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"T'inquiète pas, ça va aller"

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"T'inquiète pas, ça va aller"
Fanny-146le 06 mars 2019 à 21:23

Deux phrases que j'entends souvent (soit qu'elles me sont dites directement, soit que je les entends dites à d'autres pour les réconforter) et qui, pour moi, font plus de dégâts qu'autre chose :
- T'inquiète pas, ça va aller !
- Il y a des gens bien plus malheureux, tu n'as pas à te plaindre.

Est-ce qu'on vous les a déjà dites ? Comment les avez-vous reçues ?

Justine18le 06 mars 2019 à 21:34  •   5963

La première phrase je la dis tout le temps, à moi, dans ma tête, et jusque là j'ai toujours eu raison 😉
Par contre la seconde est inadmissible pour moi...
Qu'est ce qui te dérange dans la première phrase ?

Fanny-146le 06 mars 2019 à 21:40  •   5965

Ce qui me dérange, c'est sans doute que pour moi, elle n'a jamais été vraie... Je vais de galère en galère chaque fois plus grave. Et la phrase en elle-même n'a rien ni d'efficace, ni de rationnel. Alors je ne comprends pas en quoi elle aide. Ce n'est pas un conseil, c'est juste de la pensée magique, et si juste après la conversation il doit t'arriver une mer**, elle arrive quand même...

patrickle 06 mars 2019 à 21:44  •   5967

je comprends que la première phrase peut choquer dans certains cas, il vaudrait mieux dire : accroche-toi ca va aller ou un truc duc style. on a le droit de s'inquiéter il faut prendre cette inquiétude comme un élement du problème.
moi je dis plutôt : ca va marcher parce qu'on n'a pas le choix (je sais pas si c'est beaucoup plus positif)

Fanny-146le 06 mars 2019 à 21:52  •   5968

Mais est-ce qu'on peut dire à quelqu'un que ça va aller / marcher, alors même que la personne n'a pas le contrôle sur les événements (que ce soit la personne qui est en galère ou celle qui essaie de consoler, d'ailleurs.) ?
Je crois qu'en fait, je reçois ça comme une sorte de mensonge bien pratique pour celui qui le dit...

Justine18le 06 mars 2019 à 21:56  •   5969

Ok, je comprends ce que vous voulez dire. En fait, moi j'entends juste que s'inquiéter n'a jamais réglé aucun problème, et que tant qu'on n'est pas mort alors tout s'arrangera d'une façon ou d'une autre. Maintenant, je parle de ce que je me dis en moi. Cela dit, j'ai l'optimisme chevillé au corps, donc j'ai du mal à comprendre que l'autre ne voit pas la lumière au bout du tunnel. J'ai une phrase mantra de Churchill qui dit : "If you're going through hell, keep going." Et ça me donne un coup de boost.

Merlinle 06 mars 2019 à 21:57  •   5971

Dans le même ordre d'idée, j'ai tendance à dire que "tout passe toujours, même mal," mais c'est dans mes moments fatalistes

Justine18le 06 mars 2019 à 21:59  •   5972

Non Fanny, parce que le fait que quelque chose "marche" ou non n'a pas d'importance. Ça va aller veut dire "tu trouveras une solution adaptée quoi qu'il arrive". Enfin pour ma perception des choses.

Justine18le 06 mars 2019 à 22:01  •   5973

@Merlin, je ne trouve pas cela fataliste, c'est juste réaliste. Tout passe toujours pour peu qu'on ne reste pas sur place, et vu depuis le rétroviseur, tout est déjà beaucoup plus petit. De toutes façons, je pars du principe que quelque soit le problème, il n'aura que la place que je lui accorde (je ne parle pas de maladie incurable ou autre drame que je ne veux même pas évoquer).

LibertEchEriele 06 mars 2019 à 22:05  •   5974

En fait, dans certains cas, à certains moments, un câlin est beaucoup plus efficace. Encore faut-il savoir le donner... Et le recevoir... Je te comprends Fanny, pour l'avoir ressenti. Mais les gens en face, que peuvent-ils bien te proposer? En général, quand on dit des phrases comme ça, c'est quand-même donner ce qu'on peut, un semblant d'espoir d'y croire... Il n'est pas facile de rassurer quelqu'un qui est en pleine dépression, même quand on l'a été soi-même. Et ce qui parle à quelqu'un ne parlera pas forcément à un autre

Fanny-146le 06 mars 2019 à 22:06  •   5975

Pour ce qui est de marcher, je rebondissais sur la réponse de Patrick. Pour moi, dans les deux cas, il y a l'idée d'une solution et d'une amélioration.

Est-ce qu'il y a toujours de la lumière au bout du tunnel ? Plus le temps passe, et moins j'en suis convaincue... Et du coup, entendre ça comme réponse m'agace d'autant plus. J'ai envie de répondre : qu'est-ce que tu en sais ?

Fanny-146le 06 mars 2019 à 22:09  •   5976

Je ne reçois pas de câlins ou presque. Et c'est tant mieux, parce que je ne sais pas les recevoir, et ils viennent toujours de gens dont je n'en veux pas.
Quant à l'espoir... Je vois pas à quoi ça sert. À la limite, je préfère qu'on me dise bon courage si on n'a pas de conseil objectifs.

Abderianle 06 mars 2019 à 23:38  •   5979

En fait, dire à quelqu'un "Ecoute, je comprends ton malaise, et, techniquement, il est justifié ; maintenant, soit tu as les moyens de te bouger le cul pour changer intérieurement et extérieurement, et ça ira mieux, soit ben tu restes ce que tu es et tu finis par le fond, et dans ce cas, c'est bien sûr une solution de facilité, mais c'est dommage de sombrer sans tenter de réellement nager", j'imagine que c'est socialement long et inadapté, donc le raccourci "Allez, ça peut aller, tu sais", qui reste encore assez cynique et culpabilisant, se transforme du coup en une sorte d'incantation divine du type "allez, pleure un coup et ça ira mieux" ou en un très prophétique "ça va aller" sous-entendu "demain est une autre journée". J'imagine que dans les milieux élus on pourrait dire "Pense à Job !" mais vu que l'athéisme a triomphé de l'espérance, et que, certains diraient que l'individualisme petit-bourgeois a livré l'ego au cancer d'une société du mirage, dire "ça va aller" ressort franchement autant de la convention sociale que d'une habile compromission entre plusieurs possibles très délicats.
Je louerais donc plutôt la psychologie d'un tel propos (moi qui n'en ai pas :p) !
Et d'ailleurs, on admettra aussi la difficulté question de la "volonté" en matière, par exemple, de dépression. Et dire "t'as pensé à prendre tes cachets ce matin ?" est aussi une réduction terrible de l'individu à un dysfonctionnement organique, qui n'est probablement pas très enthousiasmant non plus.

