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Avez-vous le corps marqué - tatouages, piercings, modifications ?

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Avez-vous le corps marqué - tatouages, piercings, modifications ?
Lomeyle 19 juillet 2022 à 12:53

Le corps est une thématique sur laquelle je travaille en ce moment, et je suis curieuse de savoir quel est votre rapport à ce dernier en tant qu'objet et sujet de la modification. Qu'est-ce qu'être marqué.e veut dire pour vous, pourquoi avoir fait cette démarche ?
Pour ma part, j'y vois là une démarche thérapeutique, où la douleur de l'aiguille me permet parfois de transcender la souffrance (celle lovée, insconsciente, impensée) et d'affirmer la joie enfin reconnue, acceptée, recouvrée. Comme si inconsciemment me marquer, était une porte vers l'acceptation et la compréhension. Mes tatouages sont toujours pensés en arrière-fond... Même si la décision de les faire peut paraitre impulsive!

Et aussi l'emplacement de mes tatouages est toujours en lien avec les entités régissant les parties du corps. En astrologie médicale, chaque partie du corps est régie par une planète et un signe. Les bras, les épaules, le système nerveux Mercure/ gémeaux par exemple. Mais ça c'est encore un autre sujet 😬

En tout cas, hâte de vous lire !


Partage d'un gribouilli
(ersatz de présentation hein, j'avoue je ne sais pas faire)

Runes à l'âme

J'ai 13 runes marquées au fer noir

La première affirme
"Humain, trop humain"

La deuxième
ma carte d'identité cosmique

La troisième joue la dualité,
une lune noire dans un soleil astronomique

La quatrième me dit
j'ai corps carbone et coeur adamantin

La cinquième l'ouvrière qui pique,
son travail infinitésimal, du miel pour l'humanité

La sixième transporte
la force tranquille d'un croissant lunaire

La septième c'est au choix
une mort aux vaches ou la trinité,
du corps, de l'âme et de l'esprit

La huitième est un mot,
sa vibration réveille mes ancêtres
son énergie vitale retrace mon essence

La neuvième
est Noir.e en lingala

La dixième
le sceau, plus jamais mon âme en cavale

la onzième
symétrie de la précédente, en kabbale

la douzième
quand j'ai rallumé le feu des inspirations

la treizième
quand j'ai accepté l'équilibre de la raison

la quatorzième te nargue,
je te vois, tu me vois, l'Oeil derrière le crâne

la quinzième le calice à la gorge,
trois gouttes de sang
épée de la vérité,
justesse des émotions,
fréquences de la réflexion

paradoxle 19 juillet 2022 à 15:17  •   83867

Moi non, fréquentant pourtant beaucoup de monde concernés, voire tatoués et percés de partout. J'ai même joué avec un groupe/performance où le chanteur se fait tatouer sur scène à chaque concert et les autres se tatouent eux-même à la fin, un micro-contact sur les machines à tatouer. Mais moi non.
Si jamais ça t'intéresse, un petit reportage :
voir la vidéo

LKle 19 juillet 2022 à 17:32  •   83869

Je laisse la vie faire son oeuvre.

Les cicatrices comme " marquage du corps objet ", m'apparaissent alors comme suffisamment évocatrices.

Lomeyle 20 juillet 2022 à 13:09  •   83894

Ah @paradox merci pour le reportage ! Et le fait de se tatouer sur scène ça rejoint cette idée de performance du corps support /mémoire. Intéressant.

Et @LK j'ai hésité à évoquer les cicactrices, qui sont souvent involontaires.
Les scarifications initiatiques (peu communes en Occident) sont en plein dedans oui 🙂 celles du corps comme objet expiatoire c'est encore autre chose, mais c'est si intime comme sujet...

Maele 20 juillet 2022 à 14:35  •   83899

Je suis maintes fois tatouée sur de grandes surfaces mais à des endroits non visibles lorsque je suis habillée et cela reste personnel

Je ne comprends tout simplement pas la démarche des personnes qui en font "pour les montrer" je n'ai pour la part rien à montrer ou envoyer comme message au monde par ce biais

J'ai subi récemment des chirurgies et le personnel s'est mis à commenter deux de mes tatouages et me poser des questions dessus cela m'a rajouté un énorme stress postop! J'avais l'impression d'être encore plus dénudée!

Lomeyle 21 juillet 2022 à 11:26  •   83920

@Mae oui, la fatale question de la signification. Parfois les gens la posent par politesse ou s'attendent à une histoire assez émotionnelle pour se rassurer de la démarche (ah, il y a du sens) mais pas trop profonde non plus parce qu'iels ne veulent pas s'engager dans une écoute aussi engagée, voire un échange sur ce sens (inacessible pour elleux).

Ah la fameuse étape dans les hôpitaux... en général ça passe ou ça casse. J'ai eu deux cas : l'aide-soignant "rock'n'roll" qui se moquait gentillement de ma peur des aiguilles en faisant le parallèle avec mes tatouages et autres piercings. Je lui ai dit "ce n'est pas pour rien que les phobies sont irrationnelles"... 😶.
Sinon pire, le personnel soignant qui te fait bien comprendre qu'avec tes piercings tu peux causer la 3eme guerre mondiale dans le bloc opératoire parce que les machines peuvent surchauffer le fer et te carboniser sur place, mais que l'hopital ne sera pas responsable blablabla. Pourtant il suffit de recouvrir de sparadrap les piercings qu'on ne peut pas retirer et voilà!

Pour ce qui est de les montrer ou pas, c'est très culturel en fait. En Occident le corps est tellement tabou que le marquer, le tordre relève souvent de la performance à louer, à applaudir. Alors que le tatouage est juste . Il attire l'attention de manière involontaire, puis on projete sur lui et la personne qui le porte pléthore de choses. Depuis peu, j'ai des tatouages qui se voient l'été parce que le sens se trouvait dans ces emplacements et pas autre part. Est-ce qu'on les voit ou est-ce que je les montre?

Hinenaole 24 août 2022 à 14:09  •   85287

Salut @Lomey. 🙂
Salut @tous @toutes
@paradox @LK @Mae

J'avais lu ce sujet que tu as créé dès le jour même de sa publication sur Apie. Mais à ce moment là, ce n'était pas pratique pour moi de répondre. A mi-chemin sur l'Anjou, et un peu le nez aussi sous les étoiles (filantes!), j'ai donc opté pour une (longue!) réponse formulée plus tard, une fois de retour à la maison. Et donc, nous y voilà. Car, normalement, j'ai pas mal de choses à dire. Te faire juste trois micro-lignes sur smartphone, à ce moment là - hors mes murs, et sous la Lune - aurait été bien indigne. 😉

citation :
Le corps est une thématique sur laquelle je travaille en ce moment, et je suis curieuse de savoir quel est votre rapport à ce dernier en tant qu'objet et sujet de la modification. Qu'est-ce qu'être marqué.e veut dire pour vous, pourquoi avoir fait cette démarche ?

