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Atypique et émotions vis-a-vis de la mort

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Atypique et émotions vis-a-vis de la mort
Nalyale 12 janvier 2023 à 22:59

Bonsoir à ceux qui on le courage de venir dans cette discussion... j avoue c est pas très gai mais ça ressasse dans ma tête.



J aimerais savoir si d autres que moi éprouvent un profond malaise avec le sujet de la mort ? Comment vous gérez ça ?

Le contexte c est qu à mon jeune âge j ai déjà perdu beaucoup de gens proches de moi ( toujours lors d accident tragiques genre happé par un train, chuté dans l escalier, accident scooter etc..) et je sais pas comment faire le deuil. Les émotions sont toujours aussi à vifs malgré que le temps passe et parfois je suis angoissée rien qu a l idée d imaginer que cela pourrait encore arriver.

Si l un de vous à un secret pour ce genre de situation .... ce soir ça me ronge mes pensées et du coup peux pas dormir !

Aurelle 13 janvier 2023 à 00:11  •   90848

Bonsoir Nalya,

Je ne pensais pas m'attarder ce soir sur le site, mais j'ai envie de répondre à ton message.
Succinctement, car je ne suis malheureusement pas sûr de pouvoir t'apporter beaucoup d'aide.

Pour ma part, et pour diverses raisons, j'éprouve une parfaite révulsion face à ce phénomène, que je n'accepte pas.
Et plus généralement, sans doute, face à toute disparition.

J'ignore si l'on fait un jour le deuil. J'ai le sentiment en revanche que notre manière d'appréhender les choses change avec le temps. Lentement. Très, très, très progressivement. Que l'on peut apprendre à voir différemment, à gérer des émotions qui auparavant auraient pris la forme d'une vague scélérate ou d'une submersion incontrôlable et indescriptible. En leur conservant une place, mais sans qu'elles empêchent de vivre, ou nous tétanisent.
J'imagine, sans en être bien sûr, que c'est ce que d'aucuns appellent l'acceptation. Ou peut-être même le deuil. Qui peut paraître si difficile, oui, sinon inatteignable.

Je compatis, Nalya. Et suis de tout coeur avec toi.
J'espère que tu trouveras le sommeil...

PS / EDIT : De manière assez terre à terre, même si je ne saurais étayer cela avec des éléments solides, je me laisse souvent dire que notre cerveau est câblé pour, in fine, parvenir à affronter cela.

Bagheerale 13 janvier 2023 à 00:19  •   90849

J'ai traversé des guerres.
Ma première mort (très) violente, je devais avoir 6~7 ans.
Ça ne s'est pas amélioré les années suivantes, bien au contraire.

Du coup, mon approche de les question est très, TRÈS différente de celle de l'occidental "moyen".

La vraie question c'est : "qu'est-ce que tu es prête à entendre sur la question" ?
"A quel point peux-tu accepter de te faire "bousculer" sur la question ?"

Hinenaole 13 janvier 2023 à 00:40  •   90852

Oui, le deuil arrive a se faire meme si l amour, lui, ne s eteint jamais.

il esr tard @Nalya. Je te reponds demain. Fais en sorte de ne pas passer une nuit trop blanche. A tout a l heure.

hine.

Hinenaole 13 janvier 2023 à 09:36  •   90858

Salut. 🙂

De retour ce matin.
Comme promis.

citation :
Bonsoir à ceux qui on le courage de venir dans cette discussion... j avoue c est pas très gai mais ça ressasse dans ma tête.

Ce sujet mérite autant d'intérêt que n'importe quel autre... Pas de problème.

citation :
J aimerais savoir si d autres que moi éprouvent un profond malaise avec le sujet de la mort ? Comment vous gérez ça ?

Personnellement, j'ai un gros problème avec les décès prématurées. Autant, je vais être relativement peu affecté par le départ d'un proche qui aura passé la barre honorable des 90 ans et plus, autant je vais être quasiment détruit émotionnellement si c'est une jeune personne. Accident, suicide, maladie longue ou foudroyante. Je me remets assez bien de tout, mais la mort précoce est un truc qui me rend dingue (même dans les films). Et malheureusement, des jeunes partis trop tôt, j'en ai eu quelques un dans mon entourage, également. C'est pour cela notamment que j'ai fini par bannir - à part quelques exceptions, dont un ici, sur Apie - tous les jeunes motards, dans ma vie IRL. Non pas parce que j'ai de la détestation pour les jeunes guidons, mais bien parce que c'est vraiment trop dur de suivre le corbillard d'un jeune de 20 ans.

citation :
Le contexte c est qu à mon jeune âge j ai déjà perdu beaucoup de gens proches de moi [...] et je sais pas comment faire le deuil.

