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Silence moins d information
Amayesle 22 juillet 2020 à 02:02

Eteindre la télévision
Pas d internet
Ne pas trop faire des soins corporels spiritualité et un travail dans lequel on s'épanouie

Et de temps en temps faire un rite de passage dans la nature. En mangeant des galettes et de l eau

Mode Moine

AdadaDle 22 juillet 2020 à 23:45   •  

Jamais de télévision
Beaucoup d'internet
Ne pas faire trop de travail et s'épanouir ailleurs

Et régulièrement riper dans la nature. Et boire de l'eau en mangeant des drogues

Mode moineau

Anacroquele 28 août 2020 à 15:53   •  

Bannir tout simplement la télévision de chez sois, cet objet de lobotomie et de propagande consumériste, dangereux et nocif à l'humain aussi bien sur le plan personnel que sur nos facultés sociales collectives.
Conserver un accès facile à internet, dernier outil d'information encore en partie libre et public, tout en cultivant la non-dépendance à son utilisation quotidienne, chose fort bénéfique pour la santé mentale.
Manger et boire ce que le palais préfère, en bons hédonistes, temps que nous somme ici pour en jouir.
Passer le plus de temps possible dans les bois, désintoxication partielle de la civilisation pour amoindrir les troubles qu'elle nous créé.
Entretenir son nid douillais, étanche au bruit et au stress extérieur, tout en gardant la possibilité d'en descendre à tout moment pour visiter le grand vivarium ou vivent les humains et oû, au milieu des foules de zombis aliénés par le système, nous trouvons toujours quelques farfelus pour construire les échanges agréables et enrichissants, ceux qui donnent sens à tout ça.
Mode... de vie personnel.

Abderianle 28 août 2020 à 21:16   •  

Yep @Anacroque, le farfelu est non seulement l'avenir de l'Homme (et de la Femme), mais la condition même de libération des schèmes.
Schèmes, mêmes.. les oripeaux d'une civilisation trop pointilleuse d'angoisse et trop vide de plein ? Ah, comme dirait Pascal, il faut pourtant bien que le spectacle continu.
Ergo, suggestion de définition : le farfelu est celui qui ne se déguise pas. C'est un paradoxe, car il s'affiche souvent et se donne à voir, à être perçu, mais si être c'est être perçu, alors on peut dire que le farfelu est celui qui a la plus grande quantité d'être dans la plus petite unité d'apparence. L'inverse du garçon de café...
Si on continue le raisonnement, vous voyez : il faut être servi par des farfelus et non par des professionnels.
Mh... je fais l'éloge du Zazou là ou quoi ?! 😉
Hey, franchement, qui ne trouve un garçon (ou une fille) de café ennuyeux (-se) ? Il faut se garder d'en faire trop, bien sûr, et l'excès du farfelu serait justement le m'as-tu-vu, voire même l'excentrique, ou, dans le cas de quelques préjudices moraux ou existentiels, le déjanté. Mais bon, entre "misfits", on peut quand même s'accorder que ceux qui ont fait un pas de côté ont déjà des chances d'atteindre une vie plus riche. Ou plus complexe. Ou, magnifiquement, plus libre.
Bref, regardez Matrix. 😉

Euh...le 04 septembre 2020 à 22:13   •  

😀
C'est quoi une télé ?
Fouiller le net', ma seule drogue.
Quand on vient d'ailleurs, d'ailleurs, pour aller ailleurs : on va où ?

Hors-cadre, ou par dessus l'humus.
Connectée à ceux que j'aime.

(de toute façon la mode est ch'ti 😉 )

Abderianle 05 septembre 2020 à 15:33   •  

Mini ch'ti et maxi mode
Maxi chuis et mini drogue ?

😄

Sebunkenle 09 septembre 2020 à 07:42   •  

Surtout en ce moment. Je ne sais pas si c'est moi mais j'ai l'impression qu'il y a beaucoups plus de "violence" et "d'agressions" qui sont reportés à la télé par rapport à avant. Honnêtement je ne pense pas qu'il y en ai plus . C'est juste que les médias ont besoin d'un prétexte pour renforcer la surveillance et le contrôle de la populas. En jouant sur la psychose général de l"insécurité". Bref le grand classique. Du coup je trouve que ce topic tombe à pic par rapport à cette période. C'est le bon moment de débrancher psychose TV avant de devenir complètement parano ou fanatique.

