Vous avez dit... atypique ?

Les maladies : un décalage encore plus grand ?

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Les maladies : un décalage encore plus grand ?
Aluminele 08 mai 2019 à 16:38

Être surdoué, je trouve que ça donne pas mal l'impression d'être fabriqué de façon inadéquate pour le monde : notre manière de fonctionner n'est jamais la bonne, on est obligé d'adopter des mécanismes d'adaptation artificielle, comme la dissimulation ou la simulation...
Les maladies c'est un peu pareil : notre corps ne fonctionne pas tel quel, il a besoin d'artifices pour fonctionner normalement (médicaments, précautions diverses, régime alimentaire, hygiène de vie)

Comme je suis concernée par les deux, c'est vite fait de se sentir entièrement dysfonctionnelle, ou d'avoir l'impression que les choses sont toujours plus compliquées pour soi que pour les autres... Comment ne pas se sentir différent ?

Si vous avez des vécus ou des conseils par rapport à ça, je prends !
Bonne soirée à vous

Gwenouillele 08 mai 2019 à 22:20

Je crois qu'en fait il faut voir le probleme differement... On a plus vite fait d'apprendre a aimer d'etre different que de trouver comment ne pas se sentir different, car dans on second cas on ne pourra enoncer que des evidences : meme les gens normaux sont differents l'un de l'autre et je pense qu'on ressent tous plus ou moins cette difference. Seulement ceux qui sont malades la mettront sur le compte de la maladie. Ceux qui ont des soucis de famille, sur la famille. Ceux qui ont une passion, sur la passion. Etre HP nous donne aussi la possibilite de nous dire qu'on est different a cause de notre cote HP, mais l'est-on vraiment, au final ?

Julienle 09 mai 2019 à 08:26

@Alumine
"notre corps ne fonctionne pas tel quel, il a besoin d'artifices pour fonctionner normalement (médicaments, précautions diverses, régime alimentaire, hygiène de vie) "
Puis-je te demander depuis quand as-tu fait ce constat, de manière certaine ? Cela date-t-il de l'enfance, ou l'adolescence ? Tes parents fonctionnent-ils aussi ainsi ? Si je peux te demander cela, c'est assez intime.

Chandrale 22 mai 2019 à 01:59

Bonjour Alumine,
Comme toi, je connais les deux ( enfin si on trouve vraiment une définition de HP Zèbre ect ... .)
Je pense que la maladie ne doit pas nous définitir.
Cerveau droit ou pas, la maladie , on ne la choisi pas . Tout comme tous les autres difficultés qu'on peut rencontrer dans la vie.

Je choisis chaque matin une pensée, et ensuite on verra pour la journée.

Je comprends aussi que cela peut être un marathon qui dure trop longtemps. D'où l'intérêt de se chercher un maximum d'outils pour se faire accompagner.
Pour ma part, j'ai aussi choisi ma façon de me soigner, et de choisir mes médecins.

Mon côté zèbre, je suis en pleine découverte, mais je compte bien m'en faire des atouts, d'autres outils pour avancer.

hunvrele 22 mai 2019 à 23:29

@Alumine : je ne me reconnais pas dans ce que tu décris (citation : "notre corps ne fonctionne pas tel quel, il a besoin d'artifices pour fonctionner normalement (médicaments, précautions diverses, régime alimentaire, hygiène de vie)") : j'ai l'impression de faire n'imp' question hygiène de vie et je fuis ce qui peut s'apparenter à un médicament... Alors il y a un côté super cool, ouais le chocolat me suffit comme anti dépresseur (avec un whisky de temps en temps pour accompagner), mon obstination pousse mon corps à aller bien, je n'ai pas à me plaindre côté santé !!! Le hic c'est que le jour où ça ne va pas, là c'est compliqué parce que les médicaments semblent ne pas fonctionner sur moi comme ils le devraient, les médecins trouvent des symptômes aberrants (par exemple j'ai eu trois fois les oreillons petite - ou alors, qu'est-ce que c'était ?????), je me retrouve avec des doses de cheval...
Je ne me plains pas, hein (je sais que mes propos sont assez souvent interprétées ainsi par mon entourage), globalement je suis contente de fonctionner de cette façon ; c'est juste pour apporter un témoignage différent 🙂

