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Les femmes battues, on en parle ?

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Les femmes battues, on en parle ?
Maax1338le 28 mai 2020 à 20:39

Bonsoir, Bonjour,

voilà après plusieurs années de reflexions sur le sujet, après les communications de la "ligue feministe" j'ai toujours du mal à concevoir qu'une femme battue reste avec son bourreau.

Si un être humain se fait frapper ou maltraiter, pourquoi rester avec son bourreau ? Syndrome de Stockolm ? Avantage matériel/financier ? volonté de préserver les enfants ?
Peur qu'il la retrouve ?

(Même question pour les hommes battus)

Qu'en pensez-vous ?

Juliette...le 28 mai 2020 à 22:28   •  

@Maax1338, tu n'as pas pensé à de l'amour? Même si cet amour-là, on pourrait trouver à y redire, tout de même, une femme peut tomber amoureuse. Puis, il peut se nouer une relation du genre "dominé-dominant" (pour simplifier)..

Maax1338le 28 mai 2020 à 23:02   •  

J'avoue que j'y ai même pas pensé tout à l'heure..

Mais un amour parsemé de violence, ça ne peut pas être de l'Amour (dans don sens le plus élevé).

Du coup, pourquoi rester dans une relation aussi malsaine ?

Juliette...le 28 mai 2020 à 23:08   •  

Par exemple, par attachement à l'image qu'on s'est faite de l'autre, de la relation, du nous idéalisé. Il faut un temps pour accepter que c'était "du vent".

Globulonle 28 mai 2020 à 23:32   •  

Salut, comme le dit Juliette je pense qu'il doit à la base y'avoir de l'amour mélé au fil du temps a un sentiment d'incompréhension et de peur qui s'installe.
Peur des représailles, des menaces en cas de fuite ou de plainte au commissariat, plaintes qui la plupart du temps ne sont pas où mal traitées par les flics

Je pense également que certains bourreaux doivent jongler a merveille entre les coups et les mots doux, excuses, promesses, de quoi faire beuguer la victime.
Celles qui s'en sortent sont parfois obligée de déménager très loin en effaçant toute traces si elle en ont les moyens.
A cela si on ajoute les enfants et/ou le manque de moyens financier ça peux devenir un gros bordel bien sale..

Mon cerveau ne peux pas concevoir ces choses,
Je suis allé relire la définition du syndrome, cela me fait penser a un formatage complet de la victime sur du long terme pour les cas les plus abusés, ceux qui défendent leurs bourreaux qui vont réussir a s'en sortir ou non.. tenter de retrouver un semblant de vie normale , avec certainement des séquelles et/ou des réflexes particuliers de défense peux être.

catiminile 28 mai 2020 à 23:42   •  

@Maax1338,
N'allons pas jusqu'au mauvais traitement et abordons seulement le problème de la jalousie. La plupart des femmes ne tolère des scènes pour des suspicions malvenues. Cependant, certaines femmes, souvent dépendantes affectives, se sentent flattées de se sentir autant "aimées" puisque le conjoint montre à quel point il a peur de la perdre. C'est souvent cela le début de l'engrenage.