Mh, pour être plus sérieux, la souffrance est toujours une question personnelle (sauf celle du Christ, hein ^^). Tiens, quelque part, la dépression est peut-être comme une faiblesse érectile. Imaginez que vous disiez à vos collègues "Ah non j'vais bien j'y arrive plus", franchement, que pourraient-ils dire ? Et que diriez-vous ? Ce type de malheur est très délicat. Au demeurant, toute souffrance est délicate. Tu viens de perdre tes économies pour un mauvais placement financier ? Bon, quelques uns se cotiseront peut-être pour t'offrir un manteau. Pour le reste...
En bref, comme je parle dans le lyrisme gratuit, c'est l'intenable situation d'être forcément seul avec ses problèmes intimes et la délicate maladresse pleine d'espoir que quelqu'un pourrait nous aider. Et comme les gens ont leur propre nombril, s'occuper des chagrins d'un autre, c'est une entreprise qui doit rester brève, le plus souvent (sauf cas de voyeurisme mal placé, de syndrome du sauveur et autres cas cliniques, en sus de ceux naturellement sympathiques et consolateurs, qui en général ont les mots sans la magie qui irait avec).
Bref, "finis ta soupe, tu verras après" serait peut-être une vague traduction socio-métaphorique de la situation. Mais ça, c'est mon point de vue depuis les frontières de l'autisme.

Justine18le 07 mars 2019 à 06:52  •   5997

@Fanny, je n'avais pas compris que ces phrases étaient appliquées à la dépression, je pensais que tu évoquais les petis et moins petits problèmes de l'existence. Auquel cas c'est plus délicat. Mais effectivement, je pense que la personne en face se sent peut-être désemparée et se rassure autant qu'elle te rassure. Et dire "bon courage" ce serait vraiment ne pas prendre part à ta peine (selon ma lecture, la vision de chacun diffère tellement).
Et effectivement, je pense comme @Abderian l'a dit, qu'on est tous seuls face à notre existence, face à nos problèmes. Les autres peuvent nous montrer des points de vue différents qui nous permettront peut-être de trouver une solution mais ils ne peuvent pas avoir de solution face à quelque chose qu' ils ne maîtrisent pas.

Fanny-146le 07 mars 2019 à 08:28  •   6009

@Justine18: ça s'applique à la dépression, mais pas que. Je suis passée ces 2 dernières années par plein de galères matérielles, liées à des négligences de soi-disant professionnels, et chaque fois, on me disait, "T'inquiète pas, ça va aller", et non, la galère suivant arrivait dans la foulée, un peu plus "grave", parce qu'elle mettait ma vie de plus en plus en danger sur le plan matériel, et un peu plus grave aussi parce qu'elle usait mes ressources mentales. Alors ce "mantra", il ne m'a servi à rien du tout, sinon à mettre en évidence le fait que soit j'ai vraiment pas de bol, un mauvais karma, soit que j'attire la "malchance" (je pense que c'est plutôt ça), par ma personnalité, mes actions, mais que je n'arrive pas à le changer. Et cette phrase, c'est de l'espoir à bon compte, et quand décidément ça veut pas, on retombe de plus haut...

@Abderian : je trouve cette phrase anti-psychologique au possible, pour cause de faux-espoir. Quant à partager / comprendre la souffrance de l'autre, c'est effectivement un leurre, et d'autant plus si l'on n'a pas vécu une situation similaire. En ayant vécu une expérience très proche, on s'approche un peu de la compréhension, mais pour le reste... D'ailleurs souvent, la fameuse phrase "t'inquiète pas, ça va aller" est suivi d'un "d'ailleurs, moi...." souvent à côté de la plaque. J'ai l'impression que les gens qui comprennent au moins partiellement ta souffrance ou tes difficultés ne recourent pas à cette phrase.

Merlinle 07 mars 2019 à 08:31  •   6011

Je crois que ce qu'il faut regarder en premier, c'est l'intention, pas les paroles toutes faites qu'on sort dans les moments difficiles parce qu'on n'en trouve pas d'autres. Pour certains, c'est en effet une manière de minimiser les souffrances de l'autre et de tout ramener à eux-mêmes. Mais pour d'autres, c'est une tentative sincère d'apporter un soutien moral, même s'ils ne trouvent pas les mots justes.

NonoBZHle 07 mars 2019 à 08:32  •   6012

Je suis d'accord avec toi @Merlin 😉

Fanny-146le 07 mars 2019 à 08:42  •   6014

Tu as sans doute raison, Merlin. Me reste plus qu'à apprendre à décoder les gens, et ça, c'est mission impossible pour moi... Je pige rien à leur fonctionnement, incapable de différencier celui qui dit ça pour mettre un terme à la conversation et celui qui le pense sincèrement. Alors comme j'ai plus souvent eu affaire aux premiers qu'aux seconds, mettre tout le monde dans la même catégorie réduit le nombre d'erreurs, et ça évite de croire à la bienveillance de certains et de se prendre un coup de poignard dans le dos ensuite.

Justine18le 07 mars 2019 à 10:55  •   6033

J'ai une question @Fanny, parce que je n'arrive pas à me figurer l'ensemble de ton propos. Que voudrais tu qu'on te réponde (dans l'idéal), mais surtout quel genre de problème partqges tu et avec qui ?

patrickle 07 mars 2019 à 11:09  •   6040

j'adore les texte d'Abderian où il faut presqu'avoir une thèse en philosophie pour les comprendre, et puis il continue avec 'pour être plus sérieux. (là on se contente d'aller chercher deux aspirines).
🙂

Zebra3le 07 mars 2019 à 11:17  •   6042

Je voudrais vous partager une chose que j'ai apprise concernant l'aide qu'on peut apporter aux gens et qui a fonctionné, et qui fonctionne encore, pour moi:
"l'écoute active ou écoute bienveillante"

Quand une personne vient se plaindre auprès de vous, dans la plupart des cas, elle ne cherche pas d'aide, elle veut simplement être écoutée. La solution à son problème viendra d'elle, généralement.
"Ecouter" veut dire, dans ce cas là, "Reformuler". C'est une technique qui fonctionne très bien, avec les adultes (en management, par exemple), mais aussi avec les enfants. Elle permet de communiquer sur le même canal. Reformuler ne veut pas dire répondre par " oui, je comprends, tu devrais faire ci, tu devrais faire ça ", non, c'est retourner les paroles de l'autre avec ses propres mots, sans aucun jugement :

Exemple:
"Je suis tellement malheureuse avec mon ami, il me fait du mal, c'est un vrai pervers"
"tu es malheureuse, oui, je l'entends, tu dis que ton ami est un pervers, c'est ça ?"
"Oui, c'est ça.... j'ai essayé de partir, mais c'est pas si simple"
etc....
Vous trouverez tout sur le net. faites le tri.

Et, bien entendu, le "T'inquiètes pas, ça va aller" est à proscrire; et l'autre "Il y a des gens bien plus malheureux, tu n'as pas à te plaindre", aie aie aie

Fanny-146le 07 mars 2019 à 11:30  •   6047

@Justine : en fait, là, je n'ai même plus envie qu'on me réponde quelque chose... Si je pouvais partir vivre sur une île déserte, je le ferais.
Il serait compliqué de te dire ce que je partage et avec qui, parce qu'il y a des tas d'exemples différents, depuis les collègues avec qui tu évoques une galère matérielle à la machine à café, jusqu'aux proches avec qui tu parles de problèmes plus intimes, voire des professionnels qui te répondent presque la même chose, avec juste un vernis médical.

@Zebra3 : je ne pense pas que ce genre de communication me permette de sortir de mes galères, notamment sur le plan médical / psychologique. Je n'ai pas les solutions en moi, et quand on te refile les mêmes "solutions" encore et encore, et qu'on nie ta souffrance, c'est compliqué.
Le toubib à qui tu expliques que tu as testé plein d'anti-dépresseurs sans autre effet que des effets secondaires, et qui te répond que lui va te guérir avec des anti-dépresseurs, et que cette fois ça va marcher, et qui n'accepte pas que tu lui demande en quoi ce sera différent des fois précédentes... La psychologue à qui tu expliques que non, écrire une lettre aux gens qui t'ont fait du mal par le passé (ou faire un jeu de rôle où tu leur parles) n'a pas fait disparaître la souffrance, et qui te répond que tu vas le faire, et que cette fois, ça va marcher... je vois pas quoi leur répondre...

