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Dépression

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Dépression
katiale 19 mars 2021 à 18:55

Bonjour,
Je subis une dépression, je voudrais des témoignages sur ce point, avez-vous été sous traitement, quels ont été les effets? Avez-vous testé des thérapeutiques alternatifs : plantes .... homéopathie ou tout... .
J'ai vu que quelques uns avaient déjà consulté en psycho ....; j'ai bien conscience qu'une dépression est une maladie qui atteint les fonctions cognitives, l'émotionnel et le physique mais est-ce que certains points pourraient être accentués ou atténués ou différents ?
Alors je penche vers atténués voir éradiqués parce que c'est logique Haut Potentiel .....de Réparation mais c'est mon côté optimiste je le sens. J'imagine que pour tout le monde, les sen-timents, -sations doivent être plus sen-ibles malgré la dépression et plutôt les négatifs mais n'y a -t-il pas un moyen de faire tourner le mécanisme à l'endroit ou à l'envers ?
Je pose toutes mes questions d'un coup, elles sont toutes plus ou moins liées je veux savoir comment ça marche là haut. J'ai fait un point (le plus objectif possible) sur les ratés et je pense que vos expériences peuvent me guider.
Ah et est-ce qu'une personne qui a un trouble du spectre autistique (j'ai lu qu'on ne disait plus Asperger, bon) peut faire une dépression ? Je suis suivie médicalement (je suis raisonnable) , mais les médecins ne veulent pas influer sur ma démarche pour ne pas, je suppose, que je "colle" à un stéréotype. Il y a peu de chance, mais je respecte le point de vue, par contre je suis tout de même un peu diminuée et je veux bien échanger. Je ne me vois pas le faire autour d'un café avec mes collègues de travail, et je ne réussirais pas à aborder le sujet sérieusement avec mes amis.
Voilà je sais que c'est difficile comme sujet mais si vous avez une piste ... Bonne soirée à vous.

elsbzhle 19 mars 2021 à 19:56   •  

Tu veux dire que tu continues à travailler ?

Il m'est arrivé une fois de "craquer", mon médecin m'a arrêtée deux semaines, que j'ai passées à dormir. Ensuite j'ai repris doucement en choisissant les gens avec qui je passais du temps, et en essayant de continuer à me ménager des moments de repos. Depuis, j'arrive mieux à sentir les moments où le point de rupture se rapproche - et puis je me connais mieux, et puis je suis beaucoup infiniment mieux entourée, c'est impressionnant comme une personne peut tout changer... Une en moins ou une en plus, suivant la situation, d'ailleurs.

Est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut t'accorder un peu de son temps pour te montrer que tu es importante ? Te changer les idées, te raconter des petits "riens"...

Juliette...le 19 mars 2021 à 20:29   •  

"Est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut t'accorder un peu de son temps pour te montrer que tu es importante ? Te changer les idées, te raconter des petits "riens"..."

Quand on est en phase dépressive, et qu'on se sent si seul, ces mots peuvent faire pleurer... Tant ils proposent une oreille absolue, lorsque l'on passe son temps à déplorer que personne ne pourrait, vraiment, tout entendre. Tout ce qu'on a à dire, sans filtre, parce-que l'on veut être totalement compris, aimé de A à Z, et sans mots, car on est fatigué rien qu'à l'idée de tout ressasser, encore. On se veut donc entendu, embrassé, tel que l'on est, avec tout son passé, ses erreurs, ses souffrances, alors même qu'on n'a plus l'envie d'en regarder une miette...

Evidemment, ce témoignage est simplement le mien. Et il n'a malheureusement pas vocation à te venir en aide @katia. Mais, de sentir ta douce main tendue @elsbzh, m'émeut beaucoup.

Nevromonle 19 mars 2021 à 20:35   •  

La dépression, c'est une vieille copine à moi. J'avais appelé celle de mon ami Andy "Mireille" : une dame comme que je voyais revêche, têtue.
Je crois que je tourne plus ou moins autour depuis un moment. Et je crois que des personnes ayant des TSA peuvent non seulement être concernées par une dépression, mais en plus qu'il serait surprenant qu'elle ne pointe pas son nez dans leur vie à un moment ou à un autre. Mais j'ai un biais possible : peut-être que lorsque l'on a des TSA et que l'on est vraiment épanoui(e) à fond dans tous les domaines de sa vie, l'on ne vient rien chercher sur un forum.

elsbzhle 19 mars 2021 à 20:38   •  

Merci @Juliette...
Je sais que c'est ce qui me garde le sourire. Avoir une telle personne proche de moi. Pouvoir lui dire n'importe quoi comme ça me vient, sans filtre, savoir que ce sera compris ou au moins accepté, reçu, ça a l'air de rien mais au fond c'est ce qui permet de distinguer une vraie relation d'une connaissance... Pouvoir rester en silence, aussi. C'est un vrai révélateur.

@Katia, je te souhaite d'avoir une telle personne en "vrai", mais si tu es ici ce n'est pas pour rien et c'est plus facile d'être comprise quand tu sais que les personnes en face ont un fonctionnement relativement proche. Donc, n'hésite pas.

Sakurale 20 mars 2021 à 19:28   •  

Bonjour @Katia , je ne connais pas tes soucis...mais dans mon cas, une aide psychologique a été très positive. Mais, à condition de trouver le bon thérapeute. Il faut que tu te sentes en confiance avec lui, que tu te sentes entendue, comprise. Je pense qu'une thérapie peut parfois aller dans plein de directions différentes... parfois, on pense avoir je idee d'ou vient le "soucis" , mais parfois on se plante, et le thérapeute est la pour nous guider. Apres, il faut être capable de faire une introspection, ça peut demander beaucoup d'effort, de force, d'ou l'utilité de la médicamentation, ça peut aider.
Je pense que la medicalentation seule ne peut pas résoudre les problèmes. Car cela soulage, mais ça ne permet pas d'aller au fond des choses afin de débloquer tout ce qui ne va pas. En gros ça soigne les symptômes mais pas les causes de la dépression. Et je suppose que ce que tu veux, c'est aller mieux, pas avoir l'impression d'aller mieux ^^
Je t'envois tout plein de courage , et n'hesite pas si tu a besoin !

eCRiSTaLiSle 23 mars 2021 à 12:59   •  

Yop !
C'est normal, on y passe forcément. Reprends le dessus, je te conseil à te renseigné sur ta personnalité, qui tu es ?
Pour moi, ça m'a permis d'aller de l'avant.
N'hésite pas à me MP si tu as des questions.