Chacun(e) a sa manière de le faire. Parfois ça passe par des étapes connues que mêmes les psys peuvent très bien expliquer et vulgariser. Rejet, abattement, colère, acceptation, idéalisation... etc... Parfois, ça se déroule autrement, et on peut apprendre même à mieux reconnaître ses mécanismes intimes, et, parfois agir un peu plus vite sur eux. Comme par exemple, accélérer la résilience, ou travailler consciemment son acceptation. Toutefois, cela peut prendre du temps et dans tous les cas de figure, il faut continuer à vivre, ne pas s'interdire d'exister pour une tombe, ne pas se mettre humainement entre parenthèses. Comme je dis souvent: "Pour bien prendre soin de la mémoire de ses morts, il faut bien prendre soin de soi. Bien manger, bien dormir, bien respirer, ça compte comme part entière dans le processus du Passage."

Et puis aussi, il y a le deuil qui se fait s'en qu'on s'en rende compte, en filigrane discret, lentement et dès le premier jour. Il mûrit en profondeur de l'âme, inconsciemment, et on peut en sortir également d'un seul coup, en quelques minutes seulement, pour se réapproprier soi-même. Je l'ai personnellement vécu, et c'est un sentiment fort étrange quand d'un seul coup, ça se décharge de soi pour vous laisser totalement en paix. Se retrouver ainsi (dans le sens de se re-rencontrer à nouveau et faire cohérence avec Soi), donne un nouveau sens à la vie, une nouvelle lumière. Le deuil n'est alors plus. Il vient de prendre fin. Ne reste plus alors que l'Amour absolu et inconditionnel pour celui ou celle qui n'est plus là et qui, tel un fantôme adorable, ne s'éloignera jamais trop de votre existence. Ce n'est donc plus un deuil, comme dit, c'est un prolongement de vie... La vie de quelqu'un d'autre qu'on porte alors à l'intérieur de sa vie à soi.

citation :
Les émotions sont toujours aussi à vifs malgré que le temps passe et parfois je suis angoissée rien qu a l idée d imaginer que cela pourrait encore arriver.

As-tu beaucoup de personnes avec qui communiquer, dans ton entourage, pour évacuer toutes ces angoisses? As-tu fait aussi un point sur ton environnement pour détecter par comment cela pourrait venir ou revenir? (aka, mon histoire de jeunes motards)

citation :
Si l un de vous à un secret pour ce genre de situation

Il n'y a pas de secret. Il n'y a que des chemins mentaux que chacun(e) emprunte librement selon sa capacité réelle à absorber le désastre de la mort. Je pense sincèrement que tu es sur un de ces chemins mais que la pente ou le relief est un peu trop ardu pour toi. Dès lors, tu as besoin de bifurquer et de prendre un nouveau chemin.

citation :
ce soir ça me ronge mes pensées et du coup peux pas dormir !

Pas de problème pour lire ça. Aujourd'hui, c'est loin, mais s'il avait fallu que je calcule le nombre de nuits blanches que j'ai passé avec mes fantômes en tête, ça pourrait sûrement se compter plus qu'en centaines.

A plus tard.


Hiné.

paradoxle 13 janvier 2023 à 13:17  •   90864

Sujet primordial.
J'ai un rapport assez étrange à la mort de mes proches. C'est proboblement dû au fait que mon père est mort quand j'avais 4 ans. Depuis, ben... la mort, ça arrive, c'est comme ça. J'ai toujours été en guerre contre les "c'est comme ça" mais la mort, s'il y a bien une chose qu'on ne peut absolument pas remettre en question, c'est bien ça.
Les ami.es partis trop tôt, à mon âge, ça commence à faire quelques un.es.

AVC, rupture d'anévrisme, infarctus, accidents de la route.
(Allez, genre les morts bien débiles et rageantes :
- Bouchon sur l'autoroute, arrêt complet un bon moment, le pote passager sort pour voir, se renseigner, à peine sauté de la camionnette une bagnole de flic sans sirène déboule à fond sur la bande d'arrêt d'urgence, Paf le pote, à dégager... Les flics nieront qu'il n'y avait pas de sirène.
- Au volant de sa camionnette, fenêtre ouverte, en tournée avec son groupe sur une route de campagne, un tir de chasseur dans le cou, coup de frein sec, dérapage, le passager qui fait ce qu'il peut pour contenir l'hémorragie, l'ambulance arrivera trop tard.
Merci la mort, merci les flics, merci les chasseurs !).

