Billets d'humeur(s)

"Salut les idiots !"

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"Salut les idiots !"
Abderianle 14 août 2020 à 22:39

Allez, comme il me faudra reprendre le boulot (eh ouais, même un philosophe onaniste travaille parfois pour autrui), et que, comme Orelsan, faudrait quand même poser ma dernière livraison (imaginez un peu la souffrance des lecteurs de n'avoir le fin mot d'une histoire sans fin!), et pour ne point vous laisser esseulés (alors que, oui, en fait, vous vous en fichez, complètement) jusqu'à mon prochain retour (prochaine orbite inconnue), voilà une dernière truculence, et si ça fait votre journée, eh bien, ça aura aussi fait la mienne !

Réflexion poético-philosophique pour un truc anti-déprime
(vous moquez pas, j'ai mis du temps pour l'trouver)


Ah, avec le premier café du matin
Revient l'emmerdement du turbin :
Faudra encore se traîner et faire bonne figure
Dire bonjour et au revoir à Madame, Monsieur,
Des gens que tu ne sentirais même pas en peinture
Tout ça pour quoi ? Gagner en crédit avant de finir vieux
Et tirer sur le reste de son corps
A la retraite presque peinard et encore
Si vous n'avez pas contre vous le mauvais sort
D'avoir une tripotée de petits-enfants
Avec des bonbons à distribuer aux plus charmants.

Bref, tous les problèmes des braves APIES
Comme d'ailleurs de ceux moins bien nantis
Restent aussi et surtout ce qu'on fout ici
Et quelle est cette vie que l'on perdrait à gagner
Alors que, quand même, on est bourré de qualités !

Qualités pour être conscient de se faire entourlouper,
Qualités pour dire que le système est inadapté,
Qualités pour trouver la comédie des autres trop tragique
Ou qualités pour finir vaguement aigri ou carrément cynique.

Que faire donc dans sa vie
Quand on est un APIE
Et qu'après avoir lu Abderian
On est ou pas un grand enfant ?

Voilà donc un dernier menu à la cause
Pour une anarchie réelle et une pleine osmose :



La Terre va mal la fin est proche et l'apocalypse
A foutu à Isis le voile par terre et les pieds tordus.
La Bête a son heure et son venin qui éclipse
Même les plus fiers bravards aux plus hautes vertus ;
La cause est morte et enterrée c'est entendu
Depuis le Coronavirus de toute façon rien ne va plus
Et la vie comme un casino où l'on tombe mal
Même en ayant appris les bons numéros
Le croupier a l'assise large sur la table
Et dézingue la Jarque et votre jonque d'idéaux
Avec son petit fiel et ses règles passées au râteau ;
Comme un Dieu vilain gardant son emprise
Vous perdrez vos habits et toute votre mise
Et comme un accro, tel pour Lélia son Trenmor
Vous finirez pâle, exsangue, et tôt sur le lit de mort
Sans avoir vraiment joué avec vos propres richesses
Ni même avoir eu le sympathique élan... de paresse.

C'est que si à la fin on s'abolit toujours chez Partouche
Si on dévalise ce qu'on gagne par où l'on se touche
Si même l'amour et la coopération rendent le jeu louche
Et qu'un ophtalmo ne rendrait votre ontologie plus droite
Ou un psychiatre vos passions un peu plus adroites
Il y a fort à parier que la naissance est une ruine de l'âme
Et que vous verserez et tous vos deniers, et toutes vos larmes,
Et qu'au fond avant d'être pris dans le linceul de votre lame
Vous aurez pour tout prestige le ridicule d'un tel programme :
Un être supérieur qui aurait concocté pour sa jouissance
Tout ce qui fera de vous la victime de votre démence
Et le pervers narcissique devient alors ces monumentaux outrages
Qui se répètent où que vous alliez, en tous vos paysages.

