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Vos Poèmes préférés
Will.Grahamle 11 février 2019 à 14:51

Bonjour,

En amoureux de la Poésie je voudrai ouvrir ce post..
cause... " All Sad People Like Poetry" ^^
Immense coup de Coeur pour ce poème découvert dans la série Penny Dreadful 😋 😍 😋 😍 😋 😍

voir la vidéo


I Am!
By John Clare

I am--yet what I am none cares or knows;
My friends forsake me like a memory lost:
I am the self-consumer of my woes--
They rise and vanish in oblivious host,
Like shadows in love's frenzied stifled throes
And yet I am, and live--like vapours tossed

Into the nothingness of scorn and noise,
Into the living sea of waking dreams,
Where there is neither sense of life or joys,
But the vast shipwreck of my life's esteems;
Even the dearest that I loved the best
Are strange--nay, rather, stranger than the rest.

I long for scenes where man hath never trod
A place where woman never smiled or wept
There to abide with my Creator, God,
And sleep as I in childhood sweetly slept,
Untroubling and untroubled where I lie
The grass below--above the vaulted sky.

-----------------------------------------------------------

« Je suis, mais ce que je suis nul ne le sait ou s'en souci
Mes amis m'abandonnent comme un souvenir fané par le temps
N'ayant que mes fidèles tourments pour seule compagnie
Ils surgissent et disparaissent visiteurs absents
Tel les affres fantomatiques d'un amour tumultueux inassouvi
Quoi qu'il en soi, je suis et je vis, tel des vapeurs dans le vent

Dans le vaste néant du mépris et du bruit,
Dans l'océan vivant des rêves éveillés
Sans le moindre bonheur et sans la moindre vie,
Seul le grand naufrage de mes vies estimées ;
Et même les êtres que j'aime, les êtres chers,
Me sont devenus étrangers -et je les perds.

Je tends vers un lieu où jamais l'homme n'a pu allé
Un pays où nul femme n'a jamais pleuré ni souri
Je pourrai y vire avec le Dieu qui m'a crée,
Et dormir insouciant comme dans l'enfance j'ai dormi
Ni incommodant ni incommodé je reposerai
Sur un lit d'herbes tendres, sous la voûte du ciel étoilé »

Id41le 11 février 2019 à 15:47

J'aime beaucoup la poésie, surtout "Chanson de sentinelle" (peut-être mon poème préféré) de Jean Cuttat, tous les slams de Grand Corps Malade, un peu de Baudelaire, "Mignonne, allons voir si la rose..." et d'autres.

Id41le 11 février 2019 à 16:02

@Will.Graham
(EGG 😍 😵 😍 😋 😍 ) 😉

Merlinle 11 février 2019 à 17:29

Au risque de me faire massacrer ici, je ne suis pas un fan de poésie en général. Mais il y a quelques (très rares) exceptions. J'apprécie par exemple un bon haïku de temps à autres. Je peux aussi aimer quelques vers de Byron ou Shelley et certaines poésies d'Edgar Poe (The Raven, notamment).

Le poème qui m'a le plus touché est... chinois. Son auteur est un taoïste du VIIIème siècle, Li Po (la traduction est tirée de la biographie de Li Po par Daniel Giraud, "ivre de tao".

"Singes blancs en automne
Dansants, légers comme neige :
Monter d'un bond dans l'arbre,
Et boire dans l'eau la Lune."

Will.Grahamle 11 février 2019 à 20:48

@ld41
Tu peux le poster ton poème, c'est le but :p
EGG ? ou bien je dois me faire cuire un oeuf ? :p

@Merlin Jetons lui tous des cailloux haaaaaaa
Chacun a sa sensibilité qui lui est propre, pas de souci ^^
Tu t'interesse au Taoisme?

Merlinle 11 février 2019 à 20:51

@Will c'est la philosophie dont je suis le plus proche. Quand je suis en présence de gens qui ne peuvent pas se passer d'étiquettes, je me définis parfois spirituellement comme un tao-païen ;)

Id41le 11 février 2019 à 23:12

@Will.Graham
Non, maintenant que t'a posé la question tu comprendra peut-être pourquoi je préfère poster celui-là (et on se moque pas !) :

Id41le 11 février 2019 à 23:12

A GENEVE, LE LARGE
REVE A ELLE GAGNE
LE REEL ENGAGE. VA
ANGE REVELE EGAL !

Ravenle 12 février 2019 à 12:43

@Id41
Ah ! J'en fais aussi des comme ça :

L'été... Cet assommant net,
Constamment est étalé.
Monta est éclatement !
Tôt. Calme. Entassement.
Test select : mon amante ?
Les mecs, osant... Te matent
Stomacalement nette ?
Estomac nettement las,
T'es là ! Contestant même...
T'as mal ? T'es mécontente ?
Est ça ?...Mentalement sot !
Et âmes contestent mal.
Noces mettent matelas,
Mettes (olé !) Cent amants !
Tes matelots menacent,
Manants, omelettes... etc.
Ce mot... lame s'entêtant,
Éclatant mes menottes,
Étale ce montant ! Mets !
Ascèse lente... (notamment),
Escale : totems matent,
Ment. T'as escamoté... Lent ?
Leste ! Menant mascotte...
On atteste calmement :
Mot clé : néant ma tête,
Et saleté constamment...
C'est là ! Nettement maso :
Me cessant totalement ;

Cela est mon testament.

Abderianle 12 février 2019 à 20:22

Tiens allez cela me fait penser à Daniel Marmié, qui force l'admiration (un distique au demeurant connu qui rentre dans le thème initié) :

Jeune, petit, raillé, coeur âgé, coeur usé,
Je ne peux, tiraillé, que rager, que ruser.

Extrait de "De la Reine à la Tour", je crois, mais je ne me souviens plus du reste ^^.

Ravenle 13 février 2019 à 20:31

Une chaîne sur laquelle j'aime bien flâner, où j'ai retrouvé celui-ci ; j'avais rencontré ce Didier Delahais, si manifestement éblouissant qu'à la fête qui suivait une performance collective que j'étais chargé de filmer, je n'avais vu que lui ; il avait aimanté ma caméra avec la puissance d'un néodyme, elle s'écorçait à le suivre, à capter ses expressions... Je l'avais à peine remarqué dans le collectif -intimiste- qui avait précédé : un type discret. Puis, il s'était mis à chanter, accordé parfaitement avec les musiciens qu'il ne connaissait que du jour.

Il est comédien, mais écrit aussi... Sur ce film, il habite en plein hasard d'une forêt de pins, semblable à celle où je vis en ce moment... Hibernent les écureuils et partis les oiseaux. Un désert qui doit être dans les environs ; sûrement vers Lacanau.

Lorsque j'ai vu cette vidéo pour la première fois, je n'en ai pas saisi la poésie, presque agacé de le voir se donner tant de mal pour ne rien dire du tout - et camper une sorte de benêt hésitant - tentant peut-être de rejoindre quelque amicale, dans l'indécision totale du courage quand il manque d'affronter les autres... Puis, je l'ai revue -avec l'esprit de l'escalier, et relue comme une entière métaphore, à la puissance implacable. Je trouve que la poésie gagne beaucoup à être dite, clamée...parce que c'est une opinion sur le monde.

voir la vidéo

Abderianle 26 février 2019 à 22:12

Parce que la poésie doit toujours être vivante :

199. The Society upon the Stanislaus

I RESIDE at Table Mountain, and my name is Truthful James;
I am not up to small deceit or any sinful games;
And I 'll tell in simple language what I know about the row
That broke up our Society upon the Stanislow.

But first I would remark, that it is not a proper plan 5
For any scientific gent to whale his fellowman,
And, if a member don't agree with his peculiar whim,
To lay for that same member for to "put a head" on him.

Now nothing could be finer or more beautiful to see
Than the first six months' proceedings of that same Society, 10
Till Brown of Calaveras brought a lot of fossil bones
That he found within a tunnel near the tenement of Jones.

Then Brown he read a paper, and he reconstructed there,
From those same bones, an animal that was extremely rare;
And Jones then asked the chair for a suspension of the rules, 15
Till he could prove that those same bones was one of his lost mules.

Then Brown he smiled a bitter smile, and said he was at fault,
It seemed he had been trespassing on Jones's family vault;
He was a most sarcastic man, this quiet Mr. Brown,
And on several occasions he had cleaned out the town. 20

Now I hold it is not decent for a scientific gent
To say another is an ass,--at least, to all intent;
Nor should the individual who happens to be meant
Reply by heaving rocks at him, to any great extent.

Then Abner Dean of Angel's raised a point of order, when 25
A chunk of old red sandstone took him in the abdomen,
And he smiled a kind of sickly smile, and curled up on the floor,
And the subsequent proceedings interested him no more.

For, in less time than I write it, every member did engage
In a warfare with the remnants of a palæozoic age; 30
And the way they heaved those fossils in their anger was a sin,
Till the skull of an old mammoth caved the head of Thompson in.

And this is all I have to say of these improper games,
For I live at Table Mountain, and my name is Truthful James;
And I 've told in simple language what I know about the row 35
That broke up our Society upon the Stanislow.

(kudos to https://www.bartleby.com/102/199.html)

Abderianle 26 février 2019 à 22:13

Et puisque j'y suis (je me dispense de supprimer les numéros de lignes, vous m'excuserez) :

Arthur William Edgar O'Shaughnessy. 1844-1881

828. Ode

WE are the music-makers,
And we are the dreamers of dreams,
Wandering by lone sea-breakers,
And sitting by desolate streams;
World-losers and world-forsakers, 5
On whom the pale moon gleams:
Yet we are the movers and shakers
Of the world for ever, it seems.

With wonderful deathless ditties
We build up the world's great cities, 10
And out of a fabulous story
We fashion an empire's glory:
One man with a dream, at pleasure,
Shall go forth and conquer a crown;
And three with a new song's measure 15
Can trample an empire down.

We, in the ages lying
In the buried past of the earth,
Built Nineveh with our sighing,
And Babel itself with our mirth; 20
And o'erthrew them with prophesying
To the old of the new world's worth;
For each age is a dream that is dying,
Or one that is coming to birth.

Will.Grahamle 27 février 2019 à 15:32

Thanks Abdé

William Blake - Who Can Stand
Prologue, intended for a Dramatic Piece of King Edward the Fourth
voir la vidéo


O for a voice like thunder, and a tongue
To drown the throat of war! When the senses
Are shaken, and the soul is driven to madness,
Who can stand? When the souls of the oppressed
Fight in the troubled air that rages, who can stand?
When the whirlwind of fury comes from the
Throne of God, when the frowns of his countenance
Drive the nations together, who can stand?
When Sin claps his broad wings over the battle,
And sails rejoicing in the flood of Death;
When souls are torn to everlasting fire,
And fiends of Hell rejoice upon the slain,
O who can stand? O who hath caused this?
O who can answer at the throne of God?
The Kings and Nobles of the Land have done it!
Hear it not, Heaven, thy Ministers have done it!

Will.Grahamle 27 février 2019 à 15:38

Ce poème qui m'a fait versé plus d'une larme à la rentrée:
voir la vidéo

Do Not Go Gentle Into That Good Night - Dylan Thomas
Lu par Anthony Hopkins..

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rave at close of day;
Rage, rage against the dying of the light.

Though wise men at their end know dark is right,
Because their words had forked no lightning they
Do not go gentle into that good night.

Good men, the last wave by, crying how bright
Their frail deeds might have danced in a green bay,
Rage, rage against the dying of the light.

Wild men who caught and sang the sun in flight,
And learn, too late, they grieved it on its way,
Do not go gentle into that good night.

Grave men, near death, who see with blinding sight
Blind eyes could blaze like meteors and be gay,
Rage, rage against the dying of the light.

And you, my father, there on the sad height,
Curse, bless, me now with your fierce tears, I pray.
Do not go gentle into that good night.
Rage, rage against the dying of the light.
😭

Ravenle 03 mars 2019 à 12:13

C'est ce texte, "Vårt behov av tröst är omättligt.", de Stig Dagerman qui me paraît être le plus haut monument dans ce que je connais de la littérature, où poésie et philosophie se rejoignent. Un long texte/poème qui fait un tout petit livre/essai, à un format et à une cadence parfaits, qui suffisent à dire la condition humaine. Bien sûr, il y a une traduction française très valable, mais c'est trop ringard ici apparement, le français, alors je le poste en bon vieux suédois.



"Jag saknar tro och kan därför aldrig bli någon lycklig människa,ty en lycklig människa skall aldrig behöva frukta att hennes liv är ett meningslöst irrande mot den vissa döden.Jag har varken ärvt en god eller fast punkt på jorden varifrån jag skulle kunna tilldraga mig en guds uppmärksamhet. Jag har heller inte ärvt skeptikerns väl dolda raseri eller ateistens brinnande oskuld. Jag vågar därför inte kasta sten på henne som tror på ting,på vilka jag tvivlar eller på honom som dyrkar ett tvivel,som vore inte även det omgivet av mörker. Den stenen skulle träffa mig själv,ty om en sak är jag fast övertygad:att människans behov av tröst är omättligt.

