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un lieu de discussion pour les habitants des Îles saint-louis, et de france.
Un lieu de discussion pour les habitants des Îles Saint-Louis, et de France.
Julienle 08 juin 2019 à 19:59

Bonjour,

Ce fil de discussion n'est pas motivé par la volonté de diviser les membres du site, en créant une sous-communauté géographique ; plutôt, je pars du principe que ce site (magnifique, merci encore @Aurel) offre un lieu magique d'échanges virtuels, mais également, ce site offre une autre possibilité magique : celle de se rencontrer, en vrai. Du coup, notre proximité géographique autoriserait une rencontre pas trop complexe à mettre en oeuvre...

La rencontre "pour de vrai" n'est pas forcément la priorité ni même la préoccupation de tout le monde ici, mais pour les gens qui pensent qu'un échange réel est tout aussi intéressant, alors voilà, échangeons simplement, et peut être que de ces échanges naîtra une rencontre réelle ; un échange sans attentes, sans objectif pré-défini, juste laisser être, les mots, les silences, les présences et les absences, sans juger.

Merci de votre tolérance par rapport à ma manière avouée "d'imprégner" ce lieu de ma petite "patte personnelle" :)

(et bien évidemment, tout le monde est invité à participer, il n'y a pas de test, de QI ou autre, à l'entrée de ce fil de discussion ! :))

So come on, just chill : anyone's welcome here, world :))
ek minut beto bhaiyya (assieds-toi une minute avec moi frèrot/ette)

Julienle 08 juin 2019 à 20:17

Du coup une suggestion de discussion : en écrivant le contenu précédent, je voulais évoquer un type de rencontre sans préjugé : dans lequel on ne juge pas (ou si peu, soyons réalistes :) les grands caractères et modes d'expression des gens, extraverti ou introverti, ou au milieu, ou "cultivé", ou moins, ou pas, et aussi je voulais dire, éloquent, ou... et je me suis demandé, quel était le contraire, l'antonyme, de "éloquent" (dont la définition la plus usagée dit : "L'art de bien parler, l'aptitude à s'exprimer avec aisance, la capacité d'émouvoir, de persuader".).

Et quelle surprise de constater que, lorsque l'on tape "antonyme éloquent", on tombe sur le mot : "muet".

C'est déjà, me semble-t-il, un frein à l'expression, pour les gens moins éloquents, voire pas éloquents du tout. C'est radical ! La langue française semble souffrir d'une insuffisance significative ici : un terme non-péjoratif, un mot neutre, pour exprimer l'opposé de l'éloquence. Un terme potentiellement mauvais, nuisible, mais aussi sain, bénéfique, ou encore, insignifiant, anecdotique.

C'est comme si "éloquence" était synonyme de "parole".

On peut ne pas être éloquent, et pourtant, se faire comprendre relativement clairement par l'autre. On n'a pas un "défaut de fabrication" si on n'est pas éloquent ! Et puis, ne pas être doué d'éloquence, offre un cadeau précieux : cela rend difficile, l'entreprise de vouloir manipuler l'autre, par les mots. Quand on est dépourvu d'éloquence, au moins, on est moins tenté d'utiliser les mots pour mentir, ou ne serait-ce que pour persuader, pour convaincre l'autre, qu'on a raison, que notre point de vue est meilleur que le sien, plus valide, plus pertinent, plus intelligent, dominant... Et aussi, parfois des mots simples permettent d'exprimer une idée, bien plus clairement que des phrases longues, denses, riches en termes anciens ou concepts complexes et subtils, à la fois profonds et esthétiques... Une concession à la beauté, pour davantage de clarté ! Car le but du langage, avant sa beauté, sa somplexité, avant même sa subtilité, c'est de se faire comprendre par l'autre.

En résumé : ne pas être éloquent, c'est avoir une possibilité en moins, celle de facilement faire du mal, d'aisément blesser, par l'usage des mots :)

Du coup, on pourrait s'autoriser à l'inventer, ce mot manquant ? Ou juste jouer avec cette idée... Si vous avez des suggestions...

Kezedjle 08 juin 2019 à 23:51

Bonjour Julien,

Partant pour une rencontre "en vraie" :p
n'hésite pas à proposer un lieu pour commencer - ça aidera les gens à voir si géographiquement, une rencontre est facilement ou difficilement envisageable;
et un horaire ou un jour approximatif, parce qu'un trajet/détour de 1 heure est négociable en week end, mais pas top après une journée de boulot.

