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Debut de livre

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Debut de livre
Gwenouillele 30 avril 2019 à 22:27

Bonsoir tout le monde :) En vous voyant tous createurs je dois dire que je suis absolument envieuse. Surtout des belles photographies et des superbes dessins, je crois que j'aurais adore dessiner assez bien. Pour ma part il semblerait que je m'inscrive plus dans le chant. Mais comme je ne suis pas encore prete a partager mes video sur le forum (car je juge mes prestations vraiment bof bof), je prefere partager avec vous le debut de mon roman, qui parle lui aussi de... musique (gros suspens, hein !? XD qui l'aurait cru ?)

Je sais que le public HP est un public tres critique et parfois sceptique. Merci a ceux qui seront un peu indulgents car je n'ai pas une confiance aveugle en mon travail...

___________________________________________________________

Chapitre 1

La salle est plongée dans le noir. Le public, suspendu au bout de mes doigts. Bien avant de poser la première note, l'émotion m'envahit. Puis la convoitise accompagne mon geste lorsque mes mains effleurent les touches. L'envie de faire ressentir, de faire naitre, de donner vie à cette oeuvre.

Sonate Waldstein.

Beethoven n'a que trente-cinq ans quand il la compose. J'en ai dix-neuf. Je m'attaque à un chef-d'oeuvre et je compte bien montrer à la terre entière mon génie.

Après une première exposition du thème réussie, mes doigts reprennent la mélodie qu'ils ont maintes et maintes fois jouée. Je connais la partition par coeur ; mon corps connait cette partition par coeur. De mon cerveau qui la voit défiler devant mes yeux, à mes pieds qui dansent sur les pédales. Mes doigts, fidèles, suivent scrupuleusement ce qui y est écrit. Le phrasé. Les nuances. Jusqu'à l'interprétation et le sens que je dois y mettre. Rien ne m'échappe.

Rapidement, la mélodie s'emballe. Beethov, mon petit Beethov pro du développement, ne me laisse pas un instant de répit. Les pages se noircissent de dièses et de bémols. Il module. Accélère. Captivé, le public a les yeux rivés sur moi. Il est surpris, se demande comment un si jeune pianiste peut faire preuve d'autant de maturité. Moi je sais. Je vole, survole le clavier à une vitesse phénoménale. Ma technique est irréprochable. Car c'est là tout ce dont il s'agit. De rigueur. De doigté.

De génie.

Mes doigts s'emparent de la mélodie sans jamais la lâcher. Mon être tout entier ne fait qu'un avec la musique. Je vis. Je touche. J'effleure. Et chaque seconde me rapproche un peu plus de Beethov. Mon sang bout, agonise. J'ai besoin de respirer. De reprendre mon souffle. Mais la ligne s'est emparée de moi, elle me consume, me dévore. Je ne peux la rompre. Ne peux trahir l'oeuvre. Mon sacrifice n'aura pas été vain : un silence parfait règne dans la salle.

Dernière partie et le sentiment du triomphe s'éveille en moi. Encore quelques minutes et je savourerai ma victoire. Mes doigts glissent, volent, s'emballent. Je suis un dieu. Personne ne m'égale. Je vais terminer ce premier mouvement libre de toute entrave et demain, demain... je n'aurai plus de comptes à rendre. Mon corps rit. Mes mains cavalent. Elles courent euphoriques, courent après les notes quand je réalise soudain que je suis en train de me perdre. Que je m'oublie. Les notes s'échappent, le charme s'envole. Mes doigts s'enfoncent, chaotiques, sur le clavier de plomb.

Dans la salle, le public s'éveille. Les gens remuent et murmurent. Leur attention me fuit. C'est la soudaine descente aux enfers. Je me perds dans les eaux noires. Dans le désespoir qui accompagne les génies désabusés, tandis que je résiste à l'envie de tout planter et de quitter la scène. Encore quelques mesures, quelques notes à peine... Le poids de la gêne qui pèse sur mes épaules, mes doigts qui ploient dans la douleur, avant que ne résonnent enfin les dernières notes. J'entends sonner le glas de mon trépas. Quelques applaudissements, timides, qui traversent le public. Je ne suis pas dupe. Le manque d'entrain rappelle cruellement la qualité de la prestation. On vient de m'annoncer ma condamnation : demain, Stein se fera un plaisir de m'achever.

Gwenouillele 30 avril 2019 à 22:27

Chapitre 2 :

Furax, je traverse le couloir en direction de la salle de Stein. Ses reproches m'assaillent. Une colère sourde s'empare de moi. J'avais confiance en elle !

J'entre en trombe dans la salle. Marc, en bon élève modèle, répète le concerto de Poulenc. Il n'a toujours pas compris que Stein ne le choisira jamais. Il s'interrompt en me voyant arriver. Je l'ignore et jette mes partitions sur le piano.

- Marc, s'il-vous-plaît, pouvez-vous nous laisser ?

Son élève se rembrunit mais après une seconde d'hésitation, remballe ses affaires. Il prend néanmoins son temps, comme pour me faire personnellement comprendre que je dérange.

- Je me demandais quand vous alliez passer, lance Stein une fois la porte fermée.

Ma colère ne tarit pas. Elle évite mon regard en se tournant vers la fenêtre.

- De toute ma carrière, vous êtes probablement le meilleur élève que j'ai croisé, Maxime. J'en ai pourtant vu passer : certains doués, d'autres moins, mais aucun qui n'ait eu votre talent. Seulement, nous sommes aujourd'hui confrontés à un problème.

Elle se retourne, s'approche et louche un bref instant sur les partitions.

- Continuez dans cette voie et vous vous planterez. J'espère que vous comprenez que vous n'avez pas ce qu'il faut pour réussir. Ce qui s'est passé hier soir n'est que le reflet de ce qui vous attend. J'aurais aimé que vous en preniez conscience.

Ses mots me font l'effet d'une gifle. Moi qui ai passé l'intégralité de la semaine sur mon clavier, qui n'ai ni mangé ni dormi pendant des jours, qui me suis abandonné corps et âme dans cette oeuvre !

A bout, je m'assois sur le tabouret et plaque les premiers accords de la sonate. Elle n'a jamais été aussi vive, aussi brusque. Mais j'ai le coeur en feu, le corps à sang. J'enchaine sans tenir compte de Stein. Je martèle le piano, massacre le morceau. Assassine Beethoven. Toutes ces heures de travail pour rien, à m'acharner sur des notes ridicules. Toutes ces heures de reproches à m'en rendre malade jusqu'au milieu de la nuit.

Stein marque une lueur d'inquiétude. Je suis heureux : je ne suis plus le seul à souffrir. Je serre les dents, prends sur moi et plaque un dernier accord.

- Vous savez quoi ? De toute façon vous êtes une prof déplorable.

Sans m'inquiéter de son expression qui se décompose, je quitte la pièce en claquant la porte.

Gwenouillele 30 avril 2019 à 22:28

Chapitre 3 :

Je file, m'échappe des murs de l'académie la haine au ventre. Dans la cour, le cri des instruments m'assaille. Je me bouche les oreilles, accélère. De toute façon, je remettrai bien assez vite les pieds ici. Elle m'appellera, me suppliera quand elle réalisera qu'aucun élève ne redorera son image. Et alors elle n'aura d'autre choix que de se plier à mes exigences. Stein et son poignard, qu'elle aille crever en enfer ! Elle ne me mérite pas.

Je grince des dents, la maudis en silence. Ma colère n'a d'égale que cette profonde désillusion qu'elle a laissé en moi. Comment ai-je pu me laisser avoir ?

Mon appartement ne se trouve qu'à cinq minutes à pied de l'enfer que je viens de vivre. Sur le chemin, des musiciens me saluent. Je les assassine du regard. Pas assez pour qu'on me foute la paix. Le souci quand on est un génie, c'est que le commun des mortels vous reconnait. Si bien qu'il ne manque jamais de se rappeler à vous. L'autre souci, c'est qu'il suit votre vie à la trace. Dans quelques heures, si ce n'est pas déjà fait, l'intégralité de l'académie sera au courant de notre petit échange de politesses, à Stein et moi.

Je me renfrogne, gagne le second étage de ma résidence. Le son du hautbois en provenance du rez-de-chaussée me tape déjà sur le système. Je regrette, en poussant la porte, ce moment de faiblesse que j'ai eu, cet ultime instant durant lequel j'ai accepté de vivre entouré de musiciens.

Le paquet de ramen aura finalement raison de moi. Après m'être acharné sur l'emballage, je verse l'eau brulante et avale, dans un état second, ce qui me sert de repas. Stein s'est servi de moi, s'est jouée de mon ignorance. Je repense à ses dernières paroles et lui en veux comme un enfant qui hait sa mère. J'aurais été prêt à tout pour elle...

Je passe l'après-midi à errer dans l'appartement, résolu à ne plus jamais toucher un piano de ma vie. Robert, de l'autre côté du salon, me rappelle à mon devoir. Son clavier me happe, ses touches me narguent. Mais Robert m'a trahis au même titre que Stein. Et je ne suis pas d'humeur à pardonner. Je lui préfère le dernier livre de ma mère : Fengshui et bien-être intérieur.

Entre deux gammes d'un hautbois furieux, un sourire narquois aux lèvres, je tente d'apaiser mon "qi'". Je ferme les yeux et respire profondément. Deux secondes de silence. Deux secondes, avant qu'une flûte suicidaire ne m'arrache des sueurs froide. J'assiste à sa longue agonie, aussi serein que le violoniste du premier étage qui lui crie par la fenêtre de la fermer. Consterné, je referme le livre et me rabats alors sur le seul puzzle qui traine dans mes placards, persuadé qu'il suffira à remplir mon après-midi. Je me trompe. Dix minutes plus tard, j'abdique.

