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La charité infondée ?

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La charité infondée ?
Mikaale 31 octobre 2021 à 04:24

Bonjour/bonsoir à tous les lecteurs, et sympathisants(tes) du forum,
Cela fait un petit moment que je ne me suis pas recueilli et adonné à écrire et inscrire les événements ( souvent malencontreuses, tragiques, j'en conviens ^^') sur cette plateforme, mais cette fois, c'est légèrement différent, et c'est plus exactement une question (dans ma question 😭 😂 ) concernant un événement, une situation auquel j'étais directement concerné, ou plutôt dont je me sentais implicitement allié, et je vais vous l'expliquer dès maintenant, avant de vous proposer ma question.
Tout d'abord, je dois rappeler les éléments du contexte, donc il y a de cela, deux ou trois jours, j'étais sorti pour m'aérer, et me libérer comme à mes habitudes de ma niche familiale, je décidâmes donc de prendre le métro à l'aller, puis de marcher 10 à 12 km du point de départ jusqu'à chez moi (ou plutôt jusqu'au foyer familial, pour être tout à fait pragmatique), mais dans l'intervalle, c'est à dire avant l'arrivée au point de chute, donc dans le métro, après une correspondance, je me suis retrouvé dans une rame d'une autre ligne, et je suis resté debout, étant donné que j'allais descendre à une station, deux arrêts après (routine totalement séquentielle et itérative, de ce fait, je connaissais parfaitement la suite logique (ou pas) de ce que j'envisageais pour la suite ^^') mais dans cette rame de métro, une femme, qui faisait la manche, c'est à dire l'action qui consiste humblement à demander une aide charitable auprès des voyageurs, donc ça peut-être une modique somme d'argent, un matériel mobilisable et utilisable pour subvenir à ses besoins au quotidien, une aide alimentaire, ou même sociale, tous les éléments en somme, qui sont objectifs et pourvoyeuses de ressources pour elle.
J'entendis donc sa voix s'élèver dans la rame, afin d'exprimer son souhait et sa demande, bien que, évidemment, j'ai pu observé et remarqué que majoritairement, beaucoup de mes contemporains n'avaient pas l'oreille attentive prêt à entendre et écouter ses dires (et je ne prétend pas l'être de façon systématique, ou d'omettre l'idée que ce serait ultra-définitif et impératif), seulement, je pense que le désintérêt non camouflée par un bon nombre, est à la hauteur de l'intérêt qu'ils/elles peuvent portés(ées) pour des sujets, disons, un peu plus abstraits, voir superficiels, mais évidemment cela reste, un avis personnel...bref, et elle s'était donc adonné à un discours dans l'assemblée aléatoire et impromptue, sans que cela soit trop poussé dans l'exagération, ou l'hystérie intempestive, c'étais une femme brune, diaphane, de taille moyenne, esseulé, affligé et désolé, qui avait un timbre de voix aigu, appuyé par des soupirs de désarroi et de supplice, je devinais que ce n'étais sans doute pas la première fois qu'elle se prêtait à ce type de démarche, néanmoins ce n'étais certainement pas une démarche après des centaines ou des milliers de quêtes, je postule pour l'idée que c'étais sa deuxième ou troisième tentative, car j'entendais dans sa voix la peine et la souffrance, mais pas seulement, j'entendais également la peur, la retenu, et cette espèce d'aveu sous-jacente, qu'elle n'aurait sans doute pas émit avant l'arrivée du creux de la vague, m'enfin, dans le but de ne pas importuner, et déranger plus longtemps les 70% de la classe populaire, grossomodo les 27% de la classe moyenne, et on va dire, les 2,3% de la classe aisée, elle s'est jeté timidement dans la marée ambiante.
Elle usa donc de la parole dignement et respectablement, en demandant une aide minime financière, afin de l'aider au mieux dans l'univers physique et réelle dans lequel elle est embourbé et empêtrée, c'est alors, de façon inopinée, que je vis un homme, assis sur un strapontin à droite de la porte de sortie de la rame, derrière la position physique de la femme en question, et pendant qu'elle s'accordait, qu'elle s'adonnait à expliquer, résumer les déboires et le pétrin dans lequel elle se trouve, ce monsieur, s'employait à sortir quelque chose de sa poche que je devinais être un moyen monétaire à offrir à cet pauvre femme, et automatiquement et délibérément, j'ai sorti de ma poche quelques pièces que j'avais en ma possession et je l'ai remis de main propre à cet dame, après la remise, la charité de cet homme.
Elle semblait relativement comblé et enthousiaste, et me répondit "Que Dieu vous bénisse, jeune homme" (haha, alors moi, étant quelqu'un d'assez caché, discret et intangible lorsque je me retrouve dans la cours des indolents et irascibles, je peux vous dire que j'étais partagée entre la timidité et l'incompréhension ^^') je l'ai salué simplement en hochant de la tête.
Bref, avec tout ses éléments, je me suis posé cette question, je pourpensai à cet réflexion, depuis peu de temps, et je voudrais vous la soumettre, si vous le voulez bien, car je suis partagé et dubitatif concernant le fait que j'ai agi de la sorte par pur charité et pur empathie consciente, de façon rugueuse, ou par l'acte, moins glorieuse, d'avoir agi simplement par mimétisme, et tenté de faire comme le monsieur, altruiste, fair-play, et corvéable envers cet femme...je l'ignore, et au risque de tomber des nues, je vous pose la question suivante,