Si tu veux faire du néologisme (entre autre) moi ça me branche :p

Julienle 09 juin 2019 à 09:33

Salut Kezedj,

J'entends ton conseil de proposer un lieu et date de rendez-vous, mais j'avais plus dans l'idée, de d'abord faire un peu connaissance ici, et voir ce qu'il en sort... Laisser être, laisser les éventuelles affinités opérer, et les possibles rencontres éclore d'elles mêmes...

Je ne souhaite pas me présenter ici en tant qu'organisateur, je pense que chacun a la possibilité de proposer une rencontre, en groupe ou en tête à tête, en privé ou en public, etc... Personnellement j'ai juste ouvert ce fil de discussion geographiquement localisé ; je n'ai aucune prise sur ce qui s'y passe ensuite, et ne souhaite pas en avoir. Je souhaite juste laisser être... et si une envie de rencontre éclos, alors peut-être l'envie se concrêtisera ?

En tous cas, bienvenue à toi, et bon dimanche !

JosephMBle 09 juin 2019 à 12:10

Personnellement je recherche des rencontres IRL, ça permet toujours de mieux s'exprimer que sur internet. ...Mais pourquoi quelque chose d'aussi restreint que l'Île Saint-Louis ?

Julienle 09 juin 2019 à 12:20

@JosephMB

J'aurais dû ftaire plus simple pour le titre, j'ai invité les habitants de l'îl saint louis, et, de l'île de France, manière de dire : les parisiens quoi ! Comme souvent j'aime bien me compliquer les mots, ou faire des jeux avec, au détriment de la clarté du message lol

Kezedjle 09 juin 2019 à 21:50

Bonsoir Julien,

Je comprends ton idée de ne pas partir sur un IRL trop tot, et de ne pas vouloir en être l'organisateur (ça demande du temps, et une forme de responsabilité un peu entravante parfois).

Pour en revenir à ton "mot manquant", je crois qu'un linguiste (c a d, quelqu'un ayant au moins un reliquat de latin du collège/lycée!) pourra dire si je me trompe, mais "éloquent" doit venir du latin "eu" (bien) et "loquere" (dire, parler). Donc le mot qu'il te manque, sans faire du néologisme absolument déjanté, pourrait respectablement (<- celui-ci, d'après mon correcteur d'orthographe, est un néologisme déjanté !!) se construire sur la base latine. Il ne reste qu'à trouver comment on fait ça correctement en latin, ou si un mot français analogue pourrait donner une idée. J'ai pensé à "évident", de "eu-video" (qui se voit bien), mais là encore, même problème... le contraire du mot "évident", c'est "caché", ou "dissimulé", et on a pas eu besoin du latin pour créer ces deux mots là :D

On peut poursuivre cette discussion, mais je propose même de brancher sur quelque chose qui pourrait inviter d'autres intervenants, en rapport avec ton mot manquant: qui a déjà tenté, amorcé, mis en place, la construction d'une langue? Que ce soit grammatical, orthographique, syntaxique; emprunté à une langue existante ou venu de nulle part; parlé par vos proches les plus intimes peut être; peut-être même avez-vous créé un alphabet exprès ?

je suis sûr que des gens ici ont déjà tenté l'expérience :)

Julienle 10 juin 2019 à 09:28

Hey Kezedj,

J'ai réfléchi à cette sombre histoire d'absence d'antonyme pour "éloquent", et je me dis qu'au lieu d'inventer un mot, on pourrait aussi introduire une échelle, une gradation, du degré d'éloquence : du coup, personne ne serait simplement "éloquent", on serait plus ou moins éloquent, et une personne "peu éloquente" n'en serait alors pas moins intelligente ; l'expression "peu éloquent" signifierait simplement que cette personne n'utilise pas beaucoup les mots et l'oral, pour s'exprimer - sous-entendant qu'elle serait peut-être en mesure d'utiliser d'autres modes d'expression, que la parole parlée, pour s'exprimer, avec nuance et précision pourquoi pas ?

Cela mettrait en perspective les différents moyens de communiquer, et peut-être, diminuerait la domination outrancière de l'expression orale et écrite dans la "hiérarchie" des modes d'expression, boostant au passage la communication non-verbale, l'instinct, l'intuition, le toucher, les sens, le corps, l'hormone, l'affection, les humeurs, etc... comme modes de communication très puissants, fiables, et clairs.