Bah, je vais d'abord parler de mon rapport aux corps des autres (rien de classé X, rassurez-vous, rassure-toi Lomey 😄). Ça sera la partie 1. Puis ensuite, en partie 2 j'évoquerai dans la continuité le rapport au mien, directement, en restant de fait axé essentiellement sur la dimension "modifications corporelles", car le rapport peut être un tout qui peut aller au-delà du besoin d'encre. Parfois, cette révolution intime va de l'intérieur vers l'extérieur par des biais étonnants, si on peut avoir la chance d'être, notamment, créatif dans le domaine.

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Partie 1

Vu. Pas vu. Exhibé. Caché. Honteux. Tout en "bande dessinée". Tout en symbolique. Thérapeutique. Faits d'armes. Hommage. Impro. Regret... etc., etc... Je crois qu'en matière de modifications corporelles liées au tatouage [on verra pour le piercing, le cutting, le branding une autre fois, hein... 😋], j'ai à peu près tout entendu et tout vu en tant qu'artisan-dessinateur à qui on a demandé de prêter le trait à un brûlant désir d'encre dans la peau. Car en effet, sans pour autant me servir de cette "tribune" présente pour me faire de la pub facile, bah, c'est quand-même une grosse part psychologique de mon métier que de comprendre ce qui va pousser une personne - parfois sans aucun marquage préalable - à sauter le pas, vers telle ou telle représentation, vers tel ou tel style graphique. Et des fois, on peut avoir des surprises... En effet, les vraies exhibitionnistes ne sont pas toujours ceux qu'on croit, et parfois les non-exhibs sont ceux/celles qu'on peut volontiers prendre pour des personnes sans histoire, sans encre. A tord.

Etant à une époque reculée dans un métier non-compatible avec cela, j'ai quand-même malgré tout eu deux expériences de tatoueur (l'une en apprentissage, l'autre en mode changement de carrière, mais qui a raté...), et, pour la première - la plus intéressante - je me souviens encore du cas d'une personne qui était venue au salon alors que je n'aurais absolument pas misé un kopeck sur elle, en pensant qu'elle pourrait franchir un jour le seuil de la porte.

Elle avait déjà une bonne quarantaine passée, en limite de cinquantaine sans doute, cheveux blonds au carré d'épaule et esthétiquement prenant beaucoup soin d'elle. L'autre tatoueur et moi, (le boss) on la croisait régulièrement sur la placette du "village", et on s'échangeait parfois de simples petits "bonjour" sans forcément aller plus loin. Car, d'emblée, on ne la sentait pas vraiment compatible avec nous, pas vraiment en phase avec notre lifestyle, nos tournées estivales de bières exprimées sur le parvis, nos fripes mal repassées et nos décos peuplées de maccabés. Justement, quant-à elle, son style était très bcbg (et en rien bobo d'aujourd'hui, pour comparer) et ne présageait donc nullement qu'un de ces jours, je me retrouve personnellement face au sein nu de cette femme. Puis, inopinément le moment se présenta, à l'automne suivant. La faiblarde sonnette électronique bi-tons de la porte-vitrine eut retenti et elle entra timidement dans le carré du shop, accessible au public.

En formation (bien que déjà plus un petit jeune avec 3 poils sous le menton et quelques boutons faciaux, façon calculette 😄), l'autre tatoueur, mon mentor et protecteur, me demanda d'aller l'accueillir.


- Bonjour, vous êtes bien ouverts? (intronisa-t-elle)

(Phrase qui, de toute évidence, ne servait qu'à entamer le dialogue, car elle ne savait pas vraiment où elle mettait les pieds. Ça se sentait. Vraiment pas une habituée. Limite mal-à-l'aise d'ailleurs...)

- Bien sûr qu'on est ouverts. Qu'est-ce-que je peux faire pour vous?

- Je voudrais parler tatouage.

- Bien sûr. Pour vous ou pour quelqu'un d'autre?

- Pour moi, mais ça concerne principalement mon fils.

- Et, il a quel âge votre fiston? (J'ai aussitôt demandé ça car sachant que le tatouage est interdit en France au moins de 18 ans, mon mentor m'avait fait déjà tout un topo bien précis là-dessus pour savoir comment gérer l'accueil en relation avec l'âge légal requis. Mais en réalité, combien de jeunes dès 16 ans franchissent la porte bien vite pour essayer de chopper un peu d'info, un peu de kiff aussi, et puis également ressentir le "parfum" de ce genre d'endroit marqué d'interdits et d'irrévérence... lol, franchement, vous n'avez pas idée. ^^)

- Eh bien, cette année, il aurait eu 22 ans... (Et là, long silence....)

(Je viens de comprendre en une fraction de seconde, et je me sens mal. Et jeter un oeil de chevreuil "pris dans les phares" à mon mentor n'y fait rien. Lui, dans l'autre pièce, loin, il est absorbé dans la prépa des faisceaux d'aiguilles destinés à l'autoclave sur fond de N&B qui tambourine des "I love you baby". Et donc, il ne nous écoute pas, ne nous voit pas. Pire encore, un instant, il tourne le dos et s'éloigne hors de vue. Puis elle reprend...)

- En fait, pour vous expliquer, je souhaiterais un tatouage, quelque part en haut, là, et je voudrais être fière de pouvoir le montrer. Mais sans être trop décolletée, vous voyez?

- Oui, je vois, je vois... (en fait, je vois surtout qu'elle me montrer la partie pectorale visible du sein droit, dans l'échancrure de son pull très dark, et donc je cherche à comprendre l'intérêt de cet endroit, et pour quelle symbolique.)


Alors, on finit par s'asseoir dans le salon d'accueil, à deux pas de la porte, qui fait toute notre façade. Joli canapé noir satiné et petits fauteuils sympas sous plaid écossais bordeaux et coussins parsemés de squelettes dansants. Entre nous, il y a l'espace de la table basse avec une grande partie des créas déjà faites et photographiées par le boss lui-même, sous blisters amovibles, et puis aussi quelques planches de flashes anciens, pour les tatoués les plus nostalgiques des 80's, et les 90's qui viennent de se parachever. Gros tribaux d'épaule, crânes old-school, biomécas terminatorés à mort et première vague aussi de manchettes polynésiennes qui émerge alors en France métropolitaine, entre 2001 à 2003, telle est la production du moment. La première lame de fond des beauzardiens qui se projettent sur les métiers de l'encre corporelle n'est pas encore toute sortie du cocon studieux des Instituts d'Arts Visuels. Mais, ça va venir...

Elle m'explique. Ses mots ne viennent pas facilement. Elle regarde à droite, à gauche, attentive à savoir si une oreille autre que la mienne puisse saisir ses mots à la volée. Elle se tient droite, digne et Dame, le menton relevé, les mains embijoutées croisées sur les pans du pantalon noir, lui aussi, tout comme le pull. Puis elle parle d'un seul coup, comme lâchant brusquement les vannes du barrage émotionnel. "Ça fait un peu plus d'un an qu'il est parti. Il me manque, il me manque, si vous saviez... Je pense tous les jours à lui. A mon fils, à mon petit garçon... Je voudrais lui rendre un hommage à vie. Me faire tatouer quelque chose de fort, de fier, de fidèle, d'éternel. Et que ça se sache... Que tout le monde sache à quel point j'aime et j'aimerai toujours mon enfant. Et puis, ça sera pour moi aussi une étape nouvelle. Il faut que j'avance, que je referme le deuil... comprenez!" (dit-elle, en décroisant les mains et en désignant dans un geste large, élégant et symétrique, tout le noir de sa tenue. Je me souviens très bien à cet instant prendre tout le sens de sa silhouette toute ainsi revêtu. Un noir pas comme tous les goths habituels, les métalleux et les motards qui viennent à nous. Un noir autrement plus triste...) "Une fois le tatouage fait, je veux pouvoir libérer mon esprit de la mort. Je veux commencer à revivre, mais sans jamais oublier. Que cela soit en moi, sur moi, pour toujours, en hommage. Mais de manière plus légère, plus fluide, plus vivable... J'ai l'esprit tellement lourd."

