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Chamanisme
Verrale 26 avril 2022 à 21:38

Atomic-Circusle 20 juillet 2022 à 12:19  •   83893

Il n'y a rien d'écrit. 🤔

Merlinle 20 juillet 2022 à 13:33  •   83896

Normal, le chamanisme est une tradition orale ;)

Verrale 21 juillet 2022 à 17:30  •   83931

@Merlin 😄 Haha, j'adore !
Le plus drôle dans tout ça c'est que je ne me souviens aboslument pas avoir ouvert ce post. 😅 Visiblement en avril.
Peut-être le fait d'un esprit farceur ? 😋 (facile)
Voilà une très belle chanson lakota que j'aime beaucoup @Atomic-Circus.

voir la vidéo

Merlinle 21 juillet 2022 à 18:31  •   83932

@Verra probablement le reste d'un voyage chamanique. Quel esprit-guide aura inspiré un lien mort ? ;)

Hinenaole 21 juillet 2022 à 20:47  •   83942

Bonsoir tous. 🙂

@Verra
Moi je m'en souviens très bien.
C'est même le tout premier topic que je suis venu lire sur Apie, une fois connecté.
Si tu ne te souviens pas, je peux encore te raconter ce que tu y disais.

Bonne soirée.

Verrale 22 juillet 2022 à 00:24  •   83962

@Merlin les esprits guides sont de grands farceurs. Rares sont ceux qui te donnent les reponses toutes cuites dans le bec, c'est plutôt à toi de decrypter leurs énigmes de sphinx.

C'est leur mode d'action privilégié en fait.

Salut @Heninao, ha oui ça c'est marrant. Avec plaisir, ça doit avoir un sens pour moi. Je suis curieuse.

Verrale 22 juillet 2022 à 01:57  •   83964

@Hinenao pardon.
Sinon, Je pense que tu le sais mais j'ai trouvé ça beau : ton pseudo signifie quelque chose en malgache qui se rapproche de près ou de loin à ''tu entendras''. Pour la petite histoire. ?

Bonne nuit. ?

Hinenaole 22 juillet 2022 à 19:28  •   83993

@Verra
citation :
ha oui ça c'est marrant. Avec plaisir, ça doit avoir un sens pour moi. Je suis curieuse.
Bah, je ne sais pas si cela peut avoir un sens super important (je l'espère ^^), mais dans ton post initial, tu parlais de chamanisme aux sein de communautés out of grid. Je crois, de mémoire, que tu proposais un lien ou un stage aussi en une sorte d'autopromo de ton activité. (le mot autopromo n'est pas joli, désolé de ne trouver mieux à cet instant présent. Mais cela porte comme sens, dans ce que je décris, comme te plaçant vraiment au centre de cette guidance du chamanisme vers/dans des espaces autogérés.)

Peut-être à présent que tu te souviens de ce que tu avais écrit... 😉

citation :
Salut @Heninao

citation :
@Hinenao pardon.
😄

Oui effectivement, avec le "e" à la place du "i", ça marche tout de suite moins bien pour le service des notifications... 😋 Pas grave, t'inquiète, je ne me vexe pas pour ça. Tu n'est pas la seule à avoir été dans l'erreur. Et ça arrivera encore sûrement d'autres fois.

Pour ne pas se tromper, je te donne l'astuce. Tu pense à "vahiné" > (va)hiné-nao, et tu enlèves ensuite le "va". (en fait, on devrait plutôt dire "vahine", un peu comme "Vaïnn" dans un mot très court. Mais dans la culture française, on sait tous dire plus ou moins "vahiné" avec un "é" très accentué, au cause notamment des vieilles pubs de levure chimique, des stéréotypes sur les îles, toussa toussa, quoi...)

citation :
Sinon, Je pense que tu le sais mais j'ai trouvé ça beau : ton pseudo signifie quelque chose en malgache qui se rapproche de près ou de loin à ''tu entendras''. Pour la petite histoire.
Merci pour la version malgache. C'est cool. Je ne connaissais pas. (orthographié pareil? Du moins, à "l'oral"?)

Pour la version marquisienne, celle sur laquelle je me suis basé, ça veut dire principalement "amour", et c'est bien intentionnellement que j'ai choisi ce mot. Pour l'opposé à "haine", volontairement. Sans que cela paraisse, ça fait aussi partie de ma démarche non-violente au long cours.

Hinenao est aussi un prénom de femme et peut également avoir valeur de "ma femme / mon amour/ ma petite épouse." Bref, quelque chose de très respectueux et doux. Sa représentation graphique est une sorte de damier sur seulement deux à trois niveaux (de carrés), même s'il y a d'autres sortes de représentations possibles. (Au delà de trois lignes, normalement, tous damiers passent dans les significations propres aux hommes, tel le hoka, la fameuse marque de bravoure)


Bon, ben voilà.
A plus tard. 😉

Atomic-Circusle 25 juillet 2022 à 13:59  •   84099

@Merlin je me suis fait la même réflexion, je suis toutefois curieuse de ce qu'il s en raconte ici et là.

@Verra merci du partage, je regarderai.

Fil suivi.

Belle journée à tous.

Verrale 27 juillet 2022 à 15:09  •   84181

Ha mais oui, ça devait être une des affiches voyages chamaniques pour partir en quête de son animal totem et de ses messages que j'organise ;

voir la vidéo

Merci @Hinenao.

Verrale 27 juillet 2022 à 16:45  •   84183

@Atomic-Circus n'hésite pas si tu as des questions.
Je répondrais à ce que je peux. ;)

voir la vidéo

Hinenaole 27 juillet 2022 à 22:17  •   84200

@Verra.
De rien, c'était avec plaisir. 😉

Verrale 03 août 2022 à 11:07  •   84445


CAIRN.INFO : Matières à réflexion

Le voyage chamanique au tambour
Des traditions mongoles aux the?rapies du troisie?me mille?naire

Laetitia Merli

Dans Multitudes 2019/4 (n° 77), pages 169 à 176

Article
Dans le chamanisme occidental, riche de multiples cosmologies syncrétiques, hybrides et multiculturelles, l'apprenti se construit son propre monde par une succession d'interprétations de ses expériences cognitives, perceptuelles et somatiques qui le fabriquent en tant que « chaman ». Les stages, initiations et diverses expériences tendent à la fabrication de ce corps chamanique, pour soi et au regard des autres, capable de se mettre en contact et d'interagir, dans une relation volontaire et maîtrisée avec l'invisible, mondes-autres vécus comme extérieurs ou intérieurs à soi, parallèles, subtils ou faisant partie d'une intériorité élargie.