Kuro-Sorrowle 30 mars 2021 à 00:44   •  

Bon Bon Bon. Pavé en approche



Je pensais pas que mon premier post ici serait autre chose qu'une présentation, mais au final, un témoignage est une forme de présentation en soi.
Je précise avant de commencer, que même si ce témoiognage est le mien, il ne vise pas à effrayer ou se positionner contre tel ou tel modèle de traitement.

Il y a maintenant presque 14 mois. J'ai fait un Burn-out. J'ai quitté mon travail au milieu de la journée et sur le chemin du retour, j'ai admis que j'étais en depression. C'est comme çà que ça a commencé.

Pour remettre certaines choses dans leurs contextes. Décembre 2019 mon grand père s'est fait hospitalser d'urgence pour des oedèmes dû à une arythmie cardiaque sévère. Avant cela son dernier séjour en hôpital était lui aussi pour motif cardiaque et il y avait passé presque 2 mois suivi d'un séjour en maison de repos. J'étais donc particulièrement inquiet pour lui. En parallèle je travaille en centre d'appel pour un fournisseur d'énérgie, à l'époque je faisais partie d'une céllule experte qui pour faire simple gérer tout les dossier épineux et casse gueule de notre plateau. Terrain anxiogène très favorable donc, et bien que je pensais avec les années avoir appris à gérer la pression de ce milieu, l'histoire m'a prouvé le contraire.

Tu as mentionné des atteintes cognitives, emmotionnelles et physiques dans le cadre d'une dépression, dans mon cas ce sont ces atteintes qui m'ont "mis la puce à l'oreille" au départ. J'avais des troubles de la concentration depuis plusieurs mois. Ma vitesse de raisonnement a commencé à baisser progressivement, j'avais des pertes de concentration importantes par moment. J'étais très souvent pour ne pas dire tout le temps fatigué. Je faisais même des crises d'angoisses avant d'aller au boulot par moment. mais çà je ne le sais qu'avec le recul maintenant. Pendant environ 1 an avant d'avoir ce burn-out, j'ai commencé à avoir des problèmes de santé divers, et des crises d'hyper-tension en particulier.

On a cherché dans toutes les directions possibles pour trouver la cause de tout çà, sans succès. Et le diagnostique a fini par tomber. Dépression.

Aujourd'hui, on sait que cela faisait des années que j'étais en souffrance. Mais mon mode de fonctionnement avait occulté çà, du moins pendant un temps.
Ce que j'entends par mode de fonctionnement, c'est que je suis une personne qui ne prend pas soin d'elle-même. Ou plutôt je n'ai jamais appris à le faire. Je suis l'ainé d'une fratrie de 5 enfants. 5 Garçons. Parmi mes petits frères il y a une paire de jumeaux. Ils sont nées grand prématurés. Lorsque le premier est arrivé, rien n'était près et il a manqué d'oxygène car ses poumons n'étaient pas assez developpé. Il est resté handicapé moteur et cérébral à plus de 80%. Aujourd'hui c'est un enfant de 5ans dans le corps d'un adulte de 24ans. J'ai changé ma première couche et j'ai donné mon premier biberon à l'âge de 8ans. Et j'ai continué à m'occuper de mes frères et aider mes parents toutes mon adolescence. Je n'ai jamais appris à faire les choses pour moi-même mais toujours pour les autres. Je n'ai pour ainsi dire pas travailler pendant la quasi totalité de ma scolarité. J'avais des facilités que les autres n'avaient pas. Pour autant j'étais loin d'être le premier de la classe ou l'intello de service. En fait déjà à l'époque, sans m'en rendre compte, je me fondais dans la masse, je me suis toujours arrangé inconsciement pour ne faire que le strict minimum syndical. Petit à petit, je me suis conditionné pour devenir celui qu'on voulait que je sois, pas celui que j'étais réellement.

La veille des épreuves du bac de philo, j'ai reçu un sms d'une amie. Elle me disait qu'elle ne viendrait pas le lendemain, que son grand père venait de mourir.
J'ai toujours été très proche du mien, et ça me rendait malade de ne rien pouvoir faire pour elle. Au final, j'ai expedié toutes mes épreuves en demi-temps, et je suis allé la rejoindre tout les jours juste après chaque épreuve toute la semaine. J'ai eu mon bac (scientifique) avec 10.0. La moitié du temps, la moitié des points. Toujours ce même minimum syndical.

C'est arrivé à la fac que ça a vraiment commencé à poser problème. J'étais en biologie, et facilité ou pas, sans un minimum de travail, pas de résultat.

La première année je l'ai donc principalement passé à m'amuser, j'avais enfin le droit à cette liberté que j'avais observé chez les autres pendant tant d'année, je n'avais plus à m'occuper de mes frères. Cela a rendu le climat famillial assez malsain, beaucoup de dispute avec mes parents, j'avais même le droit à un couvre-feu. "Rentre avant 23h ou tu rentres pas." Et je me suis réellement retrouvé à la porte parce qu'il était 23h10. Heureusement à l'époque j'avais un ami sur qui je pouvais toujours compter quoi qu'il arrive. Lui et moi on avait grandit ensemble pendant plus de 10ans. Il habitait à environ 800m de chez moi, et il laissait toujours la porte de son garage entre-ouverte pour que je puisse utiliser la chambre d'ami au cas ou. Ses parents étaient bien-sûr au courant de la situation.

