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Le travail
Marie77le 30 mai 2019 à 17:20

Bonjour, voilà je ne travaille pas et je ne m'en sens pas capable. Je voudrais savoir s'il y a d'autres personnes dans le même cas pour les mêmes raisons. Objectivement je ne fais pas grand chose de mes semaines, enfin j'ai quelques activités mais en nombre d'heures, ça doit faire 15 hebdomadaires grand max (asso, sport, amis). Pourtant j'ai le ciboulot qui tourne et je parle beaucoup, en mode analyse de tout ce qui se passe. Comme si tout était intéressant, et à prendre sous des angles changeants presqu'a l'infini. Ce qui fait que j'ai un débit de parole important. Les personnes de mon entourage ne parlent presque pas, enfin c'est mon point de vue bien sûr. Mais elles ont une vie active et devraient du coup penser et partager beaucoup, non ? Je me demande si etre trop stimulable ne réduit pas notre tolérance à une activité à temps complet ? Ayant pour conséquence une grande fatiguabilite ? Et tous les soucis à longs termes... Autour de moi, j'entends en permanence qu'etre HP n'est pas une experience négative, mais quand même, c'est pas evident d'avoir un sentiment d'utilite quand on ne fait pas le tiers de la plupart des personnes et qu'en plus rien ne dure. Bien sûr que beaucoup d'hp travaillent et sont largement insérés, mais bon, est ce que parmi vous il y a d'autres personnes dans la même situation que moi ou bien l'ont été ? Et si oui, comment avez vous fait pour trouver une utilité sociale sans trop fatiguer ?

Fanny-146le 30 mai 2019 à 18:48   •  

Je n'ai pas vraiment de réponse sur le travail, puisque j'ai une vie professionnelle, parfois chaotique (mais je ne sais pas quelle est la part du HP dans les difficultés que je rencontre périodiquement, faute d'avoir pu vraiment les analyser jusqu'ici, je pense), mais ce que tu dis sur la parole me fait réagir. Je pense aussi beaucoup, j'analyse tout, tout le temps, et pour moi, c'est justement un frein à la parole : je n'interviens que si je suis sûre de ce que je vais dire (s'il s'agit de connaissances), si je suis sûre que ce que je vais dire apporte quelque chose de nouveau (s'il s'agit d'un débat sur une question de société, autour d'une oeuvre artistique...), ou si je suis sûre que ce que je vais dire ne va blesser personne (dans le cas d'une discussion autour du vécu de quelqu'un, ou quand il s'agit de faire un trait d'humour, etc.) La phase "analyse" est entièrement intériorisée, elle ne passe surtout pas par la parole chez moi. Et avec tous les filtres que j'ai mentionné, je ne parle du coup que très peu en société...

Ensuite, pour ce qui est de l'influence du HP sur tout un tas d'aspects de la vie, je suis en plein questionnement, à force d'avoir rencontré des gens (y compris des "professionnels") aux points de vue totalement opposés, depuis ceux qui expliquent tout à travers ce prisme jusqu'à ceux qui ne voient là-dedans qu'une mesure de la capacité à résoudre des puzzles. Je vais démarrer une nouvelle façon d'explorer ma vie, ma façon d'agir / réagir, il est encore trop tôt pour en parler, mais si j'ai des retours positifs, je ne manquerai pas de partager !

Marie77le 30 mai 2019 à 19:44   •  

Hello Fanny, peut être que la verbalisation est une aide à la clarification des pensées dans mon cas, c'est un peu la sensation que j'ai, comme une aide au processus. Quand j'ecrivais dans le cadre du travail, je verbalisais aussi ce qui avait sacrément le don d'embeter mes collègues. Je me demande si au final ça ne serait pas un trait autistique ou autre. Je vais me renseigner davantage sur cet aspect.