Du coup, on ne demanderait pas "êtes-vous éloquent ?" mais "combien éloquent êtes-vous ?"

Julienle 10 juin 2019 à 09:34

Pour répondre à ta deuxième question, je vivais chez un pote qui avait un enfant de 6 ans, et avec ce gamin on s'amusait à parler une langue (le "canji" lol) inventée et parlée par nous deux seulement. On s'amusait bien, et surtout je m'efforçais de faire prononcer au gamin des sons nouveaux, n'existant pas en français, des sons sollicitant des muscles des lèvres, de la bouche, du visage, non-sollicités en français. Aussi, lui faire prêter grande attention aux expressions physiques, aux intonations, pour décoder le message sans comprendre les mots... Le père (docteur en anthropologie) n'aimait pas cela, il trouvait que c'était une "régression", car le plus important pour lui, c'était la mémorisation d'un maximum de mots, et que cela le ferait prendre du retard sur le programme...

Sinon, hommage à cette amie, un peu dyslexique, qui inventait sans s'en rendre compte des mots. Mon préféré : "patérialiste", fusion de "paternaliste" et "impérialiste".

Du coup, comme un mot n'est vivant qu'en étant utilisé : y a-t-il des patérialistes dans la plaaaaaace ? lol

PS : quand un docteur en anthropologie pense que prononcer des sons différents en simulant l'usage d'une langue imaginaire est une régression, cela en dit long selon moi sur ce que l'on apprend aux gens dont la fonction est de nous apprendre à apprendre...

SoWhatle 11 juin 2019 à 16:02

en rebond au dernier message de @Julien :
J'adore "patérialiste", quelle belle trouvaille !

J'avais lu que les langues étaient rangées dans le cerveau d'un enfant comme dans des tiroirs, il n'y a donc la plupart du temps pas de contamination. J'ai moi-même expérimenté le truc lors d'un voyage en Espagne après un séjour de plusieurs mois où j'avais parlé chinois. Lors de ce séjour je pense que l'Espagnol est passé de ma 2ème langue à 3ème, et chinois de 3ème à 2ème : quand je voulais parler Espagnol aux gens je leur parlais chinois sans m'en rendre compte. C'est mon copain de voyage qui me l'a fait remarquer. C'est comme si mon cerveau piochait dans le tiroir "langue n°2", c'était tout à fait bizarre !
Mais il doit y avoir des exceptions car un vieux collègue qui a maintenant 75ans qui a comme langue maternelle français et paternelle américain, a toujours fait des fautes et maladresses dans les deux langues. Il considère qu'il n'est sécure dans aucune langue à cause du bilinguisme de son enfance...
Cela dit, peut-être que ton ami n'appréciait juste pas que tu aies une intimité spéciale avec son fils, un monde dont il n'avait pas le contrôle... dans mes amis, je vois régulièrement ces attitudes de protection autour de leur enfant de tout ce qu'ils ne contrôlent pas et vient de l'imaginaire d'un autre, une espèce d'attitude à priori, avec des justifications fort maladroites. Ca doit être l'instinct de protection...

Personnellement je ne suis pas très forum ni écrits à rallonge pour faire connaissance. Sur un forum je fais juste des remarques informatives ou en réaction avec un élément quand j'y passe. Je préfère rencontrer les gens en vrai au fur et à mesure des sorties. J'ai fait en sorte de mettre assez de moi dans mon profil pour qu'une personne sente si ça colle et me contacte pour faire un truc sympa.

Julienle 11 juin 2019 à 19:38

enchanté @SoWhat !

Je découvre les forums, apie a été mon premier, et reste le seul à ce jour. Je ne m'attarde pas trop sur les profils des gens, j'ai l'impression d'en apprendre davantage sur la personne par le biais d'échanges, écrits ou oraux... Mais je te rejoins, le but c'est de se rencontrer pour de vrai !

Kezedjle 12 juin 2019 à 00:45

Pour partager une anecdote que j'ai trouvé croustillante, ma nièce, à l'âge de 4 ans, a un jour entendu sa grand-mère dire "saperlipopette" (devant un enfant de 4 ans, c'est plus convenable que "Putain, merde quoi!" je suppose...).

Seulement, à 4 ans, c'est compliqué comme mot...