Je passe ainsi la semaine à me leurrer, à tester des plats que je finis par recracher tant le goût est infame. A tapisser le sol d'origamis, à dessiner des robots cosmiques. Après trois jours, la culture d'un plan de tomate n'a plus de secrets pour moi. Je sais même me présenter en russe et en lapon ; tout est prétexte à ne surtout pas toucher le piano. En réalité, j'attends le coup de fil de Stein. Ce coup de fil qui n'arrive pas. Je commence à comprendre que Stein n'a pas besoin de moi. Que Stein n'a jamais eu besoin de moi. Et les journées sont vides.

Au matin du septième jour, je ressemble à un mollusque amorphe. Je me traine pour sortir de mon lit. J'ai le cerveau embrumé et délire presque. Robert accuse ma folie. Je m'entends lui crier dessus :

- De toute façon tu as toujours été mauvais. Va-t-en !

Il reste définitivement muet. Ne bouge pas. Le front moite, je me dirige vers lui, prêt à en découdre.

- T'es même pas accordé ! Tu m'as planté dans les doubles !

Je jette les partitions, agrippe les touches, réalise que je suis prisonnier. J'ai passé la nuit à revoir Liszt. La nuit à cauchemarder de mes enchaînements harmoniques. Les notes me hantent. Je lance un premier accord, un second, enchaine et reprends. Encore, encore.

Encore...

Après trente minutes d'efforts infructueux, je m'effondre sur le clavier, à bout, rongé par cette musique qui se refuse à moi. Je n'y arrive pas. Je n'arrive à rien. Le monde m'a abandonné. Stein m'a lâché. Et alors que le silence se pose enfin entre les murs, je me retrouve impuissant. J'ai rêvé de cette vie, mais c'est elle qui s'est peu à peu emparée de moi. Je n'ai qu'à relever la tête pour comprendre que je n'ai plus rien. Que mon monde se résume à ce piano. A cet appartement. A ces notes inscrites sur les partitions.

Il ne reste rien de moi.

Rien.

Affligé, je me lève et rassemble lentement mes partitions, la gorge nouée. Je m'applique, fais des piles parfaites et me laisse aller contre le mur. Demain, ça ira mieux. Demain...

Gargarinele 30 avril 2019 à 22:32

Encore...

LibertEchEriele 30 avril 2019 à 22:44

Oh Gwenouille, tu es un réel écrivain! 🙂

Gwenouillele 30 avril 2019 à 22:51

Non pas encore, je n'ai rien publie et j'ai du mal a me considerer comme tel. Pour moi un ecrivain est qqn qui vit de sa plume, je suis encore bien loin de ca, et j'ecris trop lentement pour esperer y arriver un jour. Mais ca tombe bien car je ne compte pas faire carriere la-dedans :D 😋 C'est juste un super defouloir :D Quand qqn m'enerve, je le tue dans mon livre XD Ou alors il subit d'atroces souffrance 😱
(Hors contexte, on dirait un peu que je suis une psychopathe 😨 😍)

LibertEchEriele 30 avril 2019 à 23:07

Ah bah là Gwenouille, je vois pas ce qu'on pourrait te dire (et que l'on pense vraiment hein, genre le truc qui crève les yeux quoi) auquel tu pourrais porter ne serait-ce qu'une once de crédit.
Pas grave, prends tout le temps qu'il te faudra, et tu es jeune, du temps tu en as. Peut-être qu'on sera encore toi et moi sur APIE... Ben, le jour où tu te reconnaitras 🙂

Gwenouillele 30 avril 2019 à 23:13

Ou je me reconnaîtrai ?

LibertEchEriele 30 avril 2019 à 23:20

Le jour où tu reconnaîtras ta belle personne 🙂

Gwenouillele 30 avril 2019 à 23:27

Ah ! Pour l'instant j'ai trop ete passee sous un rouleau compresseur pour ca... Mais ca ne m'empeche pas de rire donc ca va. J'essaie de le prendre avec philosophie : au moins je ne peux pas etre plus plate XD

Abderianle 02 mai 2019 à 23:13

Pas mal, assez centré sur la psychologie, le sentiment, l'intériorité, la rivalité et les interactions.
Pour donner un peu plus de substance, il me semble que des descriptions et un cadre spatio-temporel aideraient un minium, même pour une entrée in media res.
Avec des métaphores et quelques ourlets scéniques, il y aurait de quoi rendre le décor comme faire-valoir de l'action. Après, pas besoin de descriptions à la J. Verne ; l'efficace de Camus suffit.

Gwenouillele 02 mai 2019 à 23:54

Oui je vois ce que tu veux dire. Il est vrai que dans mes autres ecrits je decris bcp plus que dans celui-la :O En fait ca ne m'est meme pas venu a l'idee de decrire (dans celui-ci) :O Et je pense que j'aurais du mal a decrire. Faudrait que j'essaie !

Abderianle 03 mai 2019 à 00:00

Même la première phrase : "La salle était plongée dans le noir". C'est bien mais tu parles ensuite de musique, donc placer une ambiance et des sons avant de commencer serait nécessaire, et tu peux ainsi préparer le lecteur à ce qui va arriver. Genre (à titre purement illustratif ; document non contractuel) :
"La salle était plongée dans le noir. Un diffus brouhaha emplissait les balcons, les sièges, et venait jusqu'au devant de la scène. On devait parler de ce qui allait advenir. [Impatiente], j'entrai sur scène. Le silence se fit soudain, plus vite qu'escompté, comme si toute l'assemblée s'était interrompue en même temps. Les oreilles tapies dans cette nuit claire de tout bruit n'avaient plus que moi d'horizon. Le public était suspendu au bout de mes doigts, alors que je m'asseyais devant le...".
Etc.

Gwenouillele 03 mai 2019 à 00:25

C'est une bonne idee :) Merci, je prends note et je modifierai a la reecriture <3 Merci pour ces precieux conseils <3 😍

autreMondele 03 mai 2019 à 12:00

@Gwenouille, que ce que je suis touché par tons, récit
Déjà je reprend un de tes citations
"Je sais que le public HP est un public très critique et parfois sceptique. Merci a ceux qui seront un peu indulgents car je n'ai pas une confiance aveugle en mon travail..."
J'ai du mal à imaginer , une personne, qui vie dans le doute permanent, qui vas critique une autre personne, quand ont fait ont se prend forcement des gamelles. J'ai eu un ami, qui vivait de sa passion, pour la musique classique, des mois et des mois à 14h00 de travail par jours pour une représentation de 20 minute. il enseignais aussi sa passion, et il avait l'habitude de dire que seul se qui se plante peuvent progresse, et c'est logique, comment peut il en être autrement, si tu ne voie pas tes limites, il n'y auras aucun remise en question pour passer à l'étape supérieur.
Bon maintenant, un avis (inspire toi, de cette avis, c'est pas à suivre au pied de la lettre), tu est sur un domaine musical sans doute le plus enrichissant techniquement. Le seul problème, c'est que c'est un monde qui est très codifié, et toujours à la recherche du petit génie du siècle. Juste par curiosité, je t'invite à visitée , d'autre modes d'expressions musical, quand des musiciend bluseman, jouent ensemble, ils ne cherchent pas la perfection, ils vont joué ensemble sans se connaitre, voir pire sans connaitre le morceaux , qu'il vont joué. ils cherchent simplement, à être ensemble et voir les spectateurs qui tapent du pied ou mieux qui se lèvent et qui dansent . ils se placent au niveau du plus faible du groupe. il y a bien sur des réglés de basses, mais des fois les circonstance font qu'il n'est pas possible d'être pille au poil, avec les réglés. Je t'invite à faire ton propre vécu, avec se mode d'expressions. Écouté des artistes comme Scott Joplin, Fats Waller, Champion Jack Dupree. Apprend la structure d'un blues 12 mesure , et le principe du shuffle. Et lance toi. Découvre, cette musique , ou sans imperfection, il n'y aucune beauté. Attention , je te dit pas de changer de voie musicale, je te dit juste regarde expérimente d'autre modes d'expressions. Un peut comme un dessinateur, qui s'exprime avec ses fusain, il vas faire de l'aquarelle , pour comprendre plus sur sa propre expérience. Mais il continué a s'exprimer avec ses fusains.

Gargarinele 03 mai 2019 à 12:02

Je retiens : ils se placent au niveau du plus faible du groupe.