La discussion tourne encore un peu autour du drama terrible du fiston, et je me sauve moi-même de l'émotion grandissante en amenant doucement la cliente vers la partie purement technique, domaine que je maîtrise davantage que la sensibilité qui palpite en mon for intérieur. Je m'en rappelle très bien, un seul jet sera nécessaire afin de déterminer la forme et le fond du tatouage: Deux M un peu entremêlés en lettrines manuscrites et déliées - doubles initiales du fiston, bien pratiques d'ailleurs pour l'exercice - prolongées par 4 mots seulement, mais fortement désirés après mure réflexion par la cliente elle-même. Dans ma tête, je me retape alors tous mes cours de calligraphie en accéléré. Médiévale, anglaise et moderne. Le tout donnera "Mon fils, Mon amour", sur deux lignes serrées et légèrement cintrées pour épouser le plus harmonieusement possible la forme pectorale et le galbe obpiriforme. Puis, rendez-vous fut pris pour se revoir quelques mois plus tard. Cela me laissait pour moi, notamment, largement le temps de bosser et rebosser toutes les lettres dessinées à la main, histoire de faire un job au top. L'un des premiers scriptiks d'hommage que je ferai d'ailleurs dans ma vie de graphiste. (Car ensuite, des parents et des époux en deuil, j'en ai rencontré d'autres, chez les amis... Chacun(e) y allant ensuite de sa discrétion, ou pas, pour afficher mon taf.)

L'écho de cette anecdote - vieille de vingt ans, déjà - trouvera sa conclusion quelques mois plus tard, à date retenue. Il était prévu que la cliente revienne pour une seule séance, cumulant à la fois tracés et remplissages. Sur la paillasse blanche de la zone de travail, hors salon public, et derrière le rideau d'intimité surtout, la décalque était prête, avec l'Anios médical juste à côté, pour faciliter le contact et le transfert. La cliente retira nécessairement tout son haut, car on ne prépare pas un tattoo avec des portions de tissus trop proches, envahissantes, possiblement mouvantes et pas forcément neutres non plus sur le plan bactériologique. Par la suite, à la demande du boss, je l'ai rasée sur l'endroit requis, comme c'est l'usage toujours, même sur une peau semblant être facilement glabre rien qu'à l'oeil. Et puisque tu parles d'un rapport au corps, Lomey, en précisant que cela soit exclusivement à l'encre que l'on doit faire mention, j'en profite pour expliquer à ceux/celles que cela intéressent - se plongeant mentalement un instant dans l'esprit d'un tatoueur en action - qu'il n'est pas question de "mater" la personne qui place, à cet instant là, toute sa confiance en vous (encore plus quand vous la tatouez dans le dos). Respectueusement mais assurément, la personne devient objet, support même selon le contexte de communication, et le travail commence. Qu'importe la vue d'un sein ou d'une fesse, même d'un sexe aéré. La concentration et le savoir-faire doivent s'appliquer, quelque soit la zone de chair exposée. Et la fraîche princesse aux courbes jeunes et parfaites, tout comme le vieux routard barbu et tanné, auront le même traitement de faveur sous la pique zinzillante du dermographe. Normalement, un bon ou une bonne tatoueuse ne donne pas son avis personnel sur l'esthétique physique d'un(e) client(e). Ou alors, c'est vraiment en privé, entre personnes présentes le jour J, initiées autour du fauteuil de travail, et surtout rideau baissé.

Bref, pour avancer un peu sur cette histoire que j'ai choisi de vous narrer (de te narrer, Lomey) pour sa part très symbolique, il n'est pas toujours aisé de faire la séparation entre les personnes qui veulent se faire (bien) voir avec un tatouage et celles qui souhaitent vraiment en leur chair, profondément jusqu'à l'âme parfois, se faire piquer et transformer pour apporter un maximum de cohésion entre le dedans et le dehors de l'Être. Et même ainsi, toutes les formes de tatouages traditionnels anciens tels que l'irezumi (motifs japonais ou asiatiques, pour simplifier à dessein des néophytes qui lisent) ou polynésien (marquisien, tahitien, pasquan, maori, etc...), n'échappent pas à cette règle intangible. On se tatoue et on se tatouait il y a fort longtemps ce que les codes civilisationnels sont en capacité de s'accorder avec l'Esprit. Tiki, poignard, mouette, cerisier, nautical, tout ramène beaucoup vers le centre mental de la personne. Et les fashion copieurs de plage ou de la boite de nuit sont bien souvent finalement de ceux/celles qui admirent intimement toutes les autres personnes, tous genres confondus, qui ont su faire justement le lien psychologique entre rite initiatique de la transformation, périphéries de vie et expérience retirée...

... Ce qui m'amène dans la foulée - comme un gros bavard que je suis sur le sujet, désolé 😜 - à parler de ce qui était évoqué plus haut. A savoir le fait que ça dépasse ou pas du Tshirt ou de la chemise, pour se la raconter parfois! 😋. Généralement à cette question, je réponds: "Montre-moi d'abord où est initialement le minuscule papillon de tes 18 printemps, et je te dirai comment que ça va déborder ostensiblement plus tard." [NB: marche aussi avec les noms de groupe de hard, les symboles anarch chez les mecs. Même les inavouables licornes parfois, lol... ^^]

En fait, la réalité technique entre la personne qui souhaite exhiber juste un peu d'encre "à la mode" et celle que le virus* de la pique a "contaminé", se résume bien souvent au point originel de la première pièce. Car ensuite, selon les inspirations et les goûts, l'encre va s'en aller filer de plus en plus hors du buste et dépasser conséquemment les zones sous protection, vers les extrémités des avant-bras, les jambes, le cou et autres poignets et mains visibles 100% du temps en société, l'épaule étant souvent à la fois une exception et, elle-même, une première zone d'implant favorable à la diffusion en aval et en amont de pièces complémentaires. (Idem de la malléole externe si inconfortable. Allez savoir pourquoi... 🤔) Bref, pour résumer, ça commence par une petite pièce discrète, puis ensuite, la zone d'influence bouge, s'explicite, se dévergonde, se "coming-out" même parfois, pour sortir en bout de tshirt, en cela souvent aider aussi par la symétrie du corps. Car, si une belle manchette apparaît sur le bras droit - ou inverse, le gauche - pourquoi pas l'autre. Viennent alors les codes, les mots, les mise en gardes, les séductions en images, les recouvrement parfois aussi très vite et alors, pas le choix. Si à 18 ans, on veut bien se faire faire un petit "bad-tattoo" qu'on ne montre pas toujours à tout le monde, surtout pas à son futur employeur, il va forcément arriver un moment où l'encre passera les cols et les bouts de manche, et celui/celle qu'on croira n'être que superficialité parce que tatoué(e) "à outrance" n'en est déjà plus là dans son parcours mental de piqué(e).