Du coup à la moindre contrariété, pendant 2 semaines de vacances en famille, ma nièce disait "Sarlipopette", comme si elle invoquait une déesse du nom de "Sarli Popette" :)

Quant à ton ami anthropologue et sa vision de "l'enseignement", je crois que c'est assez répandu comme comportement de "typiques" dans les domaines d'études poussées (exemple: on imagine pas l'étroitesse d'esprit des chercheurs du CNRS avant de les avoir côtoyer au quotidien pendant 5 ans !). Contrairement à Socrate qui concluait "Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien", beaucoup de "typiques" n'ont pas la sagesse suffisante de reconnaitre qu'ils n'ont pas réponse à tout dans leur domaine d'étude (je crois qu'ils vivent cette réalité comme une offense contre eux-mêmes, donc mieux vaut dissimuler ce fait), et s'accrochent dur comme fer à certaines croyances. Dans ton exemple, ton ami amalgame "apprendre à parler" avec "emmagasiner un maximum de mots en un minimum de temps"; seulement je suis d'accord avec toi, inventer des sons et travailler le langage non-verbal est super intéressant avec un enfant dont le cerveau n'a pas encore été trop formaté par sa langue maternelle :)

Julienle 12 juin 2019 à 12:38

Je suis sincèrement heureux d'avoir arrêté les études au niveau bac. Je me suis formé au gré des rencontres, des voyages, des lectures, de mes passions, de ce qui me prenait par les tripes, le coeur, la pensée. Je ne suis spécialiste de quoi que ce soit, expert en rien. Quelle chance, quand j'y pense.

Et dire que j'aurais pu être journaliste. Ou professeur. Ou psychologue.

J'ai vraiment une bonne étoile :))

Julienle 12 juin 2019 à 18:01

Suggestion de discussion pour les parigots (et les autres, toujours :))

Comment vivez-vous "votre" Paris ?
Marcher dans la rue... Les transports... Les regards, les poignées de portes anciennes, les jardins avec des arbres carrés, les plaisirs ?
Dans quelle mesure vous sentez-vous "parisiens" ?
Paris vous manque-t-elle parfois, souvent ?
Où se trouve votre Paris préféré, s'il existe ?
Pensez-vous être capable de la quitter facilement ? Pour où ?

Julienle 12 juin 2019 à 18:39

Poésie d'ados parisiens 1972...

C'est quoi ça ? Ce s'rait pas euh, les Invalides ?
- C'est p'têt l'Hotel Dieu là !
- C'est pas un Louvre ? C'pas un musée ça ?
- Pas l'Musée Grévin ?
- Ah ouais, la Conciergerie !
- J'ai d'jà visité moi là d'dans, c'est là où elle a été mis en tôle euh, Jeanne d'Arc. Ça puait dans l'sous sol, ça puait l'cadav' ! Ma parole hein !

...
Ro lo lo Notre Dame.
- Ah Notre Dame de Paris !
- Ils ont fait un film Notre Dame, grosso modo là !

...
Parc Monceau c'est un quartier super... T'vois pa'c'que ici tu vois pas d'môme qui pleure, rien... Dès qu'ils pleurent euh... Tiens v'là 500 balles et pi va t'amuser. Tandis qu'nous... Nous, bah on n'a pas tout quoi... Y sont vach'ment heureux les mômes là... Même les parents, tu vois jamais une mère qu'a la gueule euh... T'vois ça s'voit quand quelqu'un a du souci sur son visage...

...
Vous préférez avoir des amis ou des ennemis ?
- Des ennemis.
- Pourquoi ?
- Bah paskeu. Les amis, on les connais hein...

...
Mais qu'est-c'que ce s'rait pour toi, un monde où ce s'rait bien ?
- Han ce s'rait trop con. Pi n'importe comment ça peut pas exister, faut pas imaginer des trucs comme ça. parc'que si on imagine on d'vient con. Faut prendre la réalité c'est tout. Pour ça qu'j'suis dur, j'prends la réalité, tu crois qu'les gens y sont sympa ?

...
C'est pô que j'peux pô mais j'veux pô...
- Pourquoi ?
- Parc'que ça m'emmerd' l'école.
- Mais alors comment faire, tu sais c'que tu veux faire comme métier, tu sais qu'il te faut le certificat...
- Pi j'dis ça pi ça s'trouv' j'aurai pas la patience de l'faire.
- Ton métier ?
- Ouais, j'balourd'rai la moto j'me cass'rai avec les sous si ça s'trouve. Ya des trucs qui m'énervent c'est pour ça que j'me casse.