Gwenouillele 03 mai 2019 à 12:37

En fait j'ecoute du blues, du jazz, de la pop coreenne, de la musique celtique, du RNB, j'ai meme chante du Celine Dion et du Mariah Carrey ;)
J'ecoute meme du Ella Fitzgerald :D Et j'ai bien sur appris la musique sans mesures ou a doubles ajoutees, le genre bien chiant, avec par ex 13 doubles dans une mesures. Je chante aussi du contemporain meme si ecouter Messiaen me fait toujours le meme effet (ou presque) qu'a mes debut. A mes debuts j'avais la sensation qu'il avait jete le chat sur le piano. Maintenant je comprends sa logique harmonique, mais je trouve toujours ca moche :) Et je suis desolee, mais y'a franchement des musiques qui sont de la daube.
Ah oui, j'ai aussi chante du Gospel car je kiff le Gospel :D
Mais ce que je ne comprends pas c'est si ton avis parle de moi, ou s'il parle de mon texte. Car dans mon texte, c'est le point de vue d'un personnage, qui a sa propre psychologie. Et s'il s'agit de moi, ecouter et pratiquer d'autres musique n'a rien a voir avec le perfectionnisme. On peut faire du RnB, du rap, du jazz ou ce que tu veux en etant perfectionniste. Tout depend sur quoi tu positionnes ton perfectionnisme. Par ex t'as jamais entendu du jazz, je suppose, avec une basse qui n'est pas dans le temps. Je ne te parle pas de jouer la basse en contre temps, je parle d'etre en mesure, et d'etre regulier. Et par ex de ne pas etre une fois devant le temps, et une fois derriere le temps. Sauf si ca entre dans un effet voulu. Je pense que tu n'en as jamais entendu car ils ne feraient pas long feu aupres du public XD Tout comme en general tu ne vas pas ecouter des chanteurs qui ont une voix de casserole.
Pareillement, tu n'achetes pas un livre ecrit en sms, avec une histoire merdique et de gros soucis de coherence. Apres je concois qu'il y a differents niveaux de perfectionnisme. Mais je pense que ta vision du monde classique est erronee, si tu penses que ce milieu est different des autres milieux musicaux. Y'a qu'a voir les artistes que tu cites, qui ne sont pas du classique mais tous consideres comme des genies de leur temps dans le milieu. Et le jazz est au moins aussi codifie que la musique classique... Et les artistes classiques recherchent en pratiquant et en se produisant exactement la meme chose que ceux du jazz, juste avec un mode d'expression different ;)

autreMondele 03 mai 2019 à 17:23

Chapeau bas Madame, votre création littéraire, est tellement vivante que je lui est répondu.
Pour ce qui de la musique, je parle de l'ambiance, que j'ai vécu dans les 2 mondes. il est claire, que pour jouée ensemble, il faut des réglé commune. Bien sur que j'ai cite des référence, pour qui sont classé, comme des génie dans leur genres. Il y deux type d'artistes (toute discipline confondue) . Les utra Émotif, qui sont dans le partage pur et les super égocentrique. En musique, il auras aussi les deux, au temps j'ai rencontré un nombre raisonnable de musicien égocentrique dans tous type d'expressions, sauf dans cas le classique et le jazz, pour le classique c'est 80% d'égocentrique, le jazz en France, c'est 100%
C'est pour cela que j'ai utilisée le terme blues, pour moi Louis Amstrong est un bluesman, quand tu l'écoute du vie une émotions, n'importe qui peu prendre un des standard joué par Louis Amstrong et le joué , il n'auras qu'a de connaitre un minimum de réglés. quoi qu'il est fait il à garder le sens du partage.
Avec des écris pas toujours facile de communique, je vous propose un reportage sur J.J Milteau autre le faite que je le soupçonne d'être un HP réalisée, et du coup, c'est lui qui parle le mieux du Blues et de la vision que j'ai de la musique de cette musique.
Bonne émotion a vous 🙂
voir la vidéo

Gwenouillele 03 mai 2019 à 19:00

Mmmm N'importe qui peut prendre un basique de Mozart, et le chanter aussi, n'est-ce pas ? D'ailleurs la musique de Harry Potter est du Tchaikov, et y'a même des musiques de Nadiya qui sont du Chopin à la base. Je te passe la lettre à Elise de Beethov, et A vous dirais-je maman, qui est du Mozart.
Encore faut-il bien le jouer, car le jouer, ça tout le monde sait faire.
Quant à la réflexion sur les 80 pourcent des musiciens en classique qui sont des égocentriques, je crois que je vais m'arrêter là, pour rester polie.
Je te laisse dans tes idées préconçues car elle t'ont l'air agréables. Mais je te trouve très apte au jugement, et je me dis que tu n'as pas du beaucoup voguer dans ces deux milieux pour avoir l'esprit aussi fermé.

Gargarinele 03 mai 2019 à 19:14

.

Gwenouillele 03 mai 2019 à 19:28

Et comme dit Gargarine, Scregneugneu !

Gargarinele 03 mai 2019 à 20:05

On est tous un jour un stroumfe grognon (je ne suis pas sûr de l'orthographe)

autreMondele 03 mai 2019 à 21:21

@Gwenouille , je suis heureux, pour toi que tu n'es pas la même expérience que moi. Il n'y a pas qui à raison , qui à tord, simplement des point de vue différant.

Julienle 07 mai 2019 à 16:51

@Gwenouille

Je te suggère amicalement d'ouvrir ta définition de ce qu'est un "écrivain" : "Sur les quelque 200 000 créateurs enregistrés au fichier Agessa, 101 600 peuvent être répertoriés comme auteurs en 2013, dernière année de données disponibles. Sur ces 101 600 auteurs, 5 900 sont « affiliés », c'est-à-dire qu'ils ont perçu au moins 8 649 euros de droits par an provenant du livre."

On ne vit pas de l'écriture dans le monde, et même en France, grand pays de littérature ! Du coup, un "écrivain", c'est quoi, si ce n'est pas quelqu'un qui vit de sa plume ?

Merlinle 07 mai 2019 à 17:01

Pourquoi faire du commerce la référence en matière de création ? Je sais bien que le monde est devenu une pile de marchandises, mais n'est-ce pas justement à la culture de rester le dernier bastion protégé ? Comme tu le dis si bien, "on ne vit pas de l'écriture dans le monde". Cela veut-il dire qu'il y a si peu d'écrivains, ou au contraire que le commerce décide de ce qui vaut la peine d'être ou non diffusé ?

Nombre de grands peintres ont crevé de faim et n'ont été reconnus qu'après leur mort. Qu'ils n'aient pas vécu de leur peinture en fait-il des non-peintres ? ;)

Je me considère comme écrivain. J'écris des romans et des nouvelles. Je les publie. Que j'arrive ou non à les vendre (je n'essaie même pas) me semble être totalement "besides the point", comme on dit en Anglois.

P.S. : je ne prétends pas être un BON écrivain. Ca, ce n'est pas à moi d'en juger. (rire)

Julienle 07 mai 2019 à 17:14

Ce qui me fascine finalement là dedans, ce n'est pas l'écrivain, le créateur, mais sa création, le texte : chaque texte, chaque livre, prend son envol et vit sa vie. Certains meurent en chemin, d'autres voient à peine le jour, d'autres ont des destins nationaux... Mais ce n'est que lorsque l'oeil se pose sur lui, qu'un texte vit. Mes écrits ne m'appartiennent plus, ils appartiennent à celui qui les lit.

Une jolie parabole : dans le judaisme, à l'origine il est dit que la Torah (j'ai encore du mal à l'écrire sans majuscule, mais ça va venir :)) a été donnée par D.ieu en un texte d'un seul trait, sans aucun espace entre les mots ni aucune ponctuation, juste une suite de lettres initerrompue : ce sera donc l'homme, qui va "donner vie" au texte, par sa respiration : au moment où il s'arrête de lire pour reprendre son souffle, vient la cassure, l'espace entre les mots, et donc : chacun va pouvoir interpréter, créer même, son texte propre...

Gwenouillele 07 mai 2019 à 18:40

Comme tu dis, pour etre ecrivain, ils faut que les autres lisent. Donc j'ai une simple question pour repondre a ta these : as-tu lu ce debut de roman ou pas ? ^^
Parce que je pourrais debattre des heures sur ce qu'est un ecrivain, mais en effet s'il n'y a pas de lecteurs, il est difficile de se pretendre ecrivain. Ou si on n'a pas un travail acheve, abouti. Pour moi, etre ecrivain est avant tout un statut de reconnaissance qui passe par le fait que les autres te considerent comme tel. Etant donne que personne ne me considere comme tel, j'ai du mal a me considerer moi-meme comme tel, et donc comme legitime.

NabouNaboule 07 mai 2019 à 18:56

Tous ces gens sont bien étranges par Toutatis

Julienle 07 mai 2019 à 18:56

Je ressens qu'il s'agit pour toi davantage ici d'une quête de reconnaissance, non ? Reconnaissance, de ton "talent" ? Ou du moins : de tes capacités techniques, artistiques, intellectuelles, à pratiquer l'écriture ?

Du coup, aimes-tu tes écrits ? Quand tu te relis, que ressens-tu ?
Aussi : si quelqu'un te dit qu'il n'a pas lu jusqu'au bout, qu'il n'aime pas le style, ou qu'il trouve que c'est mal écrit, comment réagis-tu en général ?

Qu'attends tu précisément de nos lectures de ton texte ? Si ce texte est publiable en l'état ? Une sorte d'évaluation technique ? Ou bien si tu as réussi à faire passer des émotions ? Si tu as crée une sorte de dépendance chez le lecteur, par rapport à l'histoire, un suspense créant une sorte d'addiction ?

Je suis juste curieux car mon propre rapports à "mes" écrits a beaucoup évolué avec le temps... C'est si subtil et changeant...

En tous cas il y a déjà ici une demande pour ton écriture !

Gargarinele 07 mai 2019 à 19:06

@Gwenouille perso, j'attend la suite de tes écrits.

Julienle 07 mai 2019 à 19:30

@Gwenouille

Owkay, premier chapitre : j'aime ton style clair, espacé, précis, à tel point que cela pourrait être un roman comme une biographie. La lecture de ce chapitre m'a posé cette question : quel est le titre du livre ? La quatrieme de couverture ? En fait : l'intention ? J'ai besoin de savoir, avant d'entamer la lecture, comment toi, tu présentes ton travail. Je ne dis pas que c'est la bonne manière de rentrer dans un livre, mais moi, j'en ai besoin.