D'abord, un ou une vraie tatoué(e) de longue date vous le dira: "Au début, ton tattoo, tu le vois tous les jours. Tu l'aimes, tu en es fier. Tu le pommades après la douche, tu le caches du soleil en excès. Et puis au bout de quelques années, sans le détester... tu ne le vois plus. Il est en toi de manière intégrale et à jamais. Seulement par moment, il revient à ta conscience pleinement et tu l'observes avec son évolution, sa diffusion dans le derme, parfois son aspect plus terne... Et puis tu passes à autre chose." [ou alors, tu te dis qu'il t'en faut un autre très vite...^^. Mais pour quand? Et avec quelles finances surtout... 😱] Par conséquent, sauf pose Insta sur la plage avec l'index sous la moue du minois jeunet et/ou roulements virils de biceps inutiles pour faire basiquement les courses au supermarché, il est bon de retenir que les personnes très tatouées - et devenant hyper-visibles de facto en été - ne le font pas pour nécessairement pour se faire remarquer. Il y a parfois tout un rite interne qui manque à l'observateur ou l'observatrice de la rue ou du parking, pour comprendre ce qui s'est passé dans la tête de cette personne pour avoir voulu s'être fait "noircir" tout ou partie du buste, du bras, de l'autre, de la nuque aussi, du cuir chevelu, de la cuisse, de la gorge, de la malléole externe des fois pour les plus dingues (aïe-aïe-aïe, vraiment, p*tain que ça fait mal... 😭), alors que sans encre, ça ne change apparemment rien à la vie... Ecole, premier amour, premier stage, taf, carrière, emmerdes, déception, déclaration d'impôt, déclin, funérailles, tombe. On arrive tous pareils, par la même manière au Monde. Et on repart tous pareils aussi...

Bref, je vais m'arrêter là pour cette première partie 😋, le tattoo de l'autre, celui qu'on voit, qu'on admire ou qu'on déteste sans avoir nécessairement soi-même de la "suie" et des "peintures" dans la peau. Car je vous promets que je suis incorrigiblement intarissable sur le sujet, sans compter que je ne souhaite pas refiler une migraine à Lomey, durant sa lecture. 😄 Mais bon, voilà, il y a et il y aurait encore tellement de choses à dire tant sur les aspects artistiques, techniques, psychologiques qui impliquent de passer un jour, sous le dermo.

En tous les cas, moi je sais une chose, toutes formes de dessin relatif au corps est pour moi une aubaine pour ma seconde existence professionnelle, sachant quand-même que le tattoo est dans ma vie depuis mon adolescence (La première fois venu dans un shop, j'avais 15 ans. J'ai débarqué innocemment avec mon carton à dessins, mes crobards sous le coude, confiant de mon trait. Et en face, c'était les Hell's Angels de ma ville qui m'accueillaient alors avec bienveillance, mais malgré tout aussi, une certaine circonspection... ^^ Ce sera d'ailleurs une rencontre fondatrice à plus d'un titre... Mais bref, je passe...), je disais donc, tattoo dans ma vie depuis l'adolescence et qui est resté, ensuite, en un filigrane plus ou moins prononcé en arrière plan de ma carrière, sous un métier qui n'avait rien à voir par ailleurs avec les Arts, les encres, par quelque forme que ce soit. A présent, hybride entre le travail classique d'illustration et l'ornement corporel, je dois notamment au patutiki (famille des motifs marquisiens et plus largement polynésiens) un retour à la vie d'artiste, dont l'inspiration quotidienne est vraisemblablement sans fin et sans limites.

Seul domaine où je ne m'aventure pas sciemment, c'est tout ce qui est relatif à l'expression graphique des théorisations raciales. [car j'ai eu des demandes, hélas. 🙄] J'ai beau savoir que je suis issu d'un terreau qui sent à plein nez le Gud et le FdS [mention exceptionnelle ici, à mes deux supers parents only, qui m'ont protégé de tout cela et à qui je dois les bases de mon ouverture d'esprit.], eh bien non, je n'ai pas le crayon qui penche à droite. (Car là aussi, le port de tatouages distinctifs a tout un sens. En premier, idéologique, forcément, mais aussi psychologique, thérapeutique également et cathartique idéalement aussi pour les visées purement politiques. C'est un autre rapport au corps. Il est fermé, cerclé et embrigadé, certes. Mais s'en est indubitablement un. A débattre ailleurs et un autre jour...)



* Rien à voir avec une bonne vieille hépatite C, je rassure. Ce virus-là n'est que mental. ^^ Il s'agit pour ceux ou celles qui ont déjà été tatoués d'avoir le souhait de recommencer, et recommencer et recommencer encore. Psychologiquement, on n'est pas forcément dans le domaine de l'addiction, mais il y a quand-même bien un lien mental avec le plaisir à long terme qu'on en retire. Généralement, un(e) primo tatoué(e) sur deux éprouve ce sentiment dès la sortie du salon. Aucune étude n'a jamais été faite sur le sujet, à ma connaissance, mais on peut scientifiquement en déduire qu'à travers les âges très anciens et les conditions difficiles des tatouages ancestraux, c'est peut-être ça qui a galvanisé des générations entières à passer sous les maillets et les aiguilles pour se faire noircir de pied en cape. A noter toutefois que l'usage du dermographe électrique est une invention vraiment très tardive dans le processus de tatouage. Que cela soit au Japon ou en Polynésie, par exemple, le "plaisir" de se faire tatouer était tout relatif au confort d'exécution, auparavant. Plus douloureuse, la démarche de se faire re-tatouer à la suite d'une première fois devait être pleinement volontaire.

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Partie 2

Comme Lomey, je vais me livrer à l'exercice de décrire un peu mes encrages personnels. A noter toutefois que je vais rester moyennement évasif sur certains éléments car, sans me sentir jamais honteux ni mal à l'aise avec ce que je porte, je garde quand-même en tête que tout ce que je partage ici est en place publique et donc, est en mesure aussi d'échapper un peu à mon contrôle, dans le futur.

Aller, on commence par la plus grande des pièces. Il s'agit d'une fresque qui va d'épaule à épaule, puis glissant jusqu'à la moitié des lombaires et qui est, en fait... bien difficile à décrire, ahah.