L'année suivante, j'avais donc redoublé et environ 2mois après la reprise de l'année scolaire, une enième dispute un mardi matin avec ma mère. Je me suis retrouvé à la porte. Je n'avais pas d'économie, ma seule revenue d'argent était ma bourse étudiante sur critères sociaux.
J'ai passé les 6 mois qui ont suivi sur le canapé d'amis à vagabonder à droite et gauche. Au final après des démarches interminables en paperasse, j'ai finalement était récupéré par le CROUS de mon université. Bien entendu, cette année là non plus, j'ai pas eu ma L1. L'été qui a suivi, je n'ai pas réussi à trouver un travail avant le mois d'aout. J'ai passé 2 mois à survivre. je ne mangeais pas à ma faim. Il n'y a pas de versement de bourse l'été. Pire encore, théoriquement, j'avais perdu mes droits de bourse, le système autorise un redoublement, mais en cas de 3e année, le droit de bourse est perdu, suspendu jusqu'à l'obtention de l'année et le passage en année supérieur. Compte tenu de ma situation, après un passage en commission, le CROUS a accepté de m'autoriser un joker et m'a permis d'avoir un 3e droit de bourse malgrè tout.

3e année. 3 fois la même année. J'étais fatigué avant même de démarrer. Mais j'avais désormais une situation stable,un logement fixe, un travail à mi temps ( déjà dans un centre d'appel dans le domaine de l'énergie à l'époque, mais pour un autre fournisseur.)

Quelques jours après la reprise des cours, j'ai vu une annonce sur le groupe des licences sur facebook, une étudiante salariée cherchait un binome avec lequel travailler. Je savais que j'avais plus de chance de m'en sortir si je pouvais avoir quelqu'un pour m'épauler, après tout j'avais jamais vraiment appris à étudier. J'ai donc contacté cette personne, lui ai donné l'intégralité des cours du semestre, bah oui, depuis le temps que j'étais là, j'avais eu le temps de tout avoir.
2 Semaines plus tard on s'était mis ensemble. Et pendant 1 an j'ai enfin pu souffler. Non seulement le fait d'avoir quelqu'un avait rendu les cours bien plus facile, mais je n'étais plus seul. Je n'avais plus à tout affronter seul. Je me suis donc reposé sur elle, et elle a vécu toutes mes galères, mais ne s'est jamais plainte une seule fois, on avait même enménagé ensemble au cours de l'année. Au final on a tout les deux obtenu la L1 et j'ai même finit 2e/217. Mais j'étais pas fier de ce résultat, après tout, il m'avait fallu 3ans pour en arriver là, je ne me sentais pas méritant, mais çà je ne lui ai jamais dit.

L2 le premier semestre s'est relativement bien passé. On l'a obtenu tout les deux. Mais c'est là que j'ai commencé à voir le résultat et les limites du conditionnement que je m'étais imposé pendant tant d'année. Un soir, la veille d'un examen de physique, elle était particulièrement anxieuse et n'était pas au point. La physique était l'une des matières ou j'étais le plus à l'aise. J'ai passé la soirée, et même une partie de la nuit à refaire des exercices avec elle, à lui expliquer encore et encore. Au final elle a eu 15 à l'examen, moi j'ai eu 7.

C'était la première fois que je mesurais pleinement l'étendu du conditionnement que je m'étais imposé, je comprenais tout, j'étais même capable de l'expliquer à quelqu'un d'autre, mais le faire pour moi-même, j'en étais incapable. Même si j'ai obtenu mon semestre, cet incident s'est repété plusieurs fois. Au cours du 2e semestre, j'ai été victime d'une aggression. Carnaval étudiant de Caen pour ceux qui connaissent. Un ex-militaire ivre et plusieurs de ses compères m'ont littéralement refait le portrait. J'ai eu une fracture au visage, Hemi lefort type I pour ceux que ça intéresse. J'ai dû me faire opérer dans les jours qui ont suivi. J'ai non seulement raté les partiels de fin d'année, mais aussi les rattrapages car je n'étais pas en état de me présenter aux examens. J'ai donc eu 0 partout avec excuse médical. Mais 0 quand même, je n'ai donc pas obtenu mon 2e semestre de L2.

Et cette fois-ci, j'ai réellement perdu mes bourses d'étude. Et je n'avais pas les moyens financiers de poursuivre mes études. J'ai donc dû arrêter. C'est cette même année que mon grand père s'était fait hospitaliser la première fois. Bien que j'étais détruit psychologiquement par les 2 évènements, sans savoir comment, j'ai réussi à avancer. Enfin je le croyais, j'ai enchainé les boulots pour payer les factures jusqu'au fameux poste en centre d'appel 3ans plus tard. J'étais toujours avec elle, c'était tout ce qui comptait.

Pour être franc, dès le départ je n'aimais pas ce travail. Mais je me suis toujours dit ceci: Dans la vie on ne fait pas toujours ce que l'on aime, mais on le fait toujours pour ceux qu'on aime. Alors je me suis accroché, j'ai monté quelques échelons jusqu'à ce poste en céllule d'expertise cas complexe.

Et on arrive au Burn-Out. Je venais de passer presque 10ans à galérer comme pas possible, pour au final faire un travail que je detestais de plus en plus dans lequel on privilégie la productivité à la qualité et ou l'injustice règne en maître sans que cela gêne qui que ce soit.

C'est là que je me suis rendu compte que j'étais à bout. Que je n'en pouvais plus. J'avais pris sur moi pendant tellement d'année pour toujours aller de l'avant. Pour au final un résultat plus que discutable.

J'étais tellement à bout qu'on m'a rapidement mis sous médicaments. Anti-depresseur, anxiolitique et somnifère. Il a fallu environ 6mois pour trouver un dosage suffisament fort pour être éfficace, il s'est avéré qu'à force de m'être habitué à mon minimum syndical, j'ai developpé ce que mes médecins ont désigné sous le terme de réserve méta-cognitive. Ce type de traitement est assez lourd en général, il induit de forte somnolence, un ralentissement cognitif important. Mais dans mon cas ce traitement a eu des effets pervers. Non seulement je "résistais" à ce traitement, mais il a exacerbé certaines choses au sein de mon psychisme.
Par exemple, je parlais sans rentenu h24. Vous savez cette même retenu qui disparaît avec l'alcool au bout de quelques verre, j'étais comme çà h24. Je suis devenu oniomane ( syndorme d'achat compulsif). Il m'arrivait déjà de faire des achats par micro-transaction avant cela, mais maintenant que j'étais débridé ça avait pris des proportions folle et demesurée. J'avais totalement perdu pied, non seulement j'étais en plein coeur de ma depression, mais j'étais devenu hors controle. Je lui en ai fait voir de toutes les couleurs pendant 9mois.