Aussi : "mon petit Beethov pro du développement, ne me laisse pas un instant de répit."
"pro du développement" : je ne saisis pas, j'aurais aimé savoir plus précisément ce que tu sous-entends par cette expression. Pour le reste, tout est très clair. Cela va presque trop vite pour moi : je ne connais RIEN de ce que tu décris, cet univers, ce rapport sensuel à l'instrument, aux sons, au public, au Maître. j'aurais aimé davantage de détails sur tes émotions, sur la technique, sur ton rapport à Beethov, sur ce que tu ressens intimement, sur tes réflexions à ce moment précis, tes peurs, tes associations d'idées. Davantage de détails, mais avec la même clarté, la même précision. C'est un univers si particulier et méconnu !

Mais en l'état, j'ai déjà trouvé ça très intéressant.

Gwenouillele 07 mai 2019 à 19:35

J'attends du partage en fait, non pas de reconnaissance sur mes qualités "d'écrivaine", du moins pas pour ce projet-ci. J'attends de me rendre compte que les gens écoutent vraiment. Pour moi, le partage c'est quelqu'un qui m'accorde un peu de temps. C'est du respect, c'est ressentir que je ne suis pas un pot de fleur que tout le monde ignore, ce qui est déjà mon quotidien en dehors du forum. C'est se dire que si on met les choses par écrit, peut-être une personne s'arrêtera pour en parler avec nous. Pour s'intéresser vraiment a l'autre. C'est de la considération, non pas pour mes écrits, mais pour l'humain qui se tient derrière.
C'est ce que j'attends de manière générale de ce forum. Je n'ai pas besoin de me prendre la tete sur de grands débats philosophiques. Mon cerveau fait ça très bien tout seul, toute la journée, et je suis fatiguée de ça. Au pire, je peux aller dans une bibliothèque pour y trouver toutes les thèses soutenues par les grands courants philosophiques sur la question. Mais je trouve ces échanges vides, car ce n'est pas l'avis d'une personne en face de moi. Ce qui m'intéresse c'est la personne en face, son histoire, son vécu, qui elle est. Vous me direz que la réaction a la personne dans un débat peut m'apprendre qui est cette personne, mais je ne suis pas d'accord.
Ce qui me désole ajd, et qui me rend vraiment très malheureuse par ex, et je vais prendre un exemple très concret du monde de l'écriture, mais qui peut s'étendre a bien des domaines, c'est que tous les gens qui viennent sur les plateformes d'écriture, viennent pour poster leurs écrits en pensant faire une fleur au lectorat. Ils veulent qu'on les lise, souvent il se font de la pub en écrasant les autres. Ils ne prennent même pas la peine de lire les conditions d'un groupe sur fb avant de faire leur pub. Ils rejoignent le groupe, ils postent directement. Point. Et il n'y a qu'un échange a sens unique. Et je suis fatiguée des échanges a sens unique.
Je ne poste pas dans cette optique la, j'ai poste en voyant que d'autre l'avaient fait car ca me donnait le sentiment de faire partie d'un groupe. On reviendra sur la légitimité de ce sentiment plus tard...
Je crois que je préfère encore qqn qui me dise que mon texte est dégueulasse ou qu'il n'aime pas : au moins il s'y est intéressé. Et contrairement a ce que peuvent peut-être laisser croire les apparences, je ne me vexe pas si une personne n'aime pas. Au mieux, elle a raison, au pire, elle a des goûts différents. Ca me permet juste de progresser. Comme par ex ce qui a été suggéré par Abderian. Il est tout a fait normal que mon texte ait besoin d'être retravaille.
Et oui, j'aime mes écrits. Non, je ne les relis pas, ou peu. Ne me demande pas pourquoi, je ne sais pas pourquoi. Une fois que c'est sorti, c'est comme si ça avait besoin d'appartenir au passe. Bref, je pense que ce texte était juste un petit bout de moi.
Si tu veux, c'était plus dans l'optique : "l'important, c'est de participer" ?
Bon, je pense que depuis 2/3 jours je prends les choses trop a coeur. C'est pas toi, c'est moi le souci.

NabouNaboule 07 mai 2019 à 19:49

Moi c'est la descente aux enfers qui m'a fait vibré le moment où enfin on se sent en vie et que tout part en vrille

Gwenouillele 07 mai 2019 à 19:50

Merci Julien, ton retour m'est important.
Je ne me suis pas appesantie plus sur les details car contrairement aux apparences j'ai du mal a exprimer mes emotions. A l'ecrit c'est plus facile, mais ca me demande du temps et beaucoup de travail pour comprendre ce que je ressens en temps reel. J'aimerais bcp parvenir a mettre des emotions plus intenses, plus precises et plus fines, mais ca m'est tres complique. J'ecris tres lentement et ce projet est un projet qui a la base ne devait pas exister. Qui est parti un peu sur la question "c'est quoi, l'amour ?"
L'idee de ce roman c'etait d'arriver a montrer que l'amour n'a pas de visage et qu'il n'y a pas differents types d'amour, mais juste l'amour. J'ai un peu du mal a expliquer. A la base c'est parti de plusieurs constats : j'en avais marre de lire des livres qui traitaient de la musique sans vraiment rentrer dans le fond du sujet. Ou alors au debut, et puis la trame se ternissait vaire qqch d'humain avec la musique en arriere plan. Ou alors avec la musique en premier plan et une trame toujours semblable, toujours pauvre. Par ailleurs, j'ai vraiment bcp bcp aime le film "call me by your name". Cette histoire d'amour imprevue qui te tombe dessus, eh puis tu fais avec, comme tu peux. L'amour qui ne ressemble pas toujours a l'image qu'on s'en fait. Prendre les choses comme elles viennent, vivre l'instant present.
Je n'ai pas de 4e de couverture. J'ecris ce livre sans trame, meme si je sais ou je vais pour les grands axes. J'ai essaye d'en ecrire une, mais je ne suis pas douee a cet exercice, ca donne ca :

Maxime est un génie. Ou du moins, il le pense. Il joue du piano depuis son plus jeune âge et a même intégré une prestigieuse école dans le but de devenir soliste. Toutefois, un violent désaccord avec son professeur manque de le faire renvoyer. Commence alors une douloureuse phase de remise en question : Maxime compte bien prouver au monde sa valeur ! Cependant, le retour de son frère, violoniste, ne lui rend pas la tache aisée. De plus, ce mystérieux voisin dont il admire secrètement la musique, pourrait bien lui mettre des bâtons dans les roues...

Au debut je voulais en faire une histoire d'amour simple puis ca a tourne a bien plus complique que ca... Mais toujours en restant simple, du moins j'essaie.
Il y a des passages dans la suite ou je reviens beaucoup sur les moments ou il joue.
Je voulais aussi a la base que le livre permettent aux gens d'en apprendre plus reellement sur le milieu, les compositeurs, les habitudes, etc. J'essaie de m'y tenir mais en ecrivant on oublie souvent certains axes, d'ou la necessite d'une reecriture une fois le premier jet termine.
J'ai aussi poste car ca m'encourage a continuer l'ecriture.

@Gargarine : Je suis en train d'ecrire le chap 18, je ne pensais pas que je continuerais aussi loin. Mais c'est mon projet defouloir ^^' En tout cas ca me touche que ca t'ait plu.

Gwenouillele 07 mai 2019 à 19:53

@Nabounabou : Merci, je n'etais pas du tout certaine du rendu car quand on ecrit on lit et relit tellement de fois les phrases qu'on n'a plus de distance et donc qu'on fait de bien mauvais juges pour nos propres oeuvres. On les voit de l'interieur, avec tout ce qu'on aurait voulu y mettre et a quoi on a du renoncer. Avec les phrases qui ne representent pas exactement ce qu'on voulait dire, et les passages tortueux, qui nous ont donne du fil a retordre.
J'ai pris bcp de risques avec ce perso la car il faut dire qu'il est execrables et que les gens preferent des perso positifs. Du coup y'en a qui n'aiment pas du tout la psychologie de Maxime. Moi je le trouve adorable... Mais je crois que je suis la seule ^^'

Gwenouillele 07 mai 2019 à 19:56

@Gargarine Voila pour toi la suite :)

4 - Zen Garden

J'effleure à peine la poignée qu'elle cède à mon contact. Le battant s'ouvre et Claire débarque dans un tourbillon de parfum, de sourire et de bonne humeur.

Claire, ma mère.

- Je suis passée acheter deux trois bricoles au centre commercial. Des huiles essentielles, des bandes chauffantes, des caleçons. Mon chéri, tu es trop tendu, tu sais.

- Maman...

- Les tensions et le piano, ce n'est pas compatible. Je t'ai aussi ramené deux trois trucs à manger. Du bio. De l'avoine, des pommes, du muesli. Je sais que tu n'aimes pas mais tu sais, de nos jours avec toutes ces toxines...

- Maman.

Elle dépose les sacs sur la table et part à la recherche des effluves captés par son radar sensoriel. Elle tourne en rond, hume, repousse les rideaux qui plongent la pièce dans la pénombre et ouvre la fenêtre en inspirant profondément.

- Le fengshui, mon chéri, le fengshui. Vivre heureux c'est vivre en accord avec son chez soi.

Vivre heureux, c'est surtout trouver comment se débarrasser de sa mère. Elle s'accapare l'espace. Envahit les lieux. Me vole mon intimité.

- Au fait, comment s'est passé ton concert ?

- Comme ta séance de shopping à Zen Garden, je suppose...

- Si tu savais, avec Carmen nous sommes tombées sur des plans de Goji directement importés de Chine. Pour l'instant ils ne produisent pas de baies, je dois les rempoter. D'ailleurs, ce serait bien que tu goûtes. Ca t'aiderait, tu sais.

