cerveau a tendance a ne pas savoir s'arrêter et peut arriver à la "surchauffe" très très facilement. Une emprise, un contrôle difficile. Cela m'a pris des années à réussir à contrôler cela, j'ai du trouver des outils pour m'aider à ne pas faire de burn out à chaque fois que je rentre dans une discussion (trop d'info à traiter en même temps et donc une difficulté pour celui ou celle qui m'écoute à me suivre) 🙂 parfois -dans le passé- l'usage de substance externes pour faire "taire" la machine a été une nécessité pour moi. Mais avec les années on apprend donc à mieux gérer cela.
Les "normo-pensants" n'ont pas des moments de vide selon moi, mais une capacité (mieux contrôlée que moi) à faire des pauses quand bon leur semble, encore une fois c'est une comparaison sur la base de mon expérience. Je suis d'accord avec @Amar, pour moi le concept de surdoué est un mythe défini par une frange particulière de la population qui peut mener à un fort biais, parfois même dangereux. Le terme même de normo-pensant me parait presque ridicule (sans jugement dans l'emploi car je comprend la nécessite de l'usage de vocab à un point donné), viendra certainement le jours ou on arrivera à reconnaître que chacun a ses propres typies et, ainsi pourra-t'on faire tomber le mythe de la normalité...

Donc aussi pour en revenir à ces moments de "vide", pour moi, cela s'apprend, quelque soit nos (a)typies. Et le parcours est plus ou moins tumultueux pour les uns et les autres, mais quel bonheur quand on y arrive 🙂

PS: promis j'ai essayé de limiter les parenthèses.

Juliette...le 28 mai 2020 à 17:50

@mline, je trouve très intéressant ce que tu dis sur la normalité. Les normes retenues par nos sociétés ne servent-elles pas, avant tout, à conditionner un troupeau bien docile? Et chacun ne traite-t'il pas l'autre de fou, dès que celui-ci exprime d'autres ambitions, que celle de se limiter à la "bonne vie" qu'on lui suggère, et qui servirait avant tout les vues de ce chacun? On est tous l'anormal d'un autre. Mais, posons-nous la question, au moment où cet autre nous fait nous sentir "hors norme", posons-la nous en profondeur, quels intérêts peuvent bien se cacher derrière ? Très souvent, déjà, il y a la peur et le refus de se remettre en questions. Si j'ai l'impression que tel comportement me permet d'obtenir tels acquis, si un autre vient me faire croire qu'avec un tout autre comportement (qu'en plus je ne me sens pas d'adopter, soit parce-que je ne m'en sens pas capable, soit parce-que ça me paraît laborieux et que j'ai la flemme...) il bénéficiera des mêmes acquis, je prends peur, mais heureusement, je peux me protéger avec mon bouclier de normalité, celle que je vais tranquillement lui mettre à la face pour qu'il arrête de se croire plus libre qu'un autre, non mais oh! Ca, ça marche essentiellement dans les groupes, au travail, en société. Mais il peut aussi y avoir un besoin de dominer, de contraindre. Et ça, ça se retrouve à foison dans les couples, les petits "groupes d'amis". Bref, je ne sais pas si je suis claire mais ce que je veux dire, c'est que le filon de l'anormalité est beaucoup trop précieux aux humains pour qu'il disparaisse sous peu. Tout simplement parce-que ceux qui l'utilisent le mieux et le plus sont justement ceux qui ont le pouvoir de faire passer leur "anormalité" pour norme auprès de ceux qui ont surtout la fâcheuse tendance à se sentir négativement hors-norme.

Juliette...le 28 mai 2020 à 18:01

L'urgence, c'est donc que les gens qui ont tendance à se dévaloriser trouvent les moyens de commencer à s'aimer, vraiment. Et que ceux qui en sont capables "prennent la peine" de les y aider. "Prennent la peine" entre parenthèses parce-que, franchement, pour moi, c'est un plaisir hallucinant d'encourager, d'aiguiller, de remercier, de mettre le doigt sur le beau... Mais je crois qu'il faut l'avoir en soi 🤔 il faut y croire quoi, savoir dur comme fer que chacun est capable de s'améliorer. Dès lors, on n'a aucun effort à faire pour s'adresser aux gens comme il se doit.