Le voyage au tambour est caractéristique d'un chamanisme nord-asiatique (Sibérie-Mongolie) que l'on nomme « chamanisme à tambour » en opposition à un « chamanisme à psychotropes », utilisant des plantes pour ouvrir les perceptions (ayahuasca, peyotl, iboga...). Le voyage est en principe celui du chamane qui, chevauchant son tambour comme une monture, va dans l'autre monde à la rencontre des esprits avec lesquels il va négocier la chance, la santé et la prospérité de ses clients. En Mongolie, le chamane confirmé est appelé « chamane à cheval », celui qui chavauche un tambour, version avancée du « chamane qui marche à pied », c'est-à-dire, celui qui joue de la guimbarde en attendant de recevoir officiellement son tambour des mains de son maître initiateur. Le rôle du tambour est central dans le chamanisme nord-asiatique, l'objet est respecté : on ne saurait le poser au sol, le bousculer ni le prêter, il est « animé », donc vivant pour ceux qui s'en servent, il est monture, vaisseau, moyen de transport... une longe est dessinée sur son flanc et des chevrons indiquent la colonne vertébrale de l'animal. Dans sa partie creuse, il est réceptacle des entités et objets invisibles, dont le chamane fait l'extraction, déblaye et nettoie son patient, il s'en sert comme d'un récipient qu'il ira vider au loin ou qu'il fait mine de jeter par la porte de la yourte. En contact direct avec les entités spirituelles qui vont l'aider dans sa mission, le chamane va volontairement dans leur monde négocier au mieux les intérêts de ses patients. C'est cette habilité, contrôlée et maîtrisée du voyage volontaire et autonome qui fait du chamane l'intercesseur privilégié entre les mondes. Son pouvoir vient de cette faculté à voyager à sa guise et à s'ouvrir à des perceptions que les autres n'ont pas. De la peur qu'il suscite aussi : toujours à la marge, entre le visible et l'invisible, la transe qui lui ouvre les portes de la perception est vue comme transgressive, sauvage et libre, donc potentiellement dangereuse pour l'ordre établi.

Le son, porte du monde invisible
Dans sa conception musicale, le son est la porte du monde invisible, les percussions sont les appels du chamane et les messages des esprits, les vibrations sont bénéfiques et curatives. Le chamane joue littéralement du tambour sur ses clients qui sont enveloppés, touchés, traversés par les vibrations de la peau tendue de l'animal. Cette peau, plus ou moins travaillée selon les cultures, qu'il faudra chauffer au feu pour la retendre, renforce l'aspect vivant de l'objet. Le tambour sonne différemment, même parfois faux, comme un vieux carton, selon l'humidité du lieu ; et quand la peau est bien tendue et chauffée, la vibration a une réalité tangible qui se ressent très profondément dans le corps.

Costume, objets, tambours, chants, percussions, tout le décorum, artefacts et performances sont là pour matérialiser cette communication avec l'autre monde des non-humains ; tout cela consiste à rendre visible l'invisible, à prendre conscience de cette autre dimension, la concevoir, lui rendre un culte et cristalliser dans ces actions et objets des intentions particulières (prières, voeux, engagement, parcours initiatique, vécu personnel). Ces artefacts sont « intentionnels » et évolutifs, loin d'être fixés dans leur production, ils sont en perpétuelle construction et racontent l'histoire du chamane, sa biographie mais aussi le processus même de son initiation. Ce n'est pas un objet biographique, mais véritablement un objet hagiographique co-construit avec les entités spirituelles et les divers contacts et communications engagés avec l'autre monde. L'objet n'est pas dissociable d'un parcours singulier, d'une narration qui met en scène le parcours initiatique du chamane, ses visions, ses rêves, ses ancêtres, ses souffrances... Donc, en termes d'écriture, ces artefacts sont en soi des narrations. Ces objets que j'appelle « artefacts intentionnels » sont produits intentionnellement dans un cadre thérapeutique ou initiatique dans lequel l'agent fabricant insuffle de ses prières, mais aussi de son parcours. Objets intentionnels qui condensent les intentions du chamane, sa vie, son oeuvre et le processus de son initiation, l'objet devient objet mémoire de toutes les expériences vécues dans le corps et extériorisées : ce qui donne corps au sacré devient objet de transfert de l'expérience.

Dès les années 1960, des études scientifiques sont entreprises : Andrew Neher [1] relate des expériences menées en laboratoires autour des stimulations auditives et visuelles, soit avec des percussions, soit avec des stimuli de lumières flash. Il note que l'on peut activer de larges zones d'unités sensorielles autant avec des tambours qu'avec des lampes flash en stimulant l'oreille ou la rétine, en rythme. Un seul battement de tambour comporte plusieurs fréquences, donc plusieurs battements « enveloppent » la personne dans un bain de fréquences multiples qui vont agir à des niveaux différents. Pour lui, ce n'est pas le rythme qui compte, car si on utilise un clic ou un ton unique, les effets sont peu probants. Le tambour avec ses multiples fréquences touche une aire plus large dans le cerveau, les stimulations touchent plusieurs nerfs et se faufilent plus largement. Les expériences en laboratoires montrent que les mêmes effets sont attendus avec des stimulations lumineuses : activité électrique augmentée dans le cerveau, perceptions inhabituelles, contractions musculaires chez certains, mouvements du corps... et les résultats des expériences qui avaient été faites à partir des stimulations lumineuses sont étendus aux stimulations avec tambour.

Les chercheurs se demandent aussi si le schéma comportemental en réponse à ces stimuli dépend des cultures auxquelles appartiennent les « cobayes ». Les résultats montrent que, quelle que soit la culture d'origine, l'individu ajuste sa réaction selon les bénéfices qu'il en retire, si cela lui est agréable ou pas. On peut en déduire que puisque les notions d'agréable, de confort et de bénéfices retirés dépendent de notre éducation, des normes véhiculées par notre société et de l'inconfort inhérent à la prise de conscience du regard de l'autre, le lâcher-prise menant à la transe est potentiellement accessible à tous, mais se contrôle inconsciemment ou pas selon l'image que l'on a de soi. D'autres se posent la question de l'hérédité : la sensibilité au flash light semble suivre des schémas familiaux, de transmission génétique, donc il y aurait des familles plus sensibles aux stimuli que d'autres.

