Vous avez dit... atypique ?

Le taf et les zèbres

  1. Accueil
  2. Forums
  3. la communauté : Vous avez dit... atypique ?
  4. Le taf et les zèbres
Le taf et les zèbres
coramouhle 07 octobre 2021 à 16:59

Hello à tous,
J'ai cherché un peu mais je n'ai pas la patience de couvrir chaque sujet : si je doublons, merci de me rencentrer 😵
Je suis en quête d'un travail et suis accompagnée par un coach, lequel me dit : "On emploie des gens qui nous ressemblent, avec qui on a envie de s'asseoir à table pour manger".
Je vous passe les détails de toute la discussion qui s'ensuit (masque, différence, acceptation, bla bla bla), mais pour finir je lui dis "en fait, tous les gens qui m'ont embauchée étaient comme moi. Et ça fait pas beaucoup..."
Et là j'ai une/des questions : Les zèbres travaillent-ils tous entre eux ? (Naaan ma pauv' dame) Peut-on trouver un équilibre professionnel avec des personnes à qui on ne montre qu'un masque ? (Nann tout pareil) Comment on fait P----N pour trouver un taf qui nous corresponde ????
Bref, si vous avez des pistes, je prends 😉
Coralie

Doradole 08 octobre 2021 à 15:40   •  

Bonjour Coralie
Oui malheureusement les gens normaux préfèrent recruter des personnes qui les ressemblent, et vu qu'ils sont beaucoup plus nombreux que nous, il faut alors faire semblant d'être normale.
Je suis dans la même situation que vous et je n'ai que ça comme solution Dsl!
Si il yen d'autres je serai ravie de les connaître
Bon courage
Dora

Merlinle 08 octobre 2021 à 16:16   •  

Bonjour,

Heureusement, ce n'est pas le cas de toutes les entreprises. Certaines vont chercher à employer les personnes les plus aptes à réaliser le boulot pour lequel elles recrutent, aussi étrange que cela puisse paraître ;)

Je dirais que l'essentiel dans ce cas est d'être bon à ce qu'on fait et d'avoir les références pour le prouver (et éventuellement les diplômes). Après, pour le passage à l'entretien oral, en fonction de l'interlocuteur on peut opter pour le mode "caméléon" (je m'adapte à tout) ou pour le mode "excellence" (je vais vous prouver que c'est de moi dont vous avez besoin). Dans les deux cas, il s'agit de démontrer ce que l'on sait faire.

Autre piste, trouver du boulot via ses relations réelles ou virtuelles (Linkedin, par exemple). Là, on est recommandé par une ou des connaissances qui peuvent alors démontrer nos capacités pour le boulot recherché. Personnellement, j'ai surtout joué cette carte-là lors de mes derniers jobs, mais c'est aussi probablement parce que j'ai accumulé une bonne expérience professionnelle et que j'ai eu l'occasion de démontrer mes talents ;)

Et je n'ai jamais travaillé pour / avec des surdoués...

Just my 2€ cents... et bon courage

Laurent...le 09 octobre 2021 à 18:57   •  

Hello,

Je répondrai (naïvement) juste à ta dernière questions (mais I'll be back) : "Comment on fait P----N pour trouver un taf qui nous corresponde ????"

Tu aimes faire quoi dans la vie ? Peut-être recherches tu un métier en lien avec une ou plusieures de tes passions ?

Galateele 10 octobre 2021 à 23:42   •  

Bonsoir,

Il s'agit de ma première intervention sur le forum. Mes premiers pas seront donc sans doute un peu timides 😉

Il convient, à mon sens, de distinguer d'une part le manager du recruteur et, d'autre part, les formes de management ainsi que les compétences et profils recherchés suivant les postes à pourvoir.

Un manager face à un candidat se posera la question de l'expérience, des diplômes et des compétences. Son objectif sera de déterminer si le candidat sera à même de remplir les objectifs en termes de pilotage, d'intégration au sein d'une équipe (dispositions comportementales, de résistance au stress avec, en toile de fond, l'idée que le profil recherché devra être à même de pouvoir remplir ses objectifs, voire de les dépasser).

Classiquement, l'entretien ne s'apparentera ni plus ni moins qu'à un jeu de séduction dans lequel le candidat arrivera à convaincre et à rétablir une forme d'équilibre dans un rapport de force par nature inégal.

