Philosophie et spiritualité

Est-il souhaitable de se sentir "utile" ?

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Est-il souhaitable de se sentir "utile" ?
Julienle 20 novembre 2019 à 05:49

Matières à réflexions ici proposées, sur le sujet de l'utilité.

"Hui-tseu, s'adressant à Tchouang-tseu, lui dit : "J'ai dans mon bien, une arbre de grande taille. Son tronc est si noueux et si tordu qu'on ne peut pas le scier correctement. Ses branches sont si voûtées et vont tellement de travers qu'on ne peut pas les travailler d'après le compas et l'équerre. Il est là au bord du chemin, mais aucun charpentier ne le regarde."

Tchouang-Tseu dit à son tour : "Vous avez, dites-vous, un arbre de grande taille et déplorez qu'il ne serve à rien. (...) Aucune scie, aucune hache ne sont là pour le menacer d'une fin prématurée, et nul de saurait lui porter dommage. Que quelque chose ne serve à rien, en quoi faut-il vraiment s'en mettre en peine ?"

Tchouang tseu proclame la valeur éminente de l'inutilité. Un arbre n'a de chance de grandir et de devenir vénérable que si son bois ne vaut rien au yeux du charpentier. Aussi, il ne suffit pas d'être bon à rien pour échapper au danger :

" Comme Tchouang tseu voyageait dans une montagne, il vit un grand arbre à la frondaison magnifique. Des bûcherons qui étaient là semblaient le dédaigner. Il leur en demanda la raison. - Il n'est bon à rien, fut la réponse. Tchouang tseu dit alors : Cet arbre, parce que son bois n'est bon à rien, mourra de sa belle mort. Lorsqu'il eut quitté la montagne, le maître s'arrêta chez un vieil ami. Celui-ci, heureux de le voir, ordonna à un valet de tuer une oie et de la faire cuire. Le serviteur demanda : Laquelle faut-il tuer : celle qui sait caqueter ou celle qui ne sait pas caqueter ? - Tue celle qui ne sait pas caqueter, dit l'hôte.

Le lendemain, les disciples demandèrent à Tchouang tseu : Cet arbre que nous avons vu hier dans la montagne, c'est parce qu'il n'est d'aucun usage qu'il mourra de sa belle mort ; et aujourd'hui cette oie de notre hôte, c'est parce qu'elle n'était d'aucun usage qu'elle a perdu la vie. Quel parti choisiriez-vous ?

Tchouang tseu répondit : Si je choisissais une attitude intermédiaire entre être bon à quelque chose et n'être bon à rien, j'aurais l'air d'être dans le vrai, mais ce ne serait pas le cas et serais assurément voué à des embarras. Mais pour qui vagabonde emporté par le Tao et par le Tö, il en est autrement : il ne connaît ni les éloges ni les blâmes, tantôt dragon, tantôt serpent, il se métamorphose en parfait accord avec le temps et ne consent pas à se spécialiser.

Le talent suscite la jalousie, le manque d'intelligence, la tromperie. Aucune de ces situations n'est préférable à une autre."

catile 20 novembre 2019 à 09:03   •  

en tout cas, il n'est pas souhaitable de ne servir à rien...
PS: je n'ai pas lu l'histoire car préfère répondre à une pensée issue de la personne ... je réponds juste au titre du topic.

Merlinle 20 novembre 2019 à 09:26   •  

Je vais également répondre sur la vraie question, pas sur des citations de Tchouang (parce que bon, dans cet esprit-là, on peut recommencer à faire des copier-coller de Wikipedia et attendre des commentaires, hein ? :P )


Et naturellement, ça génère des questions. Souhaitable pour qui ? Pour moi ? Pour les autres ? Et qu'est-ce que l'utilité, au juste ? Une utilité immédiate à quelqu'un sur un point précis ? Une utilité sociale ?

Je vois que @cati a déjà interprété en parlant de "servir". Belle racine, qui est la même que dans "serviteur" ou "esclave".