Il s'agit cependant d'une oeuvre cohérente, massive aussi, qui se compose de symboles très en cohérence avec ma personnalité profonde, et tous les éléments s'imbriquent dans une sorte de vision à "ciel ou vert", où si on observe bien, on peut voir l'Univers qui m'habite. Pas de signe religieux, pas de croix chrétienne, bien que je porte le nom de "Dieu", quelque part, gravé sur la peau. Pas non plus d'absence de symboles divins, mais en même temps, il y a tout à fait la contradiction assumée de passer par delà Dieu lui-même pour être en relation avec les bases fondatrices de L'Univers. Quelque chose qu'on ne peut nommer, ni même décrire, car inconcevable à tout esprit humain. Plus grand pour tout. Au centre, la représentation des arts graphiques est en très bonne place, tout comme la notion d'humanité primitive. Y demeure aussi la mort et le renouveau à la vie - marque de très grande importance - car, si je sais bien que je suis mortel comme tout(e) autre, l'un de mes souhaits les plus profonds serait bien de pouvoir goûter à une forme de perpétuité de la vie, à défaut peut-être de pouvoir toucher un jour du doigt la vraie Éternité vivante.

Sur sa forme esthétique, cette pièce n'est pas l'oeuvre du siècle. Elle ne raflerait pas les récompenses en concours. Le trait en est souvent simple sans pour autant en être trop simplifié. Car en effet, dès le départ, tout fut prévu pour s'allier du mieux possible avec le vieillissement, la perte de masse musculaire liée à l'âge et la diffusion inévitable des pigments à l'intérieur du derme, défaut rédhibitoire de tout tatouage depuis la nuit des temps, mais qui donne aussi une patine au moindre encrage.

Sinon, fait notable, la grande majorité des personnes tatouées le sont en portant nécessairement le trait ou le graphisme imaginé par une autre personne (et, lol, je suis bien placé pour le savoir). Sur ma peau toutefois, et sans que cela soit la marque d'un trop grand orgueil, je porte mon propre trait, [exécuté à l'époque exclusivement par un tatouer de ma connaissance en qui j'ai confiance absolue] ce qui pour moi s'assimile à une charge mentale encore bien différente. Mon esprit a donc conçu une image complexe, et elle est véritablement sortie de mon mental pour venir s'imprimer sur mon enveloppe externe. De là, on peut vraiment considérer qu'une part intime de l'intérieur de l'individu est passée à l'extérieur. ce n'est donc pas un "dessin de mode", une sorte de style déjà vu.

Enfin, pour conclure avec cette partie-là - la plus grande des pièces -, un oeil très symbolique posé sur la nuque vient chapeauté le tout. De cet ensemble caché majoritairement sous le tshirt, c'est en réalité quasiment la seule partie hyper visible de tous mes tatouages, souvent plus discrets qu'il n'en ont l'air. L'oeil est fixe, non agressif et regarde droit devant, froidement. Enfin, je devrais plutôt dire: "droit derrière", car il est surtout le symbole de ma grande vigilance relationnelle. En effet, je n'ai pas toujours été dans des dispositions sociales qui me permettaient d'avoir confiance envers qui demeurait trop longtemps dans mon dos. Parfois, il m'a fallu user de beaucoup de surveillance pour éviter l'attaque en traître. Alors, tout naturellement, est venue l'idée du tatouage complémentaire de cet oeil qui observe et qui affirme clairement: "Attention, je te vois. Si tu me trahis, je le saurai. Te voilà prévenu(e).". Je suis donc cyclopéen du cou. Cela attire parfois les regards. On me pose des questions auxquelles je me dois de répondre, par respect, par amitié ou simplement par humanité. Mais cela aussi m'a attiré quelques ennuis au travail, jadis, où si le tatouage n'est pas interdit légalement dans les codes, tout signe explicitement distinctif et reconnaissable peut être contraire à la mission confiée. Et donc, ce 3eme oeil, pour anecdote, m'a valu sanction. On ne badine malheureusement pas avec la représentation et la déontologie dans ce (foutu) métier là.

Et, c'est ce qui explique, comme par un grand paradoxe, que je n'ai pas les avant-bras tatoués (non, ô surprise, même pas le moindre petit polynésien ^^), partie du corps pourtant largement plébiscitée, et de surcroît chez les tatoueurs et tatoueuses, puisque c'est une zone de prédilection. Mais, cependant, rien n'est encore fixé dans le futur. Je suis encore suffisamment jeune pour tenter le duo des manchettes jusqu'aux poignets, voire le dessus des mains. Toujours de mon trait, de ma création, il s'entend. La fin de l'ancien métier n'étant pas encore si lointaine, bien des choses et des projets se sont glissés entre deux - confinement et covid compris - et pour révolutionner ma vie, c'est davantage pour les bras des autres que j'ai alors dessiné jusqu'ici. Comme dit le proverbe: "C'est souvent les cordonniers qui sont les plus mal chaussés". Eh bien là, présentement, c'est tout à fait le cas. 😄

Enfin, avant de retourner le mec comme une crêpe et d'en décrire juste un peu le thorax, je vais finir avec l'environnement de cette grande pièce dorsale ([attention, humour par l'absurde >] car au moins, si Dieu n'existe pas, il a eu l'intelligence de faire aux humains des dos larges et lisses, dénués d'éléments saillants, et dans des proportions qui permettent d'en faire a minima des toiles vierges pour les convertir ensuite en surfaces à peindre. ^^). Ainsi, je dois mentionner que je porte aussi une part de texte. Il s'agit de peu de mots, mais dont la charge symbolique est ultra forte. Le ton est un peu martial, du moins, n'est pas encourageant (c'est un euphémisme!) à la subordination naturelle, avec échine pliée sous la trique, de surcroît. Là aussi, comme une trace ancienne, c'est un peu l'écho d'une vie antérieure où ce n'était pas la concorde humaine qui gagnait au quotidien, dans les relations, mais bien à la place la rage et le rapport de force perpétuel. Une vie avec laquelle je suis infiniment content d'avoir rompu sans pour autant ne plus me reconnaître avec ce qui est gravé sur mon épiderme. Toute une histoire. Un passé, une continuité, un avenir... Avec mes tatouages, je suis en réalité un tout.

Enfin, poitrine!, et on en aura fini. C'est Verra qui est partie trop tôt de ce forum, dernièrement, mais peut-être aurait-elle été contente de connaître un peu mon animal-totem personnel [clin d'oeil à toi, Tarra Petite Verte]. Il s'agit d'une chose qui vole, et d'emblée je vous en prie, n'imaginez pas un aigle royal ou bien tout autre rapace capable de prédation et de morgue. Là, nous sommes dans un autre contraste, bien plus humble. Mon oiseau est celui de la Liberté, celle infinie de voler, car c'est peut-être bien ce contre quoi je pourrais troquer ma condition humaine. Bien qu'étant une personne sujette au vertige, depuis toujours je n'ai jamais cessé de regarder les oiseaux comme autre chose que les formidables chanceux du monde animal. Étendre ses bras, se laisser "porter" par le flux vif des molécules d'air et ensuite, "surfer" (si on regarde bien, il n'y a pas meilleur mot qui convienne) sur l'éther invisible en jouant de sa masse afin de prendre de la vitesse et virer de bord, juste pour le jeu joli de la trajectoire. Jouir des trois dimensions de l'espace quand les terrestres, eux, se limitent par défaut à deux, et surtout, tant que l'air porte, monter, monter et monter encore pour respirer le monde entre les panoramas imprenables et déjà un peu, symboliquement, l'antichambre des étoiles. Mais voilà, ça y est, voilà que je m'envole moi aussi, en mots, et je m'égare... Je disais donc oiseau de Liberté, espèce migratrice pour faire totalement écho à mon côté nomade, adoratrice aussi de l'héliotropisme et du chaud, et surtout animal terrien des marins par excellence, forme de tatouage très courante aux 17eme, 18eme et 19eme siècles pour ceux qui prenaient la mer par devoir plus que par envie. Car avoir un oiseau tatoué sur la poitrine, - place symbolique du coeur, du Sentiment et de l'Amour, telle la cliente décrite en début de texte - c'était comme tenter d'influer sur le sort et battre en brèche l'idée de mourir sur le vaste océan. Ainsi, de nombreux matelots portaient un oiseau migrateur des terres intérieures sur eux, afin de toujours se savoir et s'espérer revenir "à bon port", sain et sauf. Et, vers l'épouse toujours.