Felidocle 10 juin 2019 à 01:02

Bonsoir

Merci à @Alumine et @Chandra pour leurs témoignages.
De mon côté aussi, "double dose de rayures", à la fois au plan psychique et somatique ! ... (je suis porteuse d'une maladie génétique)
Donc oui, faux semblants, mécanismes adaptatifs ++, contraintes diverses et variées de la vie quotidienne ...
Pas question de larmoyer sur mon sort, il ne s'agit pas d'un cancer, ni d'une maladie dégénérative
mais j'aime bien l'image du marathon : une course de longue haleine ... une lutte qui s'inscrit dans la durée ...

Je ne suis pas testée au plan psy, mais je sens bien depuis longtemps que je ne suis pas "cablée" comme la majorité des gens qui m'entourent !
mais même au plan somatique, gare aux étiquettes et diagnostics à l'emporte-pièce (dis-je après des années d'errance diagnostique)

pour ma part, j'ai pris un peu de recul par rapport à certaines contraintes thérapeutiques
mais par contre le sport m'aide beaucoup à bien des égards (je ne m'y suis mise que récemment !!, n'ayant jamais au grand jamais manifesté d'aptitudes notables dans ce domaine !! 😜
Comme quoi ! ...

Kezedjle 11 juin 2019 à 00:39

Tout à fait d'accord avec @Gwenouille et @Chandra, concevoir le coté HP comme une maladie peut paraitre sensé, mais c'est aussi un point de vue que l'on décide de porter dessus. Ca nous rend inadapté par rapport à la norme, mais si la norme c'était des HP, on serait tout à fait adapter. Et vis à vis de l'analogie avec une maladie, si 95% de la population avait un cancer (définissant ainsi "la norme"), les 5% qui reste seraient en "bonne santé", n'est ce pas? Dans ce cas, les inadaptés seraient en bonne santé - enfin, si 95% de la population avait la même maladie, il est probable que le monde serait TRES différent aussi :p

Encore une fois, une façon de se sentir moins en décalage avec les autres, c'est de tenter de rencontrer d'autres "surdoués", et les forums comme celui-ci sont un bon début. Dans l'anonymat et les échanges numériques avec délai, on s'exprime plus facilement sur des sujets sensibles qui nous tiennent à coeur. Avec la grande probabilité que ce "sujet sensible" soit en vérité "sensible" pour beaucoup de gens ici, tu découvres assez facilement et rapidement des gens qui "comprennent enfin".

Quant au décalage avec les "typiques", on peut le voir comme une inadaptation; mais là encore, on peut aussi "choisir" d'y apposer un point de vue positif (je fais de mon mieux pour que ma différence serve le groupe) ou négatif (je subis ma différence, qui m'empêche d'adhérer au groupe). C'est un point de vue personnel bien sûr, mais j'imagine mal comment on peut se sentir bien en vivant dans l'idée que le coté "surdoué" est un handicap. Au final, ça a pas mal à voir avec le verre d'eau a moitié vide ou à moitié plein :)

RoyJadele 11 juin 2019 à 07:20

Pour ma part, j'ai bien du mal à concevoir le fait d'être HP comme une maladie. Cela peut être vu comme un handicap au même titre que certaines "différences" comme être de couleur ou être une femme à cause de l'intolérance du milieu, mais en soi ce n'est pas une incapacité. Là où la maladie ou un vrai handicap va seulement diminuer ou supprimer certaines de tes capacités, les zébrures vont les échanger contre d'autres atouts. Comme si tu avais un marteau à la place d'une main : tant qu'on exige de toi de t'en servir comme une main tu vas te sentir diminuer, le jour où tu peux t'en servir pour planter des clous tu seras infiniment plus efficace que ceux qui n'ont pas de marteau.