Ces expériences pionnières posaient déjà les jalons d'une thérapie possible par la transe du fait que nous sommes tous potentiellement aptes à vivre des états modifiés de conscience et que, de façon héréditaire, certaines familles sont plus sensibles aux stimuli. Se pourrait-il que dans certaines cultures, ces facultés aient été plus encouragées que dans d'autres, donc plus facilement transmises génétiquement, alors que dans les sociétés occidentales et judéo-chrétiennes, au contraire, ces mouvements intérieurs et extérieurs ont été plus généralement refrénés ? Aujourd'hui, une multitude de terrains ethnographiques montrent des situations d'initiation interculturelle dans lesquelles les comportements des initiés répondent aux attentes indigènes quel que soit l'individu engagé dans une telle démarche.

La réalité cérébrale de la transe
Corine Sombrun, une des premières françaises à avoir été initiée au chamanisme mongol avec transe au tambour, témoigne de ce phénomène : il a fallu qu'elle dépasse son « entraînement » traditionnel pour entrer en transe sans son tambour et se soumettre aux appareils de mesure. « Maintenant mon cerveau connaît le chemin » dit-elle. Elle a ainsi pu participer au programme d'étude du professeur Flor-Henry et son équipe de l'Alberta Hospital d'Edmonton au Canada [2]. Pendant plusieurs années, elle a été initiée par une chamane mongole et a poursuivi son apprentissage de la maîtrise de la transe. Depuis le jour où elle a tapé sur son premier tambour et hurlé comme le loup qu'elle voit en vision, elle est passée par différentes phases d'adaptation de sa pratique. La chamane mongole Enkhetuya lui a donné les clefs du chamanisme mongol que Corine a su ajuster à ses propres conceptions du monde [3]. Aujourd'hui, elle réussit à entrer en transe sans tambour ni costume et se prête volontiers à ces expériences scientifiques. L'équipe du professeur Flor-Henry a étudié le cerveau de Corine en état de veille normale tout d'abord, puis en état de transe. Ils ont constaté qu'elle ne souffrait d'aucune pathologie à l'état normal. En revanche, les tracés de l'encéphalogramme en état de transe étaient ceux d'une personne souffrant de schizophrénie, de troubles bipolaires et de dépression grave. Les trois pathologies d'un seul coup. Et puis, retour à la normale, en dehors de la transe. Les chercheurs sont enthousiastes à l'idée de pouvoir observer un aller-retour entre des états normaux et pathologiques, dans le même cerveau et dans un intervalle de temps assez bref. Serait-il alors possible d'envisager un aller-retour en sens inverse ? Si on arrivait à identifier ce processus qui mène d'un état normal à un état pathologique, on pourrait imaginer que des personnes atteintes de troubles pathologiques retrouvent un état normal. Pour l'instant, aucune conclusion ne peut être tirée de ces expériences si ce n'est que l'observation des zones du cerveau activées confirme que la transe active fortement les zones sensorielles perceptives, c'est-à-dire, une stimulation des cinq sens et de l'intelligence perceptive. Ces conclusions, même balbutiantes, prouvent déjà, et c'est une avancée, que le chamane n'est pas seulement un acteur mimant une action culturellement codifiée, mais que la transe a une réalité physiologique et cérébrale tangible.

Ces dernières années, il a également été démontré que l'entraînement régulier à la méditation pouvait s'observer objectivement dans le cerveau et même qu'une certaine élasticité du cerveau permettait à celui-ci de se modifier selon les habitudes de son propriétaire. D'autres recherches ont montré que les percussions du tambour, du hochet ou de la guimbarde, comme certaines techniques du corps, permettaient également cet accès à un état de conscience modifiée.

Un chamanisme intemporel et universel
Depuis les années 1960, l'ouverture d'esprit et les changements de mentalités font que de plus en plus de personnes sont prédisposées à vivre l'aventure de la transe. Selon les époques, le chamanisme s'est vu transformé dans les perceptions occidentales. D'abord, perçu comme « une sorte de religion diabolique et sauvage » à la fin du XVIIe siècle, il a connu diverses interprétations jusqu'à nos jours, où la tendance est à l'expérience vécue et au développement personnel et spirituel, créant de véritables processus de subjectivisation. La figure du chamane n'incarne plus désormais la marginalité et la folie, mais au contraire, la sagesse, la connaissance, la créativité, la singularité toute connectée. De la contre-culture des années 1970 à l'actuelle déferlante New Age, avec les succès de Carlos Castaneda et de Michael Harner, le chamanisme s'est popularisé ; non plus comme un système de représentations et de pratiques indigènes à étudier ou à combattre, mais comme un système originel et universel, singulier et subversif adapté à notre XXIe siècle.

Michael Harner, fondateur à la fin des années 1970 de la Foundation for Shamanic Studies, prône un core shamanism, c'est-à-dire, un chamanisme essentiel, dépouillé de toutes contingences culturelles. Un ensemble de techniques psychocorporelles expérimentées et éprouvées sont enseignées lors de séminaires, de festivals ou de rassemblements chamaniques un peu partout en France, en Allemagne et en Suisse. Les stagiaires sont initiés au voyage chamanique, mais c'est l'animateur organisateur du stage qui joue du tambour pour des élèves allongés au sol en totale immobilité. La conception même du voyage chamanique au tambour est alors complètement renversée. On peut parler de « voyage inversé » dans lequel ce n'est plus le chamane qui voyage, mais bien le patient à qui le chamane ouvre un monde dans lequel il va lui-même trouver les réponses à son mal-être, trouver de la force, de l'énergie, des ressources...

