La communauté • Témoignages

témoignage sur une difficile scolarité
Témoignage sur une difficile scolarité
Esquifle 11 juillet 2019 à 09:24

Bonjour à tous,

j'avais envie de créer un nouveau sujet sur le mal être que l'on peut vivre à cause de son décalage par rapport avec la scolarité.

Pour ma part, je suis incapable d'apprendre des notions que je ressens comme n'ayant pas de sens. Le problème c'est que cela m'a très vite pénalisé concernant la scolarité, à partir du collège, ou je mon cerveau à fait très vite un tris entre les matières compréhensible des autres.

Je me suis retrouvé dans une situation ou j'étais incapable de me rappeler de ce que l'on avait abordé il y avait un court temps, et je me suis découvert une incroyable capacité à oublier quasiment tout ce dont j'avais besoin pour réussir les contrôles ou simplement répondre aux professeurs.il suffisait d'un bref moment pour que mon cerveau fasse un blocage et que toute notions avec le cours ou le sujet s'effaçait, et je me retrouvais avec une grande page blanche a la place de la mémoire.
Les interrogations me poussaient à bout nerveusement parlant, et si je complétait la moitié de la feuille c'était un succès incroyable pour moi.
Je pouvais bien passer 20 minutes sur une leçon, a la lire et à la relire, il me suffisait de quelques minutes pour que tout disparaisse de ma mémoire.

Les langues étrangères furent également une partie du traumatisme, les longues lignes de mots à apprendre par coeur furent aussi vite oublié que l'acharnement de mes professeurs à me les faire apprendre. Il y avait plus de vocabulaire dans les questions des interro que dans ce que je connaissais de la langue toute entière.

Ont me fit redoubler, pour que je travaille mieux l'année suivante et je réalisa l'exploit de régresser dans mes notes, de moins bien réussir la deuxième année que la première.

Les professeurs devant leurs échecs répétitif me traitèrent de paresseux, de retardé mental et autres jolies choses. S'expliquer ne faisait qu'empirer les choses. Comment pouvais-je avoir le culot de choisir ce qui avait de l'intérêt ou non?

J'ai plus subit toute cette scolarité qu'autre chose, et ce fut particulièrement difficile, mais je m'en suis sortie.

C'est pour cela que je voulais témoigner, et partager un peu de mon histoire personnelle. La solitude est une chose, mais subir une humiliation quotidienne à cause de sa différence en est une autre.

J'ai passé 8 ans de ma vie, à l'âge ou l'on se construit, à passer pour ce que je n'étais pas, à se faire humilier jours après jours par des adultes qui sont la pour vous apprendre des choses, et je m'en suis sorti.
Le plus dur étant l'échec quotidien, qui vous fait penser que vous n'aurez pas d'avenir. A quoi bon continuer si c'est pour ne pas avoir de diplôme et donc pas de travail? J'étais dans une spirale négative.

L'école vous promets que vous finirez sous un pont si vous ne travaillez pas assez, si vous n'êtes pas assez performant.
l'école vous ment, elle agite un épouvantail pour vous pousser à être plus performant.
Les professeurs ne sont parfois jamais sortie de leur propre scolarité. Ils ne savent pas comment est la vie ailleurs. Alors pour cacher leurs méconnaissances ils vous rabaisseront, car au final c'est comme ça que ça marche l'éducation.

Vous ne savez pas calculer la hauteur d'une pyramide en vous basant sur son ombre? Pourtant à 13-14 ans, ça pourrait vous servir pour votre vie. N'oubliez pas de passer trois ans à apprendre à calculer combien il y à de molécule de sucre dans le café, ça vous servira contre les génocides, le réchauffement climatique, le harcèlement en milieu scolaire, ou même à savoir qui vous êtes ou même ce que vous allez faire demain.

Bienvenue dans un monde abstrait où Robin passe ses journées à compte les voitures verte sur un parking, où Jean passe sa vie à prendre le train tantôt à 14h puis à 20 à la gare avant de rentrer chez lui en voiture.

Bienvenue dans un monde où connaître la conjugaison d'un verbe est plus important que les violences verbales et physique entre élèves.

Bienvenue dans un monde où des adultes en manque d'attention deviennent l'instant d'un cours le centre du monde.

Bienvenue dans un monde où la valeur d'un élève correspond à sa moyenne.

Bienvenue dans un monde égoïste, ou la loi de l'ado le plus fort s'arrête là où la loi de l'adulte le plus fort commence.

Je respecte énormément toute les passions des gens, même dans des domaines qui sont pour moi abstrait. Si votre domaine vous permets d'avancer dans votre vie alors c'est l'essentiel.

