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La peur de ne pas être à la hauteur

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La peur de ne pas être à la hauteur
Sakurale 22 février 2021 à 23:17

Bonsoir... j'ai une question , que je me pose depuis longtemps ....

J'ai toujours ...ou plutôt souvent eu peur de me lancer , de peur de ne pas être a la hauteur , non pas des attentes des autres, mais de mes propres attentes ...
Là j'ai en tête le côté artistique par exemple ... je dessine depuis toute petite, mais toujours avec un modèle, sans modèle, je sais que ce que je vais faire sera moche , alors, je ne le fais pas.
Je fais aussi du scrapbooking depuis quelques années, (création d'albums photos) mais, en utilisant un kit, ou en partant de tutos .... parceque moi, partir de rien, sans modèle.... j'ai peur du résultat.... ce ne sera jamais aussi bien que ce que font les autres, jamais aussi que "dans ma tête ".
Depuis quelques mois je me suis enfin lancée dans un album 100% made in mon imagination a moi .... mais je n'avance pas bien vite ... mais ce soir j'ai fait deux pages alors ça me motive .

Est ce que vous aussi vous placez la barre très haute, et vous préférez ne rien faire plutôt que de ne pas y arriver ? Plutot que d'être déçus par vous même ?

Bon....je me soigne hein, je comprend que ma façon de faire n'est pas du tout productive, que pour s'améliorer il faut travailler, s'exercer, rater, recommencer.... c'est quelque chose dont j'ai conscience depuis très longtemps ....mais que je commence tout juste a changer.

Bouhhle 23 février 2021 à 02:57   •  

Ben, j'ai l'impression que tu réponds bien à ta question dans ta conclusion.
Moi je crée pour le plaisir de créer, pas pour faire comme les autres, pour le plaisir de sortir ce qu'il y a dans ma tête, pas dans celles des autres. Et c'est souvent pas terrible en fait mais parfois je suis content de moi. C'est parfois long comme processus d'arriver à ses propres attentes mais ça vaut le coup. Sinon, ce n'est pas de la créativité. L'art, ce n'est pas que de la technique ou de la maîtrise, c'est amener quelque chose de nouveau sinon on reste au niveau de l'artisanat (ce qui est bien aussi mais c'est autre chose). Si tu as confiance en ce que tu projettes, si tu penses que ce que tu apportes de nouveau vaut la peine, y a que le boulot qui t'y amènera.
Et puis personne ne part jamais de rien, on a tous un certain apprentissage, des influences, des références. L'imagination c'est l'association de différentes informations, ça ne part jamais de rien.
Et comme tu le dis, c'est quand ça avance que la motivation se renforce, que la confiance se construit.

Bouhhle 23 février 2021 à 03:07   •  

Tu dis aussi que as peur que ce soit moche si tu ne copies pas. Mais d'une part, il y a beaucoup d'oeuvre dont l'esthétique laisse à désirer mais où l'émotion est au rendez-vous, ça dépend ce que tu vises. Ce sont des partis pris. Et d'autre part, c'est pas parce que tu trouves un truc moche que tout le monde aura la même impression.
Et en poussant le truc plus loin, souvent, l'émotion ou les sentiments ressentis devant une oeuvre se passe au niveau inconscient. De l'inconscient de l'auteur à l'inconscient du spectateur. On ne sait jamais vraiment ce qui nous bouleverse devant une oeuvre, ça n'empêche pas que ça nous touche au plus profond.

Sakurale 23 février 2021 à 11:26   •  

Merci @Bouhh pour ta réponse, tu as complètement raison .
Encore une fois c'est d'abord un travail sur moi même, et surtout lâcher prise ...

Ce que tu écris m'a rappelé ce que m'a dit un ami un jour , il trouvait mes dessins jolis, et comme toujours je répondais "oui...mais j'avais un modèle "...et il m'a répondu "tu crois que Monet a peint les nénuphars sans modèle ? Que ce soit d'un paysage, d'une photo, d'un corps....on part souvent de quelque chose qui existe, d'un modèle "
Dans ma tête je comprends sa logique.... mais je suis sûre que Monet faisait des choses magnifiques sans être devant son bassin aux nénuphars....

Je vais revoir mes exigences 😂 et profiter du fait de créer plutôt que d'être forcément dans le résultat...

Nevromonle 23 février 2021 à 12:02   •  

Je vis ces espèces de "J'ai envie, mais je vais être déçu, alors je ne me lance même pas". Le "vaccin" contre ça? Expérimenter dans le plaisir, et même se singer soi-même.

Sakurale 23 février 2021 à 12:12   •  

Oui c'est tout a fait ça @Nevromon ... jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'a cause de ça on passe a côté de plein de choses ....alors....lançons nous ^^
Après tout le plaisir est dans la création et pas dans le résultat, le résultat compte quand même...mais c'est quand je dessine, quand je scrape que je me détend, que je prend du plaisir.