Alors quel antidote quand l'hybris ne suffit plus
Quand on vous pousse illusoirement vers d'amples statuts
Et quand les autres vous écrasent de leur intempérance
Au point d'avoir encore à lutter pour votre clémence ?
La meilleure qualité, en général vous l'avez,
Et cela m'en coûte, mais Rousseau l'a devisée,
Et ce bon talent naturel de l'homme serait bien l'inertie,
La paresse comme un effort inverti
Le doigt levé mollement à tous les excités des passions
Qui jouent du tambour plus fort pour se donner raison.

Savoir ne rien faire avec patience et laconisme
Être riche du temps que l'on prend pour soi
Mettre les héritages des aïeux hors de tout tropisme
Et ne vivre ses joies que selon ses propres lois.

L'autonomie de vos Lumières mènent à ce cercle austère
Où les autres joueurs vous regarderont à leur manière
Ne comprenant pourquoi, vous Ferrari si rapide
Vous arrêtez le jeu et refusez d'être cupide ;

Ce serait comme emprisonné dans la série des 3 %
Et dire qu'on s'en fiche d'avoir un test gagnant ;
C'est d'ailleurs souvent auprès des autres paraître méprisant
Mais c'est l'autre nom qu'autrui donne à la liberté d'être inconvenant.

Sorti ensuite des billetteries trop fréquentes de la FDJ
Où gratter un billet, ou gratter pour des billets
Mène seulement à la véritable tragédie
A savoir perdre de vue ce que l'on est.

Alors si vous voulez mon avis
(Et même si vous ne le voulez pas)
Le Diable fait à tous signer ici
Tout ce qu'Autrui s'arrachera.

Longues études, orgueils, infatuations diverses
Plaisirs sophistiqués, moeurs en pleine ivresse
Angoisses composées, tourments mal adaptés
A déverser sur les fratries en fréquentes billevesées
Et repas trop prêt, idées vite avalées
Courses infinies et sacoches surchargées
Le croupier regarde ses petits escargots peiner
Pour déplacer le jeton qui les fera tous tomber.

Mais que fait le paresseux ? Du haut de son arbre
D'un regard ivoirien, ou même chryséléphantin,
Aveugle aux outrages que la masse impose
Comme un moine son esprit se repose
Et ses suggestions d'action jamais ne le condamnent
Aux nécessités d'une virée de capitane,
Et point soucieux de prôner l'exemplarité
Il fait selon ses humeurs et son oisiveté.

Assurément le croupier a bien raison de rejeter
Un tel motif de vie comme les racines du Mal
Mais le mal est bien dans les mains des ouvriers
Qui s'escriment à souffrir pour bâtir un arsenal
Quand dans la survie ce qui importe est moins l'arme
Que la qualité du guerrier à vaincre ses alarmes
Et sa faculté à s'abstraire des erreurs et du vacarme
Pour en un geste précis accomplir la perfection
Qui suppose comme Nature une économie de consommation.

Le paresseux depuis longtemps converti à la décroissance
Est pourtant celui qui grandit le mieux et le plus droit
Et si un jour vous doutez de ce que j'en dis, moi,
Voyez que les plus libres ne sont pas si riches qu'on le croit
Et que si vous souffrez en vos chairs par trop de dépendances
Il n'y aura pour tout Ciel qu'une valeureuse indifférence
Car le paresseux s'est abstrait du qu'en-dira-quoi
Et vis délicieux au Prytanée d'un je-ne-sais-quoi.

Juliette...le 14 août 2020 à 23:05

Mais que tu nous réjouis @Abderian... 🙂

Abderianle 14 août 2020 à 23:16

Réjouis-nous aussi @Juliette..., et pose, poste et amplifie les tiens !

catyle 19 août 2020 à 23:34

La monnaie d'Abdérian : https://gallica.bnf.fr/services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&query=%28%28dc.creator%20all%20%22Abd%C3%A8re%22%20or%20dc.contributor%20all%20%22Abd%C3%A8re%22%29%29&keywords=Abd%C3%A8re&suggest=2


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