Ils me manquent toujours, je suis toujours triste et dépité à leurs souvenirs, mais je fais mon deuil en moins de temps qu'il faut pour le dire, limite ça fait un peu peur et je passerais presque pour un insensible, un sans coeur. L'acceptation est presque automatique, instantanée après un sonore bon d' dieu d' saloperie d' bordel de merde, mais c'est pô vrai... Ben si c'est vrai, v'là, un bon gros soupire, mon deuil est fait. À me demander si c'est pas moi qui suis chelou dans cette histoire. Mais je crois pas, j'ai juste appris ça très tôt.


Il est toujours important de parler après ça, de dire les ressentis, d'exprimer en détail ses émotions, de les gueuler s'il le faut, de sortir tout ce qu'on peut, auprès des proches si possible et partager, auprès d'un pro si besoin. Le deuil est un travail qui s'effectue avec le temps... mais faut travailler dessus. Mon temps est court, pour d'autres ça dure... mais ça passe.

Je peux aussi conseiller Apprendre à mourir, la méthode Schopenhauer d'Irvin Yalom. Roman existentiel et parfois drôle sur le travail du deuil, je recommande chaudement. C'est aussi une bien belle introduction à la connaissance de la thérapie de groupe.

Nalyale 13 janvier 2023 à 13:28  •   90866

Bonjour à tous après une courte nuit que j ai finalement occupée en faisant un puzzle !

@Aurel: merci de ta réponse. Après lecture de ton texte, je crois qu en fait mon gros du problème c est que je n arrive pas à atteindre l "acceptation" que tu mentionnes. Faut que je médite sur cela je crois.
@Bagheera: je pense que je peux en entendre beaucoup vu que pour moi le pire à été de voir. Nous pouvons en discuter en MP éventuellement de comment tu vois les choses ?
@Hinenao: je confirme à 100% ton avesion pour ces départs prématurés comme tu le dis si bien. Tu as demandé si j étais soutenue dans tout ceci et la réponse est oui mais malgré méthode Emdr et j en passe, ça reste toujours compliqué comme si mon cerveau avait compris mais pas ma partie émotionnelle, je sais pas si j exprime bien ce que je veux dire...?
En fait j ai vraiment très peu de personnes dans mon entourage car créer des liens avec des gens en général m est compliqué et en plus passer par-dessus ma timidité ainsi que de la peur de les voir disparaître abruptement a fortement restreint mon cercle.... pas terrible je sais 🙄
c est donc pour ça que je me suis laissée entendre que peut être une autre personne ici sur Apie aurait une approche qui pourrait me convenir, étant déjà avec un profil atypique et que par conséquent l acceptation est déjà pas simple pour les personnes qui résonnent autrement que la norme, si j ose dire ça de cette façon.
@paradox: oui c est effectivement surprenant pour moi d entendre que tu as tant de facilité pour balayer ceci mais c est ton fonctionnement et franchement je crois que le tiens est bien moins merdique que le mien 😄 alors surtout change pas ... l inverse c est affreux. Je vais me renseigner sur la lecture proposée merci.

En tout cas c est super d avoir des commentaires en retour merci à chacun pour sa bienveillance.... y a un monde complètement fou dehors 😜
Je peux mettre parfois du temps à répondre mais j aime prendre le temps de bien comprendre ce qui m à été répondu et assurer la réponse retour !

Evaderhaindile 13 janvier 2023 à 14:38  •   90870

Bonjour @Hinenao,
Avec le recul nécessaire , je me revois,moi aussi, penser sans fin ,sans bouton off à ce moment critique de la disparition ou de la perte.
Des nuits blanches ,à reflechir à repenser,à ne plus arriver à penser clairement,totalement obsessionnelle...L'impression que cette pensée tumultueuse,désorganisée,incessante me tenait """en Lien """(avec mon mari).
C'est un fait .Je l'ai perçu comme cela.Ce n'est aucunement un conseil,biensûr.

