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Le baiser mortel du Dragon

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Le baiser mortel du Dragon
Mikaale 24 novembre 2021 à 05:17

J'ai 19 ans lors des faits, après un passage d'un an assez tumultueux et litigieux d'un point de vue pratique, mais vivifiant et enrichissant d'un autre point de vue théorique, en formation en design, je suis congédié de mon statut d'étudiant en alternance, faute de recyclage et de l'échec de n'avoir pas retrouvé un bateau en vue pouvant me repêcher, pauvre diable perdu en mer,
Je m'en vais donc m'adosser à l'organisme de réinsertion professionnelle le plus adéquat au stade auquel je me situais à ce moment là.
Dans cet organisme, je fais la rencontre d'une fille, légèrement plus jeune que moi, et un troisième personnage vient compléter l'effectif de cette campagne, nous étions conviés en ces lieux, afin de stipuler, évoquer nos intérêts de carrière professionnelle, donc classiquement nos passions, nos hobbies, nos activités de prédilection, alors moi, étant sensible à l'art au sens visuelle, et pratique, c'étais le domaine auquel je partageais un semblant d'intérêt, bien que cela n'ait pas éveillé une quelconque forme de dévotion, de profondeur ou d'ambition précise chez moi.
J'ai eu une attirance visuelle pour cette fille, avec qui je partageais ses réunions collectives, elle était très belle, des yeux en amande, un petit grain de beauté près de sa bouche, fragile (en apparence), cheveux courts, qui laissait apparaître son cou, une symétrie presque parfaite (je ne fais que dire la vérité de ce que j'ai aperçu de mes propres yeux, néanmoins, cela peut-être contestable, dans la mesure où on l'ait rencontré, évidemment), vraiment elle reflétait une espèce de simplicité, ingénue, presque touchante.
Nous nous échangions des regards complices lors des prises de paroles de notre conseillère référente, qui marquait, éveillait en moi encore plus d'attractivité à son contact, étant timide, je n'avais à l'époque pas l'aptitude juste, peut-être encore aujourd'hui, et j'étais, on va dire malingre dans la communication, dans mes prises de contact, faisant preuve souvent de maladresse que je pense, et je le crois, pouvait être agaçant au possible, m'enfin je ne vais pas transformer mon système, mon programme de pensée, et déréglé totalement toutes les fonctions motrices me caractérisant, et que cela soit contradictoire avec ma morale et mes principes, c'étais et c'est le statut quo, implacable et je dirais même indépassable.
Alors cette fille, était également "timide" ou plutôt "sur la réserve" pour la simple et bonne raison, et comme elle me l'a répétée à certains moments de nos interactions passées qu'elle était, je cite : "içi pour trouver du travail"
Sauf que à l'époque, je n'avais pas le même degré de maturité que maintenant, et de ce fait, j'omettais volontairement cette donnée, pour me laisser baigner dans l'obsession que j'avais pour elle ( petit précision, j'étais fort déséquilibré dans mon rapport à la sentimentalité qui pouvait graduer en l'espace de 2 à 3 semaines, mais simplement, j'ai considéré ses moments où je la voyais, où je la croisais, comme des privilèges inestimables, et bon, pour faire preuve de transparence, c'étais un peu la seule fille, en dehors de mes soeurs, que je croisais dans ma vie étroite ^^').
Nous n'avions que 1 fois par semaine des réunions collectives, et c'étais une véritable bouffée d'air frais, de la voir, pour moi, bien que je savais, en faite j'avais compris en avance, que mon intérêt pour elle ne correspondait pas à ses préoccupations de son côté, et son désintérêt à mon égard, presque rustaude, était palpable.