Le voyage au tambour popularisé par Michael Harner dans son chamanisme universel implique la construction d'une cosmologie interne, personnelle et subjective, mais qui va au-delà de soi, dans une vision du monde unifiée et connectée à plus grand que soi. Les différentes techniques retenues, comme le voyage chamanique au tambour, la rencontre avec les animaux de pouvoir, l'extraction et le recouvrement d'âme sont très proches des thérapies dites humanistes, des visualisations guidées et de l'hypnose. Les stagiaires sont invités à s'allonger sur le sol, les yeux bandés d'un foulard, et à se laisser emporter par les percussions du tambour. La consigne est simple, pour un voyage dans le monde d'en bas : s'imaginer dans un lieu de nature, connu ou imaginé, à partir duquel, en vision intérieure, repérer un passage dans la terre, une grotte, souche d'arbre, source, trou dans la terre ou dans un arbre qui permette d'emprunter un tunnel, un boyau, un canal qui débouche sur un autre monde, celui du bas, qui, pareillement au monde du milieu, celui de notre réalité ordinaire, peut comporter le ciel, les océans, les montagnes, toutes les merveilles du monde réel et plus encore, puisque tout est possible dans la fantaisie visionnaire de chacun. Les stagiaires peuvent expérimenter le monde d'en haut en s'élevant dans les airs, en visualisations, pour accéder de la même manière à une autre dimension intérieure ou extérieure à soi, qui permet d'atteindre un espace virtuel infini. La deuxième consigne pour un voyage au tambour classique, pour aller rencontrer son animal de pouvoir par exemple, va être de chercher ou de laisser venir un ou plusieurs animaux et de vivre somatiquement, dans son corps et ses perceptions, le voyage, les paysages, les rencontres avec des entités animales ou féériques. Les témoignages sont riches de détails et de ressentis : visions colorées de paysages et de mondes divers, visions d'animaux existants ou imaginaires, visions d'entités à formes humaines ou incarnant des divinités, fusion avec les animaux ou avec les éléments (eau, air, feu...), changement de forme corporelle (lycanthropie ou autre), télépathie ou discussion avec les entités, sensations de déplacements (voler, ramper, courir, nager, couler...) et de vitesse.

Dans les témoignages recueillis, les animaux les plus courants (loup, ours, cerf, lion, baleine, dauphin, aigle, serpent...) servent de moyen de locomotion pour partir explorer ce monde et les sensations de fusion permettent de devenir loup, ours, dauphin, aigle et de courir, nager, voler directement. Au bout d'une demi-heure à peu près, les battements de tambour vont adopter un rythme différent, signe qu'il est temps de « rentrer ». L'animateur va indiquer qu'il est conseillé de revenir par le même passage pour « remonter » au point de départ et, enfin, revenir prendre contact avec son corps allongé « ici et maintenant ». Un moment d'échange permet au groupe de partager les expériences, de les interpréter, de les fixer aussi dans sa mémoire pour ne pas les oublier. L'animateur peut notamment donner une dernière consigne qui consiste à écrire ou dessiner à chaud tout ce qui vient d'être vécu.

Dans le chamanisme occidental, l'apprenti se construit sa propre cosmologie voire sa propre légende par une succession d'interprétations de ses expériences cognitives et perceptuelles qui le fabriquent en tant que « chamane ». Les ressentis et les images intérieures associés à des techniques du corps et des mises en contexte (rituel, immersion en nature, contact avec les arbres...) créent de nouvelles réalités partagées, des mythes d'un nouveau genre puisqu'ils sont somatiquement vécus. Cette matière sensorielle et somatique, accumulée dans un processus d'apprentissage va donner lieu à des interprétations, des échanges, des partages et constitue un capital chamanique que l'initié se construit au fur à mesure des expériences vécues.

Chamanisme traditionnel et chamanisme occidental
Là encore, la différence avec le chamanisme traditionnel est de taille puisqu'on part du principe que tout le monde a accès au voyage et à la rencontre avec les esprits, alors qu'ailleurs, seul le chamane voyage entre les mondes. Les adeptes sont invités à mettre en pratique des techniques déjà reconnues pour réaliser des expériences chamaniques afin d'apprendre des choses sur soi et donner du sens au monde et à la vie. Le principe est de faire voyager la conscience pour entrer en communication avec les esprits, énergies, forces ou entités conçues comme porteuses de savoir.

En Mongolie, par exemple, mais cela reste valable pour la Sibérie et les régions arctiques, le chamane utilise son tambour pour appeler les esprits à descendre dans l'espace sacré et ritualisé par l'intermédiaire de l'autel qu'il a pris le temps de préparer avec des offrandes. Les objets chamaniques, costume, tambour, mais également le corps du chamane lui-même deviennent réceptacles des esprits. C'est le premier mouvement centripète, qui va vers l'intérieur : le chamane appelle, dans un mouvement qui va de l'extérieur à lui et son patient, centre de l'attention rituelle. Juste après cette « descente », c'est le mouvement inverse qui se met en place, centrifuge, qui va vers l'extérieur quand l'agentivité du chamane se transporte vers des espaces éloignés [4]. À la suite de Charles Stépannoff, on peut nommer « espace réel » le lieu de la performance observable par l'assistance, et « espace virtuel » les lieux postulés des actions qu'entreprend le chamane dans l'autre monde. Actions qui se matérialisent dans l'espace réel par les chants, musique et gestuelles du chamane.

La cohérence entre les deux lieux doit rester forte sinon les actions du chamane dans l'autre monde restent illisibles pour le public ; s'il reste au sol gisant, perdu dans ses visions, le rituel ne sera pas performatif. Il doit engager le public émotionnellement pour que le rituel soit un succès. Le rituel est une expérience collective dans lequel les participants accomplissent ensemble une opération d'imagination qui consiste à percevoir l'autre monde dans l'espace réel immédiat. Les objets, costumes, et tambours participent à la narration. Tout ce folklore, cette gesticulation du chamane, perçue comme diabolique chez les premiers observateurs, renforce ce dispositif pour une participation cognitive et imaginative qui engage le public dans la performance. On comprend bien là déjà le lien avec l'hypnose, le chamane raconte une histoire, suggère des noeuds existant, des dénouements possibles, des obstacles, des échecs et des solutions, des résolutions de problèmes et conflits.

Dans le chamanisme occidental, le dépouillement total est atteint, la pratique est dépouillée complètement jusqu'à intérioriser tout l'imaginaire ; plus de costume, plus de tambour, pas de grigri, pas de monde autre peuplé d'esprits, mais des visualisations de mondes imaginaires et des perceptions psycho-corporelles qui enracinent les pratiques comme autant de signes d'ancrage, autrement dit, des « madeleines de Proust » qui inscrivent l'expérience dans le corps du chamane. Le voyageur au tambour vit virtuellement des aventures qu'il enregistre dans son corps avec les mêmes forces et vertus que si c'était réel. Les témoignages abondent en ce sens : « Ce que j'ai vécu est plus réel que la réalité, j'étais vraiment un loup qui courait dans les bois ».