Merlinle 12 juin 2019 à 19:17

Ah oui. Quitter Paris. Bonne idée. La campagne, c'est si bien ;)

Julienle 12 juin 2019 à 19:30

Si encore on avait conservé cet accent parigo... Mais même ça on l'a perdu, bordel à cul. Font chier là merd' à la fin.

Julienle 13 juin 2019 à 12:36

Qu'est c'que c'est dur, les émotions...

C'est un fumant un pet' que j'me rends compte... Je comprends ce que j'ressens d'habitude, sans trop en avoir conscience... Que c'est normal, d'être un peu à bout, un peu "borderline", quand on vit dans un tel environnement... Se sentir un peu, beaucoup perdu, dans ces rues qui pourtant m'ont vu naître... Alors tout est clair : le corps, l'esprit, le coeur, l'estomac, la peau, doivent impacter cette pression, quotidienne... La rapidité excessive de tout instant, pour toute action... Tous ces gens qui font d'habitude partie du décor, comme une toile de fond, alors je réalise qu'ils sont vivants, comme moi... Et puis, comme j'ai eu la chance de voyager, je sais aussi qu'ils viennent d'une terre que je connais, ou pas loin, et j'les ai vu vivre, ces gens qui sont aujourd'hui dans la rue à Paris, j'ai vu leur noblesse, ils m'ont fasciné... Ceux qui viennent de loin... Et puis ceux qui ont toujours été là, pas moins nobles... leurs vies me reviennent au coeur, d'un coup, ça fait beaucoup :)

Et les femmes, surtout les femmes, dans la rue, ça doit être encore bien plus dur... Oui, bien plus dur, beaucoup plus dur même... Quelles intelligences faut-il, pour arriver à survivre dans de tels environnements ? Je n'arrive même pas à l'imaginer.

Par contre les bébés ils sont cool, encore une autre intelligence ? Enfin ils s'amusent tout l'temps, même dans la rue à jouer avec un bout de bois tombé dans l'caniveau, ils s'éclatent, ils ont des étincelles dans les yeux, ils ont faim de vivre. Tant que maman est là... Voir un bébé des rues jouer me remonte le moral, c'est dire s'ils sont généreux, c'est p'tits bouts d'tendresse... C'est comme si on l'avait tous en nous, humains et animaux, ce gêne du jeu, de s'amuser, comme un commandement physique, ou génétique, ou je n'sais quoi, de s'amuser au maxx dans la vie...

Mais enfin voilà, finalement, le message, le ressentis sont clairs : je m'en sors bien. C'est tout à fait imparfait, bancal, incohérent, borderline parfois, mais ça surfe. On s'adapte. Incohérence mentale ne veut pas forcément dire incohérence physique ou émotionnelle ou intellectuelle... L'impression qu'ya toujours une ou plusieurs clés, ou possibilités de refuge, dans une réalité ; et même si elle change tout le temps, à chaque nouvelle réalité, ses propres clés et possibilités, visibles ou cachées... Et puis aussi, se débarrasser une fois pour toutes de c'te putain d'merde de PERFECTIONNISME. Se méfier de l'idéal, du pur, du parfait, du total. On faut c'qu'on peut quoi, comme on dit par ici... Et c'est déjà bien, un exploit même ! Faut pas hésiter à se jeter des fleurs, voir ses propres réussites et les célébrer, seul ou avec d'autres, mais célébrer ! Se complimenter soi, se trouver beau, ou intelligent, ou courageux, ou sage, ou résilient, ou quelque joli mot que l'on affectionne... Son p'tit moment à soi... Et d'ailleurs, pourquoi petit ? :)

J'me permets de parler à l'impératif, paskeu keskeu ça peut bien faire de mal, de prendre soin de soi, de se célébrer ses victoires ? De se faire plaisir ?

Pas d'idéal, juste vivre, et survivre. On a oublié que la vie était un risque de chaque instant, c'est ce qui en fait la beauté et la préciosité. à chaque instant, la vie a une valeur maximale, la valeur de la vie n'est jamais moyenne, ni normale, ni médiane, ni bof... Et même si on croit en la vie éternelle ou au paradis, on s'attache quand même un peu, ou beaucoup, ou passionnément, à cette vie là quand même, on s'est aimé et on a aimé, on ne se débarrasse pas si facilement de ça, on ne passe pas si facilement à tout autre chose, j'me dis. On dirait que les sentiments restent gravés... Alors on y tient tous, à la vie, donc chaque instant...

