Philosophie et spiritualité

Qu'est-ce que la sagesse?

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Qu'est-ce que la sagesse?
Andonle 15 août 2019 à 16:43

Source: "Invitation à la philosophie"; André Comte-Sponville

La sagesse est un savoir qui, pour beaucoup de philosophes, concerne la pensée, l'intelligence, le savoir, c'est-à-dire un type particulier de savoir qui n'appartient à aucune science et qui n'est ni démontrable ni vérifiable, car il il traite de la théorie mais de la pratique, de l'expérience, de la vie elle-même.

La sagesse est à la fois contemplative et pratique, c'est-à-dire savoir savoir juger, savoir agir.

Pour être sage, il ne suffit pas d'intelligence, de culture ou de quelque compétence que ce soit, car cela renvoie plus à la vérité ou à l'efficacité qu'au bien pour soi.

La sagesse est un savoir vivre, contrairement à la philosophie qui consiste plutôt à savoir penser; bien que ce dernier ait un sens dans la mesure où cela nous conduit à être plus sage, c'est-à-dire à penser correctement pour vivre dans la justice.

Montaigne nous dit que la philosophie est le chemin qui nous apprend à vivre et que la sagesse est le but; parce que nous ne savons pas vivre et nous devons philosopher pour être sage. Cependant, ce n'est que lorsque nous avons déjà vécu que nous pouvons devenir sages et connaître la sexualité, la prudence, le plaisir, l'amour et la mort, lorsque la vie est déjà passée et que c'est une erreur d'éducation qui doit être corrigée. Les enfants doivent apprendre la philosophie, car ce n'est pas forcément une chose sérieuse et ennuyeuse, mais quelque chose de gai, de jovial et peut même devenir un jeu amusant.

Il y a ceux qui identifient la philosophie avec l'érudition, la rigueur, l'ennui et la vanité, sans penser que la vie peut être difficile, fragile, dangereuse et si précieuse qu'il est nécessaire de commencer à philosopher avant qu'il ne soit trop tard.

Les enfants doivent étudier des sujets encore plus difficiles, il n'y a aucune raison pour qu'ils ne puissent pas apprendre la philosophie.

Comment peut-on vivre sans savoir vivre, sans réfléchir à la vie et savoir comment les autres ont réfléchi devant nous?

Les philosophes ont différents critères pour philosopher. Pour Epicure, la sagesse est un plaisir; pour les stoïciens, c'est la volonté, pour les sceptiques, c'est le silence, pour Spinoza, c'est la connaissance et l'amour; pour Kant, c'est un devoir et un espoir; mais presque tous les philosophes s'accordent pour dire qu'il ne peut y avoir assez de bonheur, de sérénité, de paix intérieure joyeuse et lucide, sans l'utilisation de la raison. Le contraire serait l'angoisse, la misère et la folie qui nous menacent continuellement.

Chacun de nous, inspiré par ces philosophes, doit prendre sa propre position en essayant d'être cohérent et de l'appliquer à ses propres vies.

L'opposé de la sagesse est la stupidité, nous devons donc aspirer à vivre aussi intelligemment que possible, même si l'intelligence ne suffit pas. Nous voyons qu'il y a beaucoup d'intelligence dans la science, dans les affaires, dans l'économie et même dans la philosophie, mais aussi beaucoup de stupidité dans la vie des scientifiques, des hommes d'affaires, des économistes et des philosophes.

L'intelligence ne s'approche de la sagesse que lorsqu'elle transforme notre existence, l'éclaire et la guide.

Sagesse ne signifie pas être saint parce qu'il s'agit de sauver sa vie, de la rendre plus heureuse, plus lucide, plus libre et de ne pas sauver les autres, même s'il est possible de trouver Dieu sur ce chemin.

La réponse à la façon dont nous devons vivre est donnée par la sagesse et chacun doit inventer sa propre vie.

L'éthique est l'art de vivre qui se distingue de la morale en ce sens qu'elle se réfère uniquement à nos devoirs. Cependant, l'éthique et la morale doivent aller de pair. La moralité culmine dans la vertu ou la sainteté et l'éthique dans la sagesse et le bonheur.

La moralité ne suffit pas, car il ne suffit pas de faire ce qui doit être fait, il faut aussi de l'amour, de la connaissance et de la liberté.

La sagesse est le maximum de bonheur dans le maximum de lucidité, c'est la vie responsable et digne, la possibilité d'en profiter mais pas à n'importe quel prix.

Juliette...le 15 août 2019 à 19:02   •  

C'est vraiment très intéressant.
Mais comme je préfèrerais que l'on soit l'un en face