En parallèle de çà, 1 mois après la pose du diagnostique, j'ai accompagné mon grand père passé un examen d'imagerie médicale. Lorsqu'il était sorti de l'hôpital 2 mois auparavant, ils ont détéctés des nodules sur le foie en contrôlant que tous les oedèmes avaient bien disparu. Le verdict est tombé assez vite, Cancer généralisé.

Et au bout de 9 mois d'enfer ou je me suis à la fois renfermé sur moi même complétement et ou je rendais le quotidien invivable à ma compagne, mon grand père est décédé le 14 octobre 2020. Son enterrement a eu lieu le 24. Le 25 ma compagne m'a demandé de partir. Sur le moment, j'étais tellement anéhanti que j'ai littéralement fui. Je me suis enfui de chez moi, elle a tenté de me suivre car elle voyait bien que j'étais un danger pour moi même, mais quand elle m'a rattrapé dans la rue, je lui ai arraché son téléphone des mains, et j'ai menacé de l'exploser au sol si elle continuait de me suivre.

Le lendemain, j'avais perdu mon grand père, ma femme, et mon logement. je n'avais plus rien. Je pense que n'importe qui dans cette situation aurait été anéhanti mais je rappelle qu'à ce moment là, ça faisait 9 mois que j'étais en arrêt maladie pour dépression et médicamenté comme un cheval.
J'ai passé les 15 jours suivants dans l'appartement de mon grand père. Mes parents avaient refusé de m'héberger, je n'avais nulle part ou aller. J'ai tenté de récupérer le bail à mon nom sans succès, j'étais à nouveau en mode survie. Je me retrouvais exactement dans la même situation que lorsque mes parents m'avaient mis dehors 8ans auparavant. Psychologiquement il ne restait presque rien, j'étais une coquille vide, le peu que j'arrivais à faire, je le faisais pour survivre. J'ai même dû faire un crowdfunding pour avoir de quoi survivre et manger. Imaginez la honte à ce moment là. Je venais de tout perdre presque uniquement à cause de ce que j'avais fait au cours des 9 derniers mois y compris mes économies, et je me retrouvais à mendier pour survivre.

Le bail de mon grand-père arrivait à expiration, je n'avais nulle part ou aller. C'était la fin. Pas que je ne l'avais pas déjà pensé au cours des mois précédents, mais là je n'avais plus aucune raison de continuer. 3jours avant la fin du bail, j'ai reçu un appel.

Vous vous souvenez l'ami qui laissait son garage ouvert au cas ou pour pas que je dorme dehors ? cela faisait 6ans que je l'avais pas vu. Quand je suis rentré à la fac, lui était en prépa, puis en école d'ingé et on s'est perdu de vue. Il avait vu la vidéo de mon crowdfunding. Le lendemain, il est venu me chercher et j'ai passé les 3 mois suivant chez lui. Bien que j'avais un toît, de quoi manger, du chauffage. Ces 3 mois ont été horrible. C'était comme se reveillait après un coma et j'ai constaté l'ampleur des dégats. Je me suis rendu compte de tout ce que j'avais fait, de ce qui m'avait conduit ici. J'ai bien entendu essayé de revenir vers mon ex. Mais le mal était fait.

Sans vraiment savoir pourquoi ni comment au bout de 3mois, j'ai stoppé tout traitement du jour au lendemain. Quitte ou double. Au final ça n'a été ni l'un ni l'autre.

En ce qui concerne mon diagnostique, il avait évolué au cours des mois, mon 2e psychiatre avait émit l'hypothèse que ma dépression cachait en fait un trouble bipolaire. (début octobre) C'était tout à fait plausible et cela permettait d'expliquer un certain nombre de chose. Dès le mois de novembre ma psychologue elle a fait une tout autre hypothèse. Celle que j'étais HP. D'après les test, c'est elle qui aurait raison. J'ai encore du mal avec cet état de fait, bien qu'au début j'ai pris cela comme une véritable révélation. Plus je creusais sur le sujet, plus les choses se sont éclaircis. J'avais maintenant trouvé mon mode d'emploi, ou du moins quelques pages. J'ai tenté de l'expliquer à certain de mes proches. Pas vraiment une réussite.

Et au final c'est quand j'ai arrêté mon traitement qu'il s'est passé quelques choses d'inatendu. J'ai passé la majeure partie de ma vie à me limiter pour me fondre dans la masse, je me suis conditionné sans m'en rendre compte, et le fait d'avoir été sous traitement à casser ce conditionnement car mon cerveau a cherché à compenser la perte induite par les médicaments, et lorsque j'ai stopé totalement mon traitement, j'ai pour ainsi dire récupéré toutes mes facultés. Y compris celle qui avant tout cela était latente.

Aujourd'hui je me suis relogé, j'ai repris le travail après 1 an d'arrêt maladie.
Pour être tout à fait honnête, je ne pense pas être "guéri". Mais les choses sont différentes, elles ont évolué. Difficile de dire si c'est en bien ou en mal.

Pour ceux qui connaissent le manga Full Metal Alchemist, l'intrigue repose sur le principe de l'échange équivalent. " Pour obtenir une chose, il faut en abandonner une autre de même valeur". Désormais je suis hanté par une seule question: le prix de ma liberté était-il égal à tout ce que j'ai perdu ?

Maintenant que j'ai tout posé ( ou presque, même si cela n'en a pas l'air, j'ai synthétisé)
Je vais tâcher de répondre point par point.




"J'ai vu que quelques uns avaient déjà consulté en psycho ....; j'ai bien conscience qu'une dépression est une maladie qui atteint les fonctions cognitives, l'émotionnel et le physique mais est-ce que certains points pourraient être accentués ou atténués ou différents ?"

Je pense que mon témoignage démontre bien que la dépression peut se caractèriser de bien des manières et à différentes vitesse, je serai incapable de te dire depuis combien de temps je le suis.