En revanche, un recruteur (exemple d'un DRH) se préoccupera d'embaucher une "ressource" mais surtout de choisir entre de nombreux candidats présentant grosso modo les mêmes types de parcours (diplômes, expériences, écoles,...). Aussi, ce sont davantage les dispositions comportementales et le profil qui sauront faire la différence.

Et c'est précisément sur ce point précis que la question est posée : quel type de profil au juste ?

Sur des postes où il existe un fort niveau de hiérarchisation pyramidale, la progression des collaborateurs se fera suivant une logique impliquant une montée en charge dans leur expertise, un surinvestissement afin de progresser sur des postes nécessitant de plus en plus de responsabilités. Cette progression est verticale (peu de polyvalence, spécialisation, expertise,...). Généralement, dans des structures aussi hiérarchisées, le management est plutôt traditionnel, "directif" (punition / récompense, productivité,...).

Dans les formes de management dits "participatifs", le but pretenduement recherché est l'épanouissement des collaborateurs (afin d'augmenter la productivité individuelle et donc la performance globale, ne nous y trompons pas ;) ). Les dispositions comportementales seront donc privilégiées par rapport aux parcours diplomants, à tel point que le recrutement pourra se faire "sur profil" quand bien même le niveau ou le parcours diplomant ne serait pas celui exigé.

Aussi, il parait assez logique qu'un manager directif ne recherchera pas un profil atypique car l'objectif recherché sera celui de l'uniformisation : toute personne sortant des sentiers battus sera taxée de "problématique". On leur rappellera qu'on ne leur demande pas d'avoir des idées, de réfléchir, de nuancer ou de se montrer créatif : ils se doivent de respecter les directives. On leur demandera d'être productifs, point barre. Le but sera de les faire "entrer dans le rang".

Au contraire, un manager participatif s'appuiera sur la diversité et la complémentarité des profils composant son équipe : les différences deviennent un atout, une force. Tous les collaborateurs participeront collegialement aux prises de décision et ne seront pas brimés dans leur créativité. Dans ce contexte, les recruteurs rechercheront davantage des "Hauts potentiels" quelque soit la forme ou de degré d' "atypisme" (mais pas exclusivement).

La progression ne sera pas forcément verticale mais pourra être horizontale (polyvalence, transversalité et transferabilité des compétences,...).

Plus personnellement, j'ai connu majoritairement un management directif. J'ai réussi "à tenir" en me mettant en mobilité tous les deux ans jusqu'au jour où un recruteur est venu le rechercher il y a 2 ans, alors que j'étais à deux doigts de présenter ma démission (je me heurtais systématiquement à mes managers en raison des injustices auxquelles ils se livraient, notamment, sur des collaborateurs fragilisés mais également en raison de leur niveau d'incohérence et parfois, mais plus rarement, leur bêtise).

Je travaille donc au sein d'une équipe dans laquelle nous sommes tous "atypiques". Mon exemple n'est certes la norme mais témoigne d'une (r)évolution des mentalités au sein du privé.

En revanche, même si tout semble "plus cool" : grande indépendance, flexibilité, considération de nos modes de fonctionnements, réflexivité, il n'en demeure pas moins que le niveau d'exigence est très haut (cela m'a valu d'avoir le "syndrome de l'imposteur" pour la première fois dans ma vie professionnelle).

Il ne se passe pas un jour sans que l'on doute de réussir ou que soit posée la question de limites qui pourraient être atteintes. Et pourtant...enfin, nous nous sentons tirés professionnellement vers le haut et nous flirtons avec notre plus grande peur : celle d'échouer.

Toutefois, cela rend notre job stimulant; nous ne nous ennuyons pas bien que l'on puisse se lasser, au bout de quelques années, bien évidemment.

Pour finir, je ne pense pas qu'il existe un job qui puisse nous convenir mais plutôt plusieurs jobs diversifiés, atypiques qui puissent nous permettre, au final, de nous épanouir. En effet, nous partageons il me semble ces mêmes caractéristiques que sont la soif d'apprendre, la curiosité, le besoin de nouveauté ou de renouveau et plus tristement (ou pas 😉)des difficultés avec l'autorité abusive, les formes d'emprise, les incohérences et les injustices...