Justine18le 07 mars 2019 à 11:30  •   6048

L'écoute active je le fais avec les enfants (ça évite bien des crises), et je me rends compte que je le fais aussi avec mes proches mais mon soucis c'est que personnellement, je déteste qu'on ait pitié de moi. Aussi, je ne le fais pas aux autres. Mais je crois qu'en fait il faudrait. Je ne sais pas. Je sais que si je parle d'un problème à quelqu'un, c'est que je pense que la personne peut m'aider à trouver une solution concrète. Sinon, je ne trouve pas l'intérêt de dire un problème. Encore une fois, c'est personnel, mais j'ai eu le cas hier, je parlais avec une amie dont la petite doit se faire opérer (opération très bénine et enfant en parfaite santé je précise). Elle me dit que ça l'angoisse, je commence par lui dire que je comprends, que c'est sa fille et que la moindre chose qui lui arrive prend d'autres proportions. Comme elle continuait de se plaindre, je lui dis de regarder le positif, sa fille aura une meilleure qualité de vie (opération esthétique), qu'elle a la chance que ce soit pris en charge en France etc... Mais elle restait dans sa plainte en arguant que je ne comprenais pas, donc j'ai coupé court (après 20 minutes de plaintes tout de même). Parce que je ne vois pas ce que je peux y faire. Je ne peux pas prendre son anxiété ni changer le cours des choses.
Je vous raconte tout ça parce que ma question est la suivante : comment aurais-je du réagir ? Qu'aurais-je pu dire ?

Zebra3le 07 mars 2019 à 11:35  •   6050

@Fanny-146, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. C'est un outil qui marche, parfois, pas pour tout.

Zebra3le 07 mars 2019 à 11:36  •   6051

@Justine18, elle avait peur de quoi, ton amie ?
"je commence par lui dire que je comprends, que c'est sa fille et que la moindre chose qui lui arrive prend d'autres proportions" oups, ne lui as-tu pas donné du grain à moudre ?

Merlinle 07 mars 2019 à 11:37  •   6052

J'ai remarqué que des gens en très grande souffrance ont surtout besoin d'extérioriser leur douleur, et ça se traduit en se plaignant. Tenter de les "contredire" en les rassurant, ça ne fait que les arc-bouter sur leur douleur et ils vont se braquer contre la personne qui veut les rassurer, parce que ce dont elles ont besoin, ce n'est pas d'êtres calmées ou apaisées, c'est de laisser sortir tout ce qu'il y a à l'intérieur. Dans de tels cas, si on a suffisamment de patience, l'écoute passive (et approbative de la souffrance et de ses causes) me semble la seule solution. Si c'est trop répétitif (toujours la même chose quand on voit la personne, pas d'évolution, pas d'effet positif de l'écoute), j'aurais tendance à éviter la personne pour me protéger moi (il y a des limites aux sentiments négatifs des autres que l'on peut absorber, même par compassion).

Fanny-146le 07 mars 2019 à 11:37  •   6053

@Justine : en fait, je crois que le côté "outil universel" du "t'inquiète pas, ça va aller", m'agace prodigieusement, parce que c'est vide. Aussi vide que le "salut tu vas bien ?", auquel on n'attends qu'une réponse : "oui, ça va bien, et toi ?" (auquel on n'attend bien sûr qu'une réponse positive).
D'ailleurs, face à une succession de galères, les gens se rendent bien compte que ça ne sert à rien, mais apparemment, sur le coup, ça les rassure.

Je me souviens d'une discussion avec deux collègues : une NT, une plutôt zèbre (mais qui passait pour une idiote, parce que du genre grande gueule, pas prof, dyslexique) et moi. On parle de deux élèves, amies : l'une était sans doute un zèbre, pas très bien intégrée, et pas agréable du tout, ni avec ses camarades, ni avec les adultes. L'autre, élève en difficulté et malentendante (complexée par son appareillage, par sa prise en charge par une AVS...). Et la collègue NT reprochait à la première de ne pas rassurer sa copine, en lui disant "t'inquiète pas, ça va aller", elle la trouvait égoïste. Mais faut-il être égoïste ou objectif ?
Mais du coup, suite à cette discussion, je me demandais si le côté horripilant de cette phrase était lié à une perception du monde zébresque ou non.

Zebra3le 07 mars 2019 à 11:39  •   6054

@Merlin, Exact !

Fanny-146le 07 mars 2019 à 11:39  •   6055

@Zebra3 : je ne nie pas que ça fonctionne dans certains cas, certains domaines. C'est vrai qu'égoïstement, je cherche des solutions, parce que ma vie est en train de totalement voler en éclats, et malheureusement, ce dont tu parles n'en est pas une dans mon cas. Ca ne veut pas dire que ça ne sert à rien, et sans doute que tes mots serviront à quelqu'un d'autre, tout comme cette technique aide sans doute des tas de gens.

Justine18le 07 mars 2019 à 11:39  •   6056

Elle avait peur que la petite ait mal. Elle avait de la peine que sa fille "subisse" cela.
Tu crois que c'est ça ? En fait je disais ça pour dire que je comprenais ses peurs parce que comme j'ai des enfants je sais comme on peut être irrationnel face à leurs souffrances. Tu aurais dit quoi toi ?

Zebra3le 07 mars 2019 à 11:42  •   6058

Oui, @Justine18. Je lui aurais demandé pourquoi elle se trouve angoissée. Et la petite, elle, elle était comment ? (les gosses sont beaucoup plus forts qu'on ne le pense)

Fanny-146le 07 mars 2019 à 11:45  •   6059

Tu as tout à fait raison, Merlin. Je suis en train de perdre la seule personne qui compte pour moi à cause de ça. Il y a quelques mois, j'ai fait le choix de ne plus lui parler de mes soucis, ou très peu, justement pour nous préserver. Et pendant 5 mois, notre relation a été très apaisée. J'ai cherché des solutions par moi-même, et auprès de professionnels, qui m'ont claqué la porte au nez.
Aujourd'hui, je m'enfonce dans la galère, je n'ai plus de solution à explorer, alors même si je ne lui en parle pas, il y a des moments où ça ressort. Là, il m'en veut parce que j'ai éclaté en sanglots sans raison la dernière fois qu'on s'est vus, il me reproche de ne pas avoir "sanctuarisé" notre moment, qu'on attendait depuis longtemps. Bref, au final, je me sens encore plus mal, plus seule, plus nulle, parce que je l'ai blessée, et je suis blessée aussi qu'il ne mesure pas ma détresse en niant le fait qu'elle s'exprime quoi que je fasse.

Justine18le 07 mars 2019 à 11:50  •   6062

@ZEBRA, je lui ai demandé, si c'était le côté médical ou quoi. Elle disait que non, mais qu'elle s'en voulait d'avoir donné cette particularité à sa fille. Ce à quoi j'ai répondu que bon, le père n'était pas en reste, et le hasard non plus. Et que sa fille est en très bonne santé, entourée de gens qui l'aiment et en prennent soin et qu'elle n'allait pas s'en vouloir de ça. Enfin des trucs bateaux, mais ça n'a pas fonctionné. Elle revenait toujours sur l'angoisse.