Je déteste quand ma mère commence à parler de moi.

- William rentre fin septembre. Tu crois que tu pourrais aller le chercher à l'aéroport ?

William, le fils prodigue.

- J'ai un voyage de prévu avec Carmen, je ne pourrai pas aller le chercher. Mais William sera ravi de te voir.

En effet, j'imagine déjà la tête qu'il fera.

- Mais comment fais-tu pour manger ces cochonneries ! s'exclame ma mère en découvrant les boites vides de ramen dans la poubelle.

Elle s'affaire, remplit mon frigo de fruits, se débarrasse des pizzas et des paquets de chips. Fourre ses graines dans mes placards. Aère. Soupire en découvrant le tas de linge sale qui jonche le sol de la salle de bain. Lance les lessives, tandis que le son de sa voix me parvient en bruit de fond.

- J'ai lu un article très intéressant dans le journal sur un pianiste. Lang Lang. Tu connais ?

Bien sûr que je connais. Ce gars est inhumain. Une machine. Ses doits bougent si vite qu'il a de quoi décourager n'importe quel pianiste. Techniquement parlant, son jeu est parfait. Mais le fossé qui le sépare du commun des mortels est tel que personne n'ose vraiment se comparer.

- Tu as encore pas mal de boulot avant de pouvoir lui ressembler, fait-elle remarquer. J'ai vu comment il attaque ses gammes. A côté, les tiennes sont brouillon.

Au moins je sais de qui je tiens mon tact...

- William avait pour habitude de travailler les siennes tous les jours. Il faut au moins ça quand on vise son niveau.

William, le fils prodigue.

- Tu sais, il a beaucoup travaillé pour arriver là où il en est. Tu n'as pas idée des sacrifices que ça lui demande.

William, l'être parfait.

- Tu te reposes trop sur tes acquis Maxime. Tu pourrais travailler ta souplesse, ton phrasé, je ne sais pas. Tu n'as pas touché ton piano de la semaine ! Maxime, tu m'entends ?

Ma mère est parfois d'une perspicacité sans commune mesure.

Dans l'appartement d'à côté, le son du piano vibre contre le mur. Des fausses notes, des accords, quelques esquisses de gammes. Claire relève la tête.

- Ton nouveau voisin est musicien ?

- Comme la plupart des gens de cet immeuble...

Elle balaye ses interrogations aussi rapidement qu'elles lui sont venues. Juge qu'il serait préférable, pour ma santé de passer l'aspirateur. S'éterniser en le passant dans chaque recoin. L'aspiration résonne comme un bourdon. Assis dans le canapé, je compte les harmoniques en faisant mine de jouer à mon portable. Elle n'est pas dupe. Elle sait très bien que d'une minute à l'autre, je perdrai patience et qu'elle ne sera plus amenée à remettre un pied dans cet appartement avant de longues semaines.

Elle s'active, rassemble vite fait ses affaires :

- Je suis désolée mon chéri, mais je ne vais pas pouvoir rester. Carmen m'attend.

Prétexte bidon. Elle ne veut juste pas avoir à affronter la tempête qui se prépare. Claire est comme ça. Là quand on n'a pas besoin d'elle, jamais quand il le faut. Elle fuit. Se hâte. Passe la porte en murmurant un bref « byebye ». Son passage aura été aussi furtif qu'une tornade, les dégâts, d'une même proportion.


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5 - Hate

Il fait nuit quand j'émerge du canapé. Le brouillard se dissipe alors que l'aube frappe aux carreaux. Je dois réagir. Je connais Stein. Demain, son visage décomposé aura réintégré son masque. Elle ne me fera aucun cadeau. La trahison l'aura poussée à se débarrasser de moi. C'est toujours comme ça dans ce milieu : on évacue les éléments gênants, ceux qui entachent une réputation, qui ne peuvent plus la servir.

Je suis devenu un boulet. Et bientôt, je dévalerai la montagne comme un cadavre délesté.

Il faut que j'agisse. Que je la prenne de court !

Les premières lueurs décharnées envahissent le ciel lorsque je quitte mon appartement. Je ne suis qu'à cinq minutes de l'academie. Cinq minutes qui en deviennent trois, tant le froid s'immisce en moi. Le vent agite sa baguette. Les feuilles mortes roulent, piètres musiciennes de l'automne.

Les bureaux sont fermés lorsque j'atteins le bâtiment. Mais les salles, elles, ne le sont pas. Des salles où d'autres élèves sacrifient les quelques heures de sommeil qu'il leur manque déjà. C'est le prix à payer quand on veut se perfectionner. Pas de vacances, pas de repos, pas de répit. Pendant qu'on songe à puiser dans ce qu'il nous reste, d'autres répètent, à l'infini, jusqu'à ce que leur corps puisse jouer dans la tombe qu'ils se creusent.

Je patiente, tourne en rond. Me frotte les mains. Ce n'est pas tant l'automne qui me refroidit que la flûte infecte qui crache des aigus miséreux depuis dix bonnes minutes. Elle me tape sur le système. Ecoute-toi jouer, bon sang ! Ecoute-toi... Arrête de te faire du mal... Cesse de martyriser ton instrument ! Je me retiens de débarquer en gueulant dans sa salle, me prends la tête entre les bras. Calme-toi Maxime. Ce pauvre gars n'a rien fait. C'est juste qu'il ne sait pas jouer, c'est tout...

J'essaie de prendre mon mal en patience, mais n'y tenant plus, je me rue dans le couloir du rez-de-chaussée à la recherche d'une salle vide.

Six mètres carrés. Piano pourri.

Je tente de passer outre l'espace exigu et les fausses notes, esquisse quelques passages du Chopin que j'ai entendu la veille. Les murs étouffent le son, la pédale n'offre aucune résistance. Je lutte. Parviens difficilement à entrer dans l'oeuvre. Comment attaquait-il son histoire, déjà ? Posé, soutenu, soutenu... Non, ce n'est pas ça. Posé, posé, phrasé, comme la rosée du matin... Pourquoi le fa ne répond-il pas ? Je dois passer à côté de quelque chose. Je réessaie, encore et encore. Mon phrasé est chaotique. Mes doigts hésitent. Pourtant je connais ces notes. Je connais cette partition. Alors pourquoi est-ce que ça ne marche pas ? Je persévère, m'énerve sur le clavier, frustré de ne pas y arriver.

Quand on frappe à la porte et que je jette un oeil à mon portable, je réalise que j'ai passé plus d'une heure au clavier.

- De toute façon j'ai fini, m'entends-je répondre au gars qui râle après le non-respect des horaires.

Je sors prestement, pour ne pas dire je me rue dans le couloir et rase le mur jusqu'à l'administration. La porte est ouverte, je demande à parler à la secrétaire, qui ne prend même pas la peine de relever la tête. Pas foutue de montrer une once de respect. De toute façon elle sait bien qu'on sera forcé d'attendre, alors pourquoi faire un effort ?

- C'est pour ?

- Maxime Roy. Je voudrais changer de professeur.

- Ca tombe bien, le professeur Stein vient de passer, vous ne faites plus partie de sa classe.

- Stein... ?

La nouvelle me fait grincer. Je suis pris de court.

- Vous êtes réatribué à la classe du professeur Griffin.

La nouvelle tombe comme un couperet. Pour une descente aux enfers, je viens de toucher le fond. Ils n'ont quand même pas pu me faire ça...

Je tremble presque en m'emparant de la feuille. Mon coeur s'emballe, je la parcours sans voix.

Ils l'ont fait.

Ils m'ont radié au rang de déchet de l'humanité.

Je hurle ! Je hurle intérieurement. De colère. De rage. De haine pure. Après tout mes sacrifices, des heures passées à me taire, à hocher la tête comme un pantin. A jouer l'élève modèle. Je vais les démolir. Les détruire jusqu'au dernier !

Je sors du bureau en claquant la porte, traverse les couloirs, furibond, pour franchir les deux étages qui me séparent du cours de Stein. Je lis dans les regards une compassion dégoulinante. Le poids de la misère qui m'assaille. C'est ce que je suis devenu aux yeux de tous, le dernier des miséreux. Celui que l'on fixe comme un pauvre chien abandonné, entre pitié et nécessité de maintenir une certaine distance.

Je devine Marc au piano bien avant d'ouvrir la porte. Il s'interrompt en plein milieu d'un concerto de Dvorak affreusement bâclé, me dévisage d'un air dédaigneux.

- Tu cherches Stein ?

J'en déduis qu'elle n'est pas là, et ce crétin est bien la dernière personne à qui j'ai envie de parler.

- Alors, ça fait quoi de retrouver la terre ferme ?

Silence.

- Je vois, maman est passée remonter le moral à son fils chéri. La vie est dure quand on n'est plus un génie.

- Fais gaffe Marc, à force de te retourner tu risques de tomber de ton tabouret.

- Moi au moins je n'ai pas le cul entre deux chaises.

Je ferme les yeux, fais demi-tour, respire profondément. Calme-toi Maxime, ce gars est un abruti...

- Ton portable vibre.

Je bous.

Respire.

Serre les dents.

Quitte l'étage en vérifiant mon portable. Cinq appels en absence. Quatorze messages non lus. Je me crispe instantanément. Avec tout ça, j'ai complètement zappé Laura...

« - Le 15 octobre -

De : Laura

A : Maxime

13h27

Ca va ?

15h40

Tu es là ?

19h02

J'essaie de te joindre mais tu ne réponds pas. »

Je parcours les messages à toute vitesse en pressentant le pire.