Juliette...le 29 mai 2020 à 19:04   •  

Oui, je pense comme toi @catimini. Il se joue certainement beaucoup, dans ces histoires, de l'interdépendance poussée à l'extrême. Et, justement, en allégeant encore un peu cette problématique de couple et de violence physique, on peut très bien retrouver les mêmes "profils" en butte à d'autres maltraitances (au sens plus large) issues de relations toxiques. Encore une fois, au risque de me répéter, j'estime que c'est bien l'amour de soi, l'acceptation de soi (mais pour cela il faut, pour le moins déjà, être capable d'adopter un nouveau regard, sortir du point de vue de celui ou celle qui a fait souffrir, qui a fait que l'on a complètement quitté "la sphère classique" du point de vue objectif qu'il ne doit déjà pas être évident d'observer, même sans "maltraitance" au stade infantile) qui doit absolument intervenir. Et là,..., pas de recette magique. Des mains tendues, des chances saisies, un amour de la vie si conséquent que... Quoi d'autre? La "violence", quelle qu'elle soit, au sens large, fait écho à de la violence (elle-même quelle qu'elle soit, au sens large) reçue on ne sait quand, face à on ne sait qui, et pour des raisons que l'on ignore encore plus... Tout cela est extrêmement compliqué. Et avant de pouvoir jouir d'un monde dégagé de toute violence, on a tout le loisir, par contre, d'étaler son amour, quand on en est débordant. Qu'on en a toujours été débordant, sauf que là, au lieu de faire comme un legs total de sa fortune au premier qui passe (et donc le plus avide, ben oui, c'est comme ça 😄 ), on le distribue, en veux-tu en voilà, tout naturellement, tranquillement, et essentiellement à ceux qui font la même tête que nous il y a quelques années, quand on en manquait cruellement 😉

Juliette...le 29 mai 2020 à 19:09   •  

Mais, qu'on soit bien d'accord, il ne s'agit pas d'une injonction, d'une recette à la mode pour une auto revalorisation genre mieux-être ou mode d'emploi éco- équitabilo- responsable, non, je parle là de moi, de ce qu'a été mon parcours, en augurant un petit peu aussi, je l'espère, de ce qu'il sera de plus en plus d'ailleurs... Bref, en résumé: les meilleurs placements pour les blindés d'amour 😉

Juliette...le 29 mai 2020 à 19:17   •  

(Et désolée pour l'illisibilité de ces messages à phrases à rallonges 😉 )

Juliette...le 29 mai 2020 à 19:25   •  

Et désolée aussi @Maax1338, d'avoir un peu zappé le pourquoi pour essayer d'aboutir au comment en sortir, ou peut-être au où l'on est en droit d'espérer arriver... Bref, oui ça peut paraître hallucinant une femme qui tarde à quitter son mec violent. Mais elle aussi recèle de la violence quand elle en est encore là. Elle a peut-être besoin aussi de se remettre en situation pour évacuer une violence antérieure. Passage obligé? Je n'en sais rien, mais passage, souvent! Pourvu que ce ne soit que passage...

catiminile 29 mai 2020 à 19:39   •  

@Maax1338,
Partir ! Ma soeur l'aurait souhaité mais il menaçait de s'en prendre à notre famille. C'était le midi. Elle pensait à une exagération dans ses propos. Il pouvait être si gentil, si tendre ! Cette vie en montagnes russes est la plus déstabilisante. Et puis il avait perdu sa première femme alors qu'elle était enceinte. Et puis son père était mort quand il n'avait que 18 ans, et puis et puis .... jusqu'au jour où elle a osé prendre de la distance. Inconcevable pour lui. Qu'allait-il devenir sans elle ? Il a préféré la tuer et se supprimer ensuite.

Juliette...le 29 mai 2020 à 20:06   •  

Put... @catimini, tu en avais déjà parlé, mais je n'avais apparemment pas tout compris.

Oui, il faut être capable de s'ARRACHER (le mot, dans ce sens, prend tout son sens quand on l'a ressenti. La douleur, à cet instant, s'apparente à un déchirement de ce qui cristalliserait la raison de vivre). Et, par contre, quand on en est capable, une évolution sans nom peut se faire. Mais, effectivement, dans ces histoires, grande chance à celui ou celle qui a les capacités de réagir au plus vite. Quitter (les lieux), partir (s'arracher), comprendre (se sauver à jamais et, par là même, COUPER le "cercle vicieux").
Tout le monde n'a pas les capacités de le faire. Je rêverais d'avoir une potion magique! Elle n'existe pas. Nos outils les plus efficaces demeurent l'amour et l'art de "s'en servir". Après, franchement, j'ai l'impression que tout le monde, même à entourage bienveillant égal, n'a pas accès au même pouvoir de résilience...