Dans le chamanisme occidental encore, que ce soit avec ingestion de plantes dites « enseignantes », ou transe induite par les percussions du tambour, une place fondamentale est donnée aux états modifiés de conscience conçus comme des espaces-temps parallèles, niveaux de conscience différents, champs énergétiques autres, dans lesquels ce contact avec les entités est possible. Les messages venant de guides spirituels ou directement de la Nature (Terre-Mère) conçue comme entité primordiale participent à un mouvement planétaire pacifique, enclin à l'Amour Universel, au respect de la nature et des animaux. Ces visions sont ressenties comme des perceptions amplifiées d'une autre réalité et non comme des hallucinations, elles donnent des informations concrètes sur la manière de gérer sa propre vie, son rapport à l'autre et plus largement, son rapport à l'environnement et à l'invisible. On parle alors d'enseignements qui viennent directement de la plante, des anges, de la Terre-Mère, d'entités diverses ou de la Source, entité originelle. Les visions issues d'autres plans de conscience ont fait émerger un art dit « visionnaire » qui, peu à peu, prend sa place dans les galeries d'art.

Demain, tous chamanes ?
Les peuples qui ont souffert de persécutions coloniales et idéologiques prennent leur revanche aujourd'hui, quand ils voient des étrangers du monde entier venir s'intéresser à leurs croyances prétendument archaïques. Les peuples à chamanes qui ont connu la colonisation ou la soviétisation et qui redécouvrent leurs traditions, revendiquent le chamanisme comme marqueur culturel et, en même temps, sont réconfortés dans la valorisation de leur culture, puisque les étrangers sont de plus en plus nombreux à s'y intéresser. Loin de passer pour des incultes ou des sauvages, les chamanes et chamanistes de la planète se retrouvent idéalisés par une certaine population occidentale qui vient de loin apprendre d'eux ce que, quelques décennies plus tôt, d'autres Occidentaux tendaient d'étouffer. Le chamanisme se développe à grande échelle car la demande venant de l'Occident augmente et en même temps, de plus en plus d'Occidentaux viennent au chamanisme car l'offre « traditionnelle » se diversifie. Il devient aujourd'hui très facile d'aller faire un stage chamanique en Mongolie ou ailleurs. Les chamanes traditionnels eux-mêmes veulent cette ouverture pour une meilleure harmonie sur la planète et entre les peuples, une prise de conscience écologique, un meilleur respect des ressources naturelles... Un groupe de chamanes mongols vient en France chaque année depuis deux ans participer au Festival du Chamanisme fondé par le Cercle de sagesse des traditions ancestrales. Ils ont eux-mêmes organisé un rassemblement en septembre 2015 en Mongolie pour inviter les délégations du monde entier dans une grande cérémonie collégiale pour la Terre-Mère. Les chamanes mongols ont de plus en plus d'apprentis occidentaux, ils veulent partager leur savoir et pensent sincèrement que le chamanisme doit se propager au plus grand nombre. Les avantages financiers apportés par ces nouveaux apprentis ne sont pas négligeables et c'est aussi un moyen de voyager en Europe, puisque souvent les apprentis invitent leurs « maîtres » pour quelques séminaires et cérémonies dans leur pays d'origine. Internet, les réseaux sociaux, les voyages en avion de plus en plus faciles ont définitivement fait entrer le chamanisme et les chamanes dans nos vies d'Occidentaux.

Le chamanisme en Occident participe de cette nouvelle attitude où l'esprit n'est plus dissocié du corps ; il a influencé depuis longtemps le développement de thérapies telles que les constellations familiales ou l'art-thérapie. Et aujourd'hui, il s'immisce dans les thérapies dites de troisième génération comme la méditation, la pleine conscience, l'hypnose et la sophrologie. On a longtemps considéré le patient passif et seul le chamane actif, sautant, s'agitant et virevoltant avec son lourd costume mais, grâce aux récentes études sur le cerveau et les états modifiés de conscience, on peut dire que pendant le rituel auquel est soumis le client, se jouent en lui les mêmes mécanismes d'induction, de suggestions, de relaxation qui vont agir sur son inconscient, réduire les effets nocifs du stress, etc. L'éventail des outils thérapeutiques s'est élargi car les possibilités se diversifient, les mentalités changent et la demande en matière spirituelle augmente. Grandit aussi le nombre d'Occidentaux qui souhaitent vivre plus en harmonie avec la nature, ne font plus confiance à l'industrie pharmaceutique, ni à l'industrie agro-alimentaire et veulent privilégier leur bien-être avant leur carrière. L'homme d'aujourd'hui, libéré des entraves d'une éducation judéo-chrétienne trop stricte, peut expérimenter ce qui, quelques décennies plus tôt, était considéré comme marginal, totalement décrié ou infantile, et peut enfin courir dans les bois, embrasser les arbres, hurler comme un loup, jouer à l'Indien... Une nouvelle ère a débuté, lentement, mais sûrement et durablement. Demain, tous chamanes ? Peut-être pas, mais en tout cas le chamanisme est bien présent en Occident et offre de nouveaux possibles.

Notes
[1]
Andrew Neher, « A Physiological explanation of unusual behavior in ceremonies involving drums », Human Biology, 34 :2, 1962, p. 151-60, California, U.S.A.
[2]
Pierre Flor-Henry, Yakov Shapiro & Corine Sombrun, « Brain changes during a shamanic trance : Altered modes of consciousness, hemispheric laterality, and systemic psychobiology », Cogent Psychology, 4 :1, 2017.
[3]
Laetitia Merli, De l'ombre à la lumière, de l'individu à la nation. Ethnographie du renouveau chamanique en Mongolie postcommuniste, Paris, École pratique des hautes études, Centre d'études Mongoles et Sibériennes, Coll. Nord-Asie, 2010 ; La Quête du Son, Film documentaire sur l'initiation d'une française en Mongolie, 2004.
[4]
Charles Stepanoff, « Transsingularities : the cognitive foundations of shamanism in Northern Asia », Social anthropology, 23 (2), 2015, p. 169-185.
Mis en ligne sur Cairn.info le 28/01/2020

Vidéo Cabinet de sonothérapie Kintsugi : Formation et Soin Vibratoire, chamanique ?

Justine Lhabitant Sonothérapeute Kintsugi

Pour aller plus loin : https://justinelhabitant.wixsite.com/website


? ANIMAL / Totem, allier, de pouvoir, messager?

? Preparation au voyage du 13 aou?t a? 15h chez Le Calice Enchanté

Il y a des milliards d'années, les chasseurs et les guerriers des anciennes civilisations dessinaient leurs proies sur les murs afin de les bénir et remercier l'esprit de l'animal sacrifié.