Je l'ai perdu il y a 10 ans,après plus de 30 ans de vie commune.
Passer à autre chose,oublier,guérir me semblait le quitter, l'abandonner.Penser à lui,sans dormir, c'était continuer de lui tenir la main.Comment penser à se nourrir?A dormir?A se rendre heureux?
J'avais cette impression d'abandonner cet autre en ne pensant plus à lui.C'était un besoin,de faire perdurer la pensée.
Du coup,vient se glisser l'idée qu'être heureuse à nouveau serait une trahison,.Et donc impossible, au vu de ce lien tricoté dans le passé.
Le temps change la donne.
Dans une autre étape j'ai conçu que l'autre qui nous manque ,ne peut "se sentir" trahi par mon absence dans ce lien mental!
En réalité il reste là,dans ma tête.
Puis tout doucement il est venu se loger dans mon coeur.Au chaud...
J'y retourne en pensée, souvent ,mais il réside là pour toujours.

Et tu vois je suis capable, aujourd'hui ,de parler de ce qui m'a anéantie jadis.

Impossible dans une vie d'oublier.Par contre s'autoriser à être heureux...Ce n'est pas trahir ou abandonner.
C'est ce que j'ai admis.
Ce n'est qu'un vécu...Cette blessure se rouvre lors d'un décès. Le meilleur ami de mon fils s'est suicidé.Biensûr on est pendant ces moments là,bousculé puis l' équilibre revient.
Vraiment le temps à une fonction de réparation...Il faut faire confiance à la vie.Garder l'espoir en de meilleurs jours..Vraiment!
10ans ,pour moi, de reflexions.C'est long.
.Cela change pour d'autres.Chacun son temps nécessaire .
Après 3ans j'ai essayé de rencontrer des hommes,un peu" pansements" pour me reparer,reprendre le goût des autres.
.On s'accroche à cette vie passée que l'on redéroule.
Souvent c'est la prise de conscience de la grande solitude qui nous ramène à l'Abscent.
Ensuite il y a les comparaisons.Je n'essaie même plus...Personne ne remplace personne.On voyage juste avec des personnes qui nous font du bien.Ceux là on souhaite les voir et les revoir.On profite du bonheur présentavec ces autres que l'on a enfin réussi à faire rentrer dans notre bulle.
Et puisl'Abscent devient" un souvenir"concient.
Puis un joli souvenir,qui peut s'envoler,prendre du large...
Je refusais le mot "faire le deuil".Je ne voulais pas...Puis on laisse le ballon s'envoler...On lâche prise?
Puis c'est la nostalgie juste....
J'en suis là...
Profiter des bonheurs éphémères...
Ce sont de vrais bonheurs...
Ils me re nourrissent..
La nature,ma famille,mes amours passagers mais non moins nourrissants.Ils ouvrent le travail sur soi..Et puis il y a Les amis,Les livres...( tellement d'amis presents dans la bibliothèque...
Les apies...SI divers ,rafraîchissants,sombres et gais,heureux malheureux...Humains avant tout...
Donc biensûr cette émotion dont tu veux parler touchera ,sans aucun doute beaucoup de lecteur d'apie.On ne peut passer outre...
Voilà mon expérience.

Avant de partir, mon mari m'a offert les livres suivants;
" La délicatesse" de David Foenkinos et le livre " La vie est brève et le désir sans fin de P.Lapeyre.
Une manière de me dire,"<<Continue...Sans moi...A aimer!
Je lis pour le moment de Vladimir Jankélévitch
"L'irréversible et la nostalgie."
Je te souhaite des nuits plus douces et apaisées.
Le chemin vers cette planète en suspens dans les airs existe...Y aller,c'était pleurer au début.Aujourd'hui je peux y aller,et ne plus pleurer.On peut la voir en levant les yeux vers le ciel.Ou l'ignorer.Elle est obligatoire dans nos vies.C'est le pacte....La vie..et aussi la mort...
Jean D'ormeson le disait.la vie ce sont des roses mais aussi des épines.
Un maître de l'amour de la vie.
Prendre du recul,s'apaiser,retourner à la sérénité peut se désirer.
Ne t'interdis pas d'aimer la vie.