Berengerele 31 mai 2020 à 09:39   •  

En accord avec ce qui a été déjà dit précédemment. La violence physique ou psychologique se vit à l'intérieur d'un espace clos. Le violent est souvent un grand manipulateur qui joue un drôle de jeu. Il alterne fréquemment le chaud et le froid. Aux périodes de crise succèdent les périodes de "lune de miel" où il reconnaît ses torts, promet d'aller consulter, de se soigner. A l'extérieur, il passe pour quelqu'un de formidable : souriant, amical, intelligent, poli, gentil. C'est tellement bluffant que l'entourage n'arrive pas à croire qu'il puisse faire connaître le pire à l'autre. La victime se sent seule contre tous. Elle a l'impression qu'on ne la croira jamais. Et puis elle a honte aussi parce qu'elle sera forcément coupable de subir. Elle sera, aux yeux de certains, responsable de son propre malheur. C'est tellement facile de dire "y a qu'à ......" ou "tu devrais....". Et quand la victime est une HP, hypersensible et empathique, ça se complique : elle essaie de comprendre, elle tente de soutenir, d'aider son agresseur, et elle tente la patience parce qu'elle espère. Un cercle infernal, vicieux, toxique où entrent en jeu également les difficultés financières et celles liées aux enfants. Ceux-ci d'ailleurs ne sont pas toujours conscients de ce qu'il se passe, parce que rien n'est visible entre les murs d'une chambre la nuit.

Cameleazebrale 31 mai 2020 à 15:21   •  

parfois c'est un mélange de tout : pas de possibilité financière de partir, responsabilité de briser la famille quand il y a des enfants jeunes, amours (amour/haine), honte, haut et bas, incompréhension de l'extérieur qui conseil de faire des efforts (aucun couple n'est parfait... il y a pire ailleurs)

Cameleazebrale 31 mai 2020 à 15:30   •  

La fatigue est aussi une cause principale, pour partir cela demande une organisation, une volonté, une énergie importante. Quand les violences sont arrivées très progressivement, lorsque cela devient intolérable et inacceptable, on est déjà au bout du rouleau... Il faut savoir qu'il y a très peu d'aide pour une personne sans travail avec enfant de trouver un logement, même s'il y a des associations... et je ne parle même pas du parcours du combattant lorsque l'on porte plainte pour violence... c'est une vraie bataille de longue haleine qui prend des années....
Alors oui, quitter son agresseur, c'est très complexe...
Pour ma part suis partis, il y a déjà 3 ans et ce n'est toujours pas fini...
Merci à la justice française pour son incapacité à protéger les victimes...
Je soutiendrais les avocats pour leur prochaine grèves, il y en a déjà eu avant le confinement et ils vont pas tarder à crier au et fort à quel point la police et justice sont en crise....

Cameleazebrale 31 mai 2020 à 15:45   •  

Encore un fait divers dernièrement, une femme prend un couteau pour se défendre de son mari qui l'a agressé.
jugement : la femme est condamnée pas l'homme, lui n'avait pas d'arme et elle un couteau même si ce n'était que pour se défendre...

Des femmes battues pendant des années finissent par se défendre et sont condamnée...

Ex :
- Battue par son mari pendant plus de quarante ans, une femme a été condamnée à dix ans de prison pour l'avoir tué.
- Huit ans de prison pour une femme battue qui a tué son mari
ce n'est pas nouveau :
- Une femme battue qui tue son mari, qui est condamnée puis exécutée. Ca s'est passé chez nous il y a un peu plus de 200 ans. A l'époque, les circonstances atténuantes n'existaient pas. Un an après avoir tué son mari violent d'un coup de hache, Marie Godefroid, de Houyet près de Dinant, a eu la tête tranchée en place publique à Liège. Pour le jury qui l'a condamnée, qu'elle ait été une femme battue n'a rien changé. C'est une histoire que l'historien Bernard Wilkin a retrouvée dans les archives de la Cour d'Assises de Liège.

Si la justice fonctionnait, les femmes seraient défendues à leurs premiers dépôt de plainte... Par contre lorsqu'elles se défendent elles-mêmes, elles sont condamnées...