Au travers de l'ensemble de mes propos, de mon récit, et de la construction de cette tirade, pensez-vous que mon action, intervention est due à une empathie ouverte et objective envers cette personne, ou à contrario, plutôt un exercice incontrôlée et superflue, dû à un agissement par mimétisme, vague et désintéressée par essence ?
Alors, j'imagine que ce sujet pourrait éventuellement en désintéresser plus d'un, le jugeant probablement un peu trop simpliste, abstrait et superflue, bien que je comprendrai parfaitement ^^'
néanmoins cela reste une préoccupation palpable, et discutable à mon sens, et dont l'on peut sciemment s'intéresser afin d'en saisir le sens et l'aspect, disons, cathartiques et philosophiques qui en émane.
Merci d'avance pour tous les apie-peoplien qui auront prit le temps de me lire :)
Hasta luego !

Erlenmeyerle 31 octobre 2021 à 11:52   •  

Cela me semble empathique car tu es capable de décrire la femme, tu l'as prise en considération (comme tu le dis, contrairement à d'autres passagers). Tu sembles ne pas avoir cherché les remerciements (timidité face à son enthousiasme).
Peut-être que le mimétisme a permis une réalisation concrète de charité, mais ton intention parait réfléchie/justifiée tout au long de ton récit (peut-être de façon non consciente).

Clivele 31 octobre 2021 à 18:43   •  

Y a un truc que je ne comprends pas, c'est ta description de la scène. Pourquoi tous ces mots, toutes ces péri-phrases ? Il y a une gêne, ou une honte, à décrire cette scène, pour toi ?

Et la question... elle peut avoir un sens, ou pas. Dans le bouddhisme, le seul fait de donner compte, quelles que soient les intentions derrière. Le seul fait de faire acte de charité. Dans l'islam, le fait de donner est un des "cinq" piliers de la foi.
Pour ce qui est du "conditionnement" à reproduire un acte, je crois qu'il y a une histoire de "masse critique" qui fait que, si un certain nombre de personnes font un geste, les autres vont automatiquement suivre. En l'occurence, si vous étiez deux dans la rame, ce n'était pas le cas.