"Alors je penche vers atténués voir éradiqués parce que c'est logique Haut Potentiel .....de Réparation mais c'est mon côté optimiste je le sens. J'imagine que pour tout le monde, les sen-timents, -sations doivent être plus sen-ibles malgré la dépression et plutôt les négatifs mais n'y a -t-il pas un moyen de faire tourner le mécanisme à l'endroit ou à l'envers ?"

Dans mon cas au début c'était plutôt l'inverse, je suis devenu particulièrement insensible à ce qui m'entourait. Pour ce qui de faire tourner le mécanisme dans le bon sens, j'ai passé des heures, voir des nuits entières sur le sujet. Le soucis c'est que ce mécanisme n'est pas universel, chacun possède son propre mode de fonctionnement, encore + dans le cas des hauts potentiel. Il est donc impossible d'avoir un mode d'emploi pour dépanner la machine. Personnellement, tout çà avec beaucoup de temps m'a permis de mieux comprendre qui j'étais et comment je fonctionne, c'est peu, mais je pense que ça m'a aidé à un moment. Et je crois avoir lu la même chose dans l'un des commentaires précédents


"Ah et est-ce qu'une personne qui a un trouble du spectre autistique (j'ai lu qu'on ne disait plus Asperger, bon) peut faire une dépression ?"
Je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas être le cas, bien que neuro atypique également, les personnes autistes possèdent elles-aussi un psychisme qui à mon sens peut tout à fait être en proie à une dépression, mais de la même façon qu'une personne autiste apréhende le monde de façon différente, la dépression peut là aussi se manifester différement bien que je reste convaincu qu'il y aura toujours des similitudes.

"Je suis suivie médicalement (je suis raisonnable) , mais les médecins ne veulent pas influer sur ma démarche pour ne pas, je suppose, que je "colle" à un stéréotype. Il y a peu de chance, mais je respecte le point de vue, par contre je suis tout de même un peu diminuée et je veux bien échanger. Je ne me vois pas le faire autour d'un café avec mes collègues de travail, et je ne réussirais pas à aborder le sujet sérieusement avec mes amis."

C'est pour çà que je suis ici ce soir, à la base je cherchais un endroit ou je puisse échanger sur un peu tout çà.
J'ai fait et je continue de faire beaucoup de recherche sur le domaine Neuroatypique, d'ordinaire j'échange principalement avec ma psychologue qui aujourd'hui est plus proche d'une amie que d'une véritable psy qui est elle aussi haut potentiel.

Comme je l'ai dit plus haut, j'ai malgré les apparences synthétisé, si tu as des questions plus précise, n'hésite pas, bien que je ressente de la honte sur certain point de tout çà, je suis capable d'en parler librement, alors si ça peut aider d'une quelconque façon.

Nevromonle 30 mars 2021 à 08:21   •  

(juste pour dire que j'ai lu et me retrouve en plusieurs points)

Juliette...le 30 mars 2021 à 09:48   •  

Pour moi aussi, ça résonne fortement. Bienvenue @Kuro-Sorrow!

Maele 31 mars 2021 à 00:04   •  

Merci pour ton témoignage Kuro-Sorrow!
Je suis Asperger et oui nous pouvons nous aussi faire des dépressions

Kuro-Sorrowle 31 mars 2021 à 19:16   •  

J'ai pas vu de sujet qui pourrait correspondre dans le forum alors je me permet de rajouter ici quelques textes que j'ai écrit dernièrement, je vais également ajouter les dates ( une manie que j'ai pris depuis quelque temps)

là ou ça peut être intéressant c'est qu'on peut voir une certaine évolution. J'ai pas la prétention d'être un exemple, mais peut être que le fait de voir que ce que l'on peut ressentir a déjà été vécu par quelqu'un d'autre peut être une forme de soulagement et permet d'éviter devenir fou

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Mercredi 28/10/2020 00h15 :

Samedi Dernier j'ai assisté à l'enterrement de mon Grand père.
Dimanche Après midi ma compagne avec qui j'ai partagé les 6 dernières années de ma vie m'a quittée.

Enfin je devrais plutôt dire que je l'ai poussé à bout. A bout de force. A bout de patience. Elle n'en pouvait plus de me porter à bout de bras depuis si longtemps.

Je suis en arrêt maladie pour dépression depuis maintenant presque 9 mois. Mais je vais devoir reprendre le travail. Non pas parce que je suis guéri, mais parce que je dois survivre.

Je l'ai juré sur la tombe de mon Grand père samedi dernier. Pourtant les idées noires sont toujours là, elles surgissent, me hantent, disparaissent...

Je m'appelle « Kuro-Sorrow », un mix de japonais et d'anglais que l'on pourrait traduire par la Tristesse Noire. Quelle irone que ce pseudo choisit par un adolescent en mal être me correspondent si bien plus de 10 ans après. J'ai 27ans, et mon psychiatre a émis l'hypothèse que j'ai un trouble bipolaire ou que je suis maniaco-dépressif si vous préférez. Ma Psychologue elle pense que je suis peut être un HP, un Haut Potentiel.

Je vous laisse consulter les différences et similitude troublantes entre ces deux diagnostiques de la part de deux professionnels de santé reconnue dans leur domaine respectif de part leur diplôme et leur engagement dans le soin et l'accompagnement.

Nous disions donc 9 mois. Durant ces 9 mois, j'ai principalement était léthargique, spectateur de ma propre vie. Incapable de la comprendre, d'y trouver un sens, d'entendre la complexité de mon état. Et pourtant une partie de moi-même essaye encore et toujours de s'exprimer, bien qu'elle n'ai pas encore trouver le bon langage pour se faire entendre de tous.

Étrange coïncidence que cette période soit en tout point similaire à une grossesse. Au début j'étais Ignorant de ma condition, puis j'ai accepté, je crois... Ma gestation s'est poursuivi jour après jour.

Comme dans toute grossesse on pourrait dire que je suis passé par tout mes états. Les envies irrationnel mais irrépressible. Les colères insensés mais nécessaire, l'envie d'en vouloir à la terre entière. Et j'en oublie tellement...

J'ai coutume de dire que nous sommes la Somme de nos expériences. Si cette phrase dit vrai, alors je suis un résultat erroné. Un « bug dans la matrice ». Comment une simple somme de mon vécu peut-elle se transformer en équation avec pour seule inconnu moi même.