Merlinle 09 septembre 2020 à 08:16   •  

Autant je crois en la nécessité de prendre du recul par rapport à l'information, autant les discours anti-media en général m'inquiètent. Nous sommes en effet victimes de surinformation, mais c'est surtout dû à l'info continue et à quelques chaînes en particulier. Si l'on excepte cela, le monde des média est diversifié et pluraliste, et on ne peut pas les faire tous rentrer dans la même case. Entre Reporterre, l'Humanité et Valeurs Actuelles, pour ne citer que quelques "repères", il y a un éventail d'opinions et d'analyses extrêmement varié, et assez peu de comparaisons possibles entre les lignes éditoriales.
Cette diversité fait partie des fondements de la démocratie. Ce n'est pas parce que cette dernière fonctionne mal, et qu'il serait nécessaire je crois de la réformer en profondeur, que les media y sont pour quelque chose. Les media ne sont que le reflet des gens, et des groupes de gens, avec (un travers général dans notre société) une forme de course à l'audience qui est (hélas) le fait du besoin critique d'argent dans une société capitaliste. Et cette course à l'audience pousse trop souvent beaucoup de media à privilégier des sujets ... que les gens aiment lire, même s'ils les critiquent !

Bien sûr, la parole officielle tient une grande place dans la plupart des media. C'est la "prime au sortant" : les personnes qui ont été élues ou désignées à des postes de responsabilité ont un rôle d'acteurs, qu'ils fassent bien ou pas leur boulot. Et les acteurs, ce sont les interlocuteurs obligés lorsqu'on parle du domaine dont ils sont en charge. Parler du logement sans parler de la politique du logement du gouvernement, c'est juste pas possible. Comme de ne pas parler de DAL, de la Fondation Abbé Pierre... Parce que ce sont ceux qui AGISSENT dans ce secteur. Et les médias parlent de ce qui se fait, bon ou mauvais, c'est leur rôle.

On a un peu tendance à déléguer notre propre désir d'esprit critique aux médias, alors que ce n'est pas leur rôle premier. Leur rôle est de relater. Alors bien sûr, on aimerait qu'ils soient "objectifs", mais l'objectivité est une vue de l'esprit lorsqu'on parle d'êtres humains. Il y a beaucoup d'opinions, d'éditoriaux et tout ça, mais c'est justement là où la pluralité est importante.

Internet a eu tendance à gommer cette pluralité en apparaissant comme un gigantesque media alors qu'il s'agit d'un medium, d'un support, pour des tas de media. Et sur ce support, on peut trouver toutes les infos avec le "filtre" de son opinion. Mais quand ces infos sont diffusées par n'importe qui, on arrive à mettre du n'importe quoi au même niveau que des infos vérifiées. C'est là où les vrais media ont leur rôle : ils ne peuvent pas dire n'importe quoi (le droit de la presse), et quand ils le font, on a les moyens de le vérifier et de leur renvoyer dans la figure. Leur pluralisme garantit aussi la pluralité des points de vue.

Le hic c'est qu'une proportion importante de la population est connectée à un nombre limité de chaînes TELE. Or le format télé est très réducteur (un journal de 20h, ça correspond en quantité à une seule page de journal papier, en dimensionnant les photos en fonction du temps de diffusion des images). Le problème majeur, je crois, est l'absence de culture media chez la plupart des gens : ils ne savent pas chercher les vrais media qui correspondent à leur vision du monde.

Du coup, le risque du "media bashing", c'est de démolir l'un des seuls contre-pouvoirs dont nous disposons, et de faciliter encore davantage la montée des néo-fascismes, du pouvoir des grandes entreprises, et en gros tout ce qui pourrait, justement, nous aider contre le "système" tant dénoncé par les complotistes de tous bords...

J'aimerais que "l'esprit critique" de tous ceux qui se livrent à des amalgames sur les média se déchaîne plutôt sur ce qui manipule le plus la population : la publicité. C'est d'elle que vient la surconsommation, et ça, c'est un fléau pour la planète ;)

Sebunkenle 09 septembre 2020 à 10:19   •  

Peut être que le terme "média" était un peu trop "global" et pas le plus approprié . C'est vrai. Mais je ne pense pas que l'on ai eu besoin de préciser que l'on ne faisait pas référence à "toute" les chaînes évidemment. On le sait très bien. Ce topic même si pas dit explicitement ce concentre surtout sur des chaînes comme le grand journal. En tout cas. Tout ce qui a été dit plus haut n'a rien d'amalgame. Certains messages ou sous-entendus insidueux produit par certaines chaînes ne sont pas à prendre à la légère non plus.