« - Le 16 octobre -

De : Laura

A : Maxime

14h55

Je n'arrive toujours pas à te joindre, je me fais du souci.

14h56

J'ai appris ce qui s'est passé avec Stein. Je peux passer ?

20h58

Tu sembles ne pas vouloir répondre. Ecoute, je sais combien t'as bossé dur, et si tu présentes des excuses à Stein je suis sûre que demain tout ça sera oublié. »

Malheureusement, avec Stein c'est un point de non retour.

« - Le 17 octobre -

De : Laura

A : Maxime

09h18

Tu es vivant ? Je ne t'ai pas vu à l'Académia aujourd'hui non plus...

10h02

Les planning des auditions du concours sont affichés. Tu n'es pas inscrit, c'est normal ? »

Et merde...

Mon estomac se contracte. Je serre les dents. Ca fait des mois que je prépare ce concours.

« - Le 17 octobre -

De : Laura

A : Maxime

10h10

Maxime, je pense que tu devrais vraiment vraiment leur faire des excuses... »

Hors de question.

« 10h11

Tu es en train de ruiner des années de travail ! Tu comptes réellement attendre qu'une autre opportunité se présente ?

10h15

Tu es dingue...

19h15

Je viens de finir mon cours. Tu es dans le coin ?

19h32

Ecoute, ça fait trois jours que tu ne réponds pas. J'en ai marre. Je n'ai pas envie de me faire sans arrêt du souci pour toi. Je sais que ça ne va pas fort mais tu pourrais au moins donner un signe de vie...»

Ma tête se vide. Je pressens là où tout ça va nous mener.

« - Le 18 octobre -

De : Laura

A : Maxime

08h58

Je pense qu'on devrait en rester là, tous les deux. »

Son dernier message me reste au travers de la gorge. Je le relis. Une fois, deux fois, alors que mon cerveau refuse de l'assimiler. Ma journée vient brusquement de se terminer. Les jambes lourdes, je m'adosse au mur. Me laisse glisser.

Depuis quand suis-je devenu un looser ?


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6 - Faith Melody

Je reste là un long moment, le temps d'accepter. De digérer. Et de trouver au fond de moi le courage qu'il me reste encore. Tout ça, c'est à cause de Stein. De ses belles paroles. De son engouement pour les projecteurs. De ses sourires hypocrites.

L'enfer qu'elle a pavé à mon intention.

Laura a raison. Elle ne peut pas continuer à s'en faire. Ce ne serait pas honnête. Après tout, elle est gentille. Volontaire. Dévouée, même... Ce n'est pas tant son absence qui pèse que de voir disparaitre la dernière personne qui croit en moi.

Au moins, je n'étais pas seul.

Las, je finis par me relever, presque résigné à jouer au bon élève. Je n'ai plus qu'à rejoindre le troisième étage sous les regards inquisiteurs des individus que je croise. Ils ont probablement déjà entendu parler de moi. Certains pensent même me reconnaître et se sentent empreint d'un soudain élan de compassion :

- Hey, Maxime, tu aurais la partoche du carnaval de Saint-Saëns ?

Est-ce qu'il est écrit bibliothèque sur mon front ?

- Déjà prêtée, réponds-je en me fendant d'un énorme sourire.

Après tout, j'en ai rien à faire de ce gars. Je ne le connais même pas. Les gens me tapent sur le système parfois.

Le couloir est parsemé d'étudiants qui revoient leurs partitions adossés au mur. Veille d'audition, comme si cela ne suffisait pas. Dans ces instants, il convient surtout de garder son calme. De ne pas se formaliser. Je me fraye un passage au milieu de l'auditoire, enjambe péniblement les sacs qui trainent au sol et frappe à la porte.

Le son du piano hésite, s'interrompt, reprend. Je frappe à nouveau, puis sans attendre de réponse, pousse le battant. La pénombre du sas me coupe un bref instant du reste du monde.

- Est-ce que je continue ?

La voix feutrée de l'élève me parvient à travers la cloison, alors que la seconde porte s'ouvre sans attendre sur le visage grisonnant du professeur Griffin.

- Monsieur Roy, dit-elle nullement surprise. Je ne vais pas avoir de temps à vous consacrer aujourd'hui, repassez me voir demain.

- J'en ai juste pour deux minutes.

- Ces élèves préparent leur concours d'entrée.

J'insiste, retiens la porte avec ma jambe.

- Est-ce qu'on ne pourrait pas se voir juste trente seconde ? Je n'en ai pas pour longtemps.

- Ecoutez Monsieur Roy, j'entends votre désarroi, mais toutes ces personnes ici présentes n'en ont-elles aussi que pour trente secondes et ma journée n'est pas extensible. Repassez demain à neuf heure et nous aurons alors tout le temps que vous voudrez pour en discuter.

Son ton est sans équivoque. Son regard pale fixe le mien avec discernement : elle ne cèdera pas. Je ressens comme un pincement dans la poitrine, me dégage de l'embrasure de la porte qui se referme lentement, me plongeant à nouveau dans le noir. Je me demande même un instant si je ferais mieux de ne pas me pointer le lendemain...

Pense à Stein.

A Marc.

A William.

Imaginer ce bon à rien de frère dans un orchestre me fait toujours l'effet d'une douche froide. Lui et son violon à vingt mille euros. Lui et son archet qui en vaut le double.

C'est à lui que je pense sur le chemin du retour. Et un peu à Laura, aussi. Sauf qu'elle n'a rien fait de mal. Est-ce que je devrais lui faire des excuses ? Est-ce que William s'excuse, lui, quand il blesse ses copines ? Et Marc ? Non, impossible. Ce gars est un looser dans l'âme. Il faudrait vraiment avoir touché le fond pour vouloir sortir avec ce type.

La flûte folle du premier étage accueille mon retour avec enthousiasme, tout comme le violon qui l'accompagne trois fois par semaine. On dirait que de nouveaux étudiants ont pris possession des lieux. Je repère quelques sons inconnus, de futurs élèves plein d'espoir qui planchent sur leur programme de concours pendant que d'autres profitent du bon temps ; le voisin du dessus a visiblement mal fermé sa porte.

Mal à l'aise, je tourne la clé dans la serrure. Si j'en crois mes oreilles, il a encore changé de copine. Celle-ci est encore moins discrète que la précédente...

Sitôt rentré, je me déleste de mes affaires et mets à chauffer l'eau pour les ramens pendant que mon voisin semble oublier le reste de la copropriété. Des cris, un peu trop délirants pour refléter ses réelles prouesses au lit,m'arrachent un tic nerveux. Mon sourcil se crispe, j'en oublie même l'eau qui boue dans la casserole. Je m'empare du balai et frappe sauvagement le plafond. Si c'est ça, avoir une copine, je préfère encore rester seul.

Bref instant de répits.

Deux secondes. A peine trois, avant que la fille ne reparte dans une envolée lyrique.

C'est la guerre !

J'enrôle Robert ! Je matraque ses touches, le bombarde, passe par toutes les gammes tuent-l'amour imaginables. Recommence, continue. Chante à tue-tête. Après tout, je suis un Dieu. Pourquoi devrais-je me préoccuper des autres ?

Un vacarme assourdissant retentit à l'étage. C'est le début des intempéries. Cris, mais d'une autre teneur cette fois. La copine en question n'est pas enchantée...

J'agrémente alors la dispute d'un Star Wars grandiose. On dirait que la force est avec moi. Ils se chamaillent. Hurlent. Tandis qu'un second piano se joint à ma performance. Le voisin d'à côté ? Il faut croire qu'il a un certain humour. Je me laisse prendre au jeu. Nous incarnons tour à tour la résistance Jedi dont chaque intervention fait l'objet d'une nouvelle variation plus virtuose que la précédente.

Après plusieurs minutes d'un combat déchainé, le plafond trahit enfin la précipitation du départ. Les talons claquent au sol, suivis de la porte. Mon voisin se retrouve seul.

Je respire.

C'est seulement alors, que je réalise que je n'ai pas éteint le feu sous les ramens.

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7 - Professor Griffin

Je passe ma soirée seul avec Robert. Un début de nuit agité, où des passages travaillés la veille s'inscrivent en boucle dans ma tête. Où le Chopin de mon voisin ne me quitte plus. Je me remémore les mesures, les joue et les rejoue. La partition défile en moi comme un mauvais rêve auquel se greffent les visages de Laura et du professeur Griffin. Je rattrape la première, m'excuse, m'époumone. Crier n'efface pas l'ardoise, m'informe la seconde.

Le portable vibre.

Huit heure.

J'émerge au prix d'un incroyable mal de crane. Robert n'a pas bougé. Moi, c'est autre chose. Si j'en juge par l'état du lit, j'ai passé la nuit en zone de tir.

Je peine à sortir de la couette. Tente de ne pas penser à la matinée qui m'attend. Huit heure quinze. Premières gammes, premiers arpèges. Le presque voisin du dessous. J'aime assez le son de sa clarinette. Au moins, lui ne nous casse pas les oreilles.

Détour par la salle de bain où j'essaie de me convaincre que je suis zen. Je récupère difficilement des quelques heures de sommeil que j'ai pu grapiller. Tente d'organiser ce que je vais dire au professeur Griffin. Personne n'est assez stupide pour penser qu'il s'agit d'une erreur, mais si je parviens à la mettre de mon côté, peut-être qu'elle pourra appuyer ma décision si je demande à changer de classe. C'est ça, ça va marcher.