Juliette...le 28 mai 2020 à 18:04

Et que chacun a du bon, et que je ne me sens pas supérieure, et que toutes les différences sont riches.... Ouais, ça commence à faire beaucoup de "si" quand-même... 😄

Pedro857754le 29 mai 2020 à 23:02

Je vous remercie pour vos réponses mais je ne cherche pas de raison philosophique mais de science pure. Je crois avoir eu ma réponse grâce a "miline" les normopensant on le même Flux de pensées il savent peut être mieux, d'instint les contrôler.

AdadaDle 01 juin 2020 à 00:36

J'ai du mal avec "instinct à contrôler", j'aurais tendance à dire que c'est justement par l'acceptation forte des normes, bornes, cadres, limites que la pensée se "stoppe" (c'est bien ce qui est parfois dommage... Quand ça devient intéressant il est considéré que ce serait à "d'autres" de continuer, qui ne sont pas présents, et pan injonction à passer à autre chose). De fait ça permet de "dégager" du temps puisque les interdits à penser sont nombreux..

Pour ce qui est de "gérer", pas simple, bénéfique ? Je sais plus. Parfois la sensation du virer fou est flippante.
Et en même temps ma citation favorite en ce moment est celle de Solon : "si je suis fou, vous le saurez quand la vérité sera mise à jour" 🙂

Juliette...le 01 juin 2020 à 07:12

🙂 J'aime beaucoup cette citation moi aussi! Et elle m'est particulièrement agréable ce matin. (Mais qui est donc ce Solon? Je m'en vais voir ça...)

Juliette...le 01 juin 2020 à 12:06

Oh, bien plus intéressant que la page Wikipédia sur Solon 🙂

AdadaDle 01 juin 2020 à 16:35

HS : (j'adore Bernard Stiegler, c'est le seul qui a réussi à ajouter une petite composante optimiste à celle de fataliste qui se baladait seule autour de mon pessimisme absolu (politiquement et socio-anthropologiquement je veux dire).
Pour ceux qui le souhaite, voir Ars industrialis et les séminaires vidéos dispo, prévoir le double du temps de visionnage, parce que c'est raide au début... 😱 )

mlinele 02 juin 2020 à 14:19

Merci à vous pour ces réponses! Je m'excuses, n'ai pas eu le temps de prendre le temps de répondre. :)
Mais je tenais à vous remercie, par ailleurs @AdadaD, je suis assez d'accord avec toi au sujet des normes qui ne sont pas questionnées.
J'ai assisté à des situations intéressante ou, quand on offre un cadre qui permet de "faire péter les normes", ou du moins ne serait-ce que réfléchir la dessus, on arrive aisément à paumer les NT. Mais bon encore une fois je suis un peu mal-à l'aise à pousser cette distinction car je connais de nombreux NT qui apprécie justement être entourés de HPI&HPE car ils ont l'impression de pouvoir également avancer à ce niveau là.
En quelques mots rapides pour @Juliette, quand j'évoque le mythe de la normalité , je fais références à certains travaux conduits sur la naissance des statistiques et la courbe de gauss, et leur usage pour définir les normes sociétales, mesure dans laquelle la vulgarisation de la science a eu tendance à "placer le point plus haut" que la normal. Bref je m'entends mais j'imagine que sans référence je vous perds. Si j'arrive à remettre la main sur l'article que j'ai en tête (mais cela fait des annéééééées) je vous envoie la référence.
PS: mes excuses pour ces réponses rapides, je suis dans le cas ou ma directrice m'impose justement des normes de travail qui me paraissent illogiques en ces temps et par conséquent, je suis braquée et je n'arrive plus à avancer depuis des semaines.... Je crois que c'est un phénomène que vous mes amis zèbrés êtes bien aptes à comprendre. J'essaye de pas décrocher pour si peu, alors je me recolle à mon boulot.... Belle journée et merci pour vos échanges, et cette si jolie citation!

AdadaDle 02 juin 2020 à 15:11

Tout à fait d'accord, certains apprécient, mais aujourd'hui je suis de plus en plus prudent car j'ai peur de casser un 'fonctionnement" qui a une nécessité.
J'ai de plus en plus de tolérance avec les besoins de "stabilité", même si parfois certains paraissent absurdes (pas en soi, mais qui sont en contradiction avec un discours, ou qui semble aller directement contre celui qui l'expose). Mais je me rends compte que je ne peux pas défendre la Culture (anthropologiquement) et la bousculer dans le même temps...
Je m'efforce à cerner qui j'ai en face de moi pour ne pas aller vers ce que je considère de plus en plus être une violence. Ca n'aide pas personnellement en revanche, mais c'est stimulant malgré tout, chercher là où il est possible de pousser sans pour autant faire basculer.