Zebra3le 07 mars 2019 à 11:51  •   6063

La mauvaise mère qui se sent coupable !

Justine18le 07 mars 2019 à 11:54  •   6065

@Merlin, je n'avais pas vu ta réponse. Le problème c'est que je ne supporte pas d'entendre quelqu'un se plaindre si je ne peux rien y faire. Je vais forcément essayer de trouver une solution ou un point de vue qui rende la chose plus supportable. Et quand je dis que je ne supporte pas, c'est parce que ça me fait de la peine, et que je ne peux pas en rajouter, je ne tiendrais pas...

Zebra3le 07 mars 2019 à 11:55  •   6066

@Justine18, l'opération est un catalyseur, la vraie raison est plus profonde. Elle devrait se faire aider.

Justine18le 07 mars 2019 à 11:56  •   6067

@ZEBRA, oui c'est ça, mais malheureusement, dès qu'un môme a un problème, les médecins cherchent toujours du côté de la mère (de ce que j'ai vécu) ce qui n'aide pas à alléger la culpabilité inhérente à la parentalité (selon moi toujours).

Merlinle 07 mars 2019 à 11:57  •   6068

@Justine18 mais là ça devient ton problème, pas celui de la personne en question :) Et il faut savoir que tu vas peut-être aggraver son malaise de cette manière-là.

Zebra3le 07 mars 2019 à 11:57  •   6069

Ah ça oui @Justine18, je l'ai vécu et tu as tout à fait raison.

Justine18le 07 mars 2019 à 11:58  •   6071

@ZEBRA, oui, elle devrait se faire aider, le problème c'est que sur tout ce qui est lié à la parentalité, elle a décidé de façon unilatérale que c'était moi son aide. Et c'est dur de sortir de ce schéma, parce qu'on ne peut pas dire les mêmes choses à une amie qu'à un patient... (et surtout je ne suis pas psy)

Justine18le 07 mars 2019 à 12:00  •   6072

@Merlin, je l'entends, mais j'en sors comment, si je veux me respecter et respecter la personne en face ?

Zebra3le 07 mars 2019 à 12:01  •   6073

@Justine18 :oui, oui et oui. Tu devrais essayer de lui dire que tu n'as pas tous les outils pour l'aider par contre que tu comprends son angoisse de BONNE maman. Et qu'il existe des solutions; mais que c'est à elle de décider.

patrickle 07 mars 2019 à 12:22  •   6080

justine : je pense qu'elle attendait juste que tu fasses des 'oh' et des 'ah' ou encore des 'ah ben oui'. je suis d'accord avec toi, c'est vite gonflant. (cela dit, je le fais très bien avec mon fils quand il me parle de ces jeux videos ou de ses livres mais comme il est dans son monde, il voit même pas que je répète toujours la même chose, et moi ca a tendance à me faire rire, et en plus, il parle de ces trucs avec passions, donc ce m'amuse, mais je m'égare je m'égare..)

Aurale 07 mars 2019 à 12:27  •   6084

j'ai pas tout lu, mais je me fais une petite incruste:
dans "t'inquiètes pas, ..." et ben le cerveau retient "inquiète" et donc se met en alerte, style "truc de merde qui arrive" et ça produit l'effet inverse de ce qu'on voulait. D'où l'intérêt de la "communication-pensée" positive. C'est un jeu de reformulation facile mais qui est au fond assez redoutable, car le message envoyé, outre le passage par la compréhension, est plus dans le vrai. Donc "tout va bien se passer" suffit.

Fanny-146le 07 mars 2019 à 12:30  •   6085

Mais en quoi des mots feraient en sorte que ça se passe bien ? Et si ces mots n'ont aucun pouvoir, pourquoi les dire ?

Aurale 07 mars 2019 à 12:41  •   6087

Les mots ne font pas en sorte que ça se passe bien. Je rejoins Merlin, de toute manière ça se passe...
Mais le mots ont un pouvoir de fou, et évidemment qu'on en est tous convaincus...
Les mots font du bien, ce n'est que mon avis, quand ils sont justes avec ce qui se passe: si t'es en pleine déprime et que tu te dis: "tout va bien", ça sert à rien puisque tout ne va pas bien. Etre dans l'acceptation (cf Gounelle entre autre que j'aime vraiment bien, avec sa vulgarisation imparable): OK là c'est la merde j'accepte, permet comme de reconnaître, pour faire ensuite un deuil, ou passer à autre chose, ou pour sectoriser.
Les rituels parlés marchent assez bien (du moins pour moi) pour sortir de crises, mais ils faut qu'ils soient vraiment ciblés, décortiqués pour faire plus de bien que de mal (ça, c'est un peu mon dada).
Quand les gens disent "t'inquiète ...", je pense que c'est vraiment pour être gentil, parce qu'ils sont démunis face à la souffrance, et au lieu de l'accueillir, veulent qu'elle disparaisse au plus vite (alors qu'il fait partie intégrante du processus), et sont au final très maladroits...

Fanny-146le 07 mars 2019 à 12:47  •   6089

Gounelle, j'ai essayé, et ça ne me parle pas du tout. Ce genre de trucs me semble extrêmement "naïf", déconnecté de la réalité. Comme la phrase que je mentionne.
Quant aux gens, je suis sceptique sur le côté bien intentionné. Au mieux indifférents. Ils répondent par réflexe, et se trouvent bien emmerdés quand leur prédiction ne se réalise pas.

Justine18le 07 mars 2019 à 12:51  •   6090

Tout à fait d'accord @Aura, dire ces mots ou les entendre ne sert strictement à rien, mais en être convaincu change la vie. Il faut dissocier le problème réel de la place qu'on lui laisse.
@Fanny Maintenant, s'il s'agit de se faire soigner alors, il faut prendre les armes et croire en tes capacités à te faire entendre des professionnels de santé. Garder confiance en toi, et être convaincue qu'une solution existe. Je suis sûre que sur Lille il existe des professionnels qualifiés.

Fanny-146le 07 mars 2019 à 13:00  •   6092

Oui, sans doute... J'en suis à 15 psys. Des milliers d'euros. 15 ans. Là, je vais tellement mal que je suis au bord de perdre mon boulot et mon logement. Logement que j'ai fini par obtenir après avoir tout perdu suite à une séparation, combattu un courtier négligent, un banquier paresseux, deux offices notariaux incompétents, des artisans malhonnêtes, j'en passe et des meilleurs. Là aussi, réparer les erreurs de tout ce petit monde m'a coûté du temps, de l'argent, et surtout de la confiance en moi, parce que le fait est que personne ne me respecte.
Et en fait la confiance en moi, je ne l'ai jamais eue, à cause de mon éducation. Alors, "je ne m'inquiète pas, ça va aller".

Justine18le 07 mars 2019 à 13:16  •   6094

En fait @Fanny, tu es très malheureuse, je ne sais pas pourquoi, mais je ne pense pas que ce soit à cause de la liste sus-mentionnée. Tu penses que la vie est noire et que rien ne s'arrangera. Je ne peux pas te forcer à regarder les choses autrement, c'est toi qui décide. Je pourrais te donner mille raisons de ne pas regarder vers le noir, je ne peux pas t'y contraindre. Quand bien même je trouve que la vie c'est une chance, injuste par moments, vraiment pas facile souvent, mais c'est une chance. Maintenant c'est ma vision, pas la tienne. Et si tu veux regarder les mauvais côtés, on ne pourra pas te forcer à faire l'inverse.
On sent toute ta peine et ta colère, et je ne dis pas que ce que tu mentionnes plus haut ne joue pas. Mais ce n'est pas le noeud. Tu regardes le nombre de fois où tu es tombée quand moi je vois que chaque fois tu t'es relevée.
Tout est question de point de vue. Mais il faut que tu aies les outils et ces outils, on ne les a pas, on peut tenter, mais tu n'adheres pas.
Que pourrait-on faire/dire pour te soulager ? Vraiment ?

