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Chuis triste.
Fallait bien que ça arrive, Edgar Morin nous a quitté à 104 ans !
Le plus grand penseur du XX° et du début de XXI°.
"Qu'est ce que l'esprit critique s'il n'est pas aussi autocritique ? Qu'est ce que l'esprit critique s'il n'est pas capable d'effectuer la critique de la critique ?"
"Tout gain comporte perte, tout avantage inconvénient."
"Vivre est tout à fait irrationnel mais l'organisme vivant est organisé de façon tout à fait rationnelle."
"Le paradoxe des moments d'éternité qui nous arrive de vivre est qu'ils sont fugitifs."
"L'homme est un être culturel par nature parce qu'il est un être naturel par culture."
"Si nous savons comprendre avant de condamner, nous serons sur la voie de l'humanisation des relations humaines."
"C'est toujours ce qui éclaire qui demeure dans l'ombre."
"L'économie qui est la science sociale mathématiquement la plus avancée, est la science socialement la plus arriérée, car elle s'est abstraite des conditions sociales, historiques, politiques, psychologique, écologiques inséparables des activités économiques."
"De même qu'il faut de la souffrance pour connaître le bonheur, il faut de la prose pour qu'il y ait poésie."
"La connaissance progresse en intégrant en elle l'incertitude, non en l'exorcisant."
"Une société s'autoproduit sans cesse parce qu'elle s'autodétruit sans cesse."
"Ma gauche puise à quatre sources : la source libertaire (épanouissement de l'individu), la source socialiste (amélioration de la société), la source communiste (fraternité), la source écologique (le soin de notre relation à la nature)."
"Chaque intelligence individuelle nait de la coopération collective de milliards de neurone, chaque intelligence collective nait de la coopération de nombreux individus."
"L'intelligence, ce n'est pas seulement ce que mesurent les tests, c'est aussi ce qui leur échappe."
"Les sciences humaines ignorent l'humain biologique, en font une entité sans corps et sans vie."
"A force de sacrifier l'essentiel à l'urgence, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel."
"Je suis devenu un conservateur révolutionnaire. Il faut tout révolutionner, mais en conservant les trésors de notre culture."
"Le génie surgit dans la brèche de l'incontrôlable, justement là où rode la folie."
"Je suis de ceux qui adorent adorer."
"L'esprit humain crée des Dieux qui le dominent et le subjuguent alors qu'ils dépendent totalement de lui."
"Rien n'est plus probable qu'adviennent des événements improbables."
"Si vous savez qu'homo sapiens est aussi homo démens et qu'homo démens est aussi homo sapiens, vous commencez un peu à vous connaître et à connaitre l'être humain."
"Le pourcentage de voleurs est le même dans toutes les communautés, même chez les gendarmes."
"La cohérence pure, c'est du délire, c'est du délire abstrait."
"Il n'est pas un signe ou un acte de civilisation qui ne soit en même temps un acte de barbarie."On peut dire du monde que c'est en se désintégrant qu'il s'organise. Voici une idée typiquement complexe. Dans quel sens ? Dans le sens que nous devons unir ensemble deux notions qui, logiquement, semblent s'exclure : ordre et désordre."
"Seuls sont créateurs des anormaux, seuls sont productif des normaux."
"Je pense qu'avant de présenter la démocratie comme solution il faut la présenter comme problème."
"Il faut savoir que chez l'être humain la raison peut se mettre au service de la folie et que la folie peut créer ce dont la raison est incapable."
"Faut il plonger dans encore plus de chaos pour pouvoir espérer en sortir ?"
"le renoncement au meilleur des mondes n'est pas le renoncement à un monde meilleur."
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J'ai un souvenir particulièrement désagréable des textes de lui qu'on a pu me faire lire pendant mon parcours scolaire.
C'est simple, dès que je voyais qu'il en était l'auteur, je savais que j'allais souffrir.
Pas parce que c'était difficile à comprendre, peut-être parce que l'on m'a fait lire (pourtant pas le même contexte, ni le même prescripteur) tombait mal.
En tout état de cause, d'après toi c'est le plus grand penseur du XX ième siècle. C'est peut-être vrai, sans doute vrai, même.
Pour moi, ce que j'ai lu de lui a bien souvent été le plus gros ramassis de conneries qu'il m'était donné de lire sur ce qui était évoqué. Et c'est aussi pour cela que j'appréhendais de tomber sur un de ses textes.
L'explication la plus probable (???) est qu'il était penseur, mais qu'il était aussi peut-être penseur "politique", dans le sens où la politique marquait ses propos (ceux que j'ai pu lire au moins), à un point que ça en dénaturait (pour moi) une quelconque pertinence. Il n'était probablement pas de la même sensibilité politique que la mienne, mais au-delà de ça, même si ça avait été le cas, ça m'aurait aussi, probablement, exaspéré. Si l'explication que j'ai donnée n'est pas la bonne, alors je ne sais pas, je n'ai d'autre souvenir que le côté pénible et désagréable pour moi de la lecture de ce qu'il avait produit. A lui seul, il aurait pu me dégoûter complètement de la lecture.
Au-delà de ça, quand je parcours quelques unes des citations que tu évoques, je vois énormément de truismes.
Désolé pour lui, donc, sa famille, et tous ceux qui l'appréciaient.
Il a quand même bien (en tout cas, longuement) vécu, comme tu le dis en creux.
C'est curieux cet impératif de neutralité absolu. Evidemment qu'un penseur ou un artiste, il s'engage. Créer, penser, réfléchir, s'exprimer, ça a forcément une dimension subjective, et donc souvent, politique.
Si des propos me dérangent, je vais chercher pourquoi. Et la réponse est parfois bien surprenante.
Comme un Lemmy Kilmister ou un David Bowie, dans d'autres domaines, il part avec ce message du : "allez les Djeun's, faites mieux que moi." Et à mon avis, il est tranquille pour un moment.
Je n'ai pas trop suivi ce qu'il disait (je vais doucement, je découvre ou redécouvre Foucault là), mais ça m'interpelle.
"C'est curieux cet impératif de neutralité absolu."
Ce n'est pas ça.
Ça peut être politique (peu importe le bord).
Mais quand la politique finit par prendre le pas sur le reste, c'est différent.
Le problème n'est même pas l'engagement, simplement que sous couvert de faire passer de "grandes idées", ça n'est plus QUE de la politique. Et le fond même des idées est altéré, dévoyé, ou détruit. Au final, ça sonne faux. Et ça crée une forme de tension.
Or il se trouve que je suis particulièrement réceptif et sensible aux tensions; je veux dire par là que si tension il y a, elle ne passera pas mon filtre sans être interceptée, quelle que soit son intensité (à la tension) apparente.
Dans les écrits que j'ai lu de Morin, il y avait presque toujours une tension: soit sur ses idées par rapport aux miennes, soit sur ce qu'il disait réellement sous couvert d'exprimer autre chose.
C'est ma perception, et je me doute qu'elle est loin d'être partagée. Peu importe.
Un autre point biaise probablement ma perception:
mes lectures de sociologie ont rarement été statisfaisantes. Du blabla. Des interprétations, souvent fausses. Orientées. Très loin de ce que devrait représenter pour moi une science, même une science humaine ou sociale. Pas une question de "vérité", ni même de durabilité. C'est peut-être plus une question de symbolique, et / ou que je n'ai pas rencontré, si elle existe, de socio sous forme symbolique.
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