Bref, puisqu'il s'agit d'opinions, la mienne est simple : je n'ai pas besoin d'être utile à quelque chose ou à quelqu'un. L'utilité implique un besoin, pas une envie. Si je suis avec des gens, c'est parce que leur compagnie m'est agréable et que je me sens bien avec eux, et j'en attends la réciproque. Sinon, c'est une forme d'exploitation : on fréquente quelqu'un parce qu'il peut nous servir. Donner un coup de main à un ami, c'est être utile. Mais on ne fait pas ça pour le plaisir d'être utile, mais pour aider un ami, donc c'est une manifestation de soutien pas un désir d'utilité.

Pareil pour l'utilité sociale. Je vis dans une société, d'accord, mais je ne l'ai pas choisie et je ne peux pas vraiment en changer. Cela ne signifie pas que je doive remplir une fonction d'utilité. Si j'en remplis une en faisant ce que j'ai envie de faire, pourquoi pas, mais je ne vais pas chercher à le faire spécifiquement. Lorsque j'effectue des tâches pour lesquelles je suis rémunéré, l'utilité n'entre pas non plus en ligne de compte, c'est un échange (forcé vu le type de société) travail contre salaire.

En résumé, je me fous d'être utile pour être utile. Pour moi, l'utilité est temporaire et circonstancielle, pas un objectif et encore moins une raison d'être :)

Gottheimle 20 novembre 2019 à 10:22   •  

Intéressant. 🤔
La question selon moi n'est pas tant d'être utile, mais utile en quoi, et pour qui?

En ce sens, il faudrait sortir de l'interrogation binaire, et envisager tous les possibles. L'arbre de l'histoire est inutile au menuisier, mais il procure de l'ombre au travailleur fatigué, un abri aux oiseaux, un point de repère pour les voyageurs, ainsi que d'autres bienfaits à l'écosystème qui ne sautent pas forcément aux yeux. De plus, l'utilité de l'arbre au menuisier viendrait au prix de sa propre existence, tout comme les oies dans l'histoire.

La seule raison pour laquelle on les élève, c'est pour leurs oeufs et à terme leur chair. L'oie qui sait caqueter a droit à un sursis, mais son sort final sera le même.
Mais admettons qu'on découvre demain que manger de l'oie cause le cancer. Elles nous deviennent soudainement inutiles. Perdent-elles pour autant le droit d'exister? Non. Les oies n'ont pas attendu la domestication par l'homme pour faire partie des espèces vivantes sur Terre.

La question posée en titre semble faire référence à la place de chacun dans la société.

Auquel cas, nous sommes pour ainsi dire programmés pour vouloir faire partie d'un groupe, quel qu'il soit. C'est l'instinct grégaire, et une des clés du succès de la race humaine. Et aussi la raison pour laquelle des sites comme celui-ci existent! 😋

A ce titre, de la conclusion de Tchouang Tseu, je tire la leçon suivante: trouve la place qui te correspond le mieux, et calibre tes agissements en conséquence. Ne cherche pas systématiquement à plaire à tout prix (il s'agirait pas d'être un connard non plus, hein 😉 ), mais applique ton jugement au cas par cas. C'est aussi, en ce sens, un rejet du dogmatisme.

Le talent suscite la jalousie, le manque d'intelligence, la tromperie. Aucune de ces situations n'est préférable à une autre."
A chaque situation ses avantages et ses inconvénients, quoi.
Ceci dit, je ne suis pas tout à fait d'accord avec son argument sur la préférabilité. A situations identiques (en anglais, all else being equal), être en bonne santé vaudra toujours mieux que d'être malade, et être riche vaudra mieux que d'être pauvre... Mais c'est bien plus complexe que ça. Je préfère ma vie personnelle à celle des Kardashian, malgré le fait qu'ils soient célèbres et multimillionnaires.

Donc ironiquement, l'application du jugement en toutes circonstances prônée par Tchouang-Tseu me conduit à dévier de cette dernière phrase de son enseignement. 😄

Julienle 20 novembre 2019 à 11:13   •  

@Merlin

Je trouve cela un peu dommage que tu refuses les citations ou extraits, par principe, car la pensée de Tchouang Tseu est si originale, singulière, imprévisible, et si rare (de toutes mes recherches je n'ai jamais lu ni rencontré aucune pensée, aucun point de vue, similaire, ou ne serait-ce que ressemblant, à ceux du vieux Tchouang) - et, à contrario, beaucoup de gens vont exprimer leur pensée, sur ce forum ou ailleurs, selon leurs termes, certes, mais finalement, lesdites pensées ne s'avèrent-elles pas souvent des copier-collés, reformulés, de pensées empruntées à autrui, ou imposées par autrui ? Personnellement, qu'un témoignage soit issu de la personne qui s'exprime, ou que cette personne me rapporte un témoignage d'un tiers : ce qui compte pour moi, c'est la capacité stimulante, questionnante, de ce témoignage, et sa capacité à créer des échanges, à réunir autour du débat, à brasser des pensées et points de vues, pour les partager - en tous cas, dans le cadre d'un "forum".