9 mois.

Je suis bientôt sensé mettre bat, offrir une nouvelle vie au monde.





Pourtant, j'ai le sentiment d'accoucher d'un mort née.

Non je me trompe, ce sont des jumeaux mais je ne l'ai découvert que Dimanche. Cependant leur mort reste indiscutable à mon sens.

D'un côté, J'ai tout perdu, La Femme que j'aime, mon logement, mon confort, comme une Chrysalide que l'on a ouvert brutalement comme une huître mais avec une faux. Vous trouvez çà absurde ? L'absurde c'est que j'étais à la fois dans le cocon, et le manieur de cette Faux Mortelle.

J'ai décidé d'appelé ce premier nourrisson Aurore.

Et de l'autre côté nous avons, Aube.
Cette Aube que j'ai fait renaître de ses cendres Comme un phénix, qui apportait avec elle l'espérance, celle d'un épanouissement.

Je m'appelle Kuro Sorrow, j'ai 27ans, je ne sais pas qui je suis, pourtant je vais vous le dire.
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Même si tout ceci parle de moi, je ne peux pas m'empêcher de parler des autres.

Afin de rendre la lecture plus compréhensible, je l'espère. Je vais Désormais parler de Kuro et de Sorrow comme deux personnes distinctes qui ne sont rien d'autre que deux facettes d'une même pièce, moi.

Sorrow est la partie visible de l'iceberg je pense. Kuro est donc par voie de conséquence la partie immergé de l'iceberg, Mon Ombre.

Notre Ombre est indissociable de notre être. Elle nous suit, peut s'estomper, parfois sembler invisible lorsque nous sommes irradié par la lumière des autres. Et parfois, elle nous enveloppe, nous protège, nous réconforte, nous met à l'abri, et d'une certaine façon, comme celle ci part toujours de nos pieds, nous soutiens et nous empêche de sombrer. Ironique n'est ce pas ?

Ironique que deux mots si proches dans ce champ lexical puissent avoir des fonctions à priori opposées.

Sorrow est donc l'image que je renvoi au monde réel, une sorte de comédien hypocrite. Ne vous méprenez pas sur le sens de cette phrase. Si on en croit l'étymologie du mot hypocrite, cela signifie sous le masque. Autrement dit Sorrow est une Tristesse insondable qui porte en permanence un masque, ou devrai-je dire une panoplie de Masque ! Assez complète je dois dire.

Pourquoi cette multitude de masque que je façonne en permanence et que je forge selon les besoins ? Pour correspondre aux autres, ou plutôt à l'autre, celui, celle, ceux que j'ai en face de moi.
Bien que je ne l'ai encore jamais dit, j'ai parfois comparé ces autres à des antigènes. Mon masque est donc mon Anti-Corps, ma défense face à cet intrus qui tente de s'immiscer à l'intérieur de ma physiologie.

Si je dois imager tout ceci pour le rendre intelligible, Chaque être de ce monde possède une forme qui lui est propre, et j'essaye systématiquement, maladivement même, de devenir sa forme complémentaire. Comme deux objet fait pour s'emboîter et former un tout. L'association d'un Anti-Corps et d'un antigène est appelé complexe anti-corps/antigène.

Ah oui j'oubliais ! Un anti-corps ne peut convenir qu'à un seul antigène. Et il faut généralement plusieurs anti-corps pour venir à bout d'un seul antigène lors d'une réaction immunitaire, et je suis seul. Vous Comprenez maintenant l'absurdité et la difficulté de ce mode de fonctionnement ?

Kuro quand à lui, est bien c'est celui qui vous parle en ce moment même ! Cette Ombre caché qui tantôt suis mes pas, tantôt les guides. L'ombre possède généralement une connotation négative. Mais je pense que cette vision est erroné, que ce monde est erroné. Faux, invraisemblable, et paradoxalement, irréel. Un exemple d'ombre non négative peut être ? Les ombres chinoises. Je pense qu'il n'existe pas une seule personne doué de raison dans ce monde qui ne ce soit jamais émerveillé devant ce spectacle et qui ne s'y est jamais essayé.

Maintenant que vous avez bien l'image en tête, poursuivons !
Il est donc possible de modeler une ombre, de lui donner la forme que l'on souhaite, et cela de manière absolument illimité ! La seule limite, c'est vous même, votre esprit, votre imagination.

Enfin pour finir sur cette présentation de mon Ombre. Je vous pose cette question : Comment se forme une ombre ? Ou plutôt de quoi à besoin une ombre pour prendre forme ? Pour être visible.

Alors ? De vous ? Pfff mêmes les objets possèdent une ombre. Regardez autour de vous ( dans une pièce sans jour de préférence), trouvez une ombre, fixez là. Essayez de la comprendre, de comprendre comment son existence est possible.

C'est bon ?! Bien. Éteignez la lumière. OU EST PASSE CETTE OMBRE ? Est elle toujours présente ? A t'elle disparue ? Était-elle réelle ? Vous pouvez rallumer. L'ombre est toujours là, immobile, innocente, le seul qui puisse agir sur elle, c'est vous. Vous l'avez privé, un court instant, de sa raison d'être, la lumière.

Mais alors comment Kuro peut-il survivre si son existence est si fragile ?
Je vous ai dit tout à l'heure qu'une ombre pouvait nous envelopper, et si, l'absence d'une source lumineuse suffisamment intense pour voir une ombre la faisait en réalité grandir ?
Toujours sceptique hein ? Pourtant chaque jour vous êtes témoin de ce formidable phénomène, lorsque le soleil se couche, votre ombre grandit, en hiver, lorsque le soleil ne fait que vous effleurer votre ombre n'était-elle pas grandit ? Et le soleil et la plus puissante source de lumière à notre portée. Lorsque vous tournez le dos à la lumière, que vous vous en éloignez, l'ombre ne grandit-elle pas ?

Bien maintenant j'imagine que la plupart d'entre vous me croit fou.

C'est ainsi que je vois le monde, que je le ressens, comme une infinité de possibilité, de constat, d'observation et surtout de singularité et de question.

Moi et les autres.