Jag jagar själv tröst som en jägare ett villebråd. Var jag ser den skymta i skogarna skjuter jag. Ofta träffar jag bara tomma luften,men någon gång faller ett byte till mina fötter. Eftersom jag vet att tröstens beständighet är lika kort som vindens i en trädkrona skyndar jag mig att bemäktiga mig mitt offer.

Vad håller jag då i mina armar?

Eftersom jag är ensam:en älskad kvinna eller en olycklig medvandrare.

Eftersom jag är diktare:en båge av ord,vilkens spänning fyller mig med glädje och förskräckelse.

Eftersom jag är en fånge:en plötslig utsikt mot friheten.

Eftersom jag är hotad av döden:ett varmt levande djur,ett hånfullt klappande hjärta.

Eftersom jag är hotad av havet:ett skär av ståndaktig granit.

Men det finns också tröster som kommer till mig som objudna gäster och fyller mitt rum med gemena viskningar:Jag är din lust - älska alla! Jag är din talang - missbruka den så som dig själv! Jag är din njutningslystnad - endast gourmeter leva! Jag är din ensamhet - förakta människorna! Jag är din dödslängtan - skär!

Balansen är en smal tilja. Jag ser mitt liv hotat av två makter:å ena sidan av måttlöshetens glupska munnar,å andra sidan av den snara bitterhet som är sin egen föda. Men jag vill vägra att välja mellan orgien och askesen,även om priset blir en hud av myror. Det räcker inte för mig att veta,att allt kan ursäktas under hänvisning till lagen om den fria viljan. Det är inte en ursäkt för mitt liv jag söker,utan det som är motsatsen till ursäkt:försoning. Det går slutligen upp för mig,att all tröst som inte räknar med min frihet är bedräglig,är blotta spegelbilden av min förtvivlan. Ty när min förtvivlan säger:misströsta,ty dagen är omgiven av två nätter,ropar den falska trösten:hoppas,ty natten är omgiven av två dagar.

Men människan behöver inte en tröst som är en vits utan en tröst som lyser. Och den som önskar bli en dålig människa,det vill säga en människa som handlar som kunde alla handlingar försvaras,bör åtminstone ha godheten att lägga märke till när hon blir det.

Ingen kan räkna upp alla de fall när tröst är av nöden. Ingen vet när skuggan faller och livet är inget problem som kan lösas genom att man dividerar ljuset med mörkret och dagarna med nätterna,utan en oberäknelig resa mellan platser som inte finns. Jag kan till exempel gå på stranden och plötsligt känna evighetens fruktansvärda utmaning mot min existens i havets ständiga rörelser och vindens ständiga flykt. Vad blir då tiden annat än en tröst för att intet mänskligt kan äga bestånd - och vilken usel tröst som endast gör schweizare rika!

Jag kan sitta framför en brasa i det tryggaste av alla rum och plötsligt erfara,hur döden omger mig. Den finns i elden,i alla vassa föremål omkring mig,i takets tyngd,den finns i vattnet,i snön,i hettan och i mitt blod.
Vad blir då den mänskliga tryggheten annat än en tröst för att döden står närmast livet - och vilken klen tröst som endast påminner om det den vill få oss att glömma!

Jag kan fylla alla mina vita papper med de skönaste kombinationer av ord som tänds i min hjärna. Eftersom jag längtar efter bekräftelse på att mitt liv inte är meningslöst och att jag inte är ensam på jorden samlar jag orden till en bok och skänker den åt världen. Världen ger mig i gengäld pengar och berömmelse och tystnad. Men vad bryr jag mig om pengar och vad bryr jag mig om att jag bidrar till litteraturens förkovran - jag bryr mig endast om det jag aldrig får:bekräftelse på att mina ord rört vid världens hjärta. Vad blir då min talang annat än en tröst för att jag är ensam - men vilken fruktansvärd tröst som endast får mig att uppleva ensamheten med femdubbel styrka!

Jag kan se friheten förkroppsligas i ett djur som snabbt passerar i en glänta och höra en röst som viskar:lev enkelt och ta vad du vill ha och frukta inte lagarna. Men vad är detta goda råd annat än en tröst för att frihet icke existerar - och vilken obarmhärtig tröst för den som inser att det måste ta miljoner år för en människa att bli en ödla!

Jag kan slutligen upptäcka att denna jord är en massgrav,där kung Salomo,Ofelia och Himmler vilar sida vid sida. Jag kan därav lära mig att den grymme och den olyckliga åtnjuter samma död som den vise och att döden sålunda kan förefalla som en tröst för ett förfelat liv - men vilken gräslig tröst för den som i livet skulle vilja se en tröst för döden!

Jag äger ingen filosofi i vilken jag kan röra mig som fågeln i luften och fisken i vattnet. Allt jag äger är en duell och denna duell utspelas varje stund av mitt liv mellan de falska tröster,som endast ökar vanmakten och får min förtvivlan att djupna,och de sanna tröster,som leder mig mot den tillfälliga befrielsen. Jag borde kanske säga:den sanna tröst ty strängt taget finns för mig bara en sann tröst:den som låter mig veta att jag är en fri människa,en okränkbar individ,en inom mina gränser suverän person.

Men frihet börjar med slaveri och suveränitet med beroende. Det säkraste tecknet på min ofrihet är min fruktan för att leva. Det definitiva tecknet på min frihet är att min fruktan viker och famnar plats för oberoendets jämna glädje. Det låter som om jag behöver beroendet för att slutligen kunna få erfara trösten att jag är en fri människa och det är säkert sant. I ljuset av mina handlingar märker jag att hela mitt liv tycks ha till mål att skaffa kvarnstenar till min hals
Det som skulle kunna ge mig frihet ger mig slaveri och kvarnstenar i stället för bröd.

Andra människor har andra herrar. Mig förslavar till exempel min talang till den grad att jag inte längre vågar bruka den av fruktan för att ha mist den. Jag blir vidare en sådan slav under mitt namn,att jag knappt vågar skriva en rad av fruktan för att skada det. Och när depressionen slutligen kommer blir jag en slav också under den. Min högsta strävan blir att hålla den kvar,min största lust att känna att mitt enda värde låg i det jag tror mig ha förlorat:förmågan att pressa skönhet ur min förtvivlan,min olust och mina svagheter. Med bitter fröjd vill jag se mina hus falla i ruiner och mig själv insnöad i glömska. Men depressionen har sju askar och i den sjunde ligger en kniv,ett rakblad,ett gift,ett djupt vatten och ett språng från hög höjd.Jag slutar som slav under alla dessa dödens redskap. De följer mig som hundar eller jag dem som en hund. Och jag tycker mig fatta att självmordet är det enda beviset på människans frihet.

Men från ett håll som jag ännu inte anar nalkas befrielsens under. Det kan ske på stranden och samma evighet som nyss väckte min fruktan bevittnar nu min födelse till frihet. Vari består då detta under? Helt enkelt i den plötsliga upptäckten att ingen,varken makter eller människor har rätt att ställa sådana krav på mig att min lust till liv förtvinar. Ty om den lusten inte finns - vad kan då finnas?

Eftersom jag står vid havet kan jag lära av havet. Ingen har rätt att begära av havet att det skall bära alla båtar eller av vinden att den ständigt skall fylla alla segel. Lika lite har någon rätt att begära av mig att mitt liv skall bli en fångenskap under funktioner. Inte plikten framför allt utan livet!
Jag,liksom varje människa måste ha rätt till ögonblick då jag får ta ett steg åt sidan och känna,att jag inte bara är en del i den massa,som kallas jordens befolkning,utan en självständigt verkande enhet.

Endast i det ögonblicket kan jag stå fri mot alla de fakta om livet som förut vållat min förtvivlan. Jag kan erkänna att havet och vinden visserligen kommer att överleva mig och att evigheten är obekymrad om mig. Men vem ber mig att bekymra mig om evigheten? Mitt liv är kort endast om jag placerar det på tidräkningens stupstock. Mina livsmöjligheter är begränsade endast om jag räknar antalet ord eller böcker jag kommer att hinna prestera innan jag dör. Men vem ber mig räkna? Tid är ett falskt mått för liv. Tid är ett i grunden värdlöst mätinstrument,ty det når bara mitt livs utanverk.

Men allt väsentligt som händer mig och ger mitt liv sitt underbara innehåll:mötet med en älskad människa,smekningen på huden,hjälpen i nöden,månskenet i ögonen,segelturen på havet,glädjen åt ett barn,rysningen inför skönheten,utspelas helt och hållet utanför tiden. Ty om jag möter skönheten en sekund eller hundra år är likgiltigt. Saligheten står inte endast vid sidan av tiden,den säger upp livets bekantskap med tiden.

Jag lyfter alltså tidens börda från axlarna och därmed också prestationskravets. Mitt liv är ingenting som skall mätas. Varken bocksprånget eller soluppgången är några prestationer. Ett människoliv är heller ingen prestation utan ett växande in mot fulländningen. Och det fulländade presterar ingenting,det verkar i vila. Det är meningslöst att hävda att havet är till för att bära armador och delfiner. Det är vidare meningslöst att påstå att människan är till för något annat än att leva. Hon matar visserligen maskiner eller skriver böcker men kunde lika gärna göra något annat. Det väsentliga förblir att hon gör vad hon gör under bibehållen frihet och med klart medvetande om att hon,liksom varje annan detalj i skapelsen,är ett självändamål. Hon vilar i sig själv som en sten i sanden.

Även mot dödens makt kan jag stå fri. Jag kan visserligen aldrig bli kvitt tanken att döden följer mina steg och ännu mindre förneka dess faktum. Men jag kan minska dess hot till intet genom att undvika att förankra mitt liv i så tillfälliga fästen som tideräkning och ryktbarhet.

Däremot står det inte i min makt att ständigt förbli vänd mot havet och jämföra dess frihet med min. Den tid kommer när jag måste vända mig om mot land och möta mitt förtrycks organisationer. Vad jag då tvingas erkänna är att människan skapat former åt sitt liv,som åtminstone skenbart är starkare än hon själv. Med all min nyvunna frihet kan jag inte krossa dem,endast sucka över dem. Däremot kan jag se vilka krav på människan som är orimliga och vilka som är oundvikliga. En sorts frihet,ser jag,är för alltid förbi. Det är den frihet som följer med förmånen att äga ett eget element Fisken har sitt,fågeln har sitt,landdjuret har sitt. Människan däremot rör sig med främlingens risker i dem alla. Ännu Thoreau hade skogen i Walden - men var finns nu den skog där människan kan bevisa att det är möjligt att leva ett liv i frihet utanför de stelnade samhällsformerna?

Jag måste svara:ingenstans.

Vill jag leva i frihet måste det tills vidare ske innanför formerna. Världen är alltså starkare än jag. Mot dess makt har jag ingenting annat att sätta än mig själv - men det är å andra sidan allt. Ty så länge jag inte låter mig övermannas är även jag en makt. Och min makt är fruktansvärd så länge jag har mina ords makt att sätta emot världens,ty den som bygger fängelser formulerar sämre än den som bygger frihet. Men min makt blir gränslös den dag jag endast har min tystnad att försvara min okränkbarhet med,ty på den levande tystnaden biter inga yxor.

Sådan är min enda tröst. Jag vet att återfallen i tröstlöshet är många och djupa,men minnet av befrielsens under bar mig som en vinge mot det svindlande målet:en tröst som är förmer än en tröst och större än en filosofi,nämligen ett skäl att leva".

Abderianle 03 mars 2019 à 20:24

Là comme ça il y a beaucoup d'accents ! 🙂
Tu nous en livres un enregistrement audio, histoire qu'on puisse apprécier la prosodie (pour tous les fainéants qui voulaient se mettre au suédois, qui ont commencé le chinois, et qui se sont arrêtés à l'italien) ?

Ravenle 04 mars 2019 à 07:40

La prosodie a certainement beaucoup d'importance dans ce texte comme dans la poésie en général -bien sûr, mais ce sont les tensions et les intensions, les tonalités du sens qui me font retenir la prosodie. Étant limité au français pour ce qui est de la subtilité, je te donne le lien qui m'a fait connaître ce texte ultime, écouté des centaines de fois, même en dormant... Ces 20 minutes passées en boucle -où les gens normaux voyaient le spectre de l'effet Werther -et où j'ai trouvé celui de Papageno...étaient devenues pour moi la seule échelle de mesure du temps qui eût un sens.

voir la vidéo

Lepassantle 30 mars 2019 à 09:18

Ha vous avez parlé de Shelley ? Je suis un hystérique de son poème "Ozymandias", depuis que je l'ai découvert enfant. C'est un sommet de philosophie édifiante dans son genre 🙂

___

I met a traveller from an antique land
Who said: "Two vast and trunkless legs of stone
Stand in the desert. Near them, on the sand,
Half sunk, a shattered visage lies, whose frown,

And wrinkled lip, and sneer of cold command,
Tell that its sculptor well those passions read,
Which yet survive, stamped on these lifeless things,
The hand that mocked them and the heart that fed,

And on the pedestal these words appear:
'My name is Ozymandias, king of kings:
Look on my works, Ye Mighty, and despair!'