Les anciennes tribus, religions et traditions spirituelles ont toutes, sous une forme ou une autre, intégré le symbolisme animal dans leurs pratiques.

De nombreuses traditions pensent qu'un animal totem est un animal qui reste avec vous pour la vie, tant dans le monde physique que dans votre esprit.

Bien que les gens puissent s'identifier à différents guides animaux tout au long de leur vie, c'est cet animal totem qui agit comme principal esprit gardien.

Le rôle de votre animal totem est de vous guider dans tous les aspects de votre vie : esprit, mental, émotions et physique.

Un animal totem peut représenter symboliquement tout un groupe de personnes partageant les mêmes idées, une lignée familiale ou une seule personne.

Sa présence près de vous apporte conseils, leçons, protection, pouvoir et sagesse.

Cabinet de sonothérapie Kintsugi : Formation et Soin Vibratoire, chamanique

Hinenaole 04 août 2022 à 22:56  •   84487

Ma petite @Verra
(j'espère que le "petite" ne te gène pas. Il n'est que marque de respect.)
Elle a l'air très belle ta reprise d'article. Je la garde pour juste après le fil de @Mirobelle que je n'ai pas encore fini. (honte à moi ^^)
Je te lirai donc du fond du lit, un soir.

A plus tard.


Hiné.

Kobayashile 04 août 2022 à 23:04  •   84489

Je prends le fil au vol, pour remercier les chamans qui ont fait pleuvoir aujourd'hui ! Vous pouvez continuer, merci 😜

Verrale 05 août 2022 à 10:26  •   84504

@Kobayashi Haha :p c'est pas faut en soi, on a une action sur elle comme elle a une action sur nous. Les mêmes lois physiques que l'univers. Après il y a bien d'autres paramètres à prendre en compte que ceux des shamans, même si effectivement ils sont très en relation avec la terre et l'écoute et lui parle. :)
La danse de la pluie, c'est merveilleux, surtout quand tu ressens la première goute. :) 😭

@Hina Tu sais tu es libres, je partage ça surtout parce qu'@Atomic-Circus semblait curieuse. ;) Et tu as raison de m'appeler petite. "Tarra (la louve), petite verte" est mon surnom. :D

Hinenaole 05 août 2022 à 13:48  •   84508

Et bien, Tarra petite verte, on comprend mieux dès lors tout le vert qui t'entoure dans ton avatar. Maintenant, cela fait complètement sens. 🙂
@Verra

Atomic-Circusle 05 août 2022 à 15:13  •   84513

Bonjour,

Hier j'ai revu des personnes que je n avais pas vu depuis longtemps. L une de ces personnes m a demandé "alors quoi de neuf?", alors j'ai répondu rien de spécial. Je n'ai rien à exprimer face à ce type de question. Et la seule chose de neuve dans l'instant T n'est elle pas "alors quoi de neuf?".

C est un peu pareil avec la chamanisme. Pas grand chose à exprimer du moins par le verbe, de façon générale. Cependant écouter le positionnement des personnes intéressées ou non, qui pratiquent ou non, qui dit quoi finalement, cela est un exercice assez intéressant en terme d étude.

A bientôt.

Kumole 05 août 2022 à 15:48  •   84515

voir la vidéo

Verrale 05 août 2022 à 20:56  •   84518

😂 J'adore @Kumo.
Oui, comme les oiseaux, prendre de la hauteur en douceur de plume. ;) superbe.

@Atomic-Circus du coup je ne sais pas si tu as lu le texte que je t'ai partagé, il est justement le fruit du travail de l'anthropologue auprès de laquelle je me suis formée au chamanisme. C'est pour ça que je me permets de partager. Chercheuse au CNRS, elle apporte un éclairage très précis, car riche d'observation etnoologique sur place avec Corinne Sombrun.
Si tu cherches du neuf, ça fait parti des dernières avancées sur le sujet.Directement lié aux cultures du monde mais aussi aux neurosciences à la psychologie et à la médecine. ;)
Ce sera peut-être intéressant pour ton analyse sociologique. :)
@Hinenao , c'est venu progressivement, d'abord la couleur verte ma préférée depuis l'enfance, ensuite petite verte un surnom car j'ai les yeux verts et je suis assez proche de la nature, Tarra c'était un personnage de JDR, femme sauvage de j'ai nommé ainsi. Ensuite j'ai appris l'existance de Tarra la verte... supéfaction, puis que le vert était associé au chackra coeur et le turquoise au chakra des mains. Voilà voilà.


citation :
Pour ceux que ça intéresse en pratique, Voyage au tambour prévu le 13 août au Calice Enchante à 15h, save the date. :

https://www.apie-people.com/besancon/sortie/voyage-au-tambour-chamanique-au-calice-enchante-decouverte-de-l-animal-totem-et-lecture-des-messages-donnes-797[img]../besancon/sortie/voyage-au-tambour-chamanique-au-calice-enchante-decouverte-de-l-animal-totem-et-lecture-des-messages-donnes-797[/img]

Atomic-Circusle 05 août 2022 à 21:26  •   84519

@Verra , si si j'ai bien lu tout l article 😉

Rothle 06 août 2022 à 02:47  •   84536

je n'ai pas grand chose à dire sur le sujet si ce n'est de conseiller de regarder ou de revoir "Un monde plus grand" ( 2019)
Où Cécile de France apporte une densité et authenticité à son personnage, conférant au film une portée quasi documentaire.

C'est loin maintenant, mais j'avais fait l'AVP en présence de la réalisatrice et de de Cécile de France et l'échange post film avec la salle avait été particulièrement intéressant. Sans compter le fait que comme à de rares occasions, on avait un peu l'impression qu'une partie du film s'était emparée du réel en sortant de l'écran.

Verrale 06 août 2022 à 08:10  •   84539

@Roth c'est peu dire, en effet c'est la vie de Corinne Sombrun qu'on voit à l'écran, particulièrement romancée pour permettre au grand public d'accéder à la dimension humaine de cette épopée. Mais tout de même.
Celle qui a fait le premier film, documentaire celui-là, où est réellement filmé Corinne ainsi que les Mongoles, n'est autre que Laetitia Merli...
Mais le documentaire n'a pas pu être diffuser, car Corinne a refusé, du fait des transes particulièrement impressionnantes auquelles Corinne à pris part à l'époque.
Il y demeure un léger froid entre l'anthropologue que Corinne était allée cherchée pour filmer le voyage, Laetitia, qui aurait aimé diffuser ses images documentaires d'une grande qualité, qui auraient à l'époque boulversée la conception occidentale du chamanisme.
Le film est donc diffusé sous le manteau, en secret pour les initiés mais ne pu être montré au grand public.
C'est de là que vient la création, a posteriori d'un film plus accessible, avec une Cécile de France comme on la connait, toujours prête à relever les défis, et qui excele complétement à nous montrer un monde plus grand et comme tu 'as si bien dit, crève l'écran.
Mais cette histoire à la base est une histoire vraie. C'est là tout l'intérêt du film. Vulgariser, montrer.