Kundunle 04 janvier 2021 à 18:37   •  

Je me raccroche sur ce sujet avec beaucoup de retard : il y a un biais dans ta pensée Merlin je trouve (mais elle n'en est pas moins intéressante), c'est que tu sembles négliger le fait que la quasi totalité des médias en France sont possédés par des grandes fortunes ou par des banques. Ces médias étant souvent déficitaires, ou à défaut très peu rentables, on peut difficilement expliquer l'apétance de ces gens pour les médias par autre chose que par une volonté d'influence. Il est de notoriété publique par exemple que Xavier Niel (soutien d'Emmanuel Macron et actionnaire principal du Monde) déjeune une fois par semaine avec le directeur de la rédaction. Parlent-ils seulement de finance ? On peut en douter.

J'aime bien m'informer en passant en revue les différents grands quotidiens en ligne et en comparant les titres et les sujets traités. Je n'ai généralement pas le temps ni les moyens de lire le fond des articles car ceux-ci sont de plus en plus en accès payant, mais ça donne le ton. Globalement l'information me semble traitée à peu près correctement, mais de temps en temps, sur certains sujets précis, on voit surgir des théories néolibérales dans des journaux de gauche ces derniers temps, ce qui me pose question. Au début des manifestations contre la loi travail, alors que Médiapart avait relevé d'importantes violences policières dans plusieurs villes de France, tous les autres grands journaux traitaient les manifestations sous l'angle "c'est plein de casseurs, ces manifestants sont des sauvages". Jusqu'à ce que le nombre et l'intensité des violences policières deviennent telles qu'ils ne pouvaient plus être ignorés. Elles sont maintenant reprises un peu partout et la presse ne peut plus aujourd'hui ignorer ce point. Il y a eu cet évènement aussi à la suite de la crise de 2008 ou beaucoup d'Islandais ont perdu leur épargne à cause de banquiers verreux. Il y a eu des manifestations monstres dans le pays et les banquiers ont étés mis en prison. Ce qui m'a frappé sur le coup en 2008, c'est qu'il n'y avait pas une ligne sur le sujet dans nos médias. Rien. Nada. Cette information n'avait-elle vraiment aucun intérêt ? Ou n'y avait-il pas plutôt une trouille bleue de voir un tel mouvement faire tâche d'huile ? Que dire enfin du fait qu'Emmanuel Macron avait multiplié les Unes de Paris-Match avant son élection, ce qui lui ouvrait de facto un boulevard de communication vers l'électorat féminin et les EHPADs ?

Enfin, comme une grosse part des revenus des médias est liée à la publicité, il y a indubitablement un risque élevé d'autocensure dès qu'il s'agit d'écrire sur les agissement d'un annonceur. Car les pertes liées au retrait d'un client peuvent faire très mal, surtout au regard de l'équilibre précaire des bilans de la presse papier notamment. Nous avons donc il semble dans notre pays une presse assez largement inféodée aux mécanismes du pouvoir et de l'argent. Cette dépendance des médias a été dénoncée par plusieurs hommes politiques dont François Bayrou (voir la vidéo) qu'on ne pourra pas accuser d'être de l'ultra gauche révolutionnaire. Tout ceci crée à mon sens une forme de soft power qui a permis une forte progression de la pensée néolibérale dans notre pays. Je ne vois pas le diable partout, mais les rares fois ou je me branche sur RMC ou BFM, les bras m'en tombent quand je perçois les lignes éditoriales. Après, on peut voir ça comme l'expression d'un diversité, c'est vrai. Sauf que justement ça manque de diversité. Quand Patrick Drahi, propriétaire de BFM, RMC et l'Express est aussi le propriétaire de Libération (journal de gauche), ça pose question. Xavier Niel et Le Monde (journal de gauche), ça pose question. Quand l'ancien secrétaire d'état Sarkozyste Frédéric Lefebvre, devenu Macroniste, devient directeur de la publication de Pif Gadget (historiquement proche du PCF), ça pose question. Le journal L'humanité, lui, ne trouve pas le moyen de se financer et se trouve en redressement judiciaire. Loin de moi la volonté de vouloir politiser le sujet. Je note simplement une forme de rouleau compresseur qui est en train d'atomiser l'expression de la pensée de gauche dans le pays. Question, est-ce simplement le reflet de l'évolution de la pensée des Français, ou est-ce le symptôme de la victoire économique d'une forme de pensée politique sur une autre ? A vous de vous faire votre propre opinion.