Nothing beside remains. Round the decay
Of that colossal wreck, boundless and bare,
The lone and level sands stretch far away."

___

...et le silence se fit ! 😄

Abderianle 02 avril 2019 à 22:42

Tiens, pour remettre du bruit dans le cours de la discussion :


A Supermarket in California

Allen Ginsberg, 1926 - 1997

What thoughts I have of you tonight, Walt Whitman, for I walked down the sidestreets under the trees with a headache self-conscious looking at the full moon.
In my hungry fatigue, and shopping for images, I went into the neon fruit supermarket, dreaming of your enumerations!
What peaches and what penumbras! Whole families shopping at night! Aisles full of husbands! Wives in the avocados, babies in the tomatoes!--and you, García Lorca, what were you doing down by the watermelons?

I saw you, Walt Whitman, childless, lonely old grubber, poking among the meats in the refrigerator and eyeing the grocery boys.
I heard you asking questions of each: Who killed the pork chops? What price bananas? Are you my Angel?
I wandered in and out of the brilliant stacks of cans following you, and followed in my imagination by the store detective.
We strode down the open corridors together in our solitary fancy tasting artichokes, possessing every frozen delicacy, and never passing the cashier.

Where are we going, Walt Whitman? The doors close in a hour. Which way does your beard point tonight?
(I touch your book and dream of our odyssey in the supermarket and feel absurd.)
Will we walk all night through solitary streets? The trees add shade to shade, lights out in the houses, we'll both be lonely.
Will we stroll dreaming of the lost America of love past blue automobiles in driveways, home to our silent cottage?
Ah, dear father, graybeard, lonely old courage-teacher, what America did you have when Charon quit poling his ferry and you got out on a smoking bank and stood watching the boat disappear on the black waters of Lethe?

Gargarinele 10 avril 2019 à 18:16

Quand Pantagruel fut né qui fut bien esbahy et perplex ce fut Gargantua son pere, car voyant d'un cousté sa femme Badebec morte, et de l'aultre son filz Pantagruel né, tant beau et tant grand, ne scavoit que dire ny que faire. Et le doubte qui troubloit son entendement estoit, assavoir s'il devoit plorer pour le dueil de sa femme, ou rire pour la joye de son filz? D'un costé et d'aultre il avoit argumens sophisticques qui le suffocquoyent, car il les faisoit tresbien in modo et figura, mais il ne les povoit souldre. Et par ce moyen demouroit empestre comme la souriz empeigee, ou un Milan prins au lasset. Pleureray je, disoit il? ouy: car pourquoy? Ma tant bonne femme est morte, qui estoit la plus cecy la plus cela qui feust au monde. Jamais je ne la verray, jamais je n'en recouvreray une telle: ce m'est une perte inestimable. O mon dieu, que te avoys je faict pour ainsi me punir? Que ne envoyas tu la mort a moy premier que a elle? car vivre sans elle ne m'est que languir. Ha Badebec, ma mignonne, mamye, mon petit con (toutesfois elle en avoit bien troys arpens et deux sexterees) ma tendrette, ma braguette, ma savate, ma pantofle jamais je ne te verray. Ha pauvre Pantagruel tu as perdu ta bonne mere, ta doulce nourrisse, ta dame tresaymee. Ha faulce mort tant tu me es malivole, tant tu me es oultrageuse de me tollir celle a laquelle immortalite appartenoit de droict.

Et ce disant pleuroit comme une vache, mais tout soubdain rioit comme un veau, quand Pantagruel luy venoit en memoire.Ho mon petit filz (disoit il) mon coillon, mon peton, que tu es joly, et tant je suis tenu a dieu de ce qu'il m'a donne un si beau filz tant joyeux, tant riant, tant joly. Ho, ho, ho, ho, que suis ayse, beuvons ho, laissons toute melancholie, apporte du meilleur, rince les verres, boute la nappe, chasse ces chiens, souffle ce feu, allume la chandelle, ferme ceste porte, taille ces souppes, envoye ces pauvres, baille leur ce qu'ilz deman dent tiens ma robbe, que je me mette en pourpoint pour mieux festoyer les commeres. Ce disant ouyt la letanie et les mementos des prebstres qui portoyent sa femme en terre, dont laissa son bon propos et tout soubdain fut ravy ailleurs, disant, Seigneur dieu fault il que je me contriste encores? cela me fasche, je ne suis plus jeune, je deviens vieulx le temps est dangereux, je pourray prendre quelque fiebvre, me voyla affolé. Foy de gentil homme il vault mieulx pleurer moins et boire d'advantaige. Ma femme est morte, et bien: par dieu (da jurandi) je ne la resusciteray pas par mes pleurs, elle est bien, elle est en paradis pour le moins si mieulx ne est: elle prie dieu pour nous, elle est bien heureuse, elle ne se soucie plus de nos miseres et calamitez, autant nous en pend a l'oeil, dieu gard le demourant, il me fault penser d'en trouver une aultre. Mais voicy que vous ferez, dict il es saiges femmes (ou sont elles bonnes gens, je ne vous peulx veoyr) allez a l'enterrement d'elle, et ce pendent je berceray icy mon filz, car je me sens bien fort altere, et serois en danger de tomber malade, mais beuvez quelque bon traict devant: car vous vous en trouverez bien et m'en croyez sur mon honneur. A quoy obtemperantz allerent a l'enterrement et funerailles, et le pauvre Gargantua demoura a l'hostel. Et ce pendent feist l'epitaphe pour estre engravé en la maniere que s'ensuyt.


Elle en mourut la noble Badebec
Du mal d'enfant, que tant me sembloit nice:
Car elle avoit visaige de rebec,
Corps d'espaignole, et ventre de Souyce
Priez a dieu, qu'a elle soit propice,
Luy perdonnant sans rien oultrepassa:
Cy gist son corps lequel vesquit sans vice,
Et mourut l'an et jour que trespassa.

Gargarinele 28 avril 2019 à 14:10

Je suis allongé dans l'herbe.

Abderianle 02 mai 2019 à 23:28

AH je plussoie mille dix mille dix mille de mille de dix mille fois ton choix @Gargarine.
Rabelais est, de toute façon, indépassable, sauf par Rabelais lui-même, bien entendu. 😍

Julienle 05 mai 2019 à 14:46

Comment pourrais-tu autrement
(Come avresti potuto altrimenti)

J'ai été pouliche
vache papillon
J'ai été une chienne
une vipère une oie
J'ai été toutes les choses paisibles et amples de la terre
le creux du cor qui sonne la guerre
le tunnel obscur où le train ferraille
la caverne nocturne des pirates
J'ai été celle qui doit toujours être là
une certitude carrée
J'ai été tout ce qui pouvait te servir
à prendre l'envol
j'ai été tigre aussi
cime et abîme
sorcière
sacrée et terrible bouche dentée
Comment pourrais-tu autrement
être le chasseur
l'explorateur
le héros aux mille aventures ?
J'ai même été terre et lune
pour que tu puisses y poser
le pied
Et maintenant
la roue s'est arrêtée
je dois faire maintenant une chose
jamais faite par moi comme par personne
une chose aussi pour toi
mais pour moi surtout
pour moi seule
tellement authentique et nouvelle
que même en tremble le visage de la vie.

Bianca Garufi

Merci de votre attention ! :)

Gargarinele 06 mai 2019 à 18:50

Je viens de découvrir ce poème. Je vous le partage.


Il est tombé, il ne pourra plus se relever...
l'arbre assassiné
la cognée a passé.

On ne coupe pas un arbre qui donne des fruits,
il porte encore des fruits : fruits de douceur, de bonté,
des fruits d'inculturation sur une terre étrangère,
un arbre paisible qui fleurissait chaque printemps
et qui donnait ses fruits chaque automne.

Il est mort, répandant toute sa sève sur le sol.

La terre a soif de paix et de réconciliation.

Elles sont cassées les branches qui s'élançaient dans le ciel,
branches fraternelles où s'agrippait une jeunesse en fleur,
cherchant les raisons de vivre.

Arbre planté au coeur de la Casbah,
il poussait inconnu et caché.

Dans sa chute, il a fait beaucoup de bruit,
le bruit du bien qu'il faisait et qui ne s'entendait pas;
le bruit de l'attention donnée à chacun des passants;
bruit de l'arbre qui tombe;
cri de justice, cri d'amour, cri de fraternité.

Depuis longtemps, la profondeur de ses racines
disait la solidité de sa nature.

Des pousses surgiront de cette souche,
promesse de semences à venir.

Aujourd'hui l'arbre a été assassiné;
le mal et le malheur feront trop de bruit.


L'Amour, lui, apprend à se taire,
Le jour vient où l'Amour criera, éclatera.


Demain l'arbre fleurira et la récolte sera belle.



Maurice Goutagny

(en hommage à un homme juste mort en 1994 à Alger)

Julienle 06 mai 2019 à 18:57

@ Gargarine

Puissant !

Gargarinele 06 mai 2019 à 19:02

j'ai pleuré en le lisant. Découvre son histoire, c'est ouf. (les prêtres et soeurs catholiques d'Alger)

Julienle 06 mai 2019 à 19:31

Je vois. Ça me fait penser à cette phrase que j'avais lue dans la biographie d'un chamane d'Amérique du Nord : un indien peut mourir pour son cheval. Là j'ai arrêté de lire, et j'ai pleuré.

Gargarinele 07 mai 2019 à 08:31

Jo me vull recordar
(Musicat i interpretat per Joan Llorenç Solé)

Jo me vull recordar
La veu del mestre greu, quan llegia el dictat,
La por que jo tenia de ser qüestionat,
L'olor de tinta sobre els fulls del meu quadern,
El cruiximent del guix a la pissarra eterna.

Jo me vull recordar
Els jocs llunyans dels nins del barri Sant Mateu,
L'aigua fresca fugint pels carrers blancs de neu,
La sardana enlairada al peu del Castellet,
L'ull atrevit de la cosina del Vernet.

Jo me vull recordar
El pas del regidor, pres del divendres sant,
La gent arreplegada en un ramat molt dens,
Els planys plens de fervor, pujant dels penitents,
El toc de la campana a sota el cel rogenc.

Jo me vull recordat
Tardes de pesca amb el padrí vora la Tet,
Ma mare bressolant tots els somnis que he fet,
Els companys que he tingut, germans de sang i d'or,
Els encontres que han fet bategar el meu cor.

Jo me vull recordar
Els estels aclarint una nit de juliol,
Tu i jo adormits a sota d'un llençol,
El vent marí fent remugar el teu cabell,
El meu coll desnuat, ferit d'un bes vermell.

Jo me vull recordar
La lluita de l'obrer, la feina de l'abella,
El riure de l'infant i l'esper de la vella...
Tot el poc que la vida m'ha volgut donar,
Avui, ara i aquí, jo els vull recordar.

Joan Iglesis

Je veux me souvenir

Je veux me souvenir
De la voix du maître, des plus austères lorsqu'il lisait la dictée,
De la peur qui me hantait d'être interrogé,
De l'odeur de l'encre sur les pages de mon cahier,
Du crissement de la craie sur le tableau noir, éternel.

Je veux me souvenir
Des jeux lointains des enfants du quartier Saint-Mathieu,
De l'eau fraîche fuyant par les rues, blanches de neige,
De la sardane, enlevée au pied du Castillet,
De l'oeil enhardi de la cousine du Vernet.

Je veux me souvenir
De la marche du « Regidor », captif du Vendredi Saint,
De la foule, massée en un troupeau bien dense,
Des plaintes, pleines de ferveur, montant des pénitents,
Du son de la cloche, tintant sous le ciel rougeoyant.

Je veux me souvenir
D'après-midis de pêche passées avec mon grand-père sur les bords de la Têt,
De ma mère berçant les rêves que j'ai faits,
Des amis que j'ai eus, frères de sang et d'or,
Des rencontres qui ont fait battre mon coeur.

Je veux me souvenir
Des étoiles éclairant une nuit de juillet,
De toi et moi, endormis dessous un drap,
Du vent marin qui faisait frémir tes cheveux,
De mon cou dénudé, blessé d'un baiser rouge.

Je veux me souvenir
De la lutte de l'ouvrier, du travail de l'abeille,
Du rire de l'enfant, de l'espoir de la vieille...
De tout le peu que la vie a voulu me donner,
Aujourd'hui, ici et maintenant, je veux m'en souvenir.