@Gottheim

"Donc ironiquement, l'application du jugement en toutes circonstances prônée par Tchouang-Tseu me conduit à dévier de cette dernière phrase de son enseignement."

Je te rejoins au sujet de la "conclusion" de cette histoire, qui, de mon expérience du taoisme, me laisse un arrière-gout d'insatisfait. La traduction de tels textes, du chinois au français, avec des termes tels que Wei Wu Wei, Tao, etc... est un véritable case tête, et aucun terme français ne semble en mesure de fidèlement évoquer la pensée chinoise d'origine.

Si cela t'intéresse : voici une seconde traduction de la fin de l'histoire...

"L'inutilité permet à l'arbre de la montagne d'atteindre le terme de son âge, mais l'inaptitude a fait mourir l'oie de notre hôte. Quelle position adoptez-vous, maître?
-J'adopte une position entre l'aptitude et l'inaptitude, répondit Tchouang-tseu en riant ; mais qui tient le juste milieu entre l'aptitude et l'inaptitude ne saisit qu'une vérité apparente et n'échappe pas encore aux embarras du monde. Qui prend pour véhicule le Tao et sa vertu pour s'ébattre librement est au-dessus de tout cela."

...et encore une troisième !

"Maître TCHOUANG rit et répliqua : - Moi, je me tiendrais entre les deux, je me tiendrais entre les deux ! Puis il ajouta : - En fait, elle semblait se tenir dans l'inutilité, mais c'était une fausse inutilité, c'est pourquoi elle n'a pu éviter les ennuis. mais il en va tout autrement pour celui qui vagabonde librement en
prenant le Tao et sa Vertu pour montures. Il échappe au blâme et à la louange. Tantôt dragon, tantôt serpent, il se transforme au gré des circonstances sans jamais se fixer une ligne de conduite. Il s'élève et s'abaisse, faisant de la seule harmonie son aune. Il évolue auprès de l'ancêtre des êtres. Il traite les
choses en choses en sorte qu'il n'est pas chosifié par les choses. Comment dans ces conditions pourrait-il jamais être importuné par quoi que ce soit ?"

Nous sommes obligés de faire confiance à tel ou tel traducteur, pour tenter de comprendre la pensée de Tchouang ; les interprétations varient... Mais il a au moins le mérite d'aborder des thématiques, devenues obsessions sous nos latitudes, sous des angles originaux ! Performance, utilité, spécialisation, fonction, emploi, potentiel, intelligence, réalisation, ambition, travail...

"L'homme habile s'épuise,
L'homme intelligent se tourmente.
Qui n'a aucune aptitude, ne recherche rien. Il flâne, comme une barque non-amarrée dérive."

:))

Julienle 20 novembre 2019 à 11:39   •  

Pour répondre à la question que j'ai moi-même posée lol

Je me demande s'il est nécessaire d'avoir une quelconque utilité, pour appartenir à une communauté. Dans la mesure ou la vie est avant tout survie, et lutte, contre des éléments extérieurs souvent menaçants, et des nécessités intérieures (besoins primaires) tout aussi menaçants (la menace résidant ici dans le manque) : dans cette lutte pour la survie, qui passe aussi par l'appartenance à un groupe, ne doit-on pas "se trouver" une utilité, pour sentir notre présence au sein du groupe, comme "validée" ? N'est-on pas contraint, par "la force des choses", à se spécialiser ? Se trouver un domaine d'expertise, bénéfique au collectif ?

C'est une question difficile pour moi, car j'ai un rejet pour la sur-spécialisation qui est la règle dans nos sociétés ; mais de manière plus large, je dois admettre, que la spécialisation individuelle, semble avoir été une étape obligée pour notre survie - en attendant un temps où elle ne sera plus nécessaire ?