Pour finir, un petit graphique mis à jour en décembre 2020 sur qui possède quoi en France. Il est à regretter que les médias indépendants comme le Canard enchaîné ou Médiapart n'apparaissent pas, ce qui nous permettrait de pouvoir comparer les populations de médias dépendants vs. indépendants. Ces derniers sont de toutes façons devenus très rares dans un paysage qui a fait l'objet d'un fort mouvement de concentration capitalistique depuis 40 ans :

Merlinle 05 janvier 2021 à 09:05   •  

@Kundun je comprends que l'on puisse voir les choses de manière un peu manichéenne lorsqu'on n'est pas au fait dans le détail du fonctionnement des médias en France. Mais dans les faits, c'est beaucoup plus complexe que ça. Je ne prendrai ici que l'exemple de journaux "de gauche" puisque nous évoquons la pluralité et la contestation d'un système capitaliste-libéral établi.

Déjà, il y a pluralité : entre Le Monde, l'Obs, l'Humanité, Libération, Mediapart, Reporterre ou même Charlie Hebdo et le Canard Enchaîné (et j'en oublie) cela fait déjà un grand éventail. Ils ne font pas tous l'objet, loin de là, de participations plus ou moins importantes de grandes fortunes à leur capital. Ce qui signifie que s'il y avait des scandales d'influence chez les uns, les autres en parleraient.

Ensuite, les grands médias d'information ont leur indépendance rédactionnelle. Le Monde, par exemple, a un "pôle d'indépendance" qui comprend la société des rédacteurs, la société des lecteurs, des employés...) et qui a une minorité de blocage. Outre les côtés économiques de la chose, cela garantit l'indépendance éditoriale. Je ne vais pas dire qu'un milliardaire qui dispose d'une majorité des parts dans une société n'a pas la possibilité d'intervenir ponctuellement sur un article ou un autre, mais cela ne veut pas dire que l'intervention sera suivie d'effet (le directeur de la rédaction du Monde ne peut être nommé que si la rédaction vote en sa faveur), et si jamais cela l'était, les journalistes ne laisseraient pas passer ça sans réagir (et sans informer le public). Parce qu'un journaliste n'est pas un employé qui fait son boulot sans réfléchir, il a des droits et devoirs qui sont dans la définition même de sa profession. https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_Munich. Et sur les dizaines ou centaines de journalistes qui bossent dans un média donné, il y en a pas mal qui sont honnêtes, aussi surprenant que cela puisse paraître :P
C'est aussi ça qui fait qu'il est important à la fois de ne pas idéaliser les journalistes mais aussi de leur reconnaître une voix différente de celle du pékin qui poste des vidéos complotistes sur Youtube, parce que, eux, ont des responsabilités et sont comptables de leurs écrits (déontologie, droit de la presse...).
Je ne veux pas dire qu'il n'y a pas de problèmes dans les médias (la course à l'info des chaînes d'info continue, la focalisation sur l'immédiat sans prendre de recul dûe à la course à l'audience, le vedettariat des présentateurs... ) et les idéaliser est dangereux. Mais les rejeter en bloc l'est encore davantage : c'est nier une réalité plurielle et complexe, et laisser la porte ouverte au grand n'importe quoi des pseudo-infos non vérifiées et manipulatrices.

Quant à "la pensée de gauche", je pense que c'est justement le problème, et pas les médias en général : beaucoup de gens classent encore le PS à gauche alors qu'une grande partie de ses "chefs" sont économiquement de droite. Je pense notamment à Hollande ou Cazenave, et je ne parle même pas de Manuel Valls... La vraie ligne de démarcation aujourd'hui entre droite et gauche se fait sur des thèmes comme l'écologie, l'opposition au libéralisme économique... et là, des gens "de gauche" ont des thèses à vomir (ceci est une opinion personnelle ;) ).
Le rapport avec les médias ? Ils rapportent les analyses des personnes qui occupent des positions décisionnelles (élus ou désignés). Ces personnes parlent ex cathedra (de positions d'autorité), et ont donc davantage de poids, par la force des choses. Si la droite et une grande partie des ténors de la "gauche de gouvernement" tiennent des discours divergents sur des points de détails mais sans contester le socle du capitalisme libéral, on a l'impression générale que tout parle d'une même voix, même lorsque les opposants ont eux aussi droit à la parole (mais moins, parce qu'ils sont moins nombreux dans les positions d'autorité en question, et qu'ils sont aussi très désorganisés et morcelés). C'est l'état d'une vraie gauche qui de mon point de vue pose problème. Parce que s'il y avait un bloc de gauche non capitaliste uni, représentant au moins 25% de l'électorat, les médias leur donneraient autant la parole qu'aux autres (ce qu'ils font déjà, proportionnellement) mais ils auraient une crédibilité beaucoup plus grande auprès de ceux qui décident : les électeurs.