Joan Iglesis

maddyle 11 mai 2019 à 16:29

@ Gargarine merci pour le partage du poème de Maurice Goutagny. Ce poème a le pouvoir d'étaler un voile épais de tristesse et de douleur sur les profondeurs du lecteur. C'est bien car le lecteur peut s'apercevoir que sa propre tristesse ou douleur c'est une goutte au milieu d'un océan.
Dans ma tête ton poème a fait écho (comme un contrepoids) à celui de René-Guy Cadou - Hélène ou le Règne végétal

Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète
Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui
Que chaque noeud du bois renferme davantage
Des cris d'oiseaux que tout le coeur de la forêt
Il suffit qu'une lampe pose son cou de femme
A la tombée du soir contre un angle verni
Pour délivrer soudain mille peuples d'abeilles
Et l'odeur de pain frais des cerisiers fleuris
Car tel est le bonheur de cette solitude
Qu'une caresse toute plate de la main
Redonne à ces grands meubles noirs et taciturnes
La légèreté d'un arbre dans le matin.

TomPhallosle 12 mai 2019 à 00:24

Tel un murmure des temps passés, une pose avant l'inspiration.

TomPhallosle 12 mai 2019 à 23:24

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Un furieux...

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TomPhallosle 13 mai 2019 à 13:34

Un roi chantait en bas, en haut mourait un Dieu. Hugo, La légende des siècles, Booz endormi

selle de cheval, cheval de course, course à pied, pied à terre, terre de feu...

Le néant a produit le vide, le vide a produit le creux, le creux a produit le souffle, le souffle a produit le soufflet et le souffle a produit le soufflé.
Claudel, Le Soulier de satin, 4e journé

En savoir plus sur https://www.laculturegenerale.com/anadiplose-definition-exemples/ | La culture générale

Alarickle 02 juin 2019 à 01:54

La poésie de Nietzsche d'abord: « il faut avoir encore du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse ». Bukowski avec le génie de la foule et l'oiseau bleu. Paul eluard: la mort, l'amour, la vie. Appolinaire : le près est vénéneux mais joli en automne, les vaches y paissant lentement s'empoisonnent, le colchique couleur de cerne et de lilas y fleurit, tes yeux sont comme cette fleur là, violâtres comme leur cerne et comme cet automne, et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne. Verlaine: « que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou? ». « La galopine à pleine main branle la pine du beau gamin »

Julienle 02 juin 2019 à 09:02

La confondante réalité des choses
Est ma découverte de tous les jours.
Chaque chose est ce qu'elle est
Et il est difficile d'expliquer à quiconque à quel point cela me réjouit,
Et à quel point cela me suffit.

Il suffit d'exister pour être complet.

J'ai écrit pas mal de poèmes.
J'en écrirai plus encore, naturellement.
Chacun de mes poèmes dit ça,
Et tous mes poèmes sont différents.
Puisque chaque chose qui existe est une manière de dire ça.

Quelquefois je me mets à regarder une pierre.
Je ne me mets pas à penser si elle sent.
Je ne me fourvoie pas en l'appelant ma soeur.
Mais je l'aime parce qu'elle est une pierre,
Je l'aime parce qu'elle ne ressent rien,
Je l'aime parce qu'elle n'a aucune parenté avec moi.

D'autres fois j'entends passer le vent,
Et je trouve que rien que pour entendre passer le vent, ça vaut la peine d'être né.

Je ne sais pas ce que les autres penseront en lisant ceci ;
Mais je trouve que ce doit être bien puisque je le pense sans effort,
Sans la moindre idée de témoins attentifs à m'écouter penser ;
Puisque je le pense sans penser,
Puisque je le dis comme le disent mes mots.

Une fois on m'appelé poète matérialiste,
Et j'en ai été fort surpris, car j'étais à cent lieux de penser
Qu'on pût m'affubler du moindre nom.
Moi je ne suis même pas poète : je vois.
Si ce que j'écris à quelque valeur, ce n'est pas moi qui l'ai :
La valeur se trouve ici, dans mes vers.
Tout ça est absolument indépendant de ma volonté.

- Alberto Caeiro (Fernando Pessoa)

Alarickle 02 juin 2019 à 10:08

LE GÉNIE DE LA FOULE ( BUKOWSKI). Il y a assez de traîtrise, de haine, de violence,
D'absurdité dans l'être humain moyen
Pour approvisionner à tout moment n'importe quelle armée
Et les plus doués pour le meurtre sont ceux qui prêchent contre
Et les plus doués pour la haine sont ceux qui prêchent l'amour
Et les plus doués pour la guerre - finalement - sont ceux qui prêchent la paix

Méfiez-vous
De l'homme moyen
De la femme moyenne
Méfiez-vous de leur amour

Leur amour est moyen, recherche la médiocrité
Mais il y a du génie dans leur haine
Il y a assez de génie dans leur haine pour vous tuer, pour tuer n'importe qui

Ne voulant pas de la solitude
Ne comprenant pas la solitude
Ils essaient de détruire
Tout
Ce qui diffère
D'eux

Etant incapables
De créer de l'art
Ils ne comprennent pas l'art

Ils ne voient dans leur échec
En tant que créateurs
Qu'un échec
Du monde

Etant incapables d'aimer pleinement
Ils croient votre amour
Incomplet
Du coup, ils vous détestent

Et leur haine est parfaite
Comme un diamant qui brille
Comme un couteau
Comme une montagne
Comme un tigre
Comme la ciguë
Leur plus grand art.

Alarickle 02 juin 2019 à 10:23

Merci maddy pour le poème de Rene Guy Cadou, très beau, tout en légèreté ?

Julienle 02 juin 2019 à 11:48

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Permettez une suggestion de traduction :

Pédalant dans les courants obscurs
Je trouve une copie conforme
Une épure
Du plaisir en moi

Des lys noirs éclos qui tourbillonnent
Gravé, un code secret

En offrande, sa main tendue
Ses cing doigts tordus
Qui forment un symbole*
Un appel, d'un manque à combler

A la surface, la simplicité
Ma plus profonde cicatrice
Voici, une poésie païenne

Signaux codés en morse
Ils pulsent ils me réveillent
De mon hibernation

* dans le sens de symbolon : le symbolon était constitué des deux morceaux d'un objet brisé, de sorte que leur réunion, par un assemblage parfait, constituait une preuve de leur origine commune, et donc, un signe de reconnaissance fiable.

TomPhallosle 06 juin 2019 à 00:17

Amie Nui. Je suis né dans une grotte. Ma mère m'a parlé de mon père, c'était un taureau gigantesque sauvage et furieux, retenant les os, ou les eaux je n'ai pas bien compris. Enfin, il était mort, ou maure, et ma mère avait peur qu'il ne m'arrive la même chose. Dehors, c'est la guerre. La grande guerre noire et froide de Mars, mon oncle, qui me cherche pour m'occire, ou m'eau sire, je n'ai pas bien compris. Ma mère me gave de son lait d'or. Dort.

Mais moi, je me sent déjà fort et je veux goûter l'acidité de ce monde.

Troy heures, trois flammes danse devant mes yeux, fières. Elle me chuchote les grands mystères de la vie, de la gloire et de l'amour. J'ai quitte la caverne et ma petite mère que je ne rêverai jamais. Le désert est devant moi. Aride, stérile. Pourtant un Havre île m'attend. Je le sais et j'avance dans la faim et la solitude.

Sixte heures. Mai la rive sanglante est devant moi. Je dois traverser le terrible pont d'if flamboyant, l'arc gardien des terres sombres. Je n'ose demander son nom et passe en baissant le regard. Son oeil pourpre me dévoile. Il lève sa lance et s'élance sur moi. Je dois vaincre ce géant et revêtir ses armes avant de m'envoler vers mon destin d'écu sir.

Neuves heures.... Les portes juintes de baalbek....

Petit délire :)

Sophiale 27 juin 2019 à 07:55

Tous ceux qui parlent des merveilles
Leurs fables cachent des sanglots
Et les couleurs de leur oreille
Toujours à des plaintes pareilles
Donnent leurs larmes pour de l'eau

Le peintre assis devant sa toile
A-t-il jamais peint ce qu'il voit
Ce qu'il voit son histoire voile
Et ses ténèbres sont étoiles
Comme chanter change la voix

Ses secrets partout qu'il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé

Ma vie au loin mon étrangère
Ce que je fus je l'ai quitté
Et les teintes d'aimer changèrent
Comme roussit dans les fougères
Le songe d'une nuit d'été

Automne automne long automne
Comme le cri du vitrier
De rue en rue et je chantonne
Un air dont lentement s'étonne
Celui qui ne sait plus prier.

Louis Aragon.

Sophiale 28 juin 2019 à 00:51

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle (France)
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
À le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda.

Louis Aragon.

Petitecoople 29 juin 2019 à 00:39

Bonsoir Sophia, j'aime beaucoup la version de "la tordue" de ce poème d'Aragon (la rose et le réséda). J'aime énormément la mise en musique de Léo Ferré des poèmes d'Aragon.

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Sophiale 29 juin 2019 à 08:32

Moi aussi. Ce sont des poètes et des thèmes que j'affectionne particulièrement.


Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté

Paul Eluard
in Poésies et vérités, 1942

voir la vidéo

Sophiale 30 juin 2019 à 15:11

Ride on a cock-horse
To Banbury cross
To see an old woman
Ride on a white horse;
Rings on her fingers,
Bells on her toes,
She shall have music
Wherever she goes.


Chevauche un cheval-coq
Jusqu'au carrefour de Banbury
Pour voir une vieille femme
Chevaucher un cheval blanc ;
Des bagues à ses doigts,
Des cloches à ses orteils,
Elle aura de la musique
Partout où elle ira.

ma mère l'Oye



What horse is this?
It is the horse of Bagri Maro.
What should we say of its legs?
This horse has eight legs.
What should we say of its heads?
This horse has four heads.
Catch the bridle and mount the horse.

Quel est ce cheval ?
C'est le cheval de Bagri Maro.
Que dire de ses jambes ?
Ce cheval a huit jambes.
Que dire de ses têtes ?
Ce cheval a quatre têtes.
Attrape la bride et monte ce cheval.

Verrier Elwin



Gestumblindi :
:Hverir eru þeir tveir,
er tíu hafa fætr,
augu þrjú
ok einn hala?
Heiorekr konungr,
hyggou at gátu.
Heioreks :
:Góo er gáta þín, Gestumblindi,
Þat er þá, er Óoinn ríor Sleipni


Gestumblindi :
Qui sont les deux
qui courent, sur dix pieds,
trois yeux ils ont,
mais une seule queue ?
Allez, réponds maintenant
à cette énigme, Heidrek.
Heidrek :
Ton énigme est bonne, Gestumblindi,
et je l'ai trouvée, c'est Odin qui chevauche Sleipnir.

Saga de Hervor et du roi Heidrekr

Sophiale 01 juillet 2019 à 20:41

L'Etranger

-- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
-- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
-- Tes amis ?
-- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
-- Ta patrie ?
-- J'ignore sous quelle latitude elle est située.
-- La beauté ?
-- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
-- L'or ?
-- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
-- Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
-- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !

Charles Baudelaire

Sophiale 01 juillet 2019 à 20:49

Un sourire

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup,
Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne,
Il ne dure qu'un instant, mais son souvenir est parfois éternel,
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter,
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires,
Il est le signe sensible de l'amitié,
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Donne du courage au plus découragé
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
Et si toutefois, vous rencontrez quelqu'un qui ne sait plus sourire,
soyez généreux donnez-lui le vôtre,
Car nul n'a autant besoin d'un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.

Raoul Follereau.

Sophiale 01 juillet 2019 à 20:54

La muse

Bluet aux regards d'améthyste,
Bluet aux yeux de ciel, dis-nous
Ce qui te fait être si triste ?
- J'ai vu ses yeux, j'en suis jaloux.
Et toi, simple églantine rose,
Payse aux lèvres de carmin,
Pourquoi sembles-tu si morose ?
- Je suis jalouse de son teint.
Toi, beau lys, qu'en dis-tu ? - Que n'ai-je
Le fin velouté, la blancheur,
La fraîcheur d'aurore et de neige
De sa diaphane blondeur !
Je comprends votre jalousie,
Ô fleurs, c'est qu'hier, en ces lieux,
Dans sa robe de fantaisie
La Muse a passé sous vos yeux.