...certains musulmans qui portent un voile blanc enroulé sur la tête, tout le temps, pour le moment où la vie abandonnera leur corps. Ils ne s'en séparent jamais : ça peut arriver à chaque instant...

C'est tellement émouvant pour moi
Ça me semble aussi réaliste, ou lucide, mais enfin
quelle connerie de dire ça,
comme si le réalisme ou la lucidité existaient...

Bref, on est des survivants ! On survit, avant de vivre, et moi ça me va tout à fait, j'trouve ça beau, émouvant, magnifique, j'me souviens de gens qui me disaient le contraire, avec une forme de véhémence, comme un reproche, on doit vivre et pas survivre... mais moi je veux survivre, et vivre, dans cet ordre là. Il me semble que ville ou campagne, ou forêt, ou jungle, immeuble ou maison ou tipi ou case ou rickshaw ou street, c'est survivre... Partout la vie est dure... C'que j'disais souvent en Inde, et ça les surprenait, les indiens, c'est qu'la vie est dure partout, de nos jours. Bien sûr, plus dure dans les rue de Mumbay que dans le 15ème arrondissement de Paris, mais nous aussi on a la dépression, le burnout, le bore-out, la bipolarité, la schyzophrénie, et tout une autre ribambelle de désordres mentaux qui peuvent être très handicapants, voire presque invivables (hommage à ceux et celles qui survivent malgré tout), des héros du quotidien, vivre avec de telles maladies, en ville ou en campagne, c'est si dur... Et puis on a l'CANCER, voilà, le mot est écrit, un mot terrible, certains n'osent même pas le prononcer, ou le prononcent en chuchotant, pas vrai ? Il est là, partout, et on est censés avoir la vie FACILE ? Dans ces moments là, on en vient même à se demander si on serait pas mieux dans les rues de Hanoï, ou Bangalore, mais au moins on serait pas si seul, on aurait des amis, des voisins, des frères, chaque jour, qui sont là à coté... Et aussi on aurait une croyance, en un Dieu, en une Déesse, en une force supérieure, en une énergie initiale, en une Terre Mère, enfin quelque chose qui nous a donné vie, et qui nous accueille de nouveau, avec totale et infaillible certitude.

Naaaa, c'est une putain de survie, même dans les quartiers sûrs de la capitale, vivre avec la pensée d'une possible fin du monde toute proche, c'est survivre. Et c'est beau ! Cette souffrance intense, partagée par presque toute l'humanité au même moment, finalement c'est aussi ce qui nous relie, on est tous à peu près égaux sur ce terrain là, un chagrin d'amour, un trouble obsessionnel compulsif, peuvent être aussi dangereux que le paludisme. On assure grave, chacun avec ses p'tites méthodes, ses béquilles, ses délires... On surfe parfois sur le rebord, sur la faille du précipice, mais jusqu'ici, on est encore là... On assure quoi ! Enfin, j'parle pour moi pour sûr : j'assure ! Mais j'ai l'impression qu'on assure pas mal tous aussi :)


Et la vie, pour moi, c'est quand on oublie la survie... Ces moments toujours précieux... La sécurité, la possibilité de l'Amour, cet autre Dieu, qui nous soumet immédiatement à sa magie, le sentiment qu'on peut compter sur un ou des ou les autres... Que, si c'est un homme qui t'a fait tomber, c'est un autre homme qui te relèvera ("homme", dans le sens de être humain)... J'veux pas vivre une vie dans laquelle j'oublie à quel point la vie est précieuse, et fragile. La fragilité doit être là avec moi à tout instant, c'est un besoin vital, cette humilité... Et encore, j'ai même pas encore découvert le monde des fleurs, quand j'vais rentrer là d'dans... Ça va être ouf...

Bref, les pensées défoncées que j'ai aimé partager avec toi, chère Lectrice, cher Lecteur.

Fo pas fumer le matin, ça fait trop parler lol
M'enfin c'est un jour Mohican

Carolle 13 juin 2019 à 13:41

@Julien Quel mystère insondable cette vie que nous menons, ressentons....il y a des choses difficiles à encaisser sur cette terre,ça....comment pourrait-on s'habituer à l'amour, la violence, la joie, la souffrance, il nous faut vivre tout ça....sans fuir....moi je suis un soutien pour toi et bien d'autres, ami Julien. J'aime mon frère humain, lorsqu'il a appris à respecter aussi les femmes.... 😉

Julienle 13 juin 2019 à 17:22

Merci sista, on est ensemble,
dans la lutte pour le respect on est ensemble


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