Pour y parvenir,de mon côté "la parole" fut salvatrice .Une thérapeute bienveillante,d'exception... Spécialiste du deuil et des HPI, et qui m'a rendue à la terre ferme, après mes" sables mouvants".
Ma therapeute travaillait dans une association en bénévolat en plus de son emploi journalier remunéré.
L'ASSOCIATION:"Vivre son Deuil.. à Lille.
Elle s'adresse aussi aux enfants et adolescents.
Il y en a en France ,dans d'autres villes.
Je me rends compte que pendant mon" mal être ",les apies aussi m'ont aidé.
Une zone refuge.
Fermer le dossier de la peine, un instant, c'est possible.
On peut y arriver.
On peut le rouvrir demain...Et dormir...

Eva

paradoxle 13 janvier 2023 à 15:31  •   90873

@Evaderhaindi 👍

Hinenaole 13 janvier 2023 à 17:31  •   90877

Merci @Evaderhaindi pour ton ajout.
(Et j'ai fait effectivement les mêmes lisaisons entre ta description et la mienne, pour ce qui est du passage du noir à la lumière. Et à la paix retrouvée.)

citation :
Une manière de me dire,"<<Continue...Sans moi...A aimer!

Exact! 👍

Au moins, tout ce cheminement, ça m'a appris qu'il faut dire les choses aux vivant(e)s, pendant qu'on est vivant(e) soi-même. Sans livre, mais avec mes mots tout personnel, j'ai fait de même pour mon épouse. Certain(e)s pourraient prendre ça pour un truc morbide, ou maladroit. Perso, je considère que c'est plutôt une marque d'amour ultime. Ainsi donc, j'ai déjà eu des conversations avec mon épouse où je lui ai dit en substance: "S'il m'arrive quelque chose demain de fatal. Surtout ensuite, tu refais ta vie. Avec un compagnon ou pas. Tu es libre. Mais tu ne restes pas coincée devant une tombe. Tu me gardes un peu dans ta tête et un peu dans ton coeur, et dès la sortie du cimetière, tu avances..."

En réalité, quand de temps en temps, je lui fais une mini piqure de rappel, elle n'aime pas trop ça. Cela la chahute un peu dans sa zone de confort psychologique, et assez vite elle veut qu'on parle d'autre chose. Normal! Oui mais, si ça arrive vraiment, j'aurais préalablement rempli ma "mission" de soulagement et déculpabilisation. Ma femme est jeune, et je veux le meilleur pour elle. Même si c'est sans moi.

Evaderhaindile 13 janvier 2023 à 22:03  •   90882

@Nalya
As- tu réussi à dormir?Le puzzle c'est pas mal .On dit qu'il faut accomplir une action pour éviter de penser trop.
'Ecrire en mode journal ,permet d'exprimer ses émotions .Elles débordent parfois et nous les réprimons en public souvent par pudeur.
Ensuite te dire que l'on peut aborder ce sujet,même si il est grave.Je dirais même on peut l'aborder "parcequ"'il est grave.
Et si nous pouvons tous nous aider ne serait-ce que par nos échanges virtuels,c'est déjà mieux que rester seule dans la douleur.
@Baghera <<A quel point peux tu accepter de te faire bousculer?>>
Je trouve ta question vraiment pertinente.Les paroles de Bernard Lavillier<<Attention Fragile>>me semblent un peu y répondre.
Entrer dans la communication, quand on ne voudrait que se retirer pour pleurer c'est en effet une prise de risque.Mais parfois c'est aussi prendre le risque de" ne pas être déçu" d'avoir tenté l'expérience .J'avoue..C'est délicat..

@paradox
Impensable ,de violence ,de soudaineté, de timing, ce que tu as pu décrire sur cette route,avec tes proches amis.J'imagine ton émoi et l'acceptation forcée par obligation de ces événements si soudains.Que faire évidemment si ce n'est se figer face à l'indescriptible ...
@Hinenao
Je comprends cet échange avec ton épouse et la piqûre de rappel.C'est touchant.
En commun ,cette fusion ,avec un ètre que l'on ne peut qu'aimer ,au delà même, de la vie.
@Aurel
J'apprécie ta métaphore ...
<< On peut apprendre à gérer des émotions, qui auparavant ,auraient pris la forme ,d'une vague scélérate ou d'une submersion incontrôlable et indescriptible. >>
Une vidéo qui moi m'a aidee aussi.
Un format court...voir la vidéo

Kobayashile 13 janvier 2023 à 23:20  •   90883

La naissance et la mort sont des moments dans le cycle de la vie. Nos sociétés asceptisées ont oublé cela. Il y a même une espèce de course abjecte à l'immortalité, cryogénie, etc.