Ce qui me gène c'est de l'imposer à ce point dans la construction de la vie d'un adolescent, et de détruire le reste de curiosité intellectuel qu'il peut avoir. Et c'est surtout de voir le néant dans les règles de vie social d'un collège.

Le plus grand mensonge de la scolarité, c'est bien la vie professionnel qu'il y à derrière. On vous détruit si vous n'êtes pas performant dans la scolarité, on vous presses comme un citron jusqu'à extraire la dernière goûte de curiosité intellectuel de votre vie d'adolescent.

Pourtant en dehors de la scolarités, il y à toute une vie qui vous attends.

Dans cette vie, vous pourrez enfin souffler, et vous reconstruire. Dans cette vie, vous pourrez évoluer à votre rythme.

Le monde professionnel n'est pas tout rose non plus. A vous de vous orienter pour trouver un compromis travail/vie personnel qui vous ailles.

Il existe un tas de formation qui vous permettrons de gagner votre vie,même sans diplômes, le temps de se trouver un vrai projet.

Du haut de mes 26 ans, j'ai l'impression d'avoir vécu le plus difficile derrière moi. Peut être ai-je torts.
Même si le monde brûle dans le réchauffement climatique, je pourrai être utile.Je ne serais plus passif pendant de longues années à devoir entrer dans un monde nébuleux, figé dans le temps et l'espace, tourné vers l'obsession d'acquisition de compétences abstraite et bien souvent obsolète tout cela dans la plus primaire et rigide des hiérarchies intellectuel.

J'ai mis ce témoignage dans une bouteille que je jette à la mer, j'espère qu'il parlera à ceux qui le trouveront.

Sa finalité étant d'aider ceux qui ont vécu ou vivent les choses comme je les ai vécu, et surtout de les encourager à tenir bon.

La vie ne s'arrête pas à la scolarité, même si c'est tout ce que vous avez vécu (pour les plus jeunes).
La vie ne s'arrête pas non plus au travail.

Laissez-vous une chance de trouver l'épanouissement, et n'oubliez pas de prendre du temps pour vous même.

Et de prendre du temps pour respirer.

Sophiale 11 juillet 2019 à 09:55

Inspirer. Bloquer. Expirer.
Tiens, une alouette...

cgh59972le 11 juillet 2019 à 18:46

@Esquif Merci pour ce témoignage ?

Je n'ai pas le même parcours scolaire que toi puisque je faisais tout mon possible pour entrer dans cette normalité que je ne comprenais pas car dans mon cas, j'étais consciente que seule la "réussite" scolaire me permettrait de fuir bien pire...
J'ai connu le harcèlement des autres élèves, l'incompréhension de mes professeurs face à une élève mutique,capable de retranscrire par écrit un tas de données hors programme mais incapable de retenir les leçons sur le long terme si le sujet ne m'intéressait pas...
Une fois le bac en poche, j'ai pu quitter l'environnement infernal dans lequel je vivais...
Mais à trop vouloir me normaliser, je me suis perdue...je ne me suis plus autorisée de temps pour moi...et ce n'est que maintenant, après avoir été testée, que j'essaie de m'apprivoiser et de me respecter...

Alors oui, tu as beaucoup souffert de ta scolarité et je te comprends, mais j'envie ta force d'avoir su tenir bon comme tu l'as fait pour rester fidèle à toi-même et c'est un sacré message d'espoir que tu nous délivres là ?.

Siryackle 11 juillet 2019 à 21:23

Bonsoir Esquif & cgh59972. :)
Je n'ai pas eu le même parcours que vous, avec des hauts et des bas... J'ai pu être autant le cancre que l'intello de la classe selon les années. 😄
Bref ! Ce que je constate aujourd'hui et déjà à l'époque, c'est que le système de l'éducation nationale broie beaucoup d'individus.
Ce qui m'a particulièrement interpellé, c'est la violence ordinaire symbolique ! Et je suis sûr que beaucoup d'entre nous se souviennent d'humiliations, ou autres méfaits pédagogiques... C'est quand même hallucinant que encore aujourd'hui il y ait encore tant de violences venant de personnes censées nous éduquer ! (Ignorance de la pédagogie et du respect de l'être humain...)

(Pas pour rien que je me suis intéressé aux pédagogies alternatives...)

L'éducation nationale est un vieux mammouth... (oui je sais ça fait un peu cliché).