Nérée Beauchemin

Sophiale 03 juillet 2019 à 13:11

La reine Omphale était assise, comme un Dieu,
Sur un trône ; ses lourds cheveux d'or et de feu
Étincelaient ; Hermès, pareil au crépuscule,
Posant sa forte main sur l'épaule d'Hercule,
Se tourna vers la reine avec un air subtil,
Et lui dit : Le marché des Dieux te convient-il ?
- Messager, répondit alors d'une voix grave
La Lydienne, pars, laisse-moi pour esclave
Ce tueur de lions, de sa forêt venu,
Et je l'achèterai pour le prix convenu.
Hermès, gardant toujours sa pose triomphale,
Reçut les trois talents que lui donnait Omphale,
Et, montrant le héros aux muscles de Titan :
Cet homme, lui dit-il, t'appartient pour un an.
Parlant ainsi, le Dieu souriant de Cyllène,
Comme un aigle qui va partir, prit son haleine
Et bondit ; il vola de son pied diligent
Plus haut que l'éther vaste et les astres d'argent ;
Puis au ciel, qu'une pourpre éblouissante arrose,
S'enfuit dans la vapeur en feu du couchant rose.
La Lydienne au front orné de cheveux roux
Abaissa sur Hercule un oeil plein de courroux,
Et lui cria, superbe et de rage enflammée,
En touchant la dépouille auguste de Némée :
Esclave, donne-moi cette peau de lion.
Hercule, sans colère et sans rébellion,
Obéit. La princesse arrangea comme un casque,
Sur sa tête aux cheveux brillants, l'horrible masque
Du lion, puis mêla, plus irritée encor,
La crinière farouche avec ses cheveux d'or,
Et, levant par orgueil sa tête étincelante,
Se fit de la dépouille une robe sanglante.
Esclave, que le sort a courbé sous ma loi,
Reprit-elle en mordant sa lèvre, donne-moi
Tes flèches, ton épée et ton arc, et déchire
Ce carquois. Le héros obéit. Un sourire
Ineffable éclairait, comme un rayon vermeil,
Son front pensif, hâlé par le fauve soleil.
Pourquoi vas-tu, couvert de meurtres et de crimes,
Par les chemins, sous l'oeil jaloux des Dieux sublimes ?
Dit Omphale. Tu fuis dans l'univers sacré,
Toujours ivre de sang et de sang altéré ;
Tu fais des orphelins désolés et des veuves
Dont le sanglot amer se mêle au bruit des fleuves ;
Ton pied impétueux ne marche qu'en heurtant
Des cadavres ; l'horreur te cherche, et l'on entend
Crier derrière toi les bouches des blessures.
Comme un chien dont les dents sont rouges de morsures
Et qui, repu déjà, pour se désaltérer
Cherche encore un lambeau de chair à déchirer,
Tu peuples d'ossements la terre et les rivages,
Et tu n'épargnes même, en tes meurtres sauvages,
Ni les rois au front ceint de laurier, ni les Dieux ;
Mais s'ils ont fui devant ce carnage odieux,
Comme rougir la terre est ton unique joie,
Tu cherches les serpents et les bêtes de proie.
C'est par de tels exploits que tu te signalas ;
Mais la terre en est lasse et le ciel en est las ;
Les fleuves rugissants, dans leurs grottes profondes,
Ne veulent plus rouler du sang avec leurs ondes ;
Tes pas lourds font horreur aux grands bois chevelus,
Et, lasse de te voir, la terre ne veut plus
Cacher au fond du lac pâle ou de la caverne
Ta moisson de corps morts promis au sombre Averne.
Et c'est pourquoi les Dieux, qui seront tes bourreaux,
M'ont fait des bras d'athlète et le coeur d'un héros
Pour vaincre l'oiseleur affreux du lac Stymphale,
Car ils réserveront à la gloire d'Omphale
De dompter un brigand, pourvoyeur des tombeaux
Ouverts, dût-elle avoir comme toi des lambeaux
De chair après ses dents et du sang à la bouche,
Et déchirer le coeur d'un assassin farouche.
- Ô reine, répondit Hercule doucement,
Amazone invincible au coeur de diamant !
Quand tu parais, on croit voir, à ta noble taille,
Un jeune Dieu cruel armé pour la bataille.
Ton regard, que la Grèce a tant de fois vanté,
S'embrase comme un astre au ciel épouvanté,
Et sur ton sein aigu, que la blancheur décore,
Tes cheveux rougissants ont des éclats d'aurore.
Encor tout jeune enfant par le jour ébloui,
J'eus pour maître Eumolpos, et je puis, comme lui,
Célébrer la fierté charmante et le sourire
D'une Déesse blonde, ayant tenu la lyre.
Mais lorsque je parus sous le regard serein
Des cieux, portant cet arc et ce glaive d'airain,
La terre gémissait, nourrice des colosses,
Sous la dent des brigands et des bêtes féroces.
Des bandits, embusqués près de chaque buisson,
Arrêtaient le passant pour en tirer rançon ;
Dans leur démence avide, ils bravaient les tonnerres
De Zeus ; tout leur cédait, et les plus sanguinaires,
Ayant jeté l'effroi dans les murs belliqueux
Des villes, emmenaient les vierges avec eux.
Les Dieux même oubliaient la justice. La peste
Soufflait sinistrement son haleine funeste
Dans les marais par l'eau dormante empoisonnés ;
Mordant les arbres noirs déjà déracinés,
Des monstres surgissaient, hideux, couverts d'écailles,
Renaissant du sang vil versé dans leurs batailles.
De lourds dragons ailés se traînaient sur les eaux
Dans leur bave, jetant le feu par leurs naseaux,
Et flétrissaient les fleurs de leurs souffles infâmes.
Ô guerrière fidèle, est-ce toi qui me blâmes ?
Quand j'avais nettoyé les sourds marais dormants
En détournant le cours d'un fleuve aux diamants
Glacés ; quand les dragons, le long des feuilles sèches,
Se traînaient sur le sol, déchirés par mes flèches,
J'allais porter secours à des vierges, tes soeurs ;
Je tuais les brigands furtifs, les ravisseurs,
Et, près des lacs noyés dans les vapeurs confuses,
J'écrasais de mes mains les artisans de ruses,
Afin de ne plus voir leurs vols insidieux,
Et sans m'inquiéter s'ils étaient rois ni Dieux !
Reine, tu te trompais, tout ce qui souffre m'aime.
Ah ! si j'ai quelquefois combattu pour moi-même
Et pour sacrifier à mon orgueil, du moins
Ce fut contre les Dieux indolents, qui, témoins
De mes travaux, craignaient la terre rajeunie,
Et mettaient pour une heure obstacle à mon génie.
Oui, parfois, las d'errer seul dans leurs durs exils,
Je les ai défiés ; mais comment pouvaient-ils,
Sans craindre avec raison que tout s'anéantisse,
Entraver le héros qui s'appelle Justice ?
Et ne savaient-ils pas que, sur cet astre noir,
Si tout les nomme Loi, je me nomme Devoir ?
Quand, cherchant, pour ma tâche incessamment subie,
Les boeufs de Géryon, j'entrai dans la Libye,
Le dieu Soleil lança sur moi ses traits de feu,
Et moi, de même aussi, je lançai sur le Dieu
Mes flèches, et je vis vaciller à la voûte
Céleste sa lumière, et je repris ma route
Sur l'orageuse mer, dans une barque d'or.
Quand donc ai-je offensé la vertu, mon trésor ?
J'ai combattu la Mort qui voulait prendre Alceste ;
J'ai violé la nuit de l'Hadès, où l'inceste
Gémit, et j'ai marché dans le nid du vautour,
Mais pour rendre Thésée à la clarté du jour !
La femme, dont le front abrite un saint mystère,
Est la divinité visible de la terre.
Elle est comme un parfum dans de riches coffrets ;
Ses cheveux embaumés ressemblent aux forêts ;
Son corps harmonieux a la blancheur insigne
De la neige des monts et de l'aile du cygne :
Habile comme nous à dompter les chevaux,
Elle affronte la guerre auguste, les travaux
Du glaive, et comme nous, depuis qu'elle respire,
Sait éveiller les chants qui dorment dans la lyre.
C'est pour elle, qui prend notre âme sur le seuil
De la vie, et pour voir ses yeux briller d'orgueil,
Que j'allais écrasant les hydres dans la plaine,
Sachant, esprit mêlé d'azur, quelle est sa haine
Contre l'impureté des animaux rampants.
Partout, guidant ses pas sur le front des serpents,
Et cherchant sans repos la clarté poursuivie,
J'ai détesté le meurtre et protégé la vie ;
Et, calme, usant mes mains à déchirer des fers,
Quand je ne trouvais plus, entrant dans les déserts,
Les bandits à détruire et leurs embûches viles,
J'y tuais des lions et j'y laissais des villes !
Et si, toujours le bras armé, toujours vainqueur,
J'ai répandu le sang humain, c'est que mon coeur
Est rempli de courroux contre les impostures,
Et que je ne puis voir souffrir les créatures.
La grande Omphale avait les yeux baignés de pleurs.
Palpitante, le front tout blêmi des pâleurs
De l'amour, comme un ciel balayé par l'orage
S'éclaire, elle sentait les dédains et la rage
Loin de son coeur blessé déjà prendre leur vol
Vers le mystérieux enfer, et sur le sol
Tout brûlé des ardeurs de l'âpre canicule,
Elle s'agenouilla, baisant les pieds d'Hercule.
Elle courbait son front orgueilleux et vaincu,
Et ses lourds cheveux roux couvraient son sein aigu.
Digne race des Dieux ! vengeur, ô fils d'Alcmène,
Dit-elle, j'ai rêvé. Qui donc parlait de haine ?
Je t'ai volé cet arc pris sur le Pélion,
Tes flèches, cette peau sanglante de lion,
Et ce glaive toujours fumant, tes nobles armes.
Vois, je lave à présent tes pieds avec mes larmes.
Ces joyaux, dont les feux embrasent mes habits,
Cette ceinture d'or brillant, où les rubis
Se heurtent quand je marche avec un bruit sonore,
Sont mes armes aussi, que l'univers adore
Et qu'a su conquérir la valeur de mon bras ;
Tu peux me les ôter, ami, quand tu voudras.
Mais, afin que je sois à jamais célébrée
Par les chanteurs épars sous la voûte azurée,
Et que cette quenouille, où seule j'ai filé
La blanche laine en mon asile inviolé,
À jamais parmi les mortels surpasse en gloire
Le foudre ailé du roi Zeus et la lance noire
D'Athènè, qui frémit sur son bras inhumain,
Daigne, oh ! daigne toucher avec ta noble main
Cette quenouille, chaude encor de mon haleine,
Où je filais d'un doigt pensif la blanche laine,
Et songe que ma mère a tenu ce morceau
D'ivoire, en m'endormant dans mon petit berceau !
Hercule souriait, penché ; la chevelure
D'Omphale frissonnait près de sa gorge pure.
La Lydienne, avec la douceur des bourreaux,
Languissante, et levant vers les yeux du héros
Ses yeux de violette où flotte une ombre noire,
Lui posa dans les mains sa quenouille d'ivoire.

Sophiale 14 juillet 2019 à 08:11

Je revois la ferveur des rues de Perpignan,
Images d'une ville qui faisait la fête :
Carnaval et ses chars au printemps renaissant,
Sa Majesté brûlant sur les bords de la Têt,
Sous les rides du temps,
Sous le souffle du vent...

J'entends les cris et les appels des commerçants
Qui transformaient le marché de la République
En un théâtre humain aux héros bien vivants,
Dont je suis devenu à jamais nostalgique,
Sous les rides du temps,
Sous le souffle du vent...

Je ne sais oublier les effluves latents
Des allées bondées de la foire Saint-Martin :
Beignets, pommes d'amour au vermeil séduisant
Dont l'enfant que je reste se repaît sans fin,
Sous les rides du temps,
Sous le souffle du vent...

Je garde au fond de moi le souvenir vibrant
Du Castillet, dessous la porte Notre-Dame,
Quand - las de contempler - mon être catalan
S'éprit de Perpignan, comme on aime une femme,
Sous les rides du temps,
Sous le souffle du vent...

Peres Pinya et Canis Gothis

Sophiale 14 juillet 2019 à 08:24

Je veux aimer le ciel serein, la mer rebelle
Qui nargue l'horizon et se rit de la terre.
Je veux aimer le soleil roi qui étincelle,
Le sable s'écoulant sous la vague éphémère.

Je veux aimer le lamparo dessous la lune,
Dévidant ses filets dans les flots scintillants.
Je veux aimer l'espoir et la bonne fortune
Des pêcheurs au destin emporté par les vents.

Je veux aimer, dans la douceur du soir, l'automne,
Colportant en comportes de bois ses récoltes
Je veux aimer la vigne en son chant monotone
Dire l'âme du vin, ses plaintes, ses révoltes...

Je veux aimer les pins qui peuplent la montagne,
La source qui soudain ressuscite et puis sourd.
Je veux aimer le mas dont l'image s'éloigne
Face à l'isolement humain de chaque jour.

Je veux aimer la neige empreinte de mystère,
Maculée sous les pas d'austères étrangers.
Je veux aimer le feu, régnant dans la chaumière,
Qui consume la vie en des instants légers.

Je veux aimer les rocs qui dominent les cimes,
Qui disent le passé, qui défient l'avenir.
Je veux aimer les mots, les paroles intimes
Des miens, toujours vivants dedans mon souvenir.

Je veux aimer.

Bagayagale 17 juillet 2019 à 02:08

Petit mort pour rire



Va vite, léger peigneur de comètes !