Huit heure vint-cinq. Je rassemble en vitesse mes partitions, la réduction orchestrale sur laquelle j'ai bossé la veille. Je n'ai qu'à présenter des excuses pour hier, ne pas mentionner Stein. Il me manque une page.

Je fouille dans la pile sur le piano. Passe l'appartement au crible. Cherche dans les partitions qui trainent par terre. Rien.

Huit heure trente. Elle n'est pas dans le tas devant la fenêtre. Ni dans le Schubert au pied du lit. Pour Griffin, je peux peut-être juste lui rappeler que je me suis planté à la dernière audition ?

Huit heure trente-cinq. Et mince, mince, mince, je suis en retard !

Je fourre le Schubert et un Chopin que je chope dans le sac. Ramen ? Non, pas de ramen. J'en oublie presque mon portable, enfile mes chaussures en quatrième vitesse. Ma chemise dépasse à moitié de mon pantalon quand je referme mon manteau. En moins de deux, je me retrouve dehors à tourner maladroitement la clé dans la serrure.

Huit heure quarante. La température a brusquement chuté dans la nuit. Une bise des plus glaciales finit de me réveiller. Si je n'avais pas les idées claires, elles le deviennent. Je ne peux pas rester avec Griffin, c'est la mort assurée. Il y a des professeurs, comme ça, qui étouffent votre talent dans l'oeuf. Qui brisent votre carrière à ses prémices. Et je ne veux pas faire partie de ceux qui se réveillent quand il est déjà trop tard.

Il est neuf heure moins dix quand j'arrive devant la salle. Mes mains sont gelées, c'est à peine si je parviens à bouger mes doigts. Je souffle pour les réchauffer. Tourne en rond devant la porte. De l'autre côté du mur, un élève s'excite sur le clavier. Son phrasé est instable. Ses doubles sont irrégulières. Il galère visiblement à tenir le tempo. Je soupire à l'idée de me voir assimilé à ce genre d'élève.

Neuf heure moins huit. Deux autres étudiants viennent d'arriver devant la salle et me jaugent du coin de l'oeil. J'ai déjà aperçu l'un d'eux au détour d'un couloir. Celui avec la sacoche plus grosse qu'une valise. J'ai l'impression de le voir soulever une montagne à chaque fois que je le croise.

Neuf heure moins sept. Je tourne en rond. J'ai beau essayer de me concentrer sur ce que je vais dire, les mots disparaissent sitôt ma phrase formulée.

Neuf heure moins trois. Le son du piano a cessé. L'élève est probablement en train de discuter avec le professeur Griffin.

Moins deux. La porte s'ouvre. Je relève la tête, l'élève sort. C'est mon tour.

Madame Griffin est appuyée contre le piano, le nez dans son agenda quand je pénètre dans la salle. Elle relève la tête pour me faire signe de m'installer au piano. Surpris, je m'exécute.

- Jouez, me somme-t-elle.

- Là, comme ça ?

Je me fige, décontenancé.

- Parce que vous aviez prévu autre chose ?

- Je... non. Une préférence ?

- C'est à vous qu'il faut demander ça.

Je hoche la tête. Très bien. Je réfléchis à peine deux secondes et me lance dans le Schubert que j'ai mémorisé la veille au soir. Impromptu n°1. Do mineur. Je suis calme, soigneux, même si ça ne fait que quelques jours que je l'ai dans les doigts. La mélodie résonne doucement d'abord, comme un écho, puis s'inscrit durablement dans les touches, avant de s'envoler vers la délicatesse des souvenirs. Mes doigts ne sont pas aussi légers que je l'aurais souhaité. La mélodie ne ressort pas assez. Mon voisin aurait probablement abordé ce passage avec plus de souplesse. Mais je reste digne, posé au fond de moi. Ma main gauche s'obstine sur le sol. J'aborde ce passage délicat en relâchant la pédale. Cherche la résonnance qui tarde à venir. Quelque chose ne sonne pas comme je le voudrais. Je suis derrière le temps.

La double porte claque. Je m'interromps. Griffin ne prononce pas le moindre mot.

Dois-je continuer ? Recommencer ? Reprendre où je me suis arrêté ?

Dans le doute, je ravale ma frustration.

- Etes-vous énervé ? me demande-t-elle.

Sa question me prend au dépourvu. Je me fige dans mon accord. Ses yeux bleus soutiennent mon regard :

- Que pensez-vous de votre prestation ?

Mauvaise. Le morceau est trop frais, beaucoup de choses sont à revoir. A commencer par mon phrasé, le poids de ma main gauche, mon interprétation aussi...

Je me demande dans quelle mesure je peux me permettre d'être honnête avec elle. Si je lui dis ce que je pense, me prendra-t-elle au sérieux ? Stein ne m'écoutait jamais, elle.

- A vous de me dire... que pensez-vous de ma prestation ?

Pour la première fois depuis que je suis entré dans la salle, un maigre sourire ponctue son visage.

- C'est une interprétation qui manque encore de maturité, mais qui n'est pas mauvaise pour autant. Bien sûr, il y a des points à travailler, à commencer par votre main gauche qui manque cruellement de dextérité et votre concentration, mais...

- Sans vouloir vous offenser, j'apprécie à sa juste valeur le temps que vous m'accordez, mais je ne pense pas que vous soyez un professeur fait pour moi.

- Et quel professeur est fait pour vous, selon vous ? me demande-t-elle brillamment.

- Je...

Je me rends compte que je n'y ai jamais vraiment réfléchi. Qu'est-ce que j'attends réellement d'un professeur ?

- Un professeur loyal, rétorqué-je, sûr de moi. J'aimerais que vous appuyiez ma demande de changement de classe.

- Je crois que je me dois d'être franche avec vous, Maxime, d'autant plus si nous sommes amenés à devoir travailler ensemble à l'avenir. Si vous vous retrouvez dans cette classe aujourd'hui, ce n'est pas du fait d'une décision qui m'est propre, mais bien parce qu'aucun autre professeur n'a voulu de vous dans la sienne.

NabouNaboule 07 mai 2019 à 19:58

Et du coup Max se sens un peu plus libre après cette aventure ?

NabouNaboule 07 mai 2019 à 19:59

Doux Jésus une tempête..

Julienle 07 mai 2019 à 20:00

@Gwenouille

D'accord, je vois mieux.

"Je voulais aussi a la base que le livre permettent aux gens d'en apprendre plus reellement sur le milieu, les compositeurs, les habitudes, etc."
Justement, tout personnellement : j'aurais aimé beaucoup plus de détails, dès le premier chapitre, "frapper fort" : la poussière qui flotte dans l'air, éclairée par le rayon de lumière du projo du dessus ; les ongles de Maxime, coupés à ras, et l'écorchure du bout de son index droit qui le relance à chaque pression d'une touche, apportant un grain d'imperfection dans cette quête de perfection ; la chemise ouverte de cet homme au premier rang, qui soudain te rappelle ce souvenir d'enfance de ton oncle qui... ; ses pensées sur la peur de l'échec, etc...

Mais ça n'est qu'un caprice de lecteur :))

Gwenouillele 07 mai 2019 à 20:02

@NabouNabou au chapitre 17 il est trop bourre pour le dire...

Gwenouillele 07 mai 2019 à 20:06

@Julien Non, en realite c'est un tres bon conseil ! La seule question que je me pose est : est-ce que je vais reussir a decrire ce niveau de detail sans casser l'ambiance ? Mais c'est vraiment qqch que j'aimerais parvenir a faire, donc je garde toutes ces idees pour la reecriture. De toute facon le chap 1, voir meme 1/2/3, c'est toujours chaotique a ecrire. C'est le moment ou tu commences l'histoire, ou tu poses l'ambiance. Il n'est jamais facile de trouver l'equilibre entre le trop, le pas assez, sans savoir ce qui va arriver ensuite. C'est pour ca que je me suis dit qu'il me fallait d'abord ecrire la fin pour comprendre ce que je voulais au debut. Mais ta piste de reflexion est de loin celle qui me correspond le plus, et je pense gratter dans ce sens a la correction. Du moins essayer ! Apres je me suis dit que peut-etre je devais lire les biographies de Beethov pour avoir les anecdotes croustillantes, mais je t'avoue avoir une flemme monstrueuse >.<

NabouNaboule 07 mai 2019 à 20:07

en parlant d'apéro pleins de bonnes ondes a vous.
voir la vidéo

Gargarinele 07 mai 2019 à 20:15

J'ai lu la première partie. Besoin d'un peu plus de temps pour le reste. J'ai pensé être un instant sous la plume de Orwell dans son 1984. Sérieux. Oppressant.

Gargarinele 07 mai 2019 à 20:24

sinon je voulais partager çà ici... attention séquence émotion. Je les ai montré à mes enfants et à mes parents.

voir la vidéo

et

voir la vidéo


comme çà

Gwenouillele 07 mai 2019 à 20:35

Gargarine, Orwell ? Faut quand meme pas abuser haha XD J'ecris pas aussi bien, lui c'est de la litterature, moi un roman de gare XD

EDIT : Et j'ai vu la video Merci maman aussi XD haha

Julienle 07 mai 2019 à 20:36

@Gargarine
Excuse mais j'essaye de comprendre : sur le fil de ta présentation tu as dit : "je suis un fils de CON" et ça m'a intrigué, et aussi tu as posté une vidéo musicale : "Les P'tits Gars Laids" : "Mon Père". Maintenant c'est papa et maman à nouveau, un lien ? Une tendance ? Une préoccupation ?

If I may ask of course.

Gargarinele 07 mai 2019 à 20:36

La mélodie résonne doucement d'abord, comme un écho, puis s'inscrit durablement dans les touches, avant de s'envoler vers la délicatesse des souvenirs. !!!!