Mercredi 28/10/2020 1h41.
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Dimanche 1er novembre 2020
20h05

Cela fait maintenant 1 semaine que ma vie a volé en éclat. Je suis toujours « vivant ». J'ai fait une promesse après tout. Pourtant je sais que je suis en train de mourir.
Je n'ai pas souris une seule fois sincèrement depuis + de 172h. Je n'ai rien ressenti de réellement bon, n'importe quoi !! n'importe quoi qui me fasse me sentir vivant. Les médicaments arrivent à peine à masquer l'ampleur du désastre.

Commençons par faire un simple état des lieux. J'ai un toit, du chauffage, de l'eau potable et de quoi me laver ainsi que m'habiller proprement. Bien rien qu'avec ceci on peut facilement trouver pire ailleurs.
Mais l'appréciation du meilleur et du pire doit toujours être à mon humble avis, laisser à la seule appréciation de son énonciateur.
Je mange environ 1 repas sur 4. En comptant 2 repas / jour. 1 repas tout les deux jours somme, sauf ce soir, là je suis en train de passer à 1 repas sur 6. Non pas que je n'en ai pas envie. Je ne peux tout simplement pas.
Pas si veux survivre dans ce monde.

Bien que ce ne soit pas une condition vitale à ma condition biologique et son bon fonctionnement bien au contraire. On peut ajouter à cela le manque de cigarette. Là encore pas par choix.
Le choix... non l'absence de choix, et de solution, c'est probablement l'une des choses les plus dure que je dois actuellement enduré. J'encaisse. J'ai l'impression d'être un apprenti boxeur bloqué dans les cordes et qui se fait passer à tabac par Rocky.

Je dors grâce à mes médicaments, enfin j'ai dû augmenter un peu le dosage, mais je dors. Je vous l'ai dit, quand on dort à l'aide de puissant somnifère, on ne rêve pas.
Même ma liberté Onirique m'a été enlevé alors que je m'étais moi même persuadé au fil des années que notre imagination était capable de semer n'importe quelles graines et de la faire germer et la façonner selon notre bon vouloir.

Un instant j'ai pensé que de revivre une tel expérience serait plus facile que la première fois. J'avais tord. Il y a 6ans, j'avais cité une phrase je pense très célèbre d'une fiction appelée FMA.

Cette phrase c'était le principe de l'échange équivalent. « Pour obtenir quelques choses il faut en abandonner une autre de même valeur. ». Au moment ou je revis cette note que j'avais écrite un certain 26 octobre, je me suis aperçu que le morceau de musique que j'étais en train d'écouter était « The Pirce Of Freedom » extrait de la bande originale de FFVII Crisis Core.

J'ai donc beaucoup pensé à cela au cours des derniers jours. Le prix de ma liberté était il réellement égale au prix de ce que j'avais de plus cher ?! Ou devrais je dire de tout ce que j'avais ??

cela fait 1 semaine que mon châtiment a commencé. 6Jours que je ne l'ai pas vu, 5 jours que je suis livré à moi même 4 jours que je suis totalement seul. 3Jours que je n'ai pas vu un être vivant, 2 jours ( et demi?) que je n'ai rien mangé, 24h depuis ma dernière cigarette, 37 min depuis ma dernière envie de suicide.
Il est 20h42.
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Chapitre III: suicide

La nuit dernière, c'est à dire la nuit du 28 au 29/11/20, j'étais à deux doigts de faire une TS. Une tentative de suicide si vous preferez. Pourtant je suis toujours là. Mon état d'esprit n'a pas changé, je veux toujours mourir. On m'en a empêché simplement en me rappellant le mal et la déstruction que j'allais semer en faisant celà. " Tu penses çà maintenant et c'est normal, mais tu ne sais pas ce que tu vivras dans 1 mois, dans 1 an etc..." me marteler aux oreilles une amie. En gros on me demande de faire le pari de la souffrance. Tu ne sais pas quoi demain sera fait, mais tu ne le sauras que si demain tu es encore là. En attendant ma souffrance et toujours là.

J'ai donc décidé de faire en sorte de couper et détruire un maximum de lien me rattachant au monde. D'y effacer petit à petit toute trace de mon éxistance. C'est assez ironique au final quand on sait que j'ai passé les 10 dernières années de ma vie à me battre pour éxister.
mais c'est la seule solution. La seule qui soit définitive, qui puisse mettre un terme à tout çà. Je suis en permanence harceler par mes propres pensées, en permanence écorchée par mes propres émotions, et je ne trouve personne capable de le voir, de le ressentir.

Pendant des années j'ai souhaité avoir un le don de transmission d'empathie. Je veux dire par là que si l'empathie est la capacité à comprendre ce que ressent émotionnellement mon entourage, moi je voulais simplement être capable, ne serait ce qu'une seule seconde leur faire ressentir la même chose que moi. Qu'ils sachent ce que ça fait d'être en permanence subjugué d'émotion et de pensée. Ne serait-ce qu'une seconde être capable de le faire comprendre qui je suis, ce que je ressens.

J'ai vraiment le sentiment d'être fou, perdu au millieu de ce monde qui ne me comprend pas. Chaque seconde que je vis désormais je l'assimile à un supplice. On me dit de penser à moi, de me faire du bien, et de ne plus seulement penser aux autres. Mais lorsque j'ai cette pensée égoïste d'enfin en finir, de mettre un terme à ce torrent sans fin. Alors le discour change, et on me demande de penser aux autres. Hier si mon amie a réussi à m'en empêcher, c'est uniquement parce que parmi la multitude de phrase qu'elle n'a eu de cesse de répéter, il y avait celle-ci.

"Si tu fais çà Elle devra vivre avec ta mort sur la conscience toute sa vie." Bien entendu vu la profondeur insondable de mes sentiments je ne pouvais pas laisser faire çà. J'ai donc une nouvelle fois combattu contre moi-même. Non pas parce-ce que je veux vivre, mais parce que je ne veux plus faire souffrir ceux qui sont autour de moi.

Je ne sais pas combien de temps je tiendrai... Assez longtemps j'espèrre...