Bon voilà, pour avoir dit le plus gros, les grandes lignes. (oui, parce que sinon, je n'en finirais plus.) Il y a encore d'autres petits trucs que je pourrais raconter, mais je vais les garder pour moi et pour mon couple. Car ma moitié et moi, nous avons aussi le goût des tatouages communs et complémentaires. Une manière sincère d'exprimer notre aspect fusionnel.

En tous les cas, j'espère ne pas avoir été trop relou sur le sujet. Trop long. Et sachez tous/toutes, et sache aussi Lomey qu'on est vraiment là dans mon coeur de vie, dans mon coeur de métier avec ce sujet. Si vous avez des trucs à demander en public ou en mp, n'hésitez pas. Il n'y a qu'à faire une petite demande et je ré-ouvre instantanément les vannes explicatives et techniques sans la moindre difficulté. 😋

Et pour prolonger un peu sur le sujet des marquages qui "débordent". Voici un des "européens" les plus présents de la culture marquisienne. https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Kabris



Aller, hop, je me cutte sinon, on est reparti pour un tour...
(et désolé pour les quelques fautes qui doivent subsister, malgré une relecture. Si j eme relis trop, je ne vais faire qu'en rajouter...)



Des bises.
Hiné.

Krapacele 13 octobre 2022 à 16:50  •   87168

Des brulures au 2e et 3e degré sur la partie gauche du corps, des tatouages sur la partie droite.
Mollet, cuisse, dos et flanc ainsi que l'avant bras.
Le prochain sera une manche sur le bras droit (avec cover de l'avant bras)
A chaque fois j'ai envie d'en refaire un en oubliant combien ca peut être fatiguant de souffrir.

Atomic-Circusle 13 octobre 2022 à 16:54  •   87170

Quelques zebrures de jeunesse presque englouties par le temps. 🙂

Kobayashile 13 octobre 2022 à 22:22  •   87189

Avant 50 ans quelques cicatrices diverses et variées, mémoires de quelques accidents, et après 50 ans, plutôt opérations et un peu accident.
L'encre est toxique...😬

Lomeyle 20 octobre 2022 à 11:57  •   87490

@Hinenao merci pour ce partage très... riche 😄 j'ai beaucoup apprécié la perspective du tatoué et du tatoueur. La signification fondamentale que tu encres dans tes traits du corps. merci pour l'effort mis sur les details et la narration.
Pour ce qui est de la fierté tirée du tatouage, c'est quelque chose que je peux comprendre mais que je ne vis pas. J'ai eu mon premier tatouage en 2015, et jamais j'ai éprouvé de la fierté. Pour ma part, ce sont des traces de vie, d'épreuves, des rappels, des incantations que ma peau voit et boit. Des inscriptions sur un véhicule. Les yeux et la conscupiscence n'ont pas pas grande place dans l'équation.

@Krapace qu'entends-tu par "fatiguant de souffrir" ?

@Kobayashi l'encre toxique oui, si pas vegan ! En parlant sous le contrôle de @Hinenao bien sûr...

Krapacele 21 octobre 2022 à 09:00  •   87557

Se faire tatouer plusieurs heures de suite, c'est ereintant 😵

Hinenaole 31 octobre 2022 à 23:04  •   87988

Salut. 🙂

De retour pour la suite.
(J'ai lu vos interventions le jour-J de leurs déposes. Mais je n'ai pas eu le temps matériel, jusqu'ici, pour avoir le temps de poster à mon tour. D'où l'assez grand décalage temporel entre nous. Mais, pas grave... ^^)

citation :
En parlant sous le contrôle de @-Hinenao bien sûr...
Sous mon contrôle, sous mon contrôle... euh... Ouaip, mais pas sûr, en fait. Je dispose d'un éventail assez large de connaissances sur le sujet et selon plusieurs points-de-vue et de niveaux d'expérimentation même. Mais, j'ai aussi de belles lacunes! En faisant de l'humour, je crois que la seule chose que je sais bien 'contrôler' sur le sujet, c'est peut-être le déplacement du dermographe sur la peau, car si tu loupes ton tracé, là t'es mal, t'es mal... 😅 Le tatouage, c'est pas comme en informatique. T'as pas le fameux ctrl-Z ou Pomme-Z...

Donc, sinon hors de ça, je peux dire un truc et me planter grave aussi!...

citation :
@-Kobayashi l'encre toxique oui, si pas vegan !
En même temps, l'usage des pigments en sous-cutané est pluri-millénaire, donc, ce n'est pas comme si on n'avait pas de recul technique sur la chose. (en science, ça fait longtemps qu'on a produit des analyses de peaux tatouées et post mortem) Et puis, du Japon* à la France, en passant bien évidemment par la Polynésie, les règles communes en matière d'usage des encres ont bien changé depuis ces dernières 10 années. Tout le monde s'inspire de l'un de l'autre. Les 'élèves' vertueux menant la danse.

En Europe, et notamment en France, la palette des toxiques s'est réduite drastiquement, avec le remplacement par d'autres pigments pour presque les mêmes couleurs. Egalement, à noter la part de plus en plus active des dermatologues et autres médecins spécialistes de la peau pour des collaborations autour de l'élaboration de processus de tatouage de plus en plus propres et adaptés. Moi-même, de temps en temps, j'apprends des nouveaux trucs grâce à mon propre dermato. (Ça rend donc mes rendez-vous de suivi personnel bien plus attractifs ^^). C'est super intéressant et sans cesse mieux pour ce métier de tatoueur/euse qui n'est plus du tout une profession de délinquant(e)s de l'encre. Bien au contraire, les vrai(e)s d'aujourd'hui - piercers/euses inclu(e)s - sont donc à mi chemin entre artistes et soignants. Faut juste que ça soit vraiment et honnêtement reconnu enfin. Bien dommage d'ailleurs qu'il n'y ait pas encore une meilleure reconnaissance par les métiers médicaux 'pur jus' de l'hospitalier classique pour qu'aiguilles et anesthésiants légers (lido et autres...) ne soient pas que du ressort du corps médical. Donc interdits en shop...

Bref, je m'égare, je m'égare...