Fanny-146le 07 mars 2019 à 13:21  •   6096

Rien, effectivement. Je n'aurais pas dû lancer la discussion, parce qu'effectivement, il n'y a pas de solution pour moi. Désolée pour le temps gaspillé.

Aurale 07 mars 2019 à 13:21  •   6097

Oui Fanny, bien sur que tout va bien se passer, et bien sur qu'il faut être convaincu. C'est peut-être là la plus grosse difficulté. Mais en partant du principe que les gens ne sont pas bons, tu as peut-être toutes les chances de tomber sur ceux-là.
Pour info et ça peut peut-être t'aider, je suis suivie par une kinésiologue, et elle m'a aidé à changer ma vie et la façon de la voir, l'appréhender... (les psy, ils ont jamais rien compris et moi, rien compris d'eux, peut-être tout simplement parce que je fonctionnais pas comme eux...)
Tout le monde peut apprendre à construire sa confiance!!! Bon plaisir sur ce chemin 🙂
et je trouve le message de Justine plein de bon sens et d'amitié...

NonoBZHle 07 mars 2019 à 13:22  •   6098

Complètement d'accord avec @Justine18 qui a, en plus, les formulations très bien amenées et bienveillantes. Je pense que je n'aurais pas su exprimer ce point de vue de la même manière...Un peu plus raide peut-être (retire le peut-être).
J'ai juste envie de rajouter "La pensée est créatrice". Fais-en ce que tu veux... Mais peut-être penche-toi un peu sur cette question 😉
Je t'envoie de la belle énergie et une dose d'amour aussi, même si on ne se connait pas. Ça, ça fait toujours du bien à prendre et grand plaisir à envoyer.
Bécots @Fanny-146

Fanny-146le 07 mars 2019 à 13:27  •   6101

Désolée, je ne comprends pas le sens de vos messages. Pour moi, ça reste de la méthode Coué, je ne vois que la réalité, qui ne change pas malgré tout ce que j'ai déjà essayé de changer.

Aurale 07 mars 2019 à 13:33  •   6102

@Fanny, mais tu l'as fait et tout le monde n'a pas ce courage.

Rituel du soir: trouver 2 choses dont tu es fière de toi dans la journée (même des trucs que tu trouves pas si tops que ça)
"Je suis fière de moi d'..."
Hyper connu, reconnu et validité par les chercheurs en neuro-sciences ( résultats au bout de 2 mois)
bizz

Fanny-146le 07 mars 2019 à 13:45  •   6103

Et quand on ne fait même pas 2 choses dans la journée ?

Justine18le 07 mars 2019 à 13:57  •   6104

Tu fais forcément deux choses. Tu as déjà écrit plusieurs messages ici. Des messages qui nous interpellent et nous font réfléchir. Tu as dû te faire à manger. Peut-être même que tu es allée chercher le pain et que tu as dit un mot gentil à la vendeuse !
Et au-delà de tout, tu passes à travers cette journée alors que tu es épuisée.

Fanny-146le 07 mars 2019 à 14:00  •   6106

Mais rien dont je puisse être satisfaite. Je n'ai pas mis le nez dehors, ça m'est devenu insupportable. Je ne fais de courses que quand je n'ai vraiment plus le choix.
Quant aux messages ici, au fond, ils confirment ce que m'ont dit plusieurs psy et d'autres personnes , je n'ai pas envie d'aller mieux...

Zebra3le 07 mars 2019 à 14:04  •   6107

@Fanny-146, comment te dire.. @Justine18 a raison. Pour faire entrer le soleil dans une maison aux fenêtres closes, il faut entrouvrir un volet aux gonds rouillés par le temps. Pour le soleil dans sa propre vie, c'est un peu la même chose. Il faut savoir capter les moments de bonheur, il n'y en a pas de petits, il n'y en a pas de grands, ce sont TES moments de bonheur. ça peut-être un oiseau qui vient chanter sur ta fenêtre, un bonjour du facteur, un arbre de ton jardin qui commence à bourgeonner, une musique que tu aimes qui passe à la radio.
Consigne tous ces bonheurs dans un calepin, au moins 3 par jour, pendant des jours, des semaines, des mois.
Chaque fin de semaine, tu relis tes bonheurs de la semaine, chaque fin de mois tous tes bonheurs du mois.
Et tu verras, le changement s'opérer sur toi. Et chaque bonheur en appelle un autre.

Fanny-146le 07 mars 2019 à 14:10  •   6110

Mais il n'y en a pas... J'adorais la lecture, je ne sais plus lire. J'adorais mon métier, je ne sais plus le faire. Je n'ai pas de famille, un seul ami qui ne me supporte pratiquement plus. Je vis dans un endroit qui ne me plaît pas, je n'ai plus de goût à quoi que ce soit. Je pense qu'il est trop tard pour ce que vous suggérez.

Justine18le 07 mars 2019 à 14:13  •   6111

@Fanny, tu as surtout peur d'aller mieux et que ça s'arrête je crois (et je peux me tromper). Là tu es malheureuse, mais au moins, tu n'es pas déçue.
Mais une fois que tu sais comment créer ton bonheur, il ne dépend plus des autres. Tu sais, quand mon dernier est né, j'ai fait la tournée des médecins pour obtenir des anti depresseurs, chose à laquelle je n'avais pas le droit puisqu'il est allaité. Et un des généralistes que j'ai vu m'a dit (entre autres, il semblait me "comprendre") sortez vous ballader longtemps, chaque jour. La vie c'est l'instant présent et c'est dehors. J'ai trouvé ça absurde. Mais je n' avais rien à perdre alors je l'ai fait (en plus mon grand qui avait alors 2 ans était ravi !), et au début je ne voyais pas le bénéfice, mais quand un jour je ne suis pas sortie, ça m'a manqué tellement.
Tout ça pour dire que les conseils peuvent paraître absurdes, mais tant que tu n'as pas essayé, tu ne peux pas en juger (et aujourd'hui je marche 10km/jour, jamais de métro ni bus sauf TRÈS grosse averse)

Fanny-146le 07 mars 2019 à 14:22  •   6112

Depuis ma séparation, j'ai essayé de me recentrer sur moi, faire enfin ce qui me fait plaisir. J'ai repris la musique, après 20 ans d'arrêt, et au bout de 5 mois, j'ai laissé tomber, je ne supportais pas la relation avec le prof, qui était là pour me dire ce qu'il fallait travailler, parce qu'on m'a toujours trop dit que j'étais nulle.
J'ai continué l'atelier d'écriture dont je fais partie, et samedi, ça s'est mal passé : j'accueillais l'atelier chez moi, j'avais tout fait pour que ça se passe bien, pour que les gens se sentent bien, et je n'ai eu droit qu'à une remarque négative concernant le fait qu'il reste quelques cartons posés sur les meubles, parce que j'ai pas encore pu les vider.
J'ai recommencé à aller au cinéma pour moi, en choisissant les films qui me plaisent, à moi. A chaque séance, je ressors hors de moi parce que j'ai été dérangée par des gens qui parlent pendant tout le film ou me balancent la lumière de leur téléphone en pleine tête.
Qu'est-ce que j'aime d'autre à part ça ? Rien.