LibertEchEriele 11 juin 2019 à 07:22

Où sont-ils ces clous à enfoncer là? 🙂

Merlinle 11 juin 2019 à 07:31

Je me révolte toujours quand on considère le fait d'être surdoué comme un handicap ou une maladie. D'ailleurs le mot même de "diagnostic" m'irrite. Mais j'ai eu une conversation intéressante ce week-end avec une amie psy qui a soulevé un argument intéressant : pour elle, le diagnostic est davantage pour l'entourage éducatif. Cela permet aux gens "simples" de mettre une étiquette sur un enfant surdoué, et cette étiquette les amène à s'ouvrir à sa spécificité et à adopter des méthodes adaptées. Ca peut se tenir...
Mais pour le surdoué lui-même, à part le fait d'obtenir un environnement éducatif plus stimulant et moins oppressif, ben ça ne va pas changer ce qu'il est ni en faire un malade. Mais dans une société qui a beaucoup de mal à accepter les différences, le chemin n'est pas toujours facile quand on pense autrement :)

Gwenouillele 11 juin 2019 à 18:10

Moi ce qui m'interpelle c'est de voir des gens qui étaient tout à fait capable de vivre avec leur différence, ne plus être capable de rien le jour où ils ont enfin leur diagnostique. Comme si le diagnostique légitimait tout leur mal-être et devenait une excuse pour se laisser aller : "ce n'est pas grave, j'ai une excuse, je n'ai pas besoin de bosser", entre autre.
Idem je pense que je suis très dure au niveau de la maladie. En fait plus le temps passe et plus les gens sont malades autour de moi. C'est le sentiment que j'en ai. Parfois pour de vraies raisons, je ne dis pas le contraire, mais je pense que la vision française de la société incite les gens à s'écouter, à se plaindre et se complaire dans leur malêtre. Après j'ai peut-être une vision extrême, mais je trouve que le terme HP est devenu une sorte de poubelle à maux assez insupportable. Personnellement, le jour où j'ai cessé de regarder si j'allais mal et pourquoi, j'ai commencé à aller beaucoup mieux.
Désolée si ce témoignage heurte certaines sensibilités.

TomPhallosle 11 juin 2019 à 18:28

Mes nombreuses maladies physiques et psychiques que je me suis persuadé d'avoir ont pour effets terribles de me faire croire que nous nous trouvons dans le meilleur des mondes. Pour vous dire que je suis bien atteint ;)

Gwenouillele 11 juin 2019 à 18:48

Je ne sais psa si c'était ironique et bien entendu, certaines maladies sont terribles. Mais à mon sens il s'agit d'une raison de plus de "relativiser" quand on le peut. Je veux dire que je trouve qu'il existe des sorts bien plus terribles que celui d'être HP ^^'

Eliot_Guinessle 27 juin 2019 à 21:09

+1 pour toi Gwenouille sur le fait de rattacher tout au diag HP
Pour répondre au post initial , sans que ce soit une cause directe (pour résumer , quelque chose du genre si j'ai le gène hp mon corps a des prédispositions à être malade), il peut y avoir un aspect indirect.
J'ai eu pas mal de problèmes de santé, et une bonne partie d'entre eux sont liés plus ou moins directement ou indirectement à des aspects liés au coté hp, enfin aux problèmes psychologiques qu'on rencontre plus fréquemment chez les HP (anxiété à l'époque dans mon cas).
L anxiété (fréquente chez les hp) a des effets physiologiques avérés, surtout sur le long terme comme par exemple sur le système immunitaire et les maladies auto immunes. Le trouble psy du type dépression (fréquent également chez les HP) également. Et ces troubles peuvent occasionner par ricochets des prises de médicaments , ou prises de risques supplémentaires pour essayer d'endormir le tout (alcool, tabac , drogue, comportement addictif etc) avec des effets délétères et donc créer ou déclencher des maladies latentes. Donc a mon sens, peut être indirect mais lien il peut y avoir


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