De plus, lors d'un entretien professionnel, je pense qu'il vaut mieux privilégier le fait d'être soi dans son entièreté et sa transparence. Cela évite d'avoir à jouer les "caméléons" en se travestissant, à décevoir voire à susciter, bien malgré nous, des malentendus...

Maverickle 13 octobre 2021 à 00:15   •  

Bon, ben bonsoir, c'est mon tour de mettre mes 2 centimes...
Si j'ai bien compris, la question de fond est :

citation :
Comment on fait P----N pour trouver un taf qui nous corresponde ????

Eh bien... on rame !

Je ne vais pas être très positif, mais ma première réaction, c'est de rappeler que la France (si tu es français) est en chômage systémique depuis 45 ans. Donc, trouver un taf - tout court - c'est déjà difficile à la base, et il y a beaucoup de monde en concurrence même pour les bullshit jobs.

Une réponse à la mode serait de te dire "crée ton propre boulot, fonde ton entreprise". Qui ne fait, selon moi, que repousser le problème. Tu pourras théoriquement travailler "comme tu veux" puisque tu seras ton propre patron. Mais en pratique, tu devras trouver, satisfaire, conserver une clientèle, et tu rencontreras de nouveau les difficultés relationnelles ou les contraintes qui te posent problème. Et en pratique c'est presque pire, parce que tu ne pourras pas "déléguer" l'affrontement avec les exigences de la clientèle à ta hiérarchie : c'est toi, la hiérarchie, exposée en direct.

Ensuite, il faudrait creuser le concept de "qui nous corresponde". Ca veut dire quoi, concrètement ? Sais-tu définir ce qui ne te correspond pas dans les emplois que tu as déjà pu connaître ? Qu'est-ce qui constituait l'écart entre tes attentes et la réalité de tes expériences professionnelles ?

Personnellement, je vois l'implication professionnelle dans une équipe, une entreprise, un peu de la même façon que les relations amicales, sentimentales, amoureuses. Il s'agit de relations qu'il faut établir, construire, adapter au fil du temps... Ton boulot finira par te correspondre, parce qu'avec le temps tu t'y glisseras si l'environnement est favorable et tes efforts d'adaptation récompensés. L'image qui me vient, c'est celle d'une paire de chaussures neuves : à force que tu les aies portées, si le cuir et les semelles sont de bonne qualité, tu finiras par t'y sentir comme dans des chaussons. Mais il faut d'abord passer par la phase où elles font un peu mal aux pieds. Et il faut un peu de temps aussi pour éventuellement constater que c'était de la camelote...

Dans cette vision - tout à fait personnelle, pas d'obligation d'y adhérer, je ne crois pas qu'il y ait des jobs plus adaptés que d'autres aux "atypiques". Je pense plutôt que la personne atypique sera juste plus sensible aux incohérences et à l'injustice, et saura moins bien accepter la situation en faisant profil bas. D'où la plus forte insatisfaction et la recherche plus intense d'un "mieux", qui peut se présenter, selon les circonstances.

Pour finir, je n'ai encore jamais identifié que les personnes avec lesquelles je travaille "me ressemblent", ni que c'était indispensable pour que je me sente bien. Mes difficultés ont toujours été le fait des jeux de pouvoir de quelques abrutis ou ambitieux (c'est la même chose ?), qui suffisaient à dégrader une situation globalement satisfaisante.

PS : Relativement à la réponse de @Galatee, mon expérience récente est que les processus de recrutement en France sont suboptimaux ou décalés par rapport aux réalités du monde du travail. Lorsqu'il arrive au bout d'un long processus de recrutement, le candidat découvre que le quotidien du poste qu'il occupe n'a que de lointains rapports avec la fiche qui lui a été vendue, que les qualités qu'on a exigées de lui et retenues dans son profil sont inutiles, et que l'entreprise qui revendique "l'excellence" sur son site institutionnel pratique des processus qui marchent sur la tête, ou que la startup innovante et branchée est une mini-dictature médiévale. Bienvenue !


Il te faut t'enregistrer sur le site pour participer aux forums.

Rejoins-nous vite !

Alerter les modérateurs

Peux-tu préciser ci-dessous le motif de ton alerte ?