Julienle 20 novembre 2019 à 11:58   •  

@Merlin

J'oubliais :

:))

Je les oublie trop souvent, mais c'est important !

Gottheimle 20 novembre 2019 à 12:19   •  

Je n'y connais pas grand-chose, au Taoïsme. Donc mes pensées découlent de ce que j'ai pu glaner sur Wikipedia. 😋

Mais vu sous cet angle, j'ai l'impression que l'idée de base est de ne pas chercher à forcer les choses. L'ambition en devient un fardeau, plutôt qu'une vertu.

Le concept même d'utilité perd tout son sens si on considère comme vertueux le fait de s'en remettre l'ordre des choses.

Tantôt dragon, tantôt serpent: on retrouve cette notion de flexibilité dans le jugement et le comportement.

On retrouve aussi une notion de détachement. Les choses ont la valeur qu'on leur donne et il y a parfois un peu d'arbitraire dans tout ça.

Et chercher à placer une valeur sur soi-même, c'est quelque part s'entraver, et potentiellement se faire du mal.

Etoilele 20 novembre 2019 à 12:57   •  

Faut il se sentir utile pour se sentir bien ?
A cela je réponds NON.
Donc, ma réponse à la question "est il souhaitable de se sentir utile ?" est tout simplement non, pas pour moi.
Le plus important est l'intention qu'on met derrière notre utilité, si utilité il y a.
Etre utile, rendre service, aider(...) par amour et sans attente me paraît juste. Mais comme dit plus haut être utile pour être utile non merci, ça pue l'hypocrisie, la fausseté, la manipulation.

emanule 20 novembre 2019 à 13:32   •  

L'important est peut être de se sentir bien dans sa peau ?
Quelqu'un de solitaire ne va pas trouver d'intérêt a se sentir utile.
Ou quelqu'un aimant vivre en groupe va tout faire pour se sentir utile,aimé et accepter.
Bien sur,l'utilité est subjective.
Chacun de nous en aura une vision différente.,c'est ce qui donne tout l'intérêt de ce débat 🙂

Fropople 20 novembre 2019 à 14:01   •  

Je rejoins @emanu sur l'importance de se sentir bien dans sa peau, de s'aimer soi-même.

Je me suis pendant longtemps ignoré, et donc la seule valeur que je m'attribuais était justement le fait d'être "utile" aux autres. Lors de ma dépression, j'ai même songer à un moment que le reflet d'un spot au plafond sur l'écran de mon téléphone étais plus utile que moi car au moins il apportait de la lumière aux personnes présentent dans la salle alors que j'avais l'impression d'être un genre de trou noir, n'apportant aucune lumière et même anéantissant celles des autres. C'est bien évidemment faux et affreusement réducteur, mais bon la dépression est ce qu'elle est ^^"
Maintenant que j'ai appris à me comprendre et a m'apprécier (dans la limite de mon auto critique toujours très présente ^^") j'ai réussi à mettre en grande partie ce "besoin d'être utile" de côté et a reconnaître ma valeur en dehors de ce que je fais et de son utilité éventuelle.

Julienle 20 novembre 2019 à 14:02   •  

@Gottheim

You get it right !

On a une ceinture noire de Tao avec nous les amis ! :))

Merlinle 20 novembre 2019 à 14:07   •  

@Julien mon opinion sur les citations est à l'opposé de la tienne. J'ai toujours trouvé que les longs pavés et autres extraits de gens célèbres étaient l'antithèse de la pensée personnelle, des bastions derrière lesquels on peut se retrancher pour éviter d'avoir soi-même à faire l'effort d'arriver à des conclusions. Je n'ai rien contre une citation par ci par là, mais mise en contexte, enrobée de ce que l'on pense. Mettre une bibliographie, des liens explicitant un propos, je trouve ça plus logique et plus sain.
En plus, l'excès dans la citation, on a tous les deux vu où ça pouvait mener, s'pas ? ;)

Et pourtant je suis philosophiquement plus proche des taoïstes que de n'importe quelle autre école de pensée philosophique. Etonnant, non ? (rire).