Gwenouillele 01 juin 2019 à 09:35   •  

Bonjour,

Je dirais que c'est tout simplement parce que tu n'es pas dans le bon cadre de travail. J'ai été longtemps, comme toi, incapable de travailler plus de 18 heures par semaine. Puis j'ai eu un déclic et je me suis dit qu'il était hors de question que mes émotions me pourrissent la vie. Puis je n'ai plus eu le choix aussi, avec un enfant. Mais l'environnement de travail y est pour beaucoup. Actuellement je travaille à temps plein et certains mois/trimestres, c'est vraiment compliqué à gérer. Mais je sais que ça finira par redescendre. En fait, j'ai décidé de ne plus me donner la possibilité d'aller mal pour ça, et plus généralement de cesser de m'écouter. On est tellement hypersensible qu'on a tendance à passer notre temps à s'écouter, parfois à tort. On a tôt fait de ne plus rien faire si tel est le cas puisqu'on est toujours mal. Donc entre mal et bosser ou être mal et ne pas bosser, je préfère encore bosser. Par contre j'ai choisi un environnement où je ne suis pas en conflit avec mes collègues, et un environnement plutôt calme en terme de bruit. Dans un bureau, derrière un pc, dans un service où ma n+1 et mon n+2 me font confiance. Et ça se passe beaucoup mieux qu'avant :)

cgh59972le 03 juin 2019 à 07:50   •  

Bonjour Marie,
Alors pour ma part, je travaille, j'en suis à mon 5ème emploi et actuellement j'ai repris des études en parallèle donc si je ne fais pas n'importe quoi dans 4 ans j'en serai à mon 6ème...
Travailler a toujours été une nécessité pour moi, pas un réel plaisir jusqu'à maintenant mais malheureusement quand il y a les factures qui arrivent à la fin du mois et depuis quelques années maintenant mes enfants ben...je n'ai pas trop le choix...
J'ai énormément de mal avec les gens en général, je ne les comprends pas...mais j'ai toujours travailler en contact direct avec eux (paradoxe quand tu nous tiens). Ca m'a souvent joué des tours mais j'essayais toujours de trouver du positif dans chaque métier...jusqu'à ce que j'en ai fait le tour et du coup change de branche...
Il y a une quinzaine d'années, j'ai pété un câble et je me suis installée 5 ans en Martinique avec à l'époque mon mari et là-bas je n'ai pas travaillé du tout, ce qui m'a permis de me lancer dans des activités plus manuelles on va dire mais au bout de 5 ans, il fallait bien retravailler...
De retour en métropole, j'ai pris le premier job venu,j'ai gravi les échelons...et j'ai changé à nouveau d'emploi...
Maintenant je travaille auprès des personnes âgées et je m'éclate...mais ça n'est pas suffisant d'où ma reprise d'études.
Tout ça pour dire que je ne pense pas que tu ne sois pas capable de travailler,tu en as le potentiel, il te faut juste trouver l'emploi qui te corresponde le plus ( je mets le plus car si tu es comme moi aucun ne correspondra à 100% à tes besoins et envies) et puis si ça ne va plus, tu changes et puis voilà ? Facile à dire me diras-tu mais comme je dis toujours à mes enfants: il n'y a pas de problème, que des solutions.Alors si le fait de ne pas travailler te pèse, trouve un compromis dans une branche qui t'intéresse, même à mi-temps, il y a tellement de choix 😉 Le plus dur est d'oser faire le premier pas mais une fois fait, on se rend compte que ça n'était pas si terrible 😉
Moi je suis une asociale qui travaille dans le social alors tu vois rien n'est impossible 😄
Bon courage

Julienle 03 juin 2019 à 08:42   •  

Bonjour à tous,

J'aimerais élargir la perspective : on n'est pas obligé d'aimer travailler. On n'a pas forcément un "problème", on n'est pas forcément un feignant, un parasite, un trouble-fête, si on n'aime pas le travail.