Puis est arrivé ce jour ( que j'appelle la journée des Corbeaux) , où l'instance à l'origine de ce rassemblement restreint à décidé de nous séparer, et d'épurer le schéma organisationnel, en divisant le groupe et se concentrant sur chaque protagoniste la composant, bon, moi, étant intimement liée au monde des arts, après avoir passé la meilleure et la plus intéressante année scolaire de ma Vie ! Et c'est peu de le dire, m'enfin, l'histoire de l'art, l'art appliquée, les sorties pédagogiques aux musées qui constituent encore à ce jour, les merveilleuses possibilités de contempler et comprendre la philosophie et la posture des génies qui ont émerveillés le monde que nous connaissons aujourd'hui, étaient vraiment enrichissantes, mais j'en parlerai dans un autre témoignage, et je vous donnerai mon point de vue personnel, et mon avis selon mon approche avec ce monde si...bouleversant émotionnellement, à mon sens (de Vinci, merci).

Et bref, je ne l'ai plus revu, et j'étais attristé, parce que dans mon espèce de machine à pensée de travers, j'ai indéniablement été épris d'elle, et j'ai commencé bancalement, à être dans la rétrospection intérieur et itératif en permanence, en me refaisant et repassant les scènes de communication et de rencontre avec elle, il y a un jour où elle s'était amené lors d'une réunion collective, alors cela pourra paraître superflue et vague pour beaucoup, moi j'ai trouvé ça complètement déjantée, et donc à l'époque, j'ai été presque éberlué et admiratif de cette posture, mais en faite, elle s'était habillé entièrement en "Pikachu" donc un vêtement jaune, avec un sac à dos jaune, rappelant la mascotte d'une des jeux les plus connus et célèbres de l'entreprise Nintendo, et au Japon, et elle était simplement...brillante, à mes yeux, maintenant que j'y pense, j'ai trouvé ça particulièrement atypique, et ça m'a plutôt séduit, d'ailleurs je m'en rappelle, je l'emmerdais avec les joues rouges à l'effigie de celle de la petite créature jaune de la firme, et elle exprimait un râle imbittable, c'étais franchement très drôle.
À la fin de ces excursions, nous étions conviés à des épreuves et des QCM en mathématiques, en français et en anglais, pas bien difficile, dans une école auquel je deviendrais dans le futur un élève assigné à mission, et j'étais content et heureux de la revoir, et d'ailleurs, elle ne semblait pas mécontent de me revoir, mais je me rappelle d'une farce de mauvais goût, à la fin de cette épreuve, dont je n'avais pas quantifié à l'époque, la signification et la résultante, parce que en faite, à la fin de ce test, je m'étais décidé à aller au toilette ! et je lui avais demandé humblement de m'attendre, pour que l'on puisse faire le chemin retour ensemble, étant donné que c'étais la dernière fois que l'on se verrait, et je voulais "marquer" l'événement, en lui offrant mon sentiment et mon affectueuse pensée à son égard, mais j'y reviendrai un tout petit peu plus tard !
Donc en sortant des toilettes, je vis qu'elle n'étais plus sur les lieux, et je me suis dis en premier lieu qu'elle était finalement parti, alors pour être sûr j'ai demandé à d'autres personnes qui étaient dans la pièce de l'épreuve, si il n'avais pas vu passer la fille en question, ils m'ont répondu que "non" sauf que madame s'était caché derrière la porte de la pièce qui était ouverte, et donc les messieurs du coin étaient au courant de ses facéties un peu enfantine, en plus j'étais réellement inquiet, mais ce que je n'avais pas calculé et pris en compte à l'époque, c'est la reproductivité de la considération de son côté, et j'ai été aveuglé par mon désir naissant envers elle...
Bref, donc elle décide de sortir de sa "cachette" et riait, alors moi, étant quelqu'un de plutôt taciturne et terre à terre en général, je lui ai dis qu'elle m'avait fait peur et que j'étais dans l'incertitude et l'incompréhension, en lui rappelant ses obligations de ne pas créer de fausses alertes dans l'esprit et le coeur des gens ( bon là je poétise un peu beaucoup, mais je lui avais en gros dis, que c'était pas correcte, voilà, bien qu'elle ne me devait rien, j'en conviens parfaitement).