La progression du néolibéralisme n'est qu'accessoirement un problème de médias. Ceux-ci reflètent l'état d'un pays, donc ils reflètent automatiquement l'idéologie dominante, et de fait ils l'amplifient, mais pas par une volonté idéologique de la propager, simplement en donnant la parole à ceux qui sont aux commandes et à ceux qui les critiquent... mais dans les institutions (élus, universitaires...). C'est le discours politique qui est à l'origine de tout ça, et le fait qu'une partie de la gauche dite "réformiste" est passée dans le camp du capitalisme libéral depuis déjà plusieurs dizaines d'années. A force d'entendre les "ténors" de la gauche et de la droite affirmer ensemble que des éléments comme "la dette", "la croissance" ou "l'austérité" étaient des vérités révélées, tout cela a fini par faire croire à la population que c'était vrai. Un travail de déconstruction est à faire, ce qui voudra dire à un moment ou un autre d'apprendre à se servir des médias... et pas les remplacer par du n'importe quoi manipulé directement par des intérêts occultes (regardez RT, c'est un superbe exemple de ce qu'est vraiment un support téléguidé).


(désolé d'avoir fait un peu long, mais le sujet m'intéresse ;) )

Kundunle 07 janvier 2021 à 12:39   •  

C'est tout le fond du problème cette question d'amplification : la production des médias n'est plus du tout en phase avec la réalité vécue par une grande partie de la population du pays. Et on le voit avec ce gouvernement élu grâce à une statégie médiatique qui se maintient plus par la propagande et la force que par une réelle légitimité, la sienne étant en grande partie le produit d'une stratégie de fabrique du consentement au quotidien servie à différents degrés par certains médias. A voir à ce sujet l'excellent documentaire "Propaganda, La fabrique du consentement" https://www.imagotv.fr/documentaires/propaganda-la-fabrique-du-consentement/film/1, et à écouter l'excellente émission "En grève" avec Barabara Stiegler (https://www.franceinter.fr/emissions/l-heure-bleue/l-heure-bleue-14-decembre-2020), notamment ses propos sur le dernier 1/4 d'heure qui sont très éclairants sur les stratégies politiques du moment. La pratique du média bashing est plus un symptôme de ce divorce, et à ce titre c'est un témoin d'alerte sur l'état de notre cohésion sociale et donc de notre démocratie.

Après, personnellement je n'ai rien contre les journalistes. Il me semble qu'ils font leur boulot. Ce sont plus les lignes éditoriales des grands médias qui sont à questionner, en fonction des sujets qui sont choisis et de ceux qui sont ignorés, et là on ne peut pas faire de généralités : ça dépend vraiment de la stratégie du média en question, de ses financiers et de la personnalité du responsable de la programmation.

Je trouve pourtant que les médias pourraient constituer un excellent outil d'éducation populaire au sens noble du terme, sans pour autant leur ôter leur vocation au divertissement qui est intéressante et importante aussi. Mais aujourd'hui, au lieu d'éducation et divertissement, on a plutôt du propagande et divertissement. C'est le fond du problème.

Et puis il y a des médias de qualité, et d'autres qui font de la pure bouse. C'est la diversité, et dans un monde libre on doit pouvoir être libre de faire de la bouse aussi, c'est vrai... Mais ça ne veut pas dire que c'est souhaitable, et qu'en tant que société on ne devrait pas essayer de s'organiser pour faire pencher la balance dans l'autre sens. Comment faire ? Ça par contre c'est une vaste question qui nécessiterait un débat social, une construction collaborative entre citoyens et spécialistes, et in fine, si on veut que les choses changent, une forme de régulation ou tout au moins d'incitation à faire mieux.


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