Gargarinele 07 mai 2019 à 20:41

@Gwenouille . pas le style, l'ambiance, les années de conservatoires, les amitiés rivales, la suspicion constante.. Je n'ai pas connu cet angoisse. Je n'ai même pas fais l'armée. Tu vis une partie de ces émotions que tu décris ?

Gargarinele 07 mai 2019 à 20:42

@julien çà te dis qu'on en parle dans le désert ? N'y voit pas un duel surtout !

Julienle 07 mai 2019 à 20:43

@Gargarine
looool d'acc

Gwenouillele 07 mai 2019 à 20:47

@Gargarine on pourrait dire que je m'identifie tres bien a Maxime oui, c'est mon quotidien. Ou ca l'a ete, du moins. Mais niveau sensibilite c'est a peu pres ca. C'est pour ca que quand on me dit que c'est violent, etc... Bah euh... Non ? XD Apres je n'ai pas vecu ce qui lui vit a proprement parler niveau contexte. Mes soeurs ne sont ma comme ca, ma mere non plus. Mais dans la maniere dont il percoit les choses, c'est a peu pres moi je crois XD (ouai je suis consciente que la je ne fais pas un tableau glorieux de ma personne XD)

Gargarinele 07 mai 2019 à 20:54

pfff.... j'ai aimé te lire. J'ai aimé discuter avec toi. C'est cool :)
Sinon à part respirer par le ventre, sans blaguer, je ne vois rien d'autre.

Gwenouillele 07 mai 2019 à 21:02

Je respire deja par le ventre... T.T

Gargarinele 07 mai 2019 à 21:19

😂
Ah si ! Lâcher un Prout de temps en temps ! Pour ré équilibrer la pression.

Gwenouillele 07 mai 2019 à 21:48

Plus tu me dis de me détendre plus ca me stress XD

NabouNaboule 07 mai 2019 à 22:43

dans ce cas énerve toi

Gargarinele 08 mai 2019 à 00:11

The Punk is not dead

Alarickle 02 juin 2019 à 00:46

Bon j'aimeraIs vous faire partager le début d'un roman que j'ecrIs sur la Guyane et l'orpaIllage illégal. Enfin c'est plutôt la toile de fond du roman qui va mêler poésie, philosophie...ect. Dites-moi si ça vous plait? « A l'est, au petit matin, l'horIzon s'enflamma sous les élans du jour, et, sur le ciel, à mesure que la marée de l'aube y gagnait lentement, un camaïeu de bleus se plaignait par degrés cependant que la nuit expirait. Parfois, du flot de lumière une vague venait gifler, ça et là, des nuages en traînes écarlates ou rosées. « Regarde voir comme c'est beau! », fit un gamin à sa soeur, des enfants dans le plus grand bidonville de Saint Laurent du Maroni qui s'émerveillaient de cette féerie de couleurs, bien contents d'être parmi les premiers réveillés, mais, pour certains des femmes et des hommes présents, ce qui semblait un miracle était l'oeuvre du chaos et de forces cosmiques, laquelle, insensiblement, au secret de leur être, bien en-dessous de toute existence sclérosée, résonnait comme un écho de leur vie fluante et diverse, et ressuscitant cette vie même dans son fourmillement premier, suggérait, de façon ou d'autre, une intuition, cette vérité presque inaudible, ce cri lancé par la chair où perce le chant de quelque mystère du monde; qu'à la faveur d'un tel spectacle, ou de bien d'autres signes rencontrés dans la nature ou au commerce des hommes, et de fait en toutes parts où des forces débordantes president à la vie, un être humain soit frappé d'intuitIon, ce dernier se sent alors dilué d'infini, et en conçoit un trouble immense. Le soleil était levé depuis deux heures à peine, mais l'atmosphère ambiante, sous cette latitude, en avait déjà bien essoré le feu. Dans un minuscule espace de terre battue, fermé de quatre méchantes planches, surmonté d'une tôle en fer, et gorge d'une chaleur cruelle, José, assis sur une toile qui lui tenait de hamac, le corps plié en deux et la tête blottie dans ses mains, s'acharnait à délibérer tandis que l'angoisse se cristallisait en lui, lancinante, irradiant jusqu'aux nerfs qui bientôt s'enflammaient. Ils n'allait certes plus y mettre les pieds, qu'il se disait, car à quoi bon demeurer dans un état où tout espoir lui était vain, et où il n'eût pu à nouveau se pénétrer de quiétude jusqu'à s'abîmer dans les rêves; assailli d'une souffrance tenace, Jose leva les yeux sur l'entrée- un vulgaire trou- qui, grossièrement ménagée dans une des planches, s'ouvrait sur les cases voisines, poussa un profond soupir qui fit table rase, et d'un bond gagna l'exterleur. Cahutes bâties à la diable, faites de bric et de broc, ici construites d'un enchevêtrement baroque de planches bigarrées, rebuts de matières plastiques, pièces rapportées de toutes sortes, là élevées sur une base en dur, le paradoxe des unes le disputant à la laideur des autres: ruelles noyées de puanteur, d'une houle de bruits diffus, ruelles engorgées de déchets domestiques, et étranglées de tous côtés par l'excroissance folle des habitations; chiens étiques déambulant qui soudain rabattaient, appelés par l'odeur de quelque nourriture, chats farouches idoines aux fuites échevelées, poules grattant obstinément le sol à la recherche d'insectes ou de graines disséminées - toute une faune qui avait part à la confusion ambiante: le bidonville s'etalait en marge de la ville, y prospérait, tout bruissant de la vie qui grouillait en son flanc........ voilà !!

LibertEchEriele 02 juin 2019 à 01:30

Splendide!

Alarickle 02 juin 2019 à 09:36

Ben je sais pas, d'un côté je sens qu'il y a quelque chose, de l'autre je me sens insatisfait ?

Gwenouillele 22 juin 2019 à 16:49

Sous ses cheveux noirs repoussés par le vent, il ferme les yeux, et c'est le violon dans sa main qui se cale sur son épaule. L'archet qui danse maladroitement. Les cordes qui pleurent. Il n'a probablement pas de larmes pour lui, mais c'est la musique qui, en une longue et lancinante complainte, déverse la tristesse qui le consume.

Petit extrait de cette nuit, écrire à deux heures du mat est en un sens qualitativement plus productif qu'écrire en journée, je crois... ^^

mcardboardle 03 juillet 2019 à 13:03

@Gwenouille, si je puis me permettre. Il me semble que tu aies un style d'écriture qui se rapproche de celui d'un scénariste. C'est certainement du à ta connaissance de la scène. Alors pourquoi ne pas faire jouer tes textes. J'ai bossé quelques années dans le secteur du SV, en tant que technicienne décor. Et dans bcp de compagnies, les oeuvres se co-écrivent. le scénariste ou metteur en scène s'appuie aussi sur les avis des comédiens, ceux des techniciens plateaux, également l'avis d'autres auteurs ou le cadre dans lequel la Cie intervient. Cela permet d'asseoir l'oeuvre écrite en la confrontant au réel, dans la douceur et dans un collectif bienveillant et honnête. Ce que je sais de l'édition, du reste, est que c'est un milieu vraiment très agressif à l'égard des auteurs. il faut être bien armé psychologiquement et tellement sûr de soi... trop même, je pense.

Gwenouillele 04 juillet 2019 à 12:34

@mcardboard D'un scénariste ? On m'a souvent dit que j'avais une écriture très visuelle oui, j'ai du mal à parler des sentiments et à les mettre en mot du fait de mes traits autistiques, mais je les traduis par des attitudes, visiblement... Mais je ne connais que peu la scène :s
J'avoue ne jamais avoir pensé à faire jouer mes textes :o Même si celui-ci est assez intimiste en effet et demanderait presque 2 décors seulement.
Après pour l'édition pas de souci, je suis assez blindée sur certains aspects (le bon côté de certains traits autistiques). Sur ce texte là j'avoue que je m'en fous des retours, même si les gens n'aiment pas, tant pis. C'est plutôt sur l'autre que je suis hypersensible ^^ (celui qui parle de dragons).
Après je ne pense pas avoir ce qu'il faut pour vraiment mettre en scène une pièce :o J'ai bcp de mal à me projeter dans de l'abstrait, à imaginer ce que ça pourrait faire, ça m'est même quasi impossible.

mcardboardle 07 juillet 2019 à 19:22

@Gwenouille, ce que j'essaye de dire c'est que travailler avec d'autres sur une mise en application de ton texte te permettrait peut'être que comprendre mieux où l'écriture te mène, in fine !

Gwenouillele 28 juillet 2019 à 15:25

@mcardboard ah!!! désolée j'avais mal compris :)

Cocoxle 01 août 2019 à 12:29

@Gwenouille, tu me fais penser au film "retour vers le futur", le père du héros écrit un livre de SF dans sa jeunesse, mais...ne le publie jamais (par peur du rejet). Un petit détail modifié dans le passé transforme sa personnalité, il prend confiance et devient un très grand écrivain.

Prends le temps. aies confiance en toi. En tout cas quand on est créative comme toi, on se doit de le partager.
Tous ici avons pris plaisir à te lire....Continues...

Gwenouillele 02 août 2019 à 23:11

@Cocox merci, tes mots me touchent beaucoup... J'ai du mal à être régulière dans mon travail mais je me bats pour essayer de finir quelque chose. J'ai une peur phobique du rejet et là je suis dans une phase où tout simplement je n'y arrive plus et je me trouve nulle. J'attends que ça passe. Merci de ces mots de soutien.


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