Maax1338le 31 mai 2020 à 19:05   •  

D'accord Camelazebra mais elle pourraient (théoriquement) partir. Elles font le choix de rester. Ca n'excuse aucunement les actes du mec, mais ça explique les tristes conséquences..

Sinon j'ai lu avec attention vos points de vues et ça m'éclaire plus sur la complexité de ces "problèmes"..

Mais ce qui m'insupporte c'est ces pseudo féministes en guerre contre les méchants maris qui battent/tuent leur conjointe..

Il y a des responsabilités et des causes..

Dariale 17 juin 2020 à 22:50   •  

Bonjour. Je suis tombée aujourd'hui sur une vidéo du Monde qui reprend exactement ta question Maax1338 et qui propose une réponse intéressante :
https://www.lemonde.fr/societe/video/2020/06/02/de-l-emprise-au-feminicide-comment-les-violences-psychologiques-dans-le-couple-peuvent-tuer_6041501_3224.html
(La vidéo dure 12 minutes.)
Bonne journée.

catiminile 18 juin 2020 à 10:03   •  

@Daria, merci ! Très bonne vidéo.

Dariale 18 juin 2020 à 20:32   •  

Bonjour @catimini, je t'en prie.
(Et j'espère que ce sera aussi utile à @Maax1338)

J'ai lu avec tristesse ce qui est arrivé à ta soeur, Catimini.
Je suis navrée pour elle, et pour toi et ta famille.

En souhaitant que d'autres victimes que celles du docu témoignent pour briser la honte, la peur et que ça cesse.

Portez vous bien.

FlyCharliele 30 juin 2020 à 09:46   •  

"Parce que sans moi tu n'es rien. Regarde combien j'ai raison, personne ne veut de toi. Si je ne suis pas là tu te retrouves sans personne. Et puis tu sais bien que je t'aime, regarde, on a eu des enfants ensemble. D'ailleurs si tu pars ce sera sans les enfants bien sûr, tu assumes tes choix seule, mais eux ils restent avec moi".

La manipulation, l'isolement, la détérioration de l'estime, sournoise, insidieuse, est une entrave insurmontable. Quand effectivement le vide a été fait autour de la victime alors oui, elle n'a rien d'autre.
Les structures mises en place pour les personnes battues (hommes ou femmes) sont bien seules face à la lenteur et la prise en compte de l'urgence des situations.
Et bien souvent, bien trop souvent, celui qui bat n'est pas perçu comme tel. C'est quelqu'un de si gentil et serviable avec les autres ...
Quand ce qui se passe derrière une porte, et dans le cerveau, ne reflète pas ce qui est visible alors oui, on peut penser que c'est un cchoix de rester. Mais c'est très loin d'être le cas.

MopMople 22 septembre 2020 à 20:05   •  

Grand merci à vos interventions et pour la vidéo tellement limpide !
Tous ces criminels s'appellent des pervers manipulateurs et c'est la société dans laquelle on vit qui les fabrique.
Parce qu'un manipulateur c'est un malade mental incurable et qu'il est tellement faible qu'il ne peut qu'obéir à la hiérarchie et aux didactes.
La société telle qu'elle fonctionne à tout intérêt à conserver et choyer ces gentils serviteurs dociles qui n'ont pas d'autre pouvoir que celui qu'ils obtiennent en manipulant leurs proies (en privé et sans témoin).
Ces proies sont toujours des personnes au coeur généreux, courageuses, dont la vaillance est presque infatigable mais dont la sensibilité les rend vulnérables au moindre signe de gentillesse, même si c'est de la comédie.
Et le malade mental dénommé pervers manipulateur (trice pour les femmes) est toujours un comédien hors paire ! il n'a aucune personnalité réelle, il est un comme un supo de satan qui compose une mascarade permanente.
Soyez vigilants, tous et toutes, vous qui êtes sensibles et généreux, ces individus sont des prédateurs sans foi, ni loi, sans scrupule et leur seul objectif est de se nourrir de la souffrance de leurs proies.


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