Donc oui, de moins en moins de substances toxiques. A moins de se faire tatouer chez un ancien peintre-carrossier qui cherche à finir ses pots pour voitures, après reconversion. 😋 [je respecte beaucoup ce métier puisque amateur et propriétaire notamment de véhicules anciens. J'ai donc mes bonnes adresses. ^^ Mais... mais, ce détail est hélas véridique. C'est déjà arrivé que des personnes se fassent injecter, en salon, de la peinture automobile, parfois malgré elles.] Les verts ont donc été un temps une grande affaire, car difficile à stabiliser dans le temps et aux UV. Les tatoueurs/euses avaient par conséquent des craintes légitimes de voir leurs nuanciers se réduire comme peau tatouée! de chagrin, puisque pas de produits de remplacement annoncés au moment de la venue de l'interdiction [par le Ministère de la Santé de l'époque]. Mais comme, en même temps, les fabricants d'encre ne sont pas des petits artisans qui bossent dans leur garage à mi-temps, ces industries ont donc assez vite réagi pour sortir de nouveaux produits, éteignant dès lors immédiatement l'incendie qui démarrait au SNAT, le syndicat national des artistes tatoueurs, et la colère légitime et médiatique de son président, dit Tintin, tatoueur iconique, le français sûrement alors le plus connu au monde...

Idem pour les rouges. Mais, je vous la fait en plus courte! Là, c'était plutôt que les pigments de remplacement présentaient des semi-transparences trop importantes - naturels chez tous les rouges dans tous les domaines, car pigments organiques parfois qui présentent tous ce même défaut [mêmes tes pigments à toi, toi qui me lis et qui donne plutôt dans l'huile ou l'acrylique sur toile, et ouaip! ^^] -, en attendant donc que des rouges denses et opaques apparaissent chez les fournisseurs, les tatoueurs et tatoueuses ont donc râlés un peu là aussi pour qu'on leur laisse les rouges plus costauds des origines en attendant que les bons petits chimistes de BASF fassent leur boulot... Et puis, tout est rentré dans l'ordre.

Quant aux pigments métalliques, souvent dits 'noirs' (et j'en porte en masse), ils sont toujours là. Toxique, pas toxique, là on trouve de tout car étant bien plus faciles à produire, il a donc 'sur le marché' plusieurs formules. Certaines autorisés en Europe, d'autres en Asie, d'autres qu'on-sait-pas-trop mais qui ont été livrés en international par Amazon et Alibaba, donc capable de passer les barrières des zones techniquement interdites. Il y a également des formules très anciennes qui sont identiques depuis plus de cent ans. Secrètes ou pas du tout. Quand ça marche, pourquoi changer. Et puis, il y a aussi des produits plus récents autour desquels les informations techniques circulent peu ou pas... C'est du cas par cas. Après, rien n'empêche d'aller demander à votre tatoueur/euse directement ce qu'il a dans ses stocks. 'Sont en fait de plus en plus intéressés de savoir ce qu'ils injectent à leurs client(e)s [et pas patient(e)s], pour des histoires de réputation de leurs boutiques, oui effectivement, mais aussi parce que tout simplement, ce sont tous/tes plus ou moins des gros tatoué(e)s de base, et donc veulent savoir également ce qu'ils/elles ont sous la peau! 😋 Bref, faut pas penser, que la toxicité des encres n'est pas un sujet pour la profession (et ceux/celles qui les y envoient parfois, tout comme moi... 😄), bien au contraire...

* Japon: Autre grand pays du tatouage où les lois et les moeurs disent encore que c'est interdit, et surtout très mal vu. Malgré tout, le wabori au maillet (irezumi traditionnel ET ancestral par la méthode), est un art qui n'a rien à envier aux patutiki et maori (tatouages tradi polynésiens). Les tatoueurs et tatoueuses japonais natifs/natives sont à la fois à la pointe en matière de méthode et de formation médicale... et totalement rejeté(e)s par le cadre législatif. Paradoxe! C'est donc un pays pas moins meilleur techniquement que l'Europe et les US, pour ne citer que ces deux grandes zones géographiques, malgré la chape d'interdictions culturelles qui pèse vraiment très lourd sur le métier.

citation :
Se faire tatouer plusieurs heures de suite, c'est ereintant
Oui, c'est souvent vrai. 😄

[je rebondis sur ton propos, je ne critique pas >] ...Et tatouer durant plusieurs heures, les yeux rivés sur l'épiderme, ça l'est tout aussi, je peux te l'assurer... surtout si le projet est de faire, au final, un dorsal complet ou une jambe. 😋 Y a même l'inconvénient fâcheux de devoir affronter un de ces "tunnels de travail" plus d'une fois avec le/la même client(e). Surtout, si tu le sens pas... 😅 Bref, des fois, tu 'paies' franchement aussi cher que celui/celle qui est sur la table ou le fauteuil.

En fait, dans la réalité, il y a plusieurs contextes possibles. Et si tu mentionnes ça @Krapace, c'est que 'probablement', c'est sûr que tu t'es fait tatouer normalement en France. Car ailleurs, ça peut être différent. Juste deux exemples opposés.

Tatoué en France, je me suis retrouvé apparemment dans la même situation que toi. Une pièce longue à encrer, de larges zones où le faisceau d'aiguilles revient et revient encore. Tu morfles. Tu agrippes le fauteuil. Tu mordrais bien un bout de bois. Un os de chien... ^^ Au bout de 3 heures déjà, tu commences à être 'liquide'. Et plus tard, vers les 5 heures (le maxi de concentration productive que j'ai constaté généralement chez pas mal de tatoueur/euses), là, t'es limité shooté aux endorphines naturelles. Tu sors du shop sur un petit nuage, les pieds à vingt centimètres du sol. La douleur a donc été si longue que ton organisme s'est défendu comme il a pu contre l'agression continue, et bien souvent tu ne peux plus conduire, ni te concentrer sur quoi que ce soit. Limite, tu dors dans la voiture quand on te ramènes chez toi, si tu as la chance d'avoir un(e) chauffeur à disposition. Bref, si t'es pas 'viking-dur-au-mal' par les origines, façon de parler, t'es mort... 😄

Ou...

Tatoué(e) ailleurs, tu peux demander à bénéficier de l'utilisation d'un gel anesthésiant superficiel, et au bout de cinq heures, tu vas surtout commencer à trouver le temps long... mais long... mais long. Sachant que, concentré(e), le tatoueur ou la tatoueuse qui te bosse ne va pas forcément discuter avec toi. L'affaire est trop sérieuse, les comportements individuels pas toujours souples aussi. Alors, si tu n'as plus l'angoisse du premier tattoo car tu en es déjà à deux, ou trois ou plus, bah tu vas peut-être lire un roman si c'est possible, ou même te laisser aller à... somnoler.

Pourquoi?

Parce que c'est une bête question de législation sur les anesthésiants, dit locaux, ou de surface. En France, c'est encore et toujours interdit. (et des fois, la profession triche quand le client est ok. Les accidents allergiques et les réactions secondaires sont hyper rares, et ne font jamais les gros titres des journaux pour un décès éventuels sur la table de travail. Ça, c'est la réalité.) Ailleurs, c'est toléré ou même carrément légalement encadré, et ça peut faire partie intégrante de la prestation que va te fournir un(e) professionnel/le du tatouage quand il va te recevoir dans son salon...