Julienle 20 novembre 2019 à 14:12   •  

@Merlin

Pas si étonnant non, j'imagine le vieux Tchouang bien d'accord avec toi !

Je me mefie aussi de l'erudition de pacotille, mais c'est si rare, de tomber sur du Tchouang, surtout chez nous, occidentaux, que j'ai du mal a resister a la tentation d'en glisser par ci par lå !

emanule 20 novembre 2019 à 14:25   •  

D'accord avec @Merlin.
Les citations c'est très bien,mais elles ne doivent pas occulter nos pensées et réflexions personnelles.
Mais glisser par si par la oui!
@Fropop tu apporte de la lumière sur ce forum en tout cas 😉
Sinon pour l'utilité,le mieux c'est peut être d'arriver a décider nous même quand on veut l'être,et avec qui.

Fropople 20 novembre 2019 à 14:27   •  

thanks @emanu :)

emanule 20 novembre 2019 à 15:12   •  

Mais @julien j'aime quand même beaucoup tes citations,ne change rien 😉

Fropople 20 novembre 2019 à 15:18   •  

@emanu nous ferais-tu là de "l'incitation à la citation" 😜

emanule 20 novembre 2019 à 16:00   •  

😄 Non,de l'incitation a faire bouillire nos neurones!

Asacksle 20 novembre 2019 à 18:39   •  

Bon moi j'aime bien Tchouang TSeu, il m'aide bien à recentrer mes pensées, donc rien contre les citations et le Tao non plus 🙂

J' ouvre le "rire de Tchouang TSeu "en ce moment quand ma pensée est dispersée (ce qui arrive souvent 🙄 ) ça calme mon torrent de pensées superflues 😄

Sinon pour l'utilité, je suis d'accord avec @Etoile, tout dépend de l'intention qu'il y a derrière. Et tout est une question de juste mesure, cela devient problématique quand sous couvert d'utilité on en vient à agir à contresens.

J'ai un exemple en tête (lorsque je travaillais dans le médico-social), d'un collègue éducateur, qui avait un tel besoin de se sentir utile qu'il s'était persuadé qu'il aidait efficacement les travailleurs handicapés en leur inculquant une technique de travail irréprochable. Il pensait ainsi les armer à une meilleure insertion professionnelle et s'était donné comme objectif d'en faire des techniciens aguerris.L'intention n'est pas mauvaise au départ, mais le fait de persister en ce sens sans prendre en compte, ni suffisamment au sérieux le rythme de certains travailleurs, les plaintes des autres, et le fait que, si certains en étaient capables, d'autres peinaient et stressaient sans oser le dire ; cela rend l'utilité inutile et nocive. Résultat, flopée d'arrêts maladies pour ceux qui ne parvenaient à suivre...
Dans des cas comme ça, on n' est plus à l'écoute des besoins des autres, mais des siens et de l'objectif que l'on s'est donné...

Fauvele 20 novembre 2019 à 21:50   •  

Ce mot "utile" est vraiment lié au monde du travail pour moi. Je rejoins @Merlin sur ce point.
Se rendre à disposition, être nécessaire, important, efficace...toutes ces idées inculquées subrepticement pour nourrir quelque chose. Quoi ? tout ce qui existe sauf soi. Etre "utile" à soi, oui. Cela devrait être le seul moment où nous pourrions utiliser ce terme, ET ENCORE. Il implique une attente malsaine parfois...c'est ce qui est le plus dérangeant.
L'arbre voûté se devrait d'être abattu pour son défaut et devrait servir à quelque chose ensuite ?
Précisément, oui, on nous a toujours tout présenté sous cet angle.
Le Tao est là pour nous rappeler que la non-action est la meilleure façon d'accéder au Tout.
A quoi bon être utile et faire le choix de l'être ?
Personnellement, je commence à accepter et embrasser l'idée d'être inutile, j'ai tout juste 32 ans, c'est pour dire le temps que cela prend une résolution si naturelle !