Le travail moderne est une spécialisation des tâches qui vise à trouver à chaque individu une fonction, un emploi, précisément définie et circonscrite à un territoire créatif restreint, dans la grosse et lourde machinerie de transformation de la nature en objets consommables. Le travail pollue, le travail détruit l'environnement comme le lien social, le travail donne à chaque individu l'illusion qu'il doit trouver "sa place" dans la "société", et que tant qu'il n'a pas trouvé cette place, il est en "échec". Même le secteur de l'art, engendre pollution et destruction de la nature. Aucun secteur d'activité n'est épargné. Le travail fait croire que chacun a un "talent" spécifique à "exploiter". Finalement, le travail réduit les possibilités de développement, d'épanouissement, de connaissance de soi de chacun, et rend les individus facilement manipulables, car chacun ne se préoccupant que de sa propre fonction au sein de l'enchaînement de fonctions que constitue un "secteur d'activités" devenant comme aveugle au plan d'ensemble, au projet global.

Je pense que l'origine d'un mot, son étymologie, a beaucoup a nous apprendre sur son message. Hors, l'étymologie du mot travail nous révèle que ce mot vient du latin "tripalium", qui était à l'origine un pic de métal utilisé pour diriger les animaux dans les exploitations bovines, qui est ensuite devenu un trident métallique, utilisé comme instrument de torture (humaine). Ceci est un fait historiquement avéré.

Plutôt que d'essayer de nous adapter à cette société en trouvant un travail qui nous "convienne", en nous détruisant à petits feux, projetons nous vers le futur proche : la notion courant de "travail" est en chute libre, la notion de "plein emploi" est une illusion délirante, tout comme celle de "croissance continue". La croissance n'est toujours qu'une étape, un palier. Nos fous de dirigeants croient qu'ils peuvent entretenir un système dans lequel la croissance serait éternelle : peur de la MORT dissimulée derrière cette conception du "travail".

C'est leur dieu qui, ayant créé le monde en 6 jours, et s'étant reposé le 7ème, voudrait que ses créatures fasse comme lui. Mais ce dieu là n'est pas mon dieu, et n'est probablement pas le vôtre non plus, j'imagine.

Le revenu universel de subsistance va bientôt s'imposer, tout comme la diminution du temps de travail salarié, ce sont des évidences que la nature et l'environnement vont nous imposer comme conditions à notre survie. C'est le travail humain, qui saccage l'environnement. Notre planète se meurt de l'activité humaine. Hors la plupart des gens deviennent agressifs dès qu'on leur parle de revenu universel ou de réduction du temps de travail, car cela reviendrait à augmenter leur temps de non-travail, c'est à dire, ce temps vide, sans emploi défini. C'est précisément le vide, qui terrorise la masse inculte, car on ne lui a pas appris à y faire face. Il faut s'occuper, les mains et l'esprit, constamment faire, concevoir, créer, inventer, produire, transformer. Ne pas créer revient à mourir. Le vide, le rien faire, s'apparente à la mort.

Il nous faut changer notre conception du travail, du sens de la vie, des raisons de notre présence ici bas. C'est la terreur qu'occasionne la pensée de la MORT, qui rend les humains si créatifs. Mais la Terre se meurt de notre créativité.

En attendant il nous faut tenir bon, pour arriver à payer ce foutu loyer, cette foutue mutuelle, ces factures à la con, et tout le reste ; demander de l'aide, solliciter les gens qui ont, les possédants, pour leur offrir la chance d'être généreux. Ne pas hésiter à prendre l'aide là où elle se trouve, forcer la coopération.

Tenir bon. Le changement est en route, il est déjà là.

Bientôt la disparition de ce foutu "travail" qui nous a fait détester les lundi. Les lundi sont des jours comme les autres, aussi magiques que les samedi. La vie, le rire, l'amour, le plaisir, le soleil, la magie, ne s'arrêtent pas le lundi.

C'est nous, comme des cons, qui attendons patiemment et docilement le samedi, pour nous autoriser à rêver, à nous amuser, à nous sentir légers.

Bientôt ce monde dans lequel le lundi sera, comme chaque autre jour, le plus beau jour de la semaine.

Ce monde ou les jours n'auront plus d'autre nom, que : aujourd'hui.

Et sinon, comment ça va vous ?
- "bah... comme un lundi !"

Ha !

De grosses bises de soutien à ceux et celles qui en prennent plein la gueule au travail.


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