Rothle 06 août 2022 à 13:04  •   84544

@Verra:
j'avoue que je ne sais plus si le docu original avait été évoqué. C'est dommage que ça ait été filmé pour ne finalement pas être diffusé.
Le film, lui, offre de magnifiques images, vu que ça a été tourné en décors réels et en Mongolie.
ça participe à l'immersion, mais ça laisse aussi interrogatif sur la façon dont Cécile de France, même si c'est son job, pouvait et a pu faire, sur le moment et ensuite, le distinguo entre film et réalité. Je veux dire: c'est difficile d'imaginer d'arriver dans ce contexte précis à être en distanciation totale avec le rôle et ce qu'on joue. Même si c'est du cinéma. Elle est très forte, et c'est peut-être la seule, ou une des seules, que j'ai vue manier l'ancien français (ou apparenté) avec une telle aisance dans Mademoiselle de Joncquières que j'avais l'impression que c'était sa langue natale et de tous les jours. N'empêche.
Je ne sais pas comment on fait, ou comment on peut réussir, à s'extraire totalement du rôle et de ce qu'on y vit pour revenir à sa propre histoire. Pendant, et après le film.


Quand je dis qu'une partie du film s'empare du réel en sortant de l'écran, je crois que c'est plus, ou autre chose, que le simple fait que ça crève l'écran. Le film happe le réel pour créer dans l'intimité de la diffusion une sorte de confusion entre le film et la réalité. ça va au-delà du quasi-documentaire ou du documentaire pour presque passer le cap du participatif.
J'ai des souvenirs très diffus du film, ça fait presque 3 ans, plusieurs centaines de films vus depuis. Mais je me souviens de ce sentiment bizarre que ce qu'on voyait à l'écran cassait un peu la barrière entre fiction et réalité, entre relaté et présent. C'était pas juste mon ressenti personnel, mais plus le ressenti de ce qu'il y avait dans la salle, de ce qui se passait et se vivait dans la salle.

Verrale 08 août 2022 à 09:07  •   84620

@Roth oui c'est dommage, Laetitia aimerait bien mais Corinne a refusé. Histoire d'image personnelle peut-être. Elle n'avait pas forcément envie que sa vie privée soit en proie aux journalistes surement. Elle a dû être conseillé à l'époque. Les simples récits de son voyage ont déjà valu des sacrés boulversements, les psychiatres la prenait réellement pour une dingue.

Elle en parle dans la Diagonale de la joie.
Et de voir maintenant ce qu'elle parvient à faire : La transe cognitive auto-induite : caractéristiques et applications thérapeutiques potentielles :) Cf CNRS et Cairn.

Oui le film est très Bon et Cécile de France une de nos meilleures actrices Française à n'en point douter, elle a le cran et l'audace mais aussi la douceur et la vivacité pour ça.
@Neo-the-one Pourra surement t'en dire plus sur la partie intégration des rôles au cinéma.

Pour ce qui est des casquettes que l'ont portent, ça rejoint la vie en générale : la question de l'être profond et des personnas, des fonctions qu'on s'attribue, qu'on nous donne, ce qu'on est au fond et les étiquettes qu'on pose sur nous etc. :) Ce sont des questionnements existenciels, spirituels auxquels il faut, je pense, une vie pour répondre.

L'art est dans l'imitation de la nature disait déjà Aristote, on a rien inventé depuis. Si ce n'est des techniques : Les frères Lumières, nées à Besac d'ailleurs l'ont mis en beauté et en lumière.

MaisEncorele 08 août 2022 à 17:41  •   84636

Bonjour @Verra 🙂,
L'Homme fait partie de la Nature alors que pourrait-il inventer de plus que ce qu'elle est, que ce qu'il est ?
Je trouve dommage de souvent le réduire à ses basses intentions car, plus que tout, il a toujours été en quête de sa compréhension. Et l'art comme les "inventions" ne sont que les outils qu'il utilise pour l'exprimer.
C'était juste un petit mot pour exprimer, aussi, d'autres *vues* sur la nature humaine... 😉

Verrale 09 août 2022 à 13:57  •   84656

Bonjour @MaisEncore.
Je suis d'accord sur le fait que
citation :
L'Homme fait partie de la Nature

Du coup comme la nature est en perpétuel renouvellement, mouvement, changement, l'homme l'est aussi puisque étant elle.
Du coup je ne comprends pas trop l'idée de
citation :
" Basses intentions".

Exprimer, s'inventer, se réinventer, c'est le propre de l'homme, qui vient de la nature, et aussi le propre de la nature qu'il est finalement. ;)
L'amour de ce qui est, c'est ça la nature. ;)
Et la veritable nature humaine. rejeter sa nature, où la nature humaine qui consiste à l'imitiation de la nature, n'est pas dans l'amour. Mais dans le peur, le jugement etc.
Le contraire de l'amour, est la peur ou la méconnaissance de la nature, et donc le jugement etc.
Le chamanisme, l'art, c'est naturel.
Nul besoin de juger ce qui est. C'est. ;)

MaisEncorele 09 août 2022 à 19:32  •   84659

@Verra, ma réaction suivait :
citation :
« L'art est dans l'imitation de la nature disait déjà Aristote, on a rien inventé depuis. Si ce n'est des techniques...
Expression que l'on emploie généralement pour dénigrer le souhait que peut avoir l'Homme de maîtriser pour dominer ou celui de chercher une quelconque supériorité vis-à-vis de la Nature, pour dire qu'il n'est pas aussi fort qu'il le croît ou prétend. C'est un fait, un de ces travers, certainement sa plus basse intention. Donc. (et je me permets de penser que nous serons d'accord pour dire que c'est un non-sens 😄😉).
Ma réaction venait alors du fait que cela exprime une généralité que je trouve dommageable et je ne l'ai pas comprise à cet endroit... C'est pour ça que je souhaitais souligner que les intentions de l'Homme vis-à-vis de la Nature étaient aussi bien plus louables, et ce, depuis toujours (enfin il semblerait 😉).