Evaderhaindile 21 novembre 2019 à 09:48   •  

A Julien
Je réponds sans avoir lu chacune des réponses.
Pour moi,quelqu'un peut très bien être utile à quelqu'un d'autre sans le vouloir.Plein de gens sont
,ainsi,utiles à d'autres ,de par leur seule existence,originalité.La mauvaise herbe est elle utile dans un jardin?Non, sans doute, jusqu'à ce qu'un jour l'on découvre que tout a une utilité.Ne serait-ce que par son existence ,elle aurait une fonction..Reste à savoir si cette fonction est bonne et utile ou non?Cela fait appel à une connaissance qui n'est pas parfaite de notre part.Nous ne savons pas tout de l'utilité des êtres et des choses sur terre.Je crois qu'une mère est utile à son enfant.,avant que d'être aimante .Exister pour une mère suffit ,déja, à être utile à son enfant.Elle n'a pas besoin d'être bonne
Selon ce que je crois.

Evaderhaindile 21 novembre 2019 à 09:55   •  

Il n'y a donc,pas de volonté dans ce cas d'être utile et pourtant le fait est là.On serait donc parfois utile sans même le vouloir!

Evaderhaindile 21 novembre 2019 à 09:59   •  

Et parfois certaines choses ,ou certains êtres,seraient utiles sans que nous le sachions.

Evaderhaindile 21 novembre 2019 à 10:06   •  

voir la vidéo

Merlinle 21 novembre 2019 à 10:08   •  

Julien Clerc était-il vraiment utile, là ? :P

Evaderhaindile 21 novembre 2019 à 10:33   •  

Ok..Chacun pensera ce qu'il voudra.Me sentant, donc, inutile à débattre avec vous , je m'en vais de ce pas!
😉

Asacksle 21 novembre 2019 à 11:28   •  

D'accord avec toi @Evaderhaindi, on est bien souvent utile sans même s'en apercevoir.
Mais enfin, où vas-tu restes donc débattre 😜

Julienle 21 novembre 2019 à 11:32   •  

@Evaderhaindi

Si je peux me permettre Eva, Merlin a mentionné un : :p
Je n'utilise pas assez ces foutus symboles, mais je réalise leur grande importance, et dans le cas de Merlin, je l'interprête comme une question, sur l'utilité de cette vidéo, certes, mais une question, assurément amicale ! Rien donc qui, il me semble, justifie ton départ :)

Merlinle 21 novembre 2019 à 11:35   •  

Heu, j'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas dire ?

@Evaderhaindi j'espère que tu n'as pas pris ma remarque en mauvaise part ? C'était dit sur le mode de la plaisanterie/jeu de mots, et s'il y avait une pique cachée, ce n'était certainement pas à ton intention mais plutôt en direction du type auquel je ne reconnais qu'un seul mérite, celui d'avoir hissé les vocalisations caprines au rang de pompe à fric ;)

(et oui, les smileys SONT importants) :)

Evaderhaindile 21 novembre 2019 à 11:41   •  

Mais oui les smileys sont importants.Vous aurez remarqué que j'en ai moi même fait un.Contente de vos réacttions ça me rassure quand même! 🙄 😄 🤔

Julienle 21 novembre 2019 à 11:46   •  

Dans le prolongement de la thématique de ce post :

Quelle est la proportion des pensées que nous choisissons (ou pas !) de verbaliser, en d'autres termes : nos paroles, qui est réellement utile ?

Je trouve ça ouf, la vitesse à laquelle nous parlons, et la quasi-simultanéité entre une pensée, et sa verbalisation - à moins que l'on ne pense, qu'aprés avoir parlé ?

Aussi, je remarque que souvent, on exprime une pensée, sous forme de croyance ou certitude par exemple, sans avoir analysé cette certitude, sans l'avoir mise en doute, sans avoir déconstruit le mécanisme qui améne à cette soi disant certitude ; alors une discussion a lieu, mais cette discussion, basée sur une certitude, dont la crédibilité n'a pas été questionnée, n'est elle pas finalement une perte de temps et d'énergie ?

Vous questionnez vous sur l'utilité des mots, idées, opinions, certitudes, que vous verbalisez quotidiennement ?

Evaderhaindile 21 novembre 2019 à 12:12   •  

@Julien
J'utiliserais bien le mot" assertivité "pour décrire ce que je ressens, en réponse à tes questions.....Pas de passivité et pas non plus d'agressivité. 🙄

Evaderhaindile 21 novembre 2019 à 12:19   •  

voir la vidéo

Julienle 21 novembre 2019 à 12:24   •  

Ah, l'assertivité ! Un terme rarement utilisé en langue française, mais couramment, en anglais US, d'ailleurs, je m'inspire souvent du caractère "assertive" américain, mais j'ai l'impression que le terme français renvoie à une notion différente. Je vais creuser ça assurément, merci Eva !