Et elle m'avait demandé en se marrant si je me faisais du soucis pour elle, et bah oui ! Oui j'étais inquiet ! et c'etais pas drôle ! Pourtant il en faut peu pour me faire rire, alors ok elle était dans un établissement, et après ? Qu'est-ce que cela change ? C'est pas une raison pour m'inciter à me faire des noeuds au cerveau, on était entraîné dans un établissement à 15-30 km entre chez elle et chez moi, et je ne voulais pas la laisser seule, elle me paraissait tellement fragile, tellement vulnérable, malgré son tatouage de dragon oriental assez menaçant qu'elle arborait au niveau de son épaule, je ne voulais pas qu'il lui arrive une merde, voilà tout.

Bref, j'en viens à la conclusion, comme je savais que nous ne nous verrions pas par la suite, puisque elle avait été clair dès le départ, et qu'elle n'était pas là pour faire des rencontres, quelque soit leurs natures, j'avais décidé, en mon âme et conscience, de lui écrire une lettre, et ce n'était pas une lettre de déclaration d'amour, enfin, pas exactement, mais globalement, parce que ça remonte à 8 ans en arrière, et je ne me rappelle plus du contenu, vous m'excuserez, mais concrètement, je lui ai simplement écrit que j'aurais apprécié la connaitre plus, et que je lui souhaitais une belle vie, à peu près, avec en fin de lettre un dessin de Pikachu, que j'avais bâclé d'ailleurs, si je m'en rappelle...
Et donc je lui ai remis la lettre, elle avait l'air assez enthousiaste et m'avais dit, enfin une des dernières phrases que j'avais entendu d'elle, que lorsque l'on est trop gentil, on est trop con, parce que je lui avais expliqué une anecdote de ma vie, ou plutôt un déboire malencontreux lors d'une situation de mon existence, pour lequel elle avait partagé un sourire empathique , qui en réalité était un sourire de pitié à mon encontre, je m'en rappellerai toute ma vie, sauf qu'à l'époque j'avais pris ça pour de la "compassion", aujourd'hui je sais que c'étais une flagrance qui était devant mes yeux depuis le début, et que je n'ai pas voulu voir, parce que j'étais obnubilé par elle, et sa beauté, et son apparence chétif, qui éveillait en moi mon instinct de protection, mais c'étais grotesque et complètement ridicule.
La vie n'est pas une suite d'événements idéalistes qui s'enchaînent comme ça de façon incongrue, non.
Pour conclure, je parle de cela car elle fait probablement partie des rencontres les plus marquantes de ma vie pour l'acte de la lettre, que j'aurais dû me défendre d'écrire, m'enfin, le mal est déjà effectué, je veux pas être de mauvaise langue, même si sans que cela tienne de sa volonté et de son bon vouloir, à moins qu'elle l'ait jeté, et quelque part ce serait franchement génialissime, cette lettre restera une trace indélébile de l'acte d'un sot qui deviendra l'une des marques de son faire-valoir, sans mandat à posteriori.
Ensuite, j'ai été empêtré, enfermé et enchaîné dans un univers unilatéral et fantasmé que je me suis créé pour compenser la dureté et l'aspect rigide et cruel de la réalité brute, en définitive, j'ai été éperdu, et je me suis laissé prendre par l'étreinte mortel du Dragon, et en réalité, ce n'était pas elle qui était fragile, mais en l'occurence, c'étais moi ! Et un peu trop candide sur les bords...
J'ai été séduit, entraîné et convaincu par la fascination pour l'être indolent et individuelle, l'une des première pierre à l'ouverture du retour au réel poignant et consternant. (Odin, je te somme de fondre le ciel et de frapper par ton tambour menaçant foudroyant mon errance d'esprit, et ma mauvaise lecture, apprends moi l'humilité et la retenu, et le devoir de secret).
Merci infiniment à ceux qui me liront.

Mickael.

Magda72le 24 novembre 2021 à 09:56   •  

@Mikaa, curieusement que, sauf pour l´essentiel, c´est-à-dire la rencontre, je retrouve des fragments de moi ado, très bien décrits, hésitations, incertitudes, pas d´information que les autres ne les partagent pas. Merci pour ce rappel, c´est tellement mieux aujourd´hui qu´au moment de telles fragilités. 🙂


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