---

Tu pars sur l'amour et le jugement... Ce sont des notions intéressantes à développer si cela te dit. Car mon approche personnelle et « actuelle » de celles-ci ne semblent pas être les mêmes que les tiennes. Et j'en suis curieuse car sans être initiée au chamanisme je ne m'en sens absolument pas éloignée, bien au contraire.
Par exemple, sur :
citation :
« ... la nature est en perpétuel renouvellement, mouvement, changement... »
Moi je *suis* plutôt sur un mouvement global, de transformation, et non de renouvellement ou changement.

Ou sur :
citation :
« ...s'inventer, se réinventer, c'est le propre de l'homme... »
Je suis donc sur une progression de son approche ou compréhension de ce qu'il est, plus que sur une idée de "création"...

Puis :
citation :
« ... Nul besoin de juger ce qui est. C'est. ;) »
Pour moi la mémoire, le jugement, l'observation, l'esprit de comparaison, de contraste et d'analogie sont autant d'aides indispensables à l'acquisition de la connaissance que l'Imagination. (oui, pour ceux qui ont lu mes questions sur le rêve et l'imaginaire, je suis en train de faire mes devoirs 😋).

Qu'elle est la définition générale que tu donnes à l'amour ? Quelle place donnes-tu à l'Homme dans la Nature ?
Par exemple... 🙂

---

[ Je viens d'évoquer mes *devoirs* en plaisantant alors j'en profite pour dire que Sri Aurobindo est l'une des sources auxquelles je reviens m'abreuver en ce moment. Alors @Atomic-Circus, toi qui suis ce fil, si tu avais l'envie de nous présenter cette Beauté qui t'est chère, ce serait également une riche et agréable contribution. 😉 ]

Verrale 09 août 2022 à 22:19  •   84682

@MaisEncore Ha 😄 je comprends mieux le "Mais encore". 😄
Malheureusement cher ami vous partez d'une projection.
C'est Anaïs Nin qui disait qu'on ne voit pas le monde comme il est mais comme nous sommes.
Donc voilà pourquoi la compréhension de ce que je partage t'es difficile, voire laborieuse, nécessitant ce Mais encore : tu n'as pas le même point de vue.
Tout Simplement.
CQFD.
Ensuite je suis au regret de n'avoir pas le loisir de disserter sur ces sublimes sujets que tu me proposes, mais je suis vraiment fatiguée par cette année de bons et loyaux services pas piquées des hannetons auprès des miens (à comprendre la terre et ses habitants.... voire des êtres venus d'ailleurs :p ) . Je pars en vacances le 15 août pour le ressourcer d'ailleurs.
Du coup pour l'amour je te laisse faire tes lectures. Du côté orientale il y a pas de chose que de grands sages expriment mieux que je ne le pourrais jamais. ;)
Ensuite je ne donne pas de place à L'Homme dans la nature, il est assez grand pour la prendre tout seul et de voir ce qu'il en fait... malheureusement parfois.
Et Parfois des miracles. Comme quoi. :) tout dépend souvent de l'intention.
Je suis désolée de ne pas répondre à tes attentes, mais je ne suis pas une Gouroux. :) je préfère laisser les gens penser par eux-mêmes. Et faire le expériences. Mais si tu veux voyager pour en apprendre plus sur toi et le monde, n'hésites pas. ;)
Au plaisir, mais encore.😋

Verrale 10 août 2022 à 15:39  •   84703

On sera 15 samedi, j'enlève l'évenement pour ne pas surcharger les choses. Il y en aura d'autres à la rentrée de septembre. Bonnes vacances chat-maniques à toutes et à tous. 🤩 🤘


Mésange pelucheuse, Zeltus amasa - Sikkim, Inde - par Isaac Kehimkar

Neo-the-onele 10 août 2022 à 15:47  •   84704

@Verra Alors, je n'ai pas vu le film (je ne peux pas tout voir xD) mais j'essayerai de le voir pour me faire un avis.

MaisEncorele 10 août 2022 à 17:00  •   84712

@Verra, tu mélanges beaucoup trop de choses qui n'ont rien à voir avec les intentions qui guident mon souhait d'échanger avec toi, entre autre et ici, pour que je puisse facilement faire court. Mais je vais le tenter pour ne pas encombrer davantage ton espace publicitaire.

Ce n'est pas parce que nous semblons sentir et penser "les choses" différemment que cela implique que l'une d'entre nous a "la compréhension difficile ou laborieuse". Un point de vue n'induit pas nécessairement une faiblesse ou un handicap, comme le MaisEncore évoque plus un goût pour le questionnement et la *progression* commune qu'une nécessité individuelle liée à un quelconque manque ou défaut. Les multiples points permettent de construire une vue, heureusement qu'ils n'empêchent pas la compréhension car personne ne pourrait apprendre quoi que ce soit ni espérer voir un jour le monde tel qu'il est. Mauvaise projection, pour le coup, de ta part.

Nous n'avons pas les mêmes points de vue (en tout cas les rares évoqués là) et c'est justement cela qui est intéressant et qui motive mon souhait de discuter sur les forums. Je pense que c'est cette différence qui fait (qui peut faire) complémentarité et richesses partagées. Pour et avec toi & moi ici, ceux qui participent et ceux qui lisent.
De même que mes questions qui sont volontairement directes et naïves dans une idée d'échanges simples et accessibles à un plus grand nombre. Il ne s'agit pas "que" de moi mais bien de constructions à visées interrogatives & constructives pour tous. Mes questions ne sont donc pas les projections de *là* où je *suis* personnellement mais des outils pour tenter d'ouvrir des explorations collectives et accessibles.

Mais je peux tout à fait comprendre qu'il est plus facile d'indiquer une librairie plutôt que de se risquer à exposer les limites de ses connaissances, qu'il est plus facile d'évoquer des sages que de *porter* soi-même et réellement à destination des autres.
Nul besoin de développer l'amusante recherche d'un gourou ou l'ignorance supposée de mes expériences personnelles... je pense avoir donné quelques éléments suffisant à donner une idée de ma posture. Ton assurée condescendance m'a beaucoup fait rire mais je regrette toujours le manque de richesse et de volonté participative de discussions comme celle-ci. Tout dépend, toujours, de l'intention...
Mais puisque le dévouement humaniste prend aussi des vacances et bien je te les souhaites bonnes 😉.


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