Fropople 23 février 2021 à 17:11   •  

Ça me parle beaucoup.
Le "je n'essaye pas car ça ne sera jamais assez bien", il y a très (trop) souvent une idée de but dans mes actions et l'idée de faire une chose sans qu'il n'y est nécessairement un objectif a atteindre me semble "étrange"

Bouhhle 23 février 2021 à 18:32   •  

@Fropop mais ici le but, ce n'est pas l'oeuvre, le résultat, c'est l'acte en lui-même, parce que ça fait du bien, et il en découle un truc qui pourra être partager, ou pas. Il faut comprendre que c'est ce jamais fameux 'lâcher-prise' qui fait l'oeuvre.

Sakurale 23 février 2021 à 22:22   •  

@Fropop , pour moi, plutôt qu'un but recherché, c'est plutôt un résultat, une perfection ....et par peur de l'échec, quasi inévitable puisque la perfection n'existe pas, j'ai peur de me lancer sans filet, de lâcher prise... et c'est vraiment dommage ... car comme le dit @Bouhh , c'est ça qui fait l'oeuvre...ou comme je le pense moi, c'est ça qui donne du plaisir.

Ce soir je me suis lancée, et j'ai fait plusieurs pages de mon album... les 2 premières assez laborieuses....et les suivantes sont venues plus naturellement... et là, je me dit que ça fait du bien quand même de me lâcher... ce n'est pas parfait , mais j'ai pris du plaisir a les faire , et le résultat me plaît ^^

Bouhhle 23 février 2021 à 22:42   •  

Yes !

Beppele 23 février 2021 à 23:44   •  

@Sakura,
j'ai envie de te répondre avec les mots du celèbre écrivain japonais Haruki Murakami, qui se compare avec l'immense directeur d'orchestre Seiji Ozawa, car je crois que ce qu'ils disent s'applique à l'art en général :

"Au risque de paraître un peu présomptueux, j'admets qu'au cours de nos nombreuses conversations, j'ai commencé à me dire que Seiji Ozawa et moi avions plusieurs points communs. Talent, productivité et célébrité mis à part, j'ai l'impression que nous vivons notre vie de la même façon.

Premièrement, il me semble que notre travail nous procure à tous les deux la joie la plus simple. Quelles que soient les différences entre la composition et l'écriture, nous sommes plus heureux absorbés dans notre travail. Le fait de pouvoir s'immerger à ce point dans le travail est la plus grande source de satisfaction. Il se peut que le résultat de ce travail, notre production, soit de qualité, pourtant il ne s'agit pas là de la meilleure récompense que nous en retirons. Ce qui, à nos yeux, n'a pas de prix, c'est la capacité à travailler dans la plus totale des concentrations et à se donner tout entier à son travail, à tel point que le temps qui passe nous échappe.

Deuxièmement, la « flamme » qui nous habitait lorsque nous étions jeunes, ce sentiment persistant de ne « jamais faire assez bien », de devoir toujours persévérer, aller plus loin, nous habite encore aujourd'hui. C'est là ce qui dirige notre travail et notre vie. En observant Ozawa travailler, j'ai senti la profondeur et l'intensité du désir qu'il y met. S'il pouvait être convaincu de son exactitude et fier de ce qu'il faisait, jamais il ne s'en satisfaisait. Pour lui, sa musique devait être plus belle, plus profonde ; il était déterminé à parvenir à ce degré de perfection, en dépit de la lutte menée contre le passage du temps et ses propres limites physiques.

L'obstination est notre troisième point commun. Nous sommes patients, résistants, mais aussi tout bonnement obstinés. Après avoir décidé d'agir d'une certaine façon, nous restons inflexibles aux avis des autres. Et si cette décision nous plonge dans une mauvaise passe, voire nous attire la foudre de certains, il n'en reste pas moins que nous continuons d'assumer nos choix sans nous en excuser. Il n'y a pas une once de prétention chez Ozawa ; il passe son temps à plaisanter, tout en étant attentif à ce qui se passe autour de lui, et il a le sens des priorités. Une fois qu'il a pris une décision, il ne flanche pas, du moins c'est l'impression qu'il m'a faite.
Au cours de ma vie, j'ai rencontré plusieurs types de personnes, dont certains que j'ai appris à bien connaître, mais, s'agissant des trois traits de caractère que je viens d'énoncer, jamais je ne les ai identifiés aussi facilement chez quelqu'un avant ma rencontre avec Seiji Ozawa. En ce sens, il m'est très cher. Savoir qu'une personne comme lui existe en ce monde me rassure."

Haruki Murakami & Seiji Ozawa - De la musique (2018)

Sakurale 24 février 2021 à 07:54   •  

@Beppe , je trouve que Murakami a raison, il n'y a rien de présomptueux dans tout ça, que l'on soit un grand artiste reconnu ou un amateur, on peut avoir la même passion, la même flamme, le même plaisir ! C'est peut être le troisième point, l'obstination , qu'il me manquait jusqu'a maintenant, a cause du doute ... ne pas se laisser influencer par les autres , aller jusqu'au bout de ses idées...

Nevromonle 24 février 2021 à 09:33   •  

Le premier point qu'il aborde, c'est ce que j'ai vu être appelé "le flow" : lorsque nous sommes plongés dans une activité à haute valeur intrinsèque, cela nous place dans un état de grande concentration, de plaisir et de "maîtrise" mêlés !


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