Les herbes au vent seront tes cheveux ;

De ton oeil béant jailliront les feux

Follets, prisonniers dans les pauvres têtes...





Les fleurs de tombeau qu'on nomme Amourettes

Foisonneront plein ton rire terreux...

Et les myosotis, ces fleurs d'oubliettes...





Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes

Pour les croque-morts sont de simples jeux,

Boîtes à violon qui sonnent le creux...

Ils te croiront mort - Les bourgeois sont bêtes -

Va vite, léger peigneur de comètes !



Tristan Corbière

Les Amours jaunes

Glady frères, éditeurs, 1873

Bagayagale 17 juillet 2019 à 02:11

J'aime beaucoup L'Albatros,j'en discutais avec un autre Hp et nous pensions que cela était plus parlant que zèbre.
L'albatros
Charles Baudelaire
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Charles Baudelaire

Sophiale 18 juillet 2019 à 12:37

Clair. Faut le voir décoller ou atterrir ce piaf aussi

voir la vidéo
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Comment s'appelle la méchante dans ce dessin animé déjà ?

Bagayagale 18 juillet 2019 à 13:34

Grosse crise de larmes!
Je ne connaissais pas!
J'adore!
Sacré Aldebert ! Je devrais l'explorer plus:)

Bagayagale 18 juillet 2019 à 13:35

Médusa... Je l'avais oublié ce dessin animé.

Siryackle 18 juillet 2019 à 20:14

C'est vrai qu'Aldebert... super touchant ! :)

Siryackle 18 juillet 2019 à 20:38

ET je n'ai pas d'enfant ! Mais j'ai une âme d'enfant... :)

Bagayagale 18 juillet 2019 à 21:36

Ça ce sent en effet:)

Siryackle 18 juillet 2019 à 21:49

Je sais j'assume. 😜

Bagayagale 18 juillet 2019 à 21:57

Tu as bien raison,serions nous les enfants perdus de Peter Pan:D

phalinele 07 août 2019 à 20:16

Perspectives.

Les trésors d'un futur préparent demain,
Une phrase inonde le coeur et se pare de clarté et d'attente.

C'est un délai en prévision de nouveaux jours
Flamboyants et vivants comme sonne l'espoir.

Même l'inquiétude qui craint la déception,
Sait se taire ce soir.
Le vibrato des belles chansons recouvre
Le paysage de vallées brillantes porteuses de moissons.

La vie est-elle en train de prendre son envol?
Au dessus de mon esprit,
S'attarde un aigle de beauté médiévale,
Je le vis au déjà au fonds d'éternelle forêt,
Et son vol signe la pensée qui suit les plus beaux rêves.

Plus loin une rivière cristalline s'attarde,
Et son flot lave les plaies en un brillant sourire.

Un visage à peine entrevu, une peine oubliée pour l'instant qui prolonge les pas.

Les cuivres accordés en emblème de vie,
Les voix des vibrations
Harmonisées et limpides,
Les doigts comme ceux des fées
Sur le laiton des pavillons qui filtrent les plus beaux sons.

Une pensée encore hésitante s'étire, languissante,
Pour se lever pour revivre enfin!

F.C.

Juliette...le 07 août 2019 à 21:39

C'est beau!

Siryackle 08 août 2019 à 02:38

Bravo !!! :)

Bagayagale 10 août 2019 à 10:52

Verlaine

Billet à Lily


Ma petite compatriote,
M'est avis que veniez ce soir
Frapper à ma porte et me voir.

Ô la scandaleuse ribote
De gros baisers et de petits
Conforme à mes gros appétits ?
Mais les vôtres sont si mièvres ?

Primo, je baiserai vos lèvres,
Toutes, c'est mon cher entremets,
Et les manières que j'y mets,
Comme en tant de choses vécues,
Sont friandes et convaincues !
Vous passerez vos doigts jolis
Dans ma flave barbe d'apôtre,
Et je caresserai la vôtre.
Et sur votre gorge de lys,
Où mes ardeurs mettront des roses,
Je poserai ma bouche en feu.
Mes bras se piqueront au jeu,
Pâmés autour de bonnes choses
De dessous la taille et plus bas.
Puis mes mains, non sans fols combats
Avec vos mains mal courroucées
Flatteront de tendres fessées
Ce beau derrière qu'étreindra,
tout l'effort qui lors bandera
Ma gravité vers votre centre.

À mon tour je frappe. Ô dis : Entre !

MensVitale 19 août 2019 à 02:06

L'albatros
Charles Baudelaire

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Charles Baudelaire

Loisele 07 septembre 2019 à 16:28

Poésie : L'irréparable
Titre : L'irréparable
Poète : Charles Baudelaire (1821-1867)
Recueil : Les fleurs du mal (1857).
_________
Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords,
Qui vit, s'agite et se tortille,
Et se nourrit de nous comme le ver des morts,
Comme du chêne la chenille?
Pouvons-nous étouffer l'implacable Remords?

Dans quel philtre, dans quel vin, dans quelle tisane,
Noierons-nous ce vieil ennemi,
Destructeur et gourmand comme la courtisane,
Patient comme la fourmi?
Dans quel philtre? - dans quel vin? - dans quelle tisane?

Dis-le, belle sorcière, oh ! dis, si tu le sais,
A cet esprit comblé d'angoisse
Et pareil au mourant qu'écrasent les blessés,
Que le sabot du cheval froisse,
Dis-le, belle sorcière, oh! dis, si tu le sais,

A cet agonisant que le loup déjà flaire
Et que surveille le corbeau,
A ce soldat brisé! s'il faut qu'il désespère
D'avoir sa croix et son tombeau;
Ce pauvre agonisant que déjà le loup flaire!

Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir?
Peut-on déchirer des ténèbres
Plus denses que la poix, sans matin et sans soir,
Sans astres, sans éclairs funèbres?
Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir?

L'Espérance qui brille aux carreaux de l'Auberge
Est soufflée, est morte à jamais!
Sans lune et sans rayons, trouver où l'on héberge
Les martyrs d'un chemin mauvais!
Le Diable a tout éteint aux carreaux de l'Auberge!

Adorable sorcière, aimes-tu les damnés?
Dis, connais-tu l'irrémissible?
Connais-tu le Remords, aux traits empoisonnés,
A qui notre coeur sert de cible?
Adorable sorcière, aimes-tu les damnés?

L'Irréparable ronge avec sa dent maudite
Notre âme, piteux monument,
Et souvent il attaque, ainsi que le termite,
Par la base le bâtiment.
L'Irréparable ronge avec sa dent maudite!

- J'ai vu parfois, au fond d'un théâtre banal
Qu'enflammait l'orchestre sonore,
Une fée allumer dans un ciel infernal
Une miraculeuse aurore;
J'ai vu parfois au fond d'un théâtre banal

Un être, qui n'était que lumière, or et gaze,
Terrasser l'énorme Satan;
Mais mon coeur, que jamais ne visite l'extase,
Est un théâtre où l'on attend
Toujours, toujours en vain, l'Être aux ailes de gaze!
_________
Charles Baudelaire.

Hatsale 10 septembre 2019 à 09:31

SI ... Tu seras un Homme, mon fils (autre titre : Si ...)

Rudyard Kipling, a écrit "If ..." (Si ...), en 1910, pour son fils de 12 ans...

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Siryackle 10 septembre 2019 à 10:47

Ah oui ! @Hatsa Je connaissais ce texte de R. Kipling, que je trouve très beau !
Il me fait aussi penser à un texte de K. Gibran sur "vos enfants ne sont pas vos enfants..."
Si quelqu'un connait ?! 😉

Hatsale 10 septembre 2019 à 10:51

Carrément que je connais ce texte de Gibran... Et son oeuvre de manière générale 😉

Hatsale 10 septembre 2019 à 10:53

Tu le postes ou je m'en charge ?

Siryackle 10 septembre 2019 à 10:59

Vas-y @Hatsa. 😉

Hatsale 10 septembre 2019 à 11:23

Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés. L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin. Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie ; car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.

Khalil Gibran (extrait du recueil Le Prophète)

slyxxle 10 septembre 2019 à 11:25

c'est beau!

Berengerele 11 septembre 2019 à 14:37

De l'ancien, Sully Prudhomme

Sonnet.


Quelqu'un m'est apparu très loin dans le passé :
C'était un ouvrier des hautes Pyramides,
Adolescent perdu dans ces foules timides
Qu'écrasait le granit pour Chéops entassé.

Or ses genoux tremblaient ; il pliait, harassé
Sous la pierre, surcroît au poids des cieux torrides ;
L'effort gonflait son front et le creusait de rides ;
Il cria tout à coup comme un arbre cassé.

Ce cri fit frémir l'air, ébranla l'éther sombre,
Monta, puis atteignit les étoiles sans nombre
Où l'astrologue lit les jeux tristes du sort ;

Il monte, il va, cherchant les dieux et la justice,
Et depuis trois mille ans sous l'énorme bâtisse,
Dans sa gloire, Chéops inaltérable dort.

Du récent en chanson : Tim Dup

Un jour on m'a dit, t'es un mec triste, qu'est ce que t'as fait pour mériter ça
T'es plutôt né dans un cocon, loin de la misère et des combats
Aucune espèce d'intention de me justifier
Le bonheur ne se mesure pas qu'aux éclats de rire échangés
Pencher ses névroses sur une feuille grise de papier
N'a pas de saveur ni on ne vit que pour sa propre identité
Le hasard je l'emmerde j'aimerais qu'on puisse le provoquer
Que dès le départ on ait bien tous les mêmes chances d'y arriver
Cet amalgame des tons mineurs qui voudraient signifier "j'me pends"
Me laisse de marbre moi je les aime, je les cajole et je les prends
Un peu de mélancolie heureuse
Comme la douceur de la paresse
Comme une après-midi pluvieuse
Tout le contraire de la tristesse

De l'actuel encore, de mon ami et poète belge, Serge Delaive

Ici les routes se rejoignent
en quatre bras perpendiculaires
tracés rectilignes au milieu de la plaine

Le vent du nord gifle les broussailles
puis les arbres chétifs recroquevillés
contre les haies basses et les genévriers

La lune entière une digue
à l'envers des nuages découpés
en lanières étroites et morfondues

L'homme solitaire s'assied
au centre précis du carrefour
il pose l'oreille contre l'asphalte

Les routes vides
pareilles au froid qui craque
se taisent dans leur langue

Il est loin le temps des vins de lilas
alors que les figures du vent
se masquent dans l'air rigide

Sur ce plateau que l'on appelle ici le pôle
la terre dure ne refroidit pas
et le vent joue une musique sourde

Si tu continuais tout droit songe-t-il
tu t'en irais dans la direction opposée
de celle dont tu proviens et qui n'a pas de sens

Il existe exactement quatre possibilités
dans ce carrefour où l'homme s'est arrêté
et refuse autant de choix

Plus une celle de ne plus avancer
là une flache forme une manière d'auge
et la lune saigne à travers sa chevelure

Nulle vie éternelle pense l'homme
aux poignets écorchés
comme le sang solide s'écoule

Et se mêle à l'eau de la flaque
qui récolte les pluies du ciel
en cet endroit désert nommé

Pôle jonction

Nietzsche bien sûr

Le solitaire
J'ai en horreur de suivre et de mener.
Obéir? Non! Ni non plus- gouverner!
Qui n'est terrible pour lui-même n'inspire de terreur à personne:
Et qui inspire la terreur peut seul mener autrui!
J'ai déjà en horreur de me mener moi-même !
J'aime tels les animaux de la forêt et de la mer,
Me perdre un long moment,
M'accroupir pour rêver dans un labyrinthe délicieux,
Me rappeler enfin à moi-même de loin,
Me - séduire moi-même pour revenir à moi.

Verhaeren certainement :

Vous m'avez dit, tel soir, des paroles si belles
Que sans doute les fleurs, qui se penchaient vers nous,
Soudain nous ont aimés et que l'une d'entre elles,
Pour nous toucher tous deux, tomba sur nos genoux.

Vous me parliez des temps prochains où nos années,
Comme des fruits trop mûrs, se laisseraient cueillir ;
Comment éclaterait le glas des destinées,
Comment on s'aimerait, en se sentant vieillir.

Votre voix m'enlaçait comme une chère étreinte,
Et votre coeur brûlait si tranquillement beau
Qu'en ce moment, j'aurais pu voir s'ouvrir sans crainte
Les tortueux chemins qui vont vers le tombeau.

Et un haïku de Bérengère

Cascade de mots
d'un soir vernal, délivrés
perles de rosée.

Mais j'en aime tant ! Mon préféré peut-être "La mort du loup" d'Alfred de Vigny,
narratif, rhétorique . Argh ! Puissant !

Juliette...le 11 septembre 2019 à 16:14

J'aime tous ces choix 🙂
Merci @Berengere!

Hatsale 11 septembre 2019 à 16:20

Pareil, j'adhère. C'est bon d'être parmi vous. Merci Berengere. Merci à tous.