Si ça peut te rassurer Esquif, Non, la vie ne s'arrête pas, ni se résume à sa scolarité ni au travail ! Même si on y passe beaucoup de temps...
Pour ma part je me suis vraiment intéressé au sciences... à partir du moment où j'ai quitté le système éducatif. Désolé pour les profs qui lisent, mais j'en ai connu des profs de sciences ! Il leur manquait la flamme de transmettre, leurs motivations. un "p'tit truc je ne sais pas trop quoi",...
Je n'ai juste perçu que leur "blasitude attitude". 😭 😶

Juste pour te dire que tu es loin d'être seul, Esquif, à avoir mal vécu ta scolarité. L'être humain est composé de plusieurs facettes. Certaines très "connues", et d'autres beaucoup moins. A toi de découvrir ces facettes moins connues... 😶 😉



... une alouette qui ne chante pas ?!

Esquifle 12 juillet 2019 à 13:44

Merci pour vos retours.

@Sophia
Je connais qu'une seule chanson sur les alouettes, et ça se finit mal pour elle ^^

@cgh59972
Ton témoignage me fait très plaisir. J'aimerai que l'on s'intéresse plus aux mauvais élèves, atypique ou non. On a tendance à trop vite les oubliers, sans comprendre le potentiel qu'ils on en eux.

Lorsque que l'on échoue à ce qui semble facile pour un autre, l'autre va penser qu'il alors plus intelligent vu qu'il à réussis.
Ce que l'on doit comprendre, c'est que l'intelligence va être la possibilité de réussir quelque chose.
Réussir une chose ne veut pas dire que l'on va tout réussir, que l'on est intelligent dans toutes les situations, car il existe des situations ou l'on va se retrouver plus bête qu'un autre.

La vrai liberté ne consiste pas à être plus intelligent qu'un autre pour pouvoir rentrer dans un classement, mais à être intelligent pour soi, réussir à faire les choses qui te permettront d'avancer.

et l'on est tous différent à ce sujet là.

un premier de classe peut avoir un métier de rêve et pourtant être perpétuellement bête dans sa façon de vivre avec lui même, mais là c'est un autre débat.

@Siryack
Merci pour ta participation.
L'education nationale est un vieux mammouth, exactement. Pourtant je pense pas qu'il puisse changer facilement, car c'est sur lui que va se baser tout les engrenages de la société, et même si ça écrase les individus les plus éloigné de la norme cela permet à la france de fonctionner.
Je pense que c'est aux atypiques de s'adapter pour éviter des désillusions.
Même si tu formais les professeurs à essayer de s'adapter aux élèves, je pense que ça serait mission impossible car il faudrait qu'ils puissent s'adapter à un atypique et cela n'est pas possible à grande échelle. ils reviendraient forcément à ce qu'ils connaissent et fonctionnent dans la majorité des cas.

Je connais l'être humain ainsi que ses facettes. Je sais ce qui sommeil en chacun, tapis dans les recoins du cerveaux. Je sais ce qu'il pense quand il voit une autre personne. Je sais ses motivations, ses désirs.
Je sais ce qu'il est capable de faire pour y parvenir.

Et c'est pour cela que souhaite partager se témoignage d'espoir à tous ceux qui sont coincés dans leurs vie à cause de leurs personnalités atypique.

Tenez bon, ça en vaut la peine!

Kezedjle 18 juillet 2019 à 23:29

Salut Esquif,

Ton résumé est magnifique. Très humain, très fin, tu déconstruis tout le mythe de l'école auquel on a tous plus ou moins adhérer, pendant un temps du moins. J'ai passé les années d'école sans trop de problème personnellement. C'était dur psychologiquement au lycée, mais pas sur le plan scolaire, j'arrivais à être ans les premiers de ma classe, mais très mal dans ma peau en meme temps.

En revanche, j'ai un frère que l'école a beaucoup abimer. Sans écrire aussi bien que toi, il aurait pu partager une expérience très similaire à celle que tu as dépeins. Son parcours a été chaotique pendant plusieurs années, à se chercher et à tenter de trouver une place dans ce monde. Il vit maintenant très largement en retrait du monde urbain (c'est à dire, dans la campagne et la nature), et il est heureux. Ca a été un long cauchemar, mais paradoxalement, le mal était si intense pour lui que ça l'a contraint à chercher l'environnement où il trouverait la paix. Le compromis lui était insupportable. Moi, pendant ce temps là, j'ai fait 10 années d'études et j'ai un parcours académique qui, parait il, ferait rêver des gens. De mon point de vue, j'ai pas perdu mon temps, mais 10 ans c'était long pour réaliser que ce n'est pas l'environnement qui me convient. Après presque 10 ans à me soucier du bien être de mon frère, aujourd'hui je l'envie presque. Oh ça va hein, j'ai même pas 30 ans, j'ai encore bien le temps de trouver ma place. Mon frère à galérer avec l'école, puis avec la vie plus tard, mais aujourd'hui, il vit heureux et en paix. En paix avec lui-même, son passé, et son environnement :)