Dans le texte de Stiegler il évoque la perte de la "raison", qui procède toujours d'une perte de la "raison de vivre". Je trouve ça vachement bien (ça se sent parfaitement dans le film "Joker" d'ailleurs). Si la "raison de vivre" est en partie prescrite par les phénomènes d'identification, alors je comprends beaucoup mieux les limites posées, imposées, lorsqu'on commence à les chatouiller.
Mais ça suppose de souvent s'oublier, c'est pas facile non plus, arf. Et on s'expose vite à la critique "tu dis pas ce que tu penses", bah oui mais non, enfin faut voir.

Quand tu seras plus tranquille boulotalement je suis pas contre une petite précision sur ce morceau de phrase : "mesure dans laquelle la vulgarisation de la science a eu tendance à "placer le point plus haut" que la normal." Ca parait intéressant mais là je pige pas trop 🙂

mlinele 02 juin 2020 à 19:19

( Parce que j'avais bien envie de remettre la main dessus également, et que je cherchais une bonne raison pour remettre le boulot à demain, voici la ref :
Lennard J. Davis, (2006). Constructing Normalcy, The Bell Curve, the Novel, and the Invention of the Disabled Body in the Nineteenth Century. http://blogs.fad.unam.mx/asignatura/adriana_raggi/wp-content/uploads/2014/05/Davis.pdf
Et puis oops, c'était pas gauss mais bell, p'tite précision.)

Et pour rebondir sur la peur de casser de "casser un fonctionnement qui a une nécessité", je te rejoins, c'est une grande question pour moi en ce moment. Que ce soit pour ceux que je nommerai (peut-être lâchement de ma part) les "endormis" qui ont le choix au final d'accepter ou refuser ce bousculement, que ce soit pour les personnes en situation de handicap dit sévère tel que mon frère sur lequel on exerce un rapport de pouvoir, ou encore que cela concerne notre rapport aux animaux tout autant emprunt de pouvoir.. J'étais en plein débat avec une amie hier à ce propos, j'ai été coupée cours dans la discussion avec un "je crois que tu réfléchis trop et tu te prends la tête". Perso j'y vois aussi aussi une démarche spirituelle, le rapport à l'autre tout simplement. Mais aussi le vivre ensemble.

AdadaDle 04 juin 2020 à 23:11

Merci @mline 🙂 . J'ai seulement commencé la lecture et j'apprécie particulièrement le lien fait avec l'eugénisme. De mon point de vue, exactement ce qui existe politiquement depuis 70ans, ça fait du bien de le lire.

Pour la suite, là où je me méfie aujourd'hui c'est certes par peur de la violence, mais aussi par une certaine envie. J'aimerais assez être "endormi" parfois, pour mieux accepter (supporter ?), pour réussir à travailler, etc. Non pas que ça m'attire, mais en l'état actuel disons que ça serait reposant par moment.
J'ai de plus en plus l'impression d'être entouré par des gens "bornés" qui le vivent mal, mais qui tente de renforcer, durcir ce qu'ils connaissent, ont construit, et je ne sais pas quel impact pourrait avoir une remise en question. Il me semble qu'il s'agirait d'imposer un fonctionnement d'une certaine manière (parce que laisser dans le vide me parait plus dangereux encore), et en même temps ne rien faire...
Pas si facile de faire la différence entre un début de mal-être et une posture de plaignant conventionnel(le).

Lelunele 01 juillet 2020 à 12:34

(Désolée j'ai la flemme de lire tous les commentaires)

Juste pour dire que, il me semble, si je suis bien se que l'on entends par zèbre, j'obtiens ce qui doit être un état "normal" (un raisonnement de "normaux pensants") lorsque je bois 2 bières.

Voilà ça n'a rien de scientifique mais c'est comme ça que j'arrive à me mettre à la place des autres, et c'est vrai que la vie avec 2 bières elle est quand même plus facile à gérer, il y a toujours les pensées les émotions et tout le reste mais c'est plus "lent".


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