Tu as sans doute raison, il faut savoir créer son bonheur. C'est un peu ce qu'on trouve dans certains bouquins, y compris sur le HP, mais je ne sais pas où est le mien. Depuis petite, je n'ai jamais eu le droit d'être heureuse, c'était interdit chez moi. Mais quand je demande de l'aide, on se fout de ma gueule... Depuis que ma "carapace" a explosé, il n'y a plus rien dedans, c'est vide.

Abderianle 07 mars 2019 à 19:18  •   6132

Il y a Netflix, alors.

Fanny-146le 07 mars 2019 à 19:21  •   6135

Pour faire quoi ? Être heureuse ? Je profite d'un abonnement multi écran, mais je regarde très peu, je suis incapable de me concentrer sur un film ou une série chez moi, je fais toujours autre chose en même temps. D'où mon abonnement au cinéma, mais avec les inconvénients des mal élevés...

Abderianle 07 mars 2019 à 21:11  •   6170

Ah oui, c'est vrai. L'écran noir de tes nuits blanches... Mh, et tu as essayé la randonnée ? Ou genre, tiens, surtout, le truc de défi extrême ? Genre randonnée et camping dans une forêt ? Les jeunes font ça en société, quelques uns pour s'entraîner à lutter contre un monde post-apocalyptique, et certains aussi à titre thérapeutique. Ou expérience dans un monastère ? Genre un truc qui t'arrache totalement de ton existence posée avec ton meublé posé avec ta liberté dont tu ne peux rien faire et ton cerveau qui cogite toujours. Genre une année sabbatique à l'arrache en Europe, un road trip totalement improvisé, bref, un truc qui explose totalement ta zone de confort et qui oblige ton cerveau à penser à bien d'autres trucs qu'à lui-même. Et, surtout, surtout, qui te révèle dans tes instincts et qui t'oblige à vivre des situations où exprimer tes vertus n'est plus une option. Plus de place à l'infériorisation, quoi.
Certains te diraient même : pars en Inde. T'en reviendrais assurément complètement changé (et là-bas, putain, ton faux-self dure même pas un mois !).

A choisir, mieux vaut une vie à l'étranger qu'une tombe en Europe.

Fanny-146le 08 mars 2019 à 06:20  •   6185

Randonner seule, je ne le fais pas, je n'ai pas confiance ni en moi (sens de l'orientation... ) , ni dans les éventuelles rencontres.
Quant à tout larguer, je ne vois pas comment faire en laissant des milliers d'euros de dettes derrière moi... Et mon chat.
Pour ce qui est de changer de vie, le statut de fonctionnaire que j'avais vécu comme une protection jusqu'ici est devenu un fil à la patte. Pareil pour le fait d'être propriétaire, mais là aussi, impossible de m'en libérer dans l'immédiat, et je ne suis pas sûre de le vouloir, car avoir un toit au dessus de la tête est mon seul repère...

NonoBZHle 08 mars 2019 à 07:49  •   6187

Bon...Ben chacun aura essayé de te montrer un petit quelque chose. De te montrer que tu n'es pas toute seule, et que toi seule est maîtresse de ta vie.
Je ne crois pas que tout ce qui arrive soit extérieur à soi. La vie n'est pas injuste de bout en bout. Je n'y crois pas du tout. Chacun a ses épreuves. Là, c'est dur pour toi, c'est clair et non discutable.
Maintenant, à priori, aucun de nous ne parvient à t'accompagner comme tu en aurais besoin.
Je te souhaite de trouver un bon coach ou psy zèbre par chez toi. Je t'envoie un spot de lumière bien large pour aujourd'hui au moins, et de regarder les petites parcelles de ciel bleu, lorsque le temps est très sombre. Même la nuit, il y a toujours des endroits plus éclairés, plus lumineux. Toujours. Tout est une question de regard et d'envie de porter son regard. En tous les cas, c'est comme ça que je vois les choses...
Salut à toi miss @Fanny-146 et si je pouvais, je t'aurais un peu reconnecté à toi en te serrant fort dans mes bras, comme mon pote du Havre tu te souviens ? Il y a quelques semaines... Je t'embrasse.

Fanny-146le 08 mars 2019 à 08:35  •   6190

Merci à tous,

en fait, j'ai compris des choses en vous lisant : je ne sais pas ce que c'est que d'être bien, d'être heureuse. Conditionnement d'enfance, sans doute, où on ne me montrait que le noir, et s'il n'y en avait pas, on en ajoutait, alors c'est tout ce que j'ai appris, ne voir que le noir, et en ajouter s'il n'y en a pas. Je ne sais pas ce qui me rend heureuse, ce qui me fait du bien, ce que j'aime. Mais comment on répare ça ? Je n'en sais rien.

Est-ce que j'attire les expériences négatives, oui, bien sûr. Je ne crois pas aux histoires de karma, ou je ne sais quoi. Mais là aussi, comment on fait pour changer ça ? Pour reconnaître les personnes qui sont bonnes pour soi ? Je n'en sais rien.

Sur ces deux questions, les psy ne m'ont pas aidée, parce que pour eux, c'est un truc qui est "inné", on sait être heureux, et on sait se protéger...

Zebra3le 08 mars 2019 à 08:44  •   6191

Non, tout le monde ne sait où ne veut pas être heureux. Un psy est là pour t'emmener d'un état émotionnel négatif à neutre et c'est tout. Un psy n'est pas là pour te rendre heureuse.
Ton cerveau a pris l'habitude de faire le focus sur les choses négatives. Regarde bien dans ta vie, regarde bien.... Il y a des belles choses mais tu ne sais pas les voir....
Essaye, essaye juste....

Fanny-146le 08 mars 2019 à 08:56  •   6192

Je ne sais pas ce qui est beau. Et l'état émotionnel neutre non plus.

Zebra3le 08 mars 2019 à 09:40  •   6193

Ecoute ça @Fanny-146 😄

[youtube]voir la vidéo[/youtube]

Justine18le 08 mars 2019 à 09:48  •   6194

Ce n'est pas toi que tu dois changer. Tu dis que ça vient de ton enfance. Alors la petite fille qui vit en toi, prends-lui la main. Dis-lui que ce n'est pas de sa faute, que ce n'est pas cela la vie. Qu'elle n'a rien fait de mal et qu'elle mérite comme tout le monde. Trouve la cette personne vulnérable que tu étais. C'est à mon sens le début de tout puisque c'est ce qui te fait souffrir. (je sais que ce que je dis va paraître complètement stupide, mais je t'assure que quand tu rencontres ton enfant intérieur et que tu lui redonnes confiance, ça change l'adulte que tu es !)

Fanny-146le 08 mars 2019 à 09:59  •   6195

C'est le conseil que m'a donné la dernière psy, mais pour moi, ça ne veut rien dire... Je sais que je ne suis pas "coupable" de ce que j'ai vécu, mais ça ne change rien. J'ai pris mes distances avec mes parents, ça ne change rien. L'enfant en moi, elle a peur de tout, et elle se méfie de tout le monde, et chaque fois que j'ai fait un pas en dehors de ce schéma, je l'ai payé très cher...