Siryackle 11 septembre 2019 à 16:39

:)

Berengerele 11 septembre 2019 à 18:00

Ecriture à Liège, ce matin:

Transparence

Matin amer, besoin torturant d'un autre,
Matin chagrin où la solitude transsude les pavés,
Des mines grises, des têtes basses, des plaintes parfois,
ou des aboiements de chiens errants,
Des cris de silence dans le bruit des aveugles,
Et un mendiant à bout de souffle qui s'efface sur le banc,
L'urine formant la seule tache de vie.
Mes talons claquent, un bus passe.
Vitres sales, mines délavées, parfum d'essence caoutchoutée
Pigeons qui se pressent autour d'une poubelle débordante.
Au loin l'endroit où l'on gagne une vieillesse désargentée.
Sourires en coin, odeurs de tabac, pas feutrés dans les escaliers,
Regards qui attendent, arômes caféinés,
Une classe aux murs colorés d'anciennes ombres.
L'autre qui veut, demande, s'insurge, explose, réfléchit puis se tait.
Au tableau, les craies de couleur pour vaincre l'opacité
Sur les bancs des cahiers brouillon, des cahiers souillon
Des feuilles torchons, des classeurs tagués
Et un bic qui égrène son tic.
Matin enseignant qui me saigne
Matin qui donne et ne reçoit rien
Le chagrin s'emporte au-delà de chez soi
Il colle, il s'agglutine, il fait choir
C'est à se retrouver derrière sa fenêtre à regarder
Ceux pour qui je ne suis pas.

Fropople 12 septembre 2019 à 11:04

Très beau ^^, bien que mélancolique :(

Berengerele 12 septembre 2019 à 14:27

Ce n'est qu'une photographie et les sentiments d'un moment ! Il y a parfois des ambiances, des paysages , des odeurs, des bruits, des personnes qui font naître ça comme fugitivement. J'en profite pour prendre mon carnet d'écriture. ??

Berengerele 12 septembre 2019 à 14:28

Rrrrrrr....mes bonhommes sourires se transforment sans cesse en point d'interrogation.

Id41le 12 novembre 2019 à 10:22

La poésie est trop négligée. Je devrais relire certains poèmes anciens. 😜

Id41le 14 novembre 2019 à 17:42

@Loise
C'est le meilleur poète je trouve. ...A égalité d'un Rimbaud.

Chiarale 16 novembre 2019 à 17:16

Merci pour la découverte de Khalil Gibran

Yo146le 18 novembre 2019 à 20:51

J ai plus de souvenirs que si j avais 1000 ans. Quel chef d oeuvre. On s y retrouve.

catile 21 novembre 2019 à 16:39

besoin de me détendre avant de me déconnecter... ou le contraire ?? alors petit exercice de mémoire.... ,

A la mémoire de....



Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
j'irai par la forêt, j'irai par la montagne,
je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe,
un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

( Victor Hugo)



@Berengere: très joli ton poème.

Berengerele 21 novembre 2019 à 17:06

@ Cati, merci ......pour toi :

Passe de l'autre côté du miroir,
Contemple les merveilles du monde
Même si le manteau des peurs t'enveloppe
Envole-toi
Tisse les vents d'été
Défais les noeuds
Évade-toi
Prépare le mélange de tes couleurs
Dans l'espace qui t'est donné
Chuchote
Réinventée...

Des deux vies du papillon
Ce n'est pas celle de la chenille qu'on retient.

HARLEYQUEENle 28 décembre 2019 à 04:19

Je suis un cycle écliptique
autour de cette danseuse exotique,
comme envouté
par son déhanché
sur le rythme effréné
d'une danse endiablée.


Cette femme suave
au visage froid
me rend esclave
de son émoi,
comme possédé
par ces gestes ridicules
qui m'ont transformé
en un homme minuscule.


Pourquoi cette diablesse
peut elle faire naitre
ce désire de fesse
et prendre tout mon être?
Serait-ce moi ou j'en suis dingue
vêtue de si peu de fringue?
Ces yeux clairs et verts
me font languir d'espoir,
transpercent ma chair
comme des lames de rasoir.


Est-ce mon imagination
ou peut-être mes pulsions
qui raidissent mon bâton
et mouille mon pantalon?
Avec une seule danse
j'entre en transe...
sans comprendre ce qui se passe.
que je faiblisse si je trépasse !
Mais pourvu qu'elle m'aime
cette petite bohémienne.


Son regard si perçant
qu'on y voit l'océan.
Qui croirait que son père
eut un jour volé l'univers
pour le lui mettre dans les yeux,
elle qui me met le feu?


Cette dynamique gestuelle
sont comme ces pucelles.
Si attrayantes et attirantes,
comme un diamant brut.
et sa bouche séduisante...
oh ! Les toucher est mon but.
sa peau douce et onctueuse,
torse bombé, poitrine gonflée,
me chante une berceuse
que je demeure ébranlé.



Cette femme qui ravive mon âme,
m'imprègne d'un désire octav e
que le capitaine brûle d'une flamme,
si intense qu'il se montre brav e;
Comme quand le clairon sonne,
que le glas retentisse,
avant que je m'évanouisse
devant cette personne.
Cette inconnue époustouflante,
cette charmeuse rayonnante,
cette danseuse ridicule
qui charme mes testicules.


Mais à l'idée de finir au bûché
pour une seule pécheresse,
je clamerai à la cour enivré
qu'elle n'est qu'une enchanteresse.
Que ce désir charnelle
m'eut donné des ailes,
ne regarde en rien
tous ces suceurs de seins,
ces fumistes acrobates,
les pervers diplomates,
ont commit plus de crimes
que moi avec mes rimes.


Et je refuse de finir en prison,
répudié pour un fantasme dément,
pour de quelconques raisons,
pour un rêve frustrant ;
quand toutes la politique,
leurs fautes pédérastiques
étalées sur place publique,
établissent la voie patriotique
au nom de l'église catholique,
protégé par les ecclésiastiques,
innocentés par le juridique
et la valise diplomatique,
s'en irait au paradis,
sans assumer les conséquences
et par défaut d'innocence,
et ce pour la fin de la vie?

Ah mais je ne suis point d'accord !
leurs sangs n'est point de l'ichor.
et rien en eux n'est en or
pas même leurs morts.
point de justice
sans sacrifice
mais leurs donner satisfaction
reviens à rentrer à la maison
la queue rétrécie et pendante
la facétie d'une tristesse affligeante
pour des manières sans retenues
avec leurs langues fourchues,
eux qui te jettent les responsabilités
pour cacher leurs infidélités
aussi bien de leurs femmes que la leurs
quand on entends tous les pleures
qui s'échappent dans la nuit
pour nous sortir de nos lits
pris la main dans le sac
et finir à cul de sac,
à creuser la terre
une vie à la dure,
à bouffer de la pierre,
ou de la verdure


qu'ils rigolent tous ces pécores
mais je plante juste le décor
pour mettre en évidence
ce manque de bien séance
et à les entendre rire
on se doute qu'ils vont maudire
nos moindres gestes
nous accuser de la peste
ces vermines révolutionnaires
et avec eux les contestataires
ne pourront jamais de mon vivant
être aussi beau que les princes charmants
car sur terre, comme au ciel
dans l'univers, d'ici ou d'ailleurs
jamais les con n'ont eu d'ailes
et sion n'accepte pas les terreurs.

mais il faut être prudent avec les femmes
de la même manière qu'avec les rêves
qu'elle soient danseuses ou pleines de charmes
elles peuvent toutes devenir Êve
nous pouvons tous être Adan
mais il n'appartiens qu'à nous
de l'attendre patiemment
ou de terminer un peu fou
en ayant comme moi
une vision satirique
voir un peu tyrannique
et carrément lubrique
à la pensée philosophique
servie d'un zeste de ludique
une dose de comique
sans la vue optique
pour une danseuse exotique


mais souvenons nous que le temps d'un instant
tous nos prédécesseurs ont un jour osé acclamer
après une attente de plusieurs années
écrire en poésie, roman ou en le chantant
même dans la comédie française
que le ridicule ne tue pas
et que même s'il t'en déplaise
l'expression ne se retiens pas
et que pour rire de tout
faut prendre un peu de hauteur
pour ne pas finir sous les coups,
de la plume d'un auteur,
cette même personne
qualifié de stupide
écris des mots qui résonnent
te lacèrent et te lapident


mais que me pardonne la sorcière
cette diablesse issue de voltaire
elle qui renonça à l'architecture
pour ne pas finir à la préfecture
partie de l'enseignement
arrivé chez nous au milieu des paysans
qui vont lui apprendre la comédie
eux qui n'ont rien fait de leurs vies
tout juste bon à critiquer la maisonnée
ou se retrouve tous les passionnés
amateurs du rire et de la scène
nous font rire malgré nos peines
mériteraient plus de récompenses
et de crouler sous les finances
encouragés par la patrie
pour avoir sauvé nos vies
et à défaut de la votre
je vous annonce qu'elle est des nôtres
car pour moi, l'humour
c'est d'avoir beaucoup d'amour
et le rire donnes des envies
qui un jour m'ont sauvé la vie
alors en hommage à tous ces comédiens,
que leurs parvienne mon messages phéniciens
faite preuve d'un peu de courage
et montrons leurs tous nos carnages

adonnons nous au sentiers interdits
bravons les moeurs, abattons les murs
car dans la vie rien ne dure
sauf que nous sommes tous réunis
pour oublier nos déboires
dansons à l'infinis
sortez les répertoires
et dressons le portrait
d'un monde sans limite
d'une comédie messianique
aux propriétés vertueuses
des chanteuses et des danseuses
lors d'une valse à trois temps
aux jeu de mots poétique
sans réfractaires de l'éthique
car la france est un mélange ethnique
profondément ancrée dans la politique
tant sur le plan historique
que sur le plan humoristique

alors merci à vous

c'est pour rendre hommage à tous les humoristes et les comédiens !! je parle de laura laune là, la belge que j'adore qui m'a inspiré ce poème et j'en ai autre qu'elle m'inspira

HARLEYQUEENle 28 décembre 2019 à 04:20

mais qu'est ce qu'elle a cette gazelle
avec son humour satyrique
à me refiler une pareille trique
aussi naïvement qu'une pucelle?

regardez la avec ces gestes
sa façon de se tenir et son ridicule?
qu'on croirait une veste
qu'on envoie au vestibule

un peu comme mes testicule
qu'elle écraserai sans effort
comme ces funambules
affirmant qu'ils n'ont aucun tord

et puis son humour il faut le dire
est fort plaisant, hilarant et cosmique
comme la femme de ménage qui passe la cire
se retrouvant à quatre patte. fantastique!!

j'ai rarement vu une blonde
qui soit belle et intelligente
sans être immonde
garce, chiante ou méchante

mais c'est assez ironique
d'atteindre l'excellence
qu'il lui faudra de la vigilance
et de l'élégance pour demeurer chic

ou elle tombera dans le vulgaire
sera coincé entre deux pédéraste
attiré par l'odeur alléchant du derrière
y viendront se fourrer dans son astre

alors face à tant de promesse
je souhaite pour ma part
que se ne soit pas qu'une histoire de fesse
et qu'elle reste dans sont art

qu'elle puisse renouveler cet exploit
avec un deuxième spectacle
qu'elle me mette en émoi
et que je parle de ce miracle

parce que malgré tout
de l'humour elle en a beaucoup
et du talent à revendre
ou que j'aille me faire pendre

j'irai volontiers à la mort
si elle se met au niveau des gens
sans dénoncer les tords
à être aussi con et chiant

faut pas oublier que ces enculés
croient qu'ils pourront être riche
sans jamais avoir travaillés
en restant aussi débile qu'une postiche

mais pour être drôle elle l'est
et le don de l'écriture elle l'a
la beauté aussi elle en a
et son esprit n'est pas contrefait

comme un ange venu d'ailleurs
qui déploie ses ailes
descendant du ciel
sans reproches et sans pleures

c'est vrai qu'elle est belle
cette blonde belge absurde
et quand elle fait sa prude
ayayaie voilà une étincelle

elle prends sa source
dans mon pantalon
perce mon caleçon
et tends mes bourses

et sa tire comme sa tends
sont je crois, fait pour s'aimer
car il n'y a qu'un pas à oser
pour faire de l'humour constant