Assez longtemps pour me laisser le temps de détruire tout ces liens, afin que le moment venu, ma disparition soit aussi douce que possible. Enfin, au fond je ne sais pas si celà est vraiment possible.
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se résigner
Admettre, se soumettre à quelque chose.
Synonymes : accepter, s'accommoder, prendre, consentir
Traduction anglais : to resign oneself to

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Alors je me résigne.
Ainsi soit-il. Je le fais parce-c'est ce que je dois faire. Mais je ne comprend toujours pas pourquoi je dois le faire.

Pourquoi alors que je n'ai jamais été aussi libre, mes chaînes même brisées n'ont jamais été aussi lourde à porter.

Ce besoin de comprendre, je n'arrive presque jamais à l'assouvir. Comprendre en devient presque mon seul et unique fantasme...

Fantasmagorique... non Fantasque.
Lunatique.

Vous le saviez ? À l'origine le mot lunatique faisait référence au cycle lunaire
immuable, pourtant éphémère. Sa chronicité ne connaît aucun défaut. Elle obéit à toute les règles de notre physique et de l'univers connu.

Pourtant on l'a accablé de ce mot qui aujourd'hui est perçu négativement. Péjorativement, Lunatique.

Moi je trouve ce mot sublime. Et si parfois on me l'attribut, bien que je sais qu'ils se trompent. Je laisse couler, comme une marée qui fluctue et fluctuera à jamais.

A la vérité si on me qualifie de lunatique, c'est juste parce qu'ils sont juste capable de voir certaine parti de ce cycle uniquement. Comme si dès qu'il y avait le moindre nuage ils perdaient la perception de ce cycle. Pourtant la lune elle continue sa route.

Alors je me soumet aux lois célestes.
J'accepte que mon sort ne sera pas différent du sien,
Je m'accommode de ces brefs moment de vie.
Je prends sur moi, comme toujours.
Je consent sans comprendre encore une fois

Alors je me résigne.
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Résilience :

Capacité d'un système à continuer à fonctionner, même en cas de panne.

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La résilience est un phénomène psychologique qui consiste, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l'événement traumatique de manière à ne pas, ou plus, vivre dans le malheur et à se reconstruire d'une façon socialement acceptable. La résilience serait rendue possible grâce à la structuration précoce de la personnalité, par des expériences constructives de l'enfance (avant la confrontation avec des faits potentiellement traumatisants) et parfois par la réflexion, ou la parole, plus rarement par l'encadrement médical d'une thérapie.

De l'anglais résilience qui vient du verbe latin resilio, ire, littéralement « sauter en arrière », d'où « rebondir, résister » (au choc, à la déformation).


Résolution :

Décision ferme, volonté, détermination.

Passage d'un état à un autre pour un corps.

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Ma résilience me maintient en vie, ma résolution me fait avancer.

Parmi cette multitude de capacité que je découvre encore chaque jour, il y a celles-ci.

Je ne pensais pas être en capacité de vivre en ressentant tout çà, pourtant j'y arrive.

On ne fait pas toujours ce que l'on aime, mais on le fait toujours pour ceux qu'on aime.

Combien de fois me suis je répéter cette phrase ? Combien de fois l'ai je mis en pratique ? Je ne sais plus. Combien de fois j'ai échoué ? Là aussi j'ai oublié. Encore une fois, encore hier, encore aujourd'hui, encore demain.. combien de fois aurai-je à t'embrasser mon ombre, ma mélancolie, pour qu'enfin on ne soit qu'un. Tu continues à être présent tout les jours, dans mes pas et dans mon coeur, dans mon âme et mes pensées. Tu ne crois qu'il serai temps maintenant qu'on s'accepte ?
Suis moi je te fuis, fuis moi je te suis.

Quand seras-t-on enfin capable de s'unir ? Non, de se réunir, comme avant. J'envie de tout mon être cette époque ou nous ne faisions qu'un toi et moi, tu finissais mes phrases, je commençais les tienne. Nous étions l'alpha et l'oméga dans un seul être. Je t'ai banni de ma vie en pensant faire le bon choix. Le bon choix. Je réalise seulement aujourd'hui qu'un choix n'est jamais bon ou mauvais, ce n'est qu'un choix, une option à un embranchement, une direction choisi à un moment. Ce qui est bon ou mauvais, ce sont les conséquences.

Lorsque j'ai renoncé à toi il y a maintenant tant d'année, c'est parce que j'avais peur de toi, de ce que tu représentais, de ce dont tu étais capable de me faire de ressentir. J'avais peur de nous, de ce qu'on avait déjà accompli. J'avais peur de moi, d'être moi même dans un monde auquel je n'appartiendrai jamais. Peur de ne jamais trouvé ma place si je te gardais en mon sein, peur de t'avoir à mes côtés comme seule amie pour toujours.

L'effroi de ma bêtise me fait cauchemarder éveiller. Ce dont j'avais besoin ce n'était pas de croire que j'avais une place dans ce monde. C'était de comprendre que j'appartiens à tout les monde. Sans exception.

Aujourd'hui j'accepte ma résilience.
Aujourd'hui je te montre ma Résolution.

Demain il y aura peut être plus ce silence.
Demain nous serons de nouveau dans l'union.

Je continue de fonctionner malgré toute les pannes comme la machine que je suis. Mais ma Résolution me fait désormais transcender les conditions de mon existence

Tu m'en veux ? Dis le moi, défends toi, achèves moi.

Non tu n'en es pas capable, tu fais partie de moi. Mon Ombre, Ma Mélancolie, Ma tendre amie.
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les deux derniers textes sont de janvier, après l'arrêt de mon traitement donc.

Nevromonle 31 mars 2021 à 20:11   •  

" Tu penses çà maintenant et c'est normal, mais tu ne sais pas ce que tu vivras dans 1 mois, dans 1 an etc..." me marteler aux oreilles une amie. En gros on me demande de faire le pari de la souffrance. Tu ne sais pas quoi demain sera fait, mais tu ne le sauras que si demain tu es encore là. En attendant ma souffrance et toujours là.

Ça m'a beaucoup parlé. Je traverse une phase très noire, ma médecin m'a dit que j'étais sur la pente de la dépression (alors que moi, j'ai l'impression que j'y suis déjà depuis des mois, voire des années avec ma luge de compet' genre "gotta go fast", droit vers le précipice, mais avec une musique de Mario qui sonne faux).


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