Zebra3le 08 mars 2019 à 10:05  •   6196

Ton mieux-être ne viendra pas des autres @Fanny-146, mais de toi.

Fanny-146le 08 mars 2019 à 10:14  •   6197

Alors ça n'arrivera jamais, ça confirme ce que je pensais. Je ne m'aime pas, il n'y a rien d'aimable en moi, on me l'a assez dit, et je l'ai bien intégré.

Justine18le 08 mars 2019 à 10:16  •   6198

"on" c'est un con... Ce que je ne comprends pas c'est que tu t'occupes d'enfants. Dans le lot il y en a sans doute qui vivent les mêmes schémas que toi... Tu leur dis quoi ?

Fanny-146le 08 mars 2019 à 10:19  •   6199

Je ne leur dis rien. Ils vont en chier toute leur vie, et je ne peux rien y faire.

Quant au "on", oui, c'est un con. Mais comment, alors que je suis dépourvue de toute confiance en moi, pourrais-je trouver des choses positives dans ce que je suis ou fais, en croyant avoir raison contre tout le monde autour de moi ?

Justine18le 08 mars 2019 à 10:26  •   6200

Tu ne te dis pas que c'est injuste ? Faux ? Qu'ils ne le méritent pas ?

Ce n'est pas contre tout le monde, c'est contre les gens que tu connais (ce qui exclue déjà pas mal de monde !) et desquels tu es proche (et quand on sait à quel point on va toujours vers les mêmes personnes... Il est assez évident que tu ne choisis pas des gens bons pour toi...).
Tu es malheureuse, et pour sortir d'une telle situation, il faut en avoir profondément envie ou besoin.
Ce que disait @Abderian est vrai (il m'agace), mais en fait, de ce que j'ai vécu, on ne met le coup de pied au fond qu'au dernier moment, quand il n'y a même plus besoin de réfléchir mais qu'il s'agit de survie (au sens strict).
Et visiblement, tu souhaites aller mieux, sinon nous n'aurions pas cette conversation, donc il n'y a pas de raison de ne pas y arriver!

Fanny-146le 08 mars 2019 à 10:35  •   6201

Bien sûr que je trouve ça injuste. Mais qu'est ce que je peux y faire ?

Et oui, je veux m'en sortir, je suis à bout, mais je ne trouve pas de solution... Si c'est parce que je ne vais pas encore assez mal, je ne vais pas supporter de devoir dzscendre encore plus bas.

Justine18le 08 mars 2019 à 10:39  •   6202

Je ne dis pas que tu devrais y faire quelque chose, mais tu ne te dis pas que si "on" leur dit ça, c'est que "on" a raison. Je ne vois pas en quoi ce serait différent pour toi.
Je ne dis pas non plus que tu ne vas pas assez mal, je ne suis personne pour juger d'une telle chose. Mais tu ne veux pas changer d'angle de vue, et quand on répète un schéma qui objectivement est délétère, c'est que ce schéma nous convient, nous rassure ou nous conforte. Il n'y a que toi qui saches pourquoi ce schéma est plus important que le bonheur, et ce que tu perdrais en le quittant.

Fanny-146le 08 mars 2019 à 10:45  •   6203

Peu importe si les critiques sont justifiées ou non, elles me blessent dans tous les cas et me paralysent.

Et un schema avec de la bienveillance et de l'amour ? Je ne sais pas faire. Tout ce que j'ai lu là dessus dit qu'on apprend à être aimé et aimer dans l'enfance, et que si on loupe cette étape, c'est foutu, sauf cas exceptionnel. Le seul conseil, c'est de suivre une thérapie. J'en suis à 15...

Abderianle 08 mars 2019 à 19:01  •   6217

@Fanny-146 : je réagis notamment au sujet de mes brillantes propositions, hélas éconduites. En fait Fanny-146, ce que je te "propose", tu devrais te l'imposer. Ta vie rationnelle, rangée et dépressive est un échec total et une affliction flagrante à toute moralité minimale d'existence et d'épanouissement. Ce qui signifie, en clair, que tu ne cesses de trouver des des arguments, "bien-fondés" (l'argent, le toit, l'absence de compétences pour ci, pour ça...) et que, avec ce logiciel que tu te coltines depuis déjà des dizaines de décennies (oui, tu peux l'admettre, tu as le droit d'être centenaire ^^ :p), ben tu restes paralysée dans un état psychologiquement végétatif.
Ce que j'indiquais comme remède, et qui me semble être à ce point la seule solution, c'est de quitter hic et nunc la vie contrainte et désespérément rangée, et tragiquement rongée, et partir "subir" des événements complètement inédits qui ne t'autorisent plus un instant à réfléchir comme tu le fais, puisque, au piretu le fais mal, au mieux c'est tout à fait inutile.
Cesse donc d'attendre d'autrui le remède ; à toi la claque. Si la "vie" ne fait pas du forcing dans ton existence, autant adopter la vie d'une plante.
Il y a des choses à faire et à vivre, mais tu es incapable de les vivre ou d'en profiter. Immerge-toi donc dans une autre existence, dans des situations complètement impossibles pour la Fanny de maintenant, et nous verrons, deux ans après, ce qu'il en ressort.
Au bout d'un moment, disait une grande du forum, faut se sortir les doigts. Donc au lieu de te masser les méninges, va te dépayser fissa. Et vraiment fissa, vu que l'existence n'est hélas pas si longue.
Bon courage (considère que t'as pas le choix, et oui, essaie aussi de dire adieu à ton chat (ou emmène-le dans un roadtrip pédestre, il aimera peut-être)).

Fanny-146le 08 mars 2019 à 19:10  •   6218

Et qui financera les 15 000 euros que je devrai à la banque si je revends mon appartement maintenant ? Toi ? Je peux partir loin, ils me retrouveront... Et laisser mon chat ? Ma seule famille ? Hors de question.

Voilà, la discussion est close.

Abderianle 08 mars 2019 à 20:08  •   6225

Soit, mais ta vie ne l'est pas.

Kalimaliciale 08 mars 2019 à 20:38  •   6226

J'approuve totalement les propos d'Abderian. Lorsque la complainte devient une rangaine en terme de décennies c'est qu'il réside une certaine complaisance sécurisante à cette dernière. Rien ne t'empêche de changer de cap si ce n'est toi même au final. Certes la vie est une tartine de merde, on en bouffe à tous les rateliers mais il faut savoir parfois dire merde et se forcer à prendre une direction autre que celle que l'on s'impose. Dépasser ses craintes est nécessaire dans la quête du bonheur. Et puis l'argent n'est que de l'argent et pour conclure, ton chat te suivra bien où tu iras si tu te décidais à aller quelque part ^^.

Fanny-146le 08 mars 2019 à 20:47  •   6229

Mais je n'ai nulle part où aller. Dans la rue, interdite bancaire ? Super perspective, je vais aller chercher mon sac de couchage...