Anticale 31 octobre 2021 à 18:55   •  

Bonjour @Mikaa,

Personnellement je ne parlerais pas d'empathie mais de compassion. A aucun moment tu ne t'es demandé ce qu'éprouvait cette femme, tu te bases sur les intonations de sa voix. Tu parles d'une pauvre femme (qui sous entend de la pitié), et l'empathie n'entraîne pas l'altruisme.
Cependant tu sembles étonné de voir que la majorité des gens qui sont dans la rame ne se fiche totalement de la demande de cette femme, toi, en revanche tu es attentif, et c'est cette attention qui declenche la compassion : "cette femme personne ne l'écoute, mais si je l'ai écouté alors je me dois d'être charitable.
Mais comme je suis timide, je ne veux pas me lancer en premier, ah tiens ! Un homme lui donne quelque chose, je peux me lancer !"
Ce n'est que mon opinion, mais pour moi, ce n'est pas de l'empathie, mais de la compassion, de la charité et de la pitié...

paradoxle 31 octobre 2021 à 23:51   •  

Je crois aussi qu'il y a un mélange des deux, altruisme et mimétisme. Le temps que tu écoutes cette dame à la fois absourdi et attendri, un premier geste t'a fait réagir et agir, cet homme a juste déclenché l'action évidente pour toi à faire à ce moment là.
J'ai envie de dire, si tout ce que tu écris te passes par la tête à ce moment, je comprends qu'un signe extérieur puisse te faire débloquer, je vois ce que c'est.

Mikaale 31 octobre 2021 à 23:57   •  

Bonsoir @Erlenmeyer
Tout d'abord, merci pour votre réponse,
Alors oui, effectivement, lors de sa prise de parole, et avant même que le monsieur décide de vérifier sa poche, je me sentais désoler pour elle, bien que ma vie, et tout ce qui s'y apparente, n'est pas avantageux, ni plaisante, mais pour les individus qui vivent dans une précarité extrême, et un manque de considération de façon répétée, ça m'a touché...
Et non, bien sûr je n'attendais nullement une reconnaissance de sa part par la suite, j'ai posé pieds, et voulu m'embarquer, sans doute par mimétisme, mais également par le ressenti objectif qui se manifestait en moi, et puis, je postule, à juste titre, parce que je me connais également d'une façon ou d'une autre, que j'ai agis, comme vous dites, potentiellement de façon inconsciente dans l'acte, mais sans doute pas dans la perception émotionnelle (unilatérale sans doute) relatif aux conditions de cette femme.

Mikaale 01 novembre 2021 à 00:17   •  

Bonsoir @Clive, merci pour l'intérêt de ma question, avant tout.
Alors pour répondre à votre question, de façon assez honnête, je m'essayais à décrire la scène de la façon la plus détaillée et précise, en ne tenant pas compte des autres détails, comme l'apparence du rame, du nombre exacte quantitativement des passants, des couleurs, des machins, des trucs, donc la scène n'est pas entièrement et parfaitement décrite, mais je me suis donné l'effort de décrire au moins de la façon la plus pragmatique les éléments, et les acteurs qui étaient directement dans le champs d'action auquel j'allais (ou pas ^^') m'intégrer de façon impromptue.
Et effectivement, je suis plutôt partagé que gené, ou honteux...partagé symboliquement entre l'idée que j'ai agi par une espèce d'orgueil mais pas exagérément, en mimant le geste d'une personne tierce, ou par une simple sollicitude et intérêt, on va dire humanitaire (peut-être que le qualificatif est trop gros, alors par soucis de probité, je m'en excuse) à l'égard de cette personne.
D'accord, donc reprenez moi si je me trompe, si je me retrouvais, dans un schéma où nous ne sommes que deux, donc vous excluez le "monsieur" la Charité potentielle émanant sans doute de ma sensibilité à la vue de cette personne n'aurait sans doute pas été aussi prononcée, voir inénarrable, si je comprends bien ?