Donc oui, l'école est un magnifique système pour broyer les enfants. Et je pense que les zèbres ne sont que les baromètre les plus sensibles de cette défaillance, les autres plus "typiques" arrivent à mieux faire le dos rond devant l'injustice et l'absurdité du systeme scolaire. L'école cause beaucoup de casse et de souffrance mais quelque part, je me dis que c'est bien qu'elle soit ainsi: ça permets de réaliser que la vie n'est ni juste, ni rose. Ca déconstruit le mythe ambiant, et avec le recule, je préfère quand les mythes sont détruit le plus tot possible. Là ou c'est vraiment dur, c'est quand on est seul pour réaliser ça (c a d, sans le soutien de sa famille ou de ses amis). Là ce n'est pas tellement l'école qui nous détruit, c'est la solitude qui en découle.

Sophiale 18 juillet 2019 à 23:47

Je comprend ton frère.

Esquifle 21 juillet 2019 à 09:02

@Kezedj

Merci pour ton retour.
C'est sur que cela permet d'avoir un aperçut de la vie, après malheureusement j'ai trouvé ça plus difficile que l'étape d'après, et c'est un peu le message que je souhaite délivrer à ceux qui ont un vécu similaire mais qui sont en pleins dedans.

J'ai écrit se témoignage pour ceux qui veulent partir persuadé qu'ils n'ont aucuns avenirs au vu de ce qu'ils vivent au quotidien, parce qu'ils sont nombreux mais invisible.

Je transmet un peu d'espoir à ceux qui sont censés être "au dessus de la norme" mais qui sont en perpétuel échecs à cause de leurs différences.

A tous les derniers de la classe, à tous ceux qui ne brillent pas, atypique ou non...

J'essaye de les mettre en lumière le temps de quelques lignes, et de leur dire simplement de ne pas abandonner.

Lorsque l'on demande à une personne atypique de nous parler d'elle, on attends à ce qu'elle nous montre les côtés ou elle est au dessus de la norme, pour prouver qu'elle est réellement atypique dans le bon sens du termes.
Pourtant être différent ne veut pas dire réussir mieux qu'un autre. Etre différent veut dire avoir une logique différente, et faire les choses différemment.

Un atypique qui foire tout ce qu'il fait ne va pas être intéressant.
C'est là ou est le dilemme, les zèbres mis en avant sont ceux qui réussissent tout, ceux qui brillent le plus par leurs performances.
Les zèbres ou atypique moins brillant n'osent pas exister ou se comparer à eux.

Un zèbre à un cahier des charges invisibles où la réussite prône.
Un asperger intéressant aux yeux des autres se doit, en plus d'être socialement inadapté, avoir un haut potentiel sur un sujet bien précis et briller de par se faite.

Briller, éblouir les autres par sa différence fait partit du cahier des charges d'un atypique, sinon il ne sert à rien. Personne ne veut d'un handicap qui rend "moins performant" qu'une personne lambda.

Un peu comme un monstre d'un cirque, sauf qu'il doit créer la stupeur par ses hautes capacités intellectuel et non pas par son apparence déroutante.

Pourtant, lorsqu'il brille de sa lumière, l'atypique n'éclaire que les autres...

On peut éclairer les autres toute ça vie et de par ce faite ne plus avoir de lumière pour soi.

Peut importe si vous briller ou non pour les autres. Ce qui importe c'est cette lumière en vous, c'est le feu de l'âtre qui est dans votre maison. Se feu est plus important que la lanterne qui se trouve sur le palier de votre porte et qui illumine le monde extérieur ainsi que les autres.

C'est l'âtre, à l'intérieur de votre maison qui vous tiendra chaud tout au long de votre vie. Il faut le maintenir allumer, trouver comment le faire repartir lorsqu'il est éteint. Personne ne peut le faire à votre place.

Prenez du temps pour vous, à la recherche de votre âtre intérieure.

Et si vous êtes perdu, concentrez votre énergie non pas à essayer d'éclairer la nuit obscure avec votre lanterne sur le palier de votre porte mais essayer entretenir votre feu intérieur, celui qui vous réchauffe l'âme.

Et n'oubliez pas de prendre le temps de respirer.

Sophiale 21 juillet 2019 à 09:22

Une fois j'ai arrêté de respirer. Ben c'est pas top. Merci pour la motiv' de ton message.

Siryackle 21 juillet 2019 à 11:06

Je reste sans mots. 😶
@Esquif Tu es un très bel être humain ! :-/


Il te faut t'enregistrer sur le site pour participer aux forums.

Rejoins-nous vite !

Alerter les modérateurs

Peux-tu préciser ci-dessous le motif de ton alerte ?