Perso, je connais des personnes qui ne se font pas tatouer juste à cause de la douleur qu'ils considèrent comme insurmontable sur leur échelle personnelle des sensations douloureuses. C'est respectable. Mais c'est dommage! Avec un rendez-vous préalable chez le généraliste qui délivrerait alors, sur ordonnances uniquement, des dosettes de pommades à usage de préparation de tatouage, bien plus de ces personnes sauteraient alors le pas avec plaisir (un peu comme la moto pour d'autres personnes, selon d'autres critères de difficultés). En France, ça serait tout à fait faisable et même contrôlable si besoin. [ça été limite de se mettre en place à une époque. Le process existe mais est marginal.] Sans compter que la profession elle-même ne serait pas contre. Un client qui se crispe moins sous le faisceau d'aiguilles, ça compte aussi beaucoup pour des heures et des heures de travail plus serein. Et par ailleurs, la peau réagi souvent nettement différemment, même s'il y a inévitablement des variables d'une personnes à l'autre. L'encre n'est pas rejetée par les contractions de surface qui font une sorte de barrière à la pénétration des pigments, au bout d'un certain moment [une heure, une heure et demie]. Au final, une peau relâchée, ce sont parfois des couleurs plus éclatantes pour un moins long temps de charge. Tout le monde y gagne. (Ça, c'était vraiment pour le petit détail technique... Voilà, voilà... ^^)

Mais encore une fois, je m'égare, je m'égare...
Pardon un peu, @Lomey, d'avoir fait tant dériver le sujet initial.
Désolé, pas sans lacunes comme dit plus haut, mais bien intarissable. Oui. ^^


A plus tard.


Hiné.

Krapacele 01 novembre 2022 à 09:19  •   88004

Pour ma part la douleur fait partie du processus. Aucun intérêt si tu sent rien 🙁

Minairalele 01 novembre 2022 à 10:37  •   88005

Sans généraliser, les personnes qui font un premier tatouage, en feront un autre par la suite etc...je n'ai pas d'avis spéciale, je considère que notre corps nous appartient. Il y a 5 jours en faisant quelques courses, un jeune "tatoué au visage" a mis en émoi quelques personnes via leurs chuchotements plus ou moins discrets, du style : faut être fou de se tatouer le visage...c' est un taré...un délinquant enfin bref la lithanie des peurs et des croyances à ciel public. Comme j'avais oublié de prendre un sac dans ma voiture, pour le transport des denrées, j'ai parlé à voix haute, mince j'ai oublié le sac...le jeune en question m'a proposé un de ses sacs, nous avons pu discuter et prendre un pot tranquille à une terrasse. Je l'ai interrogé avec respect, quels sont ces ressentis après tous ces murmures bien appuyés, c'est son quotidien et il les ignore. Un très imposant tatouage couvrait une partie de son visage, je ne lui pas demandé sa signification, il en a parlé de lui meme, très bien réalisé au demeurant. puis il m'a parlé de tous ses tatouages non visibles, certains assez subversifs et ténébreux correspondant à sa recherche du bas astral etc etc....je lui ai répondu qu'il ya de celà 15 ans, j'aurais réagis bêtement comme tout ce public dans le supermarché, ou dans la rue, pour celà je le remercie de cette nouvelle dimension de ...., un être qui assume ce qu'il vit ou a envie de vivre...le comble c'est ce tatouage sur son visage et les murmures presque indignés qui ont permis cette rencontre et ce partage avec le sac oublié, (oubli de notre humanité 🙂)... les tatouages de l'ignorance et de la bêtise sont invisibles et tenaces...mon post n'a rien à voir à avec le fil, désolée de le polluer, j'avais juste envie de partager une sympathique rencontre...
Agréable toussaint à tous,
Minairale

Kobayashile 03 novembre 2022 à 23:55  •   88094

@Minairale, il y a un aspect culturel, voire traditionnel, qui est devenu aujourd'hui un signe tribal moderne. Il répond très souvent à une exorcisation consciente ou non de traumatismes. L'aspect défintif implique une prise de position forte qui devient plus qu'un jalon, un point pivot dans l'histoire de la personne. Le sens devient particulièrement significatif et surtout, il transmet largement cette prise de position aux autres.

Hinenaole 04 novembre 2022 à 11:53  •   88120

Salut @Krapace. 🙂

citation :
Pour ma part la douleur fait partie du processus. Aucun intérêt si tu sent rien 🙁

Initialement, et notament dans les cultures océaniques (Henua Enana, Rapa nui...), la douleur fait partie en effet du process du tatouage. En clair, il faut être " "un homme" " et savoir endurer longuement, ça fait partie du processus guerrier qui amène à porter des motifs bien précis. Et donc, dans l'encrage [toujours a posteriori d'un fait d'arme notable et de l'acquis d'une position sociale], la 'médaille' doit se mériter.

NB: Les tatouages polynésien féminins ne sont pas du même ordre. A noter que leurs emplacements typiques et traditionnels, notament pour le patutiki, ne sont pas moins douloureux. Ils ont été juste insuffisamment reconnus, comme c'est l'habitude à travers généralement toute l'histoire universelle des femmes. Rien de nouveau sous le soleil...

Aujourd'hui, c'est quand-même très différent, via plein de marqueurs sociétaux et artistiques et on peut raisonnablement inclure une dimension non-douloureuse au tattoo sans que cela soit nécessaire d'être pris pour de la chochoterie. Le principal demeure que celui ou celle qui entre en rite initiatique sache jusqu'où il/elle est capable d'encaisser... Ok pour une manchette sans anesthésie superficielle. Perso, je suis moi-même partant! Par contre, je pense que je le serais nettement moins pour un long travail sur une maléole ou un tour de mamelon (dans un cas tu te tortilles de douleurs, dans l'autre tu te dandines, véridique! 😄). Et auquel cas, pour ne pas sortir totalement éprouvé, comme nombre de personne je pourrais souhaiter éventuellement une aide, une facilitation temporaire. (Un jour, on a inventé la chimie anesthésique. Arrachage de dents, réduction de fracture, extraction de balles, ablation de l'appendice. C'est peut-être que c'était finalement utile! 😅).

Et...
@Minairale
Merci pour ta belle petite anecdote. C'était bien sympa. 😉
Perso, j'ai déjà aussi vu le cas d'une personne tatouée au visage (et ce n'était pas du polynésien, car c'est culturellement pas impossible et si peu courant que ça sur la face, dans cette/ces culture/s.) Pour décrire rapidement, la personne en question portait donc un jeu de fines arabesques sur la joue. Cela allait du menton en passant par dessus même l'oreille, via l'arrière, pour se finir sur la tempe. Honnêtement, c'était très beau et franchement poétique (et c'était, de plus, une belle personne physiquement parlant). Donc au final souvent des compliments juste après l'étonnement ou la sidération des observateurs et observatrices. Je crois en fait que, question de moeurs, si tu te fais tatouer des arabesques féériques et que tu as l'air effectivement d'une fée, ça passe... Mais si tu te fais tatouer un placard massif, ou un motif potentiellement agressif, ça passe alors moins bien chez les non adeptes de l'encre et des body-transformations. ^^


A plus tard.
En attendant le retour de @Lomey.


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