La peur de la mort est tout simplement la peur primale, celle de sa propre mort. C'est une chose incompréhensible quand on est vivant. La difficulté n'est pas la mort en elle-même, qui est un fait de la vie, mais la causalité que cela réveille en nous.

20 ans après le décès de mon père j'ai réalisé que je commençais à finir son deuil. C'est comme cela, c'est la nature humaine. Cela passe par l'acceptation. Après, chaque bonheur de la vie devient inestimable et précieux.

Nalyale 14 janvier 2023 à 08:44  •   90888

Merci pour vos témoignages. Chacun semble le voir à sa façon au travers de ses propres expériences mais ce qui semble toujours revenir, qu il soit sous format écrit ou non, c est le moment de l acceptation. Ce passage me paraît le point primordial qui a rendu un peu de douceur à la peine immense que vous avez pu ressentir.

Après tout, si vous avez pu y parvenir alors sans doute moi aussi, avec un peu plus de temps (ce qui parait également un facteur important).

@Eva: finalement oui le sommeil est parvenu jusqu à moi et le puzzle a été terminé. C est pour moi une des multiples façons de m "occuper" l esprit lorsque je procrastine un peu trop. Je ne manquerais pas de regarder ta vidéo. Merci du partage.

Surderienle 14 janvier 2023 à 10:07  •   90891

.
Bonjour
Voilà un sujet qui passionne.
Certains disent que la mort c'est le moteur de la vie.

Que si l'on n'avait pas peur de la mort, on ne se rendrait pas compte de ce qu'est vraiment la vie et qu'on se mettrait en danger de ne pas faire gaffe en traversant...
...la vie,
ce passage transitoire qu'on peut faire durer bien plus longtemps en y faisant gaffe...

Mais que si on est trop inquiet de devoir se séparer un jour de ceux qu'on aime, on a alors peur de s'attacher et d'aimer trop fort...et on reste froid et distant en bloquant ses émotions et ses sensations, et qu'on ne profite pas totalement de la vie...

Alors on peut développer de la compréhension et du raisonnement pour exorciser ses peurs et assurer...
Le concept du cheminement du deuil permet d'aider et même d'anticiper les processus de deuil(s) et de séparation(s).

Le modèle DCMDA en est un
Déni, Colère, Marchandage, Dépression et Acceptation.
On peut y rajouter le Î de l' Idéalisation,
comme le disait @Hinenao, et aussi de l'Imagination... de l'Intuition...

ou DCMDAme...
le M de modélisation
le E d'espérance...

C'est là le moment de développer encore plus de performance HPI face à la passionnante difficulté et la magnifique diversité du processus de....
vivre...
😍

Minairalele 15 janvier 2023 à 11:47  •   90913

Merci pour ce post,

Ayant perdue très tôt des proches (Père, Frère etc...) enfant, je voyais celà comme un voyage, un déplacement, maintenant leur présence en souvenirs, le fertilisant de rires, de joies, en grandissant, ce terreau reste là, différent, peut-être plus conscient, de l'évidence d'honorer la vie, de veiller à ses actes et pensées... A 18 ans, par la visite en hôpital de (personnes en fin de vie), m'ont instruite de l'importance de chaque être.
De ce passage, fébrile,
lors de ce main à main,
par la présence,l'amour qui coule d'être à être,
accompagne,
une énergie de vie, au delà de la mort.

Kobayashile 15 janvier 2023 à 22:29  •   90946

@Minairale, en arrive en terres peu connues là. Dans le bouddhisme il est décrit par l'état de "ku".

Minairalele 16 janvier 2023 à 00:27  •   90951

@Kobayashi, que veut dire ku?

Dunettele 16 janvier 2023 à 13:31  •   90958

@Nalya Merci à toi d'aborder ce sujet qui me touche particulièrement. Il y a 5 ans mon compagnon est décédé dans un accident de voiture. Jusque là, je pensais que la vie se chargait de nous mettre des cailloux sur le chemin afin que nous puissions cheminer. Parfois c'était des petits cailloux, parfois des plus gros - au cas où les petits ne m'auraient pas servis. Mais voilà le jour où mon homme est parti, je n'ai juste pas compris et je ne comprends toujours pas le sens d'ailleurs... Ce que j'ai appris par contre c'est que le deuil c'est mettre la personne disparue bien au fond de notre coeur afin qu'on ne puisse jamais plus l'en déloger.