Mikaale 01 novembre 2021 à 02:00   •  

Bonsoir @Antica merci pour votre réponse franche et honnête,
Alors objectivement, j'ai effectivement eu de la compassion, de la peine, et un intérêt émotionnelle à l'égard de cette personne, m'enfin de là à ce que ce soit traduit comme un ressenti de pitié, bon, personnellement je n'aurais sans doute pas songé à ce que ce soit aussi brute et désinvolte, cela dit, l'éventualité probable de cet effet est envisageable.
Par ailleurs, je tiens à souligner un fait, c'est celui de l'intonation de sa voix, oui, je me suis basé avant tout sur cette donnée, mais cette donnée, à l'instar de sa posture, de son hésitation et de sa tristesse apparente démontre indubitablement et fatalement, en tout cas que l'on peut s'efforcer de deviner, les raisons de sa peine ( je ne prétend pas détenir la réponse, évidemment, pour cela, il aurait fallu que je discute de façon directe avec elle, que je rentre dans le processus de communication afin d'en savoir un plus précisément, mais ce n'étais pas le but en premier instance, croyez-le).
Votre opinion est légitime et discutable, et je vous en remercie, par contre l'idée que je l'aurai prise par compassion, pour réduire l'effet sous-jacent de la pitié, j'en reste sceptique moi-même ^^'
Et puis, je n'irai évidemment pas jusqu'à simplifier la réflexion sur ce questionnement, et également, le sous-entendu connoté comme une espèce de mépris, et catalogué comme du piteux à son encontre, je ne possède pas cette prétention, bienheureux je suis dans ce cas (malgré les turpitudes de certains, et certaines).

Mikaale 01 novembre 2021 à 02:06   •  

Bonsoir @paradox et merci pour votre intérêt,
Et je n'ai pas grand chose à rajouter, étant donné que c'est exactement le raisonnement que je me suis fais, bien que partagé entre le caractère de la complaisance et du machinale ^^'
Mais j'ai eu quelques bribes de réponses de part les apie-peoplien, alors je comprends un peu mieux les éléments ayant présidé dans cette séquence.
J'espère néanmoins que cette anecdote ne suscitera pas l'idée que j'avais intenté de me targuer sur cette situation, afin de recueillir l'approbation des uns et des autres, car ce n'étais aucunement et strictement pas mon intention !
Merci encore @paradox

Anticale 01 novembre 2021 à 09:30   •  

Bonjour @Mika,
Je suis désolée si vous m'avez trouvé trop brute dans ma réponse. Cependant ressentir compassion et pitié n'implique pas qu'on soit méprisant ! Heureusement d'ailleurs...
Seulement, comme avec le terme bienveillance qu'on utilise à toutes les sauces, le terme empathie, que bon nombre de gens ne connaissaient pas il y a quelques années, commence à lui aussi trouver son effet de mode.
La compassion n'est pas un sentiment négatif, et la pitié non plus, tout dépend le "ton" qu'on lui donne, je vous l'accorde. ?

Mikaale 07 novembre 2021 à 05:50   •  

@Antica Bonjour (Bonsoir)
Effectivement, il y a une tendance, un festival des mots et des citations qui sont dérobés et arrachés pour en faire un phénomène de mode, d'ailleurs de façon fastidieuse, ça m'épuise l'esprit et le visuel...
C'est comme les gens qui ont toujours besoin de se mettre à la page, en empruntant des concepts et des mouvements néo-liberales, qui pourtant existaient bien avant eux, mais revisités pour se donner l'impression d'être dans une révolution vivifiante, bon, chacun son idéologie et son devenir, mais fondamentalement, dans ce contexte précis, oui, la compassion, et un sentiment de peine pour elle s'est manifesté, la pitié n'est pas négatif, mais n'est pas positif non plus, ce n'est pas un ressenti que l'on pourrait aisément qualifier de binaire ^^
Oui objectivement, le ton se subordonne à la manière, la façon, dont l'on va juger un acte, dans l'instant.
J'apprends à me défaire des émotions qui peuvent faire obstacle à une bonne lecture dans une situation ou un contexte à l'extérieur, dans loin de mon confort, mais pour ce cas là, je dois bien avouer, que j'ai ressenti, j'ai perçu une certaine forme de "peine" vis à vis de cette personne, bon toujours accompagné de la peur d'être tenu pour ridicule, d'ailleurs, j'écrirais un texte la dessus, l'échappée des railleries.


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