à finir ange ou démon
n'est en soit pas important
le tout est d'accepter que la raison
n'est pas toujours très plaisant

il faut aussi savoir se découvrir
pour ne pas se retenir
apprendre à se lâcher
pour comprendre comment se maîtriser

sans perdre de vue
que dans l'humour
il n'y a pas que de l'amour
ni que des têtues

mais que pour rire de tout
il nous faille prendre du recule
et vous seriez tous fous
de parler que de libellule

et puis la pluie et le beau temps
c'est bon pour les non voyants
mais le secret d'une bonne tranche
ne se trouve pas toujours dans les hanches

le tout est d'abord d'en rire
ensuite il faut l'écrire
et si malgré ça tu n'es pas content
fallait pas dépenser ton argent

et voilà

HARLEYQUEENle 28 décembre 2019 à 04:21

et voici un poème que j'ai écris pour ma moitié :
l'ange de feu de sion




je vais vous conter
et par la présente attester
qu'un jour j'ai rencontré
une fille d'une grande pureté
et à jamais pour l'éternité,
la première que je n'ai jamais aimée
ange de feu, d'une profonde beauté
tel un soleil enflammée
un guide dans ma destiné
d'une tendresse inavouée
d'une chaleur inimaginée
d'une douceur ensoleillé
comme les étoiles de la voie lactée
poussière de diamant inestimé
un trésor à jamais déterré
tel la licorne retrouvé
me plongea dans un passé
chevauchée sauvage et oublié
gardienne d'une mémoire oubliée
quand elle fit de moi son fiancé
amoureux je reçu mon premier baiser
humides, délicat et mouillé
qu'elle vient sur ma bouche tendrement poser
que je me vis soudain condamné
à faire de cette ange ma préférée
celle que je souhaiterai un jour épouser
celle que j'ai tant désiré
à qui je n'ai jamais pu confier
que moi aussi je l'ai aimée
cette lettre que sa famille à bruler
contenait une promesse fermement décidé
résolu à bien la tenir et la confirmer
mais qui au lieu d'un sourire enchanté
mais le flot des larmes à tant coulé
je fus briser, j'ai tant pleurer
survécu avec tant de difficulté
séparé de ma bien aimé
durant toutes ces années
mais à vous je tiens à vous confier
je épouserai, et vous ne me stopperez
vous pouvez mourrir je peux bien crever
mais nous finiront bien par nous marier
si vraiment nous y étions destiné
les enfants maudits du passé
que sa famille n'a jamais accepté
que mon père soit d'une telle méchanceté
lui, qui a si souvent merdé
c'est moi, qu'ils ont condamnés
à défaut de pouvoir le tuer
ou leurs dire le fond de leurs pensées
puisque mon père est décédé
c'est moi qui fut répudier
en psychiatrie je fus envoyé
le lieu ou je fus châtié
ou j'en sortis traumatisé
que je peine encore à m'en relever
mais elle fut celle qui m'a guidé
et dans mon âme brule encore
l'ardente passion d'un trésor
au prix inestimable de l'or
et de l'amour qui règne encore
à jamais dans mon coeur
j'essaierai tes larmes quand tu pleures
et pour toi, rien que pour toi
rien qu'une seule fois écoute moi
toi et moi c'est pour l'éternité
dans la vie, dans la mort à jamais marié
je suis imprégné de toi
fou d'amour de toi
comme un guerrier
qui brandit son épée
prêt à partir en guerre
quand tu fus prisonnière
je te délivrerai autant de fois qu'il le faudra
tu peux bien m'oublier, jamais rien ne changera
je serai toujours là crois moi
je peux bien crever
tu peux bien t'en aller
je reviendrai à chaque fois
dès que le danger se manifestera
te ramener dans mes bras
parce qu'après toutes ces années
ta place à mes côtés
est toujours plus conséquente
pour l'étincelle de la passion ardente
pour lui faire honneur au nom de l'amour
toi et moi se sera pour toujours

HARLEYQUEENle 28 décembre 2019 à 04:23

l'amour
c'est un acheminement intérieur de soi qu'elle s'évertue à prendre jusqu'à la fin de ces jours
une conviction profonde qui la toucher en plein coeur
qui ont réussis à lui faire oublier tous ces pleures
ou peut être qu'elle a acceptée cette souffrance
et qu'en l'acceptant c'est devenu une délivrance
parce qu'au delà des actions il y avait de l'altruisme
loin des critiques et du pessimisme
elle jeta aux oubliettes le négativisme
qu'elle troqua contre de l'optimisme
car en s'adonnant au pardon elle reçu la grâce du divin
et elle su pour le reste de son chemin, que dieu lui tendait la main
qu'il avait toujours été là, présent avec elle à ces côtés ou derrière elle
elle demanda alors pardon, car lorsqu'elle le vit, elle avait des ailes
et envers et contre tout, elle pris son envol pour la cité de Sion
elle devint un ange de lumière, combattant la tristesse avec passion
et partout sur terre, les hommes dirent qu'elle fut sainte
cette petite fille qui avait tout perdu vécu sans aucune plainte
elle pris plaisir à constater qu'il est grand et profond d'aider son prochain
dieu l'avait changer, mais l'homme derrière la misère lui dévoilait un lendemain
elle compris avec raison qu'au delà des apparences il y avait un destin
et qu'au jour de la fête, nombreux seront ceux qui présent au festin
et cette image, cette pensée, lui fit avoir un profond sourire
tant est si bien qu'elle oublia le pire et dans un dernier soupire
elle pria pour l'humanité, remercia le seigneur de lui avoir enseigné
qu'il nous faille aimer notre prochain, pardonner et jamais renoncer au mot aimer
elle voulu faire honneur aux anges, à tous ceux qui loue le seigneur
elle enseigna à tous ceux qu'elle rencontrait qu'il nous fallait jamais avoir peurs
mais toujours garder foi, et la confiance, se montrer digne de la miséricorde
que ne pas en avoir c''est comme accumuler dans un verre trop de liquide, le verre déborde
et que la miséricorde, comme le pardon, c'est un peu vider le contenant du bocal
et que même si c'est dure, même si t'as mal, à la fin, tu pourras monter un cheval
te retrouver dans les champs d'autrefois à galoper cheveux aux vents
et c'est ainsi, sous cette vision que j'ai pleuré pour elle, là haut, je lui ai envoyé son prince charmant
elle qui avait tant fait pour nous, plus que ce que je lui avait demandé ou espérer
alors le seigneur à chercher dans sa grande bonté un moyen de la récompenser
et nous lui avons attribué une place pour ne jamais l'oublier
elle qui montra le chemin du pardon, qui nous a tant aimer

un autre pour ma moitié

Florusle 21 février 2020 à 02:17

Merci à tous pour vos jolis partages...je pensais publier l'Albatros, mais je constate qu'il a touché nombre de petits zèbres...on se demande bien pourquoi?! Lol
Alors permettez moi de vous faire partager celui-ci, de Frida Kahlo, que je trouve tellement... enflammant!
 

"Tu mérites un amour décoiffant, qui te pousse à te lever rapidement le matin, et qui éloigne tous ces démons qui ne te laissent pas dormir.

Tu mérites un amour qui te fasse te sentir en sécurité, capable de décrocher la lune lors qu'il marche à tes côtés, qui pense que tes bras sont parfaits pour sa peau.

 Tu mérites un amour qui veuille danser avec toi, qui trouve le paradis chaque fois qu'il regarde dans tes yeux, qui ne s'ennuie jamais de lire tes expressions.

Tu mérites un amour qui t'écoute quand tu chantes, qui te soutiens lorsque tu es ridicule, qui respecte ta liberté, qui t'accompagne dans ton vol, qui n'a pas peur de tomber.

Tu mérites un amour qui balayerait les mensonges et t'apporterait le rêve, le café et la poésie."

Frida Kahlo

polodle 23 février 2020 à 14:57

Le plus proche


Encore ignorants du monde semble-t-il
et de ses lois, de jeunes oiseaux
malgré tout déjà fatigués
car les ailes ne sont pas un bienfait
un privilège sans chute
me demandent à moi, qui ça moi,
où se trouve la branche la plus proche
pour se poser.
N'importe quoi. Si je savais
où se trouve le Plus Proche
et qu'il existe un comparatif
pour le Proche inexistant,
je courrais l'attraper la première,
tout entier sans partager,
et les oiseaux les priorités la justice
pourraient tous crever
- solidarité, branches cassées.
Ils n'ont qu'à demander, ces oiseaux
à la grande Expérience
pour entendre ce qu'elle m'a dit à moi
lorsque abattue par une fatigue sans ailes
je lui demandais pour me poser où se trouve
l'arbre le plus proche.
N'importe quoi, a ricané
la grande Expérience : si je savais
où se trouve le Plus Proche
je sauterais dessus la première,
pour l'avoir tout entier sans partage,
et toi tu pourrais crever
car l'arbre le plus proche
c'est ta mort et ma vie.

---

Kiki Dimoula, poétesse grecque
1931 - 2020

Gaiale 04 mars 2020 à 11:47

Je sens que toutes les étoiles palpitent en moi.
Le monde jaillit dans ma vie comme une eau courante;
Les fleurs s'épanouiront dans mon être;
Tout le printemps des paysages et des rivières
monte comme un encens dans mon coeur,
et le souffle de toutes choses
chante en mes pensées comme une flûte.

Quand la terre est endormie je viens à ta porte.
Les étoiles sont muettes et j'ai peur de chanter;
J'attends et je veille, jusqu'à ce que ton ombre
passe sur le balcon de la nuit alors je m'en retourne
avec un coeur rempli de toi.
Puis au matin, je chante sur le bord de la route;
les fleurs de la haie me répondent, et l'air matinal écoute.
Les voyageurs s'arrêtent soudain pour me regarder en face :
ils croient que je les ai appelés par leur nom.

Rabindranath Tagore, Poète, Peintre et Humaniste

Juliette...le 04 mars 2020 à 12:03

Merci Gaia! Qu'est-ce que c'est beau!

Gaiale 04 mars 2020 à 14:11

Avec plaisir. Ravie que ces mots te plaisent @Juliette... je n'en doutais guère 😉

Hatsale 05 mars 2020 à 18:18

L'espérance



J'ai ancré l'espérance
Aux racines de la vie


Face aux ténèbres
J'ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits


Des clartés qui persistent
Des flambeaux qui se glissent
Entre ombres et barbaries


Des clartés qui renaissent
Des flambeaux qui se dressent
Sans jamais dépérir


J'enracine l'espérance
Dans le terreau du coeur
J'adopte toute l'espérance
En son esprit frondeur.

Andrée Chedid

Gaiale 06 mars 2020 à 14:27

Souvenez-vous du charme
De son sourire dans le ciel
Avant que rugisse l'alarme
Et que l'histoire se rappelle
Dans le vacarme des armes
À tant pleurer le temps cruel
Il n'y a plus que des larmes
Sur le visage de l'essentiel.

Stéphen Moysan

Heirrynnle 14 mars 2020 à 08:37

C'est très connue mais j'ai une réelle affection pour
Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

fairgladle 27 avril 2020 à 13:04

Voici un style un peu particulier de poésie, de la poésie construite en rythmique de partition musicale, j'aime la poésie, cette découverte à ouvert mes possibles des mots
Jacques Rebotier
voir la vidéo

fairgladle 27 avril 2020 à 13:06

Oups! le titre 😉 Litanie de la vie j'ai rien compris

Hatsale 01 juillet 2020 à 07:11

Je ne sais pas si je l'avais déjà mis... Sinon, ça fait pas de mal de le relire...




Viens t'asseoir près de la mer, ouvre ton coeur,
Sois libre.
Je te parlerai d'une paix intime
Comme celle des profondeurs calmes,
D'une liberté intime
Comme celle de l'espace,
D'un bonheur intime
Comme celui des vagues qui dansent.

Vois, la lune trace un chemin de silence sur la mer sombre,
Ainsi, devant moi, l'intelligence ouvre un sentier lumineux.
La douleur gémissante se cache sous la moquerie d'un sourire,
Le poids d'un amour périssable alourdit le coeur,
La raison est déçue et la pensée s'altère.

Ah viens t'asseoir près de moi, ouvre ton coeur,
Sois libre.
Comme la lumière que la course immuable du soleil ramène.
L'intelligence en toi viendra.
Les lourdes terreurs d'une attente angoissée
S'en iront de toi comme les vagues reculent sous l'assaut des vents;

Tu sauras quelle intelligence donne un amour vrai.
Viens t'asseoir près de moi;
Comme le vent chasse les nuées aveugles,
La pensée claire chassera tes préjugés stupides.

La lune est amoureuse du soleil
Et le rire des étoiles remplit l'espace
Oui, viens t'asseoir près de moi, ouvre ton coeur,
Sois libre

Krishnamurti.

Cameleazebrale 01 juillet 2020 à 11:05

Je ne connaîtrai pas la peur,
Car la peur tue l'esprit.
La peur est la petite mort
qui conduit à l'oblitération totale.
J'affronterai ma peur.
Je lui permettrai de passer
au travers de moi.
Et lorsqu'elle sera passée,
Je tournerai mon oeil intérieur
sur son chemin.
Et là où elle sera passée,
il n'y aura plus rien.
Rien que moi.

Franck Herbert

Un effleurement est un coup
Un son est un bruit
Un malheur est une tragédie
Une joie est une extase
Un ami est un amoureux
Un amoureux est un dieu
Et un échec, c'est la mort.
Pearl Buck

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : » Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,

Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! »

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal


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