Tout au long de ma carrière j'ai accompagné des personnes en fin de vie ainsi que leur famille, j'avais bien appris dans les livres les phases du deuil... Mais voilà quand cela a été mon tour, je ne me suis retrouvée en rien dans tout cela. On m'a arraché ma moitié, mon âme soeur et à ce moment là je me suis dite qu'il n'existait pas de mots assez forts - en français du moins - pour exprimer la souffrance que cela provoquait en moi. J'aurais bien aimé en rajouter dans le dictionnaire... j'ai également souffert de l'usage du mot deuil qui peut aussi bien être utilisé pour le deuil de son appartement, de son travail, de sa jeunesse, de son doudou, que sais-je... Pour moi, ce deuil là était incomparable à tous ceux que j'ai connu. Je lis beaucoup le mot acceptation et celui-ci m'a fait gamberger durant cette nuit. En fait, on a définit 5 stades dans le deuil et il semblerait qu'on doive les traverser pour atteindre .... ? Quoi ? Je joue peut-être avec les mots mais pour moi je ne pourrais jamais accepter que mon compagnon ne soit plus là. J'accepte que la réalité soit telle qu'elle est, je n'y peux rien changer, les choses sont ce qu'elles sont. Je pourrais utiliser le mot résignation mais il semble que ce soit un synonyme d'acceptation. J'ai accepté l'idée, j'ai accepté de continuer à vivre mais je n'accepte pas qu'il ait dû partir. Moi, j'ai la chance de pouvoir continuer à vivre mais je trouve tout cela surtout injuste pour lui qui ne le méritait pas.

Ce que j'ai envie de te dire c'est : fais confiance à la vie, tu as en toi tout ce qu'il faut pour traverser un deuil, nous n'en avons pas conscience sur le coup mais on a un programme pour cela, j'en suis sûre. Il faut juste accepter de surfer sur les vagues qui nous emportent, un jour la mer redevient calme (le lac si tu préfères), la colère s'apaise et on peut continuer à profiter de cette précieuse vie qui nous est offerte. J'ai compris que même quand j'avais le nez dans le guidon j'avançais sans m'en rendre compte. Je cherche toujours mais je crois qu'il n'y a rien à comprendre aux départs des êtres qui nous sont chers. Je crois juste que nous faisons partie d'un tout qui a commencé des milliards d'années avant nous et que nous ne maîtrisons rien. Nous avons juste le droit de choisir de profiter au maximum de cette vie qui nous est donnée et d'emporter avec nous tous les lumineux souvenirs que nos êtres chers nous ont laissé.

Les livres de Christophe Fauré et ses interventions sur le site "Mieux traverser le deuil" m'ont beaucoup apporté.

Encore une chose : je parle de mon expérience mais il y a autant de façon de traverser un deuil qu'il y a de personnes

Kobayashile 16 janvier 2023 à 20:55  •   90963

@Minairale, c'est bien là toute la question 😜

Ku, traduit par "non-substantialité", vide, vacuitié, latence, relativité, etc.
L'idée est que les entités de vie ne sont par nature ni fixes, ni indépendantes.
Cela renvoit à la notion d'origine dépendante, ou production conditionnée.
C'est le concept clef du bouddhisme Mahayana, qui le définit précisément comme la Voie du milieu, ce qui n'est ni existence, ni non-existence (Sutra de la sagesse).
Si on développe plus, un livre devient nécessaire 😄

Nalyale 16 janvier 2023 à 22:11  •   90970

Salut @Zebu: quel témoignage émouvant, tant de choses exprimées que je comprends et que je ressens. Je suis navrée pour ta douce moitié. Oui je sais que c est tout un chemin pour accepter leur départ si prématuré et le mien semble pas terminé. Je trouve aussi que le mot deuil est déjà pas beau en soi, c est ni gracieux ni doux, c est juste moche. Ça aide pas tellement je dois dire. Après il est plus que vrai de mentionner que nous avons de formidables souvenirs d eux mais l absence de l être à serrer contre moi, c est ça qui me manque le plus. Mais bon je continue malgré tout, c est simplement que par moment le baromètre des émotions reprend le dessus et c est le bordel. Je crois que je dois commencer quelque chose sur la gestion de cela pour peut être trouver un peu plus de paix.

@Kobayashi: je suis assez d accord sur le fait que la mort est une peur primale mais pas forcément la notre, celle des etres que nous chérissons plus que tout peut l être d avantage.


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