Kalimaliciale 08 mars 2019 à 20:54  •   6230

Certes non, partir comme ça sans absolument rien avoir prévu ce n'est pas la meilleure solution. Il y a une différence entre change de cap et se mettre à la rue tout de même XD

Abderianle 08 mars 2019 à 20:55  •   6231

Imagine, Fanny, que quelqu'un te tienne le propos suivant :

"Fanny, cela fait longtemps que je t'observe. Je vois que, dans ta vie, rien ne va. D'ailleurs, toi-même, tu ne cesses d'accuser ton existence, et tu ressens l'étouffement permanent de ta propre personne. Alors, voilà ce que je te propose : prends la pilule bleue, et tu continues comme si de rien n'était, avec ton logement, ton crédit, ton chat, mais aussi avec ta solitude, tes problèmes, tes thérapies sans fin. Prends la pilule rouge, et tu suis le lapin blanc ; tu tombes dans un monde où tu n'as plus aucun repère, où tu n'as plus le temps de te morfondre, où tu devras penser parfois à survivre, où tu devras sans cesse bouger, sans cesse te mêler aux autres, et, à la clé, tu pourras, peut-être, je dis bien, peut-être, remplir ton existence d'autre chose.
Alors, que choisis-tu ?"

C'est une question de pari. Fanny, si tu préfères la pilule bleue, Kalimalicia a encore une fois formidablement bien résumé mon idée : sois malheureuse et tais-toi. Si tu n'es pas prête à renoncer à beaucoup pour changer de mode de vie, c'est qu'aucun psy, aucun mec, aucune personne sur Terre ne sera capable de t'aider, parce que, tout simplement, tu refuses le moindre changement.

"Rappelle-toi, je ne t'apporte que la vérité, et rien de plus."
:Matrix:

Abderianle 08 mars 2019 à 20:58  •   6232

Oui, d'autant qu'il y a même la vie dans un monastère (genre oriental, où les athées sont aussi acceptés, je crois).
D'ailleurs, si on me proposait une alternative entre ta vie et celle d'une réflexion sur le Bouddha, au moins pour la rigolade que je pourrais en tirer, je préférerais Bouddha.
Mais, en restant plus sérieux, bien entendu, le confort matériel ne doit pas être totalement annihilé. Par contre, s'il est le caillou qui bloque la roue, j'imagine qu'il doit être... aménagé.

Fanny-146le 08 mars 2019 à 21:06  •   6233

Je me tais, y a pas de souci.

Moniele 03 avril 2019 à 20:18  •   8000

Bonjour, oui j'ai compris je pense le sujet, il y a des 't'inquiète, ça va aller' qui sonnent comme quelqu'un qui dirait 'je t'aime' en agressant. C'est de la 'm..de'. Quand c'est une fois, ok, mais quand c'est l'histoire d'une vie, aucune capacité empathique, vaut mieux se barrer avant de devenir méchant.

Fanny-146le 03 avril 2019 à 20:46  •   8002

Merci pour ton message, Monie. J'espérais ce sujet définitivement enterré, mais tes mots sont très réconfortants, et ta façon de dire les choses me fait penser qu'effectivement, tu as compris mon ressenti. Merci pour ça !

Moniele 03 avril 2019 à 21:37  •   8004

😉 on est fait de chair et dos, on a tous besoin d'amour, et ça se trouve pas dans les pochettes surprise, dommage

LibertEchEriele 03 avril 2019 à 21:47  •   8007

Je suis ok, mais soyons aussi compréhensifs envers ceux qui ne savent pas, sont incapables d'apporter une "rassurance". Et il s'agit forcément de nous tous, à un moment donné, non? Comme nous connaissons tous aussi des appels au secours auxquels personne n'a su répondre, nous sommes aussi, à certains moments, face à certaines personnes, transis et maladroits

LibertEchEriele 03 avril 2019 à 21:48  •   8008

Mais je comprends s'il s'agit de parler des gens qui ont choisi de répondre, à vie, quand on leur demande si ça va:"Moi, toujours!" Les pauvres!!!

LibertEchEriele 03 avril 2019 à 21:50  •   8009

Et ce sont ceux-là même qui interdisent aux autres de dire qu'ils ne vont pas bien et les "cassent" en leur disant:"allez, bouge-toi et ça ira mieux"

Gargarinele 13 avril 2019 à 23:27  •   8612

L'amour et la paix intérieure sont rares et éphémères comme une Rose. C'est pour ça que c'est beau pour peu qu'on sache en profiter.

Siryack7le 19 mars 2022 à 01:20  •   77380

J'aime bien déterrer les archives.
(non je n 'ai pas dis les cadavres.) 😜 😜

Fanny-146le 19 mars 2022 à 09:55  •   77395

@Siryack7 : Le cadavre est de retour, après... 2 ans ? 3 ans ? Je sais même plus ! 😉 Et je n'écrirais plus les mêmes choses aujourd'hui, même si le changement est tout récent. Je reste convaincue que les phrases que je mentionnais sont toujours aussi idiotes et inutiles, mais maintenant, je "sais" pourquoi, et quant au fait de "s'en sortir", j'ai là aussi un nouveau point de vue, qu'aucune des personnes qui a répondu ne pouvait connaître, et sur lequel je suis moi-même tombée totalement par hasard. Je vais tâcher de faire un post là-dessus, si jamais ça peut aider ne serait-ce qu'une personne, mon retour aura été utile.

authentiquele 19 mars 2022 à 12:09  •   77404

Des phrases inutiles, selon moi. En général, quand on a raconté son problème, c'est qu'on s'inquiète. Alors le "t'inquiète pas" ne me sert à rien. Le "ça va aller", pas plus, parce que j'ai tendance à croire que forcément, le problème devrait se résoudre un jour. Bref, je considère que c'est dit par des personnes qui ne savent pas quoi dire, ou comment le dire, ce qui ne signifie pas qu'elles ne sont pas empathiques.
Le comparatif avec d'autres, plus malheureux, m'énerve par contre. Je pense que chacun a ses limites, sa dose de résistance à la souffrance. En général, il me semble que l'hypersensible est sensible à pleins de choses qui ne dérangent pas du tout les autres. Difficile de se comparer à un autre, moins sensible. Par contre, relativiser quand un problème survient, ça peut faire du bien. Se rendre compte de tout ce qu'on vit de bien, de tout ce qui est positif, pour éloigner le reste.
Mais bon, je ne suis pas du genre à me plaindre et il est rare que j'aille déverser mes problèmes. Peut-être un vécu qui m'a endurcie.

Fanny-146le 19 mars 2022 à 13:32  •   77408

Pour compléter ma réponse un peu plus haut : j'ai fini par comprendre (pas moi toute seule, mais à l'écoute d'un podcast très intéressant sur le non moins très intéressant site "Méta de choc" (La loi de l'attraction et la pensée positive) que les phrases de ce type, si elles peuvent booster les personnes qui rencontrent une difficulté ponctuelle, peuvent être dangereuses pour une personne fragilisée, en dépression ou autre.
L'auteur du podcast donne la source suivante (honnêtement, je n'ai lu que l'abstract, qui m'a suffi à comprendre pourquoi je réagis si mal à ce type d'injonctions et pourquoi je ne les utilise jamais.

Positive Self-Statements: Power for Some, Peril for Others
Joanne V. Wood, W.Q. Elaine Perunovic, John W. Lee

Positive self-statements are widely believed to boost mood and self-esteem, yet their effectiveness has not been demonstrated. We examined the contrary prediction that positive self-statements can be ineffective or even harmful. A survey study confirmed that people often use positive self-statements and believe them to be effective. Two experiments showed that among participants with low self-esteem, those who repeated a positive self-statement ("I'm a lovable person") or who focused on how that statement was true felt worse than those who did not repeat the statement or who focused on how it was both true and not true. Among participants with high self-esteem, those who repeated the statement or focused on how it was true felt better than those who did not, but to a limited degree. Repeating positive self-statements may benefit certain people, but backfire for the very people who "need" them the most.


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