Fropople 21 novembre 2019 à 13:42   •  

@Julien, j'ai pour ma part plutôt l'impression de ne jamais émettre une idée ou opinion sans y avoir un minimum réfléchit (mon minimum étant, je pense, bien plus exigeant que bon nombre de personnes). Pour les convictions, elles ne sont pas nombreuses et trop "personnelles" a mon goût pour que je me permettent de les asséner à autrui.

Asacksle 21 novembre 2019 à 15:22   •  

@Julien pour ma part je choisis d'exprimer trés peu de mes pensées, convictions même si je voudrais parfois tout sortir 😄

D'abord pour éviter de saouler mes interlocuteurs et de leur imposer tout ce qu'il y a dans ma tête (car je serais capable de ne pas m'arrêter, surtout sur un sujet qui me parle particulièrement). A l'écrit c'est encore plus problèmatique car on se retrouverait avec des énormes pavés.

Ensuite, peut-être aussi parce que j'ai été élevée comme une petite fille bien sage et que j' ai appris à ne pas m'exprimer à tout va ( alors que j' ai le feu en moi 😂 )

Par facilité aussi je l'avoue. Par exemple ici, les gens sont vraiment intéressants avec un raisonnement fluide et construit, du coup tout est dit dans les posts précédents et je suis bien souvent en accord.
Par contre,.lorsque je suis en désaccord je le dis mais j'évite de me fatiguer à prolonger la discussion, si la communication ne débouche sur rien de constructif. Si besoin d' éclaircissements, je précise comme je peux, car je sais que j' ai souvent du mal à traduire ma pensée.

Enfin, comme tu le mentionnes, parfois lorsque je sens une perte d'énergie, je n'insiste pas, car j' ai déjà l'impression d'être aussi fatiguée qu' une vieille dame qui a bien vécu (enfin parfois), et que j' en ai perdu une trés grande partie en plusieurs années, avec un proche. Donc, maintenant j'active le "mode économie d'énergie" 😂

Je ne sais pas si c'est une bonne stratégie, mais c'est celle que j' ai trouvé de mieux...je suppose que je peux encore l'améliorer, sûrement en devenant plus assertive (ce qui me plairait bien) petit clin d'oeil à @Evaderhaindi 😉

@Fropop juste par curiosité, car c'est quelque chose que je ne parviens pas toujours à faire. T'arrives t-il quand même spontanément d'emettre une idée, une opinion sans y avoir longuement réfléchi ? Je veux dire de façon intuitive ? Ou vraiment tu y réfléchis toujours au préalable ?

Fropople 21 novembre 2019 à 16:31   •  

hum si, cela doit m'arriver mais c'est assez rare. Je suis spontané, par exemple, lorsque je sais que c'est la norme et qu'il ne voit pas le risque d'être jugé, genre avec des phrases automatique comme bonjour, bon appétit, à tes souhait... encore que même pour un "bonjour" si la personne est entrain de discuter à une ou deux autres personnes, il y a des chances que je les évites sauf si leur langage corporel indique qu'elle s'apprête à mon dire bonjour et non qu'elle sont occupé dans leurs discussions.
Je ne réfléchit pas nécessairement longuement quand je me sens "légitime", par exemple, une tentative de reformulation ou une demande d'éclaircissement sur une idée trop flou ou qui peu amener a de multiples interprétations, au travail. Mais cela n'est pas fréquent (syndrome de l'imposteur) et celà passe quand même par une réflexion brève, quasi immédiate, mais présente quand même ;)
Quand j'émets un avis, je prends des précautions puisque celui est subjectif et donc se base sur une part incomplète des faits y afférents

Asacksle 21 novembre 2019 à 16:46   •  

Merci pour ta réponse, je pense que j'y gagnerai (notamment au travail) de procéder un peu plus de cette façon 🙂

Ahhh ce juste équilibre...pas toujours facile à trouver, mais j'y viens.lol

Fropople 21 novembre 2019 à 16:52   •  

en fait je suis "intuivement dans la reflexion" ^^

Asacksle 21 novembre 2019 à 17:11   •  

😂 voilà qui est biend dit

zebreperdule 21 novembre 2019 à 19:16   •  

Bonsoir à toutes et à tous,

Se sentir utile est une chose ( de l'odre du ressenti, tu sentiment de la croyance même)
Etre utile en est une autre.
J'estime que tout etre vivant est utile, ne serait-ce que par le fait qu'il existe.
Si une fleure, un insecte..... un etre humain existe, c'est q'il est utile à quelque chose. Cela j'en suis convaincu! Cetaines fois, la difficulté est de comprendre à quoi il est utile.
Il n'y a que les humains pour se poser cette question, pour douter de l'utilité d'un tel ou d'un autre.
Moi je ne me pose plus la question. Nous sommes toutes et tous utiles...

Se sentir inutile ne fait donc pas de nous des inutiles, mais des gens qui doutent.

@Julien j'ai pas fait avancer le schmilblick mais tant pis 🙂

Julienle 21 novembre 2019 à 19:40   •  

Hey @zebreperdu, ne te justifie pas auprés de moi :)) pour moi toute personne qui s'exprime fait avancer le schmillblick

Seble 21 novembre 2019 à 21:37   •  

Eh ben justement, est ce que faire avancer un schmilblick aussi petit soit il, n'est il pas être utile? N'est ce pas poser sa petite pierre dans l'Histoire, pas celle que les historiens vont réussir à écrire mais celle de l'Univers? Et n'est il pas normal quand on en est conscient, de faire partie de ce grand Tout (ou de ce petit rien) d'être heureux de le faire avancer? Et d'ensuite vouloir prolonger cet état, simplement en étant moteur de ce mouvement? De l'accompagner sans le subir (on s'éloigne de l'utilité ) ?
Certains ont besoin de sentir utiles aux autres, certains recherchent à être utiles par appât d'un gain immédiat ou futur. Et là être utile ce n'est pas souhaitable pour eux, il s'agit d'une nécessité

Pour ceux qui connaissent Fondation d'Asimov, ça me fait penser un peu à une logique à la Gaïa où tout est inclus dans une conscience de l'ensemble et où chaque parcelle est consciente de son rôle mais à toujours sa part d'individualité, plus ou moins grande selon sa sensitivité mais qui tire satisfaction d'être à sa place et contribuer à une harmonie

Bon on peut parfois je le reconnais douter de son utilité dans le mouvement du monde, surtout quand celui ci va dans une direction qui nous déplaît et où du coup on va soit chercher à le bloquer (assez peu gratifiant moralement) soir chercher à infléchir sa trajectoire

Loisele 01 décembre 2019 à 10:23   •  

@Julien. L'utilité est un concept purement humain. Dans l'univers l'utilité n'existe pas. Sur Terre non plus. Tout ce que l'on observe est le fruit des lois de la physique et de la biologie qui ne connaît pas de déterminisme donc pas d'utilité, pas de but.

Dans ce contexte est il nécessaire d'être utile? Je dirais que tout dépend de comment l'on s'inscrit dans sa société.
- Si l'on est en retrait, alors certainement pas.
- Si l'on est coincé dans sa société, imprégné par elle, alors oui car elle nous juge là dessus.

Personnellement je n'ai aucun scrupule à me sentir inutile dans une société que je trouve aliénante et qui ne me donne pas toujours les moyens d'être heureuse dans mon métier et de l'exercer dans les meilleures conditions qui soient. Alors je m'en fous d'être parfois (souvent) inutile. La société me juge? Je me suis toujours foutue de ce qu'on pensait de moi et je n'en suis que plus heureuse.
La vie est inutile par principe. Je suis la vie. C'est mon principe de (sur)vie.

Id41le 01 décembre 2019 à 10:28   •  

L'utilité se qualifie par la notion de progrès.

Le progrès ne va pas sans nouveaux problèmes, mais le confort et la découverte/exploration augmentent. Il s'agit d'ouvrir des horizons et régler une fois pour toute les problèmes du passé (résolus seulement par une minorité actuellement).

Parfois, le progrès n'est pas ce que l'on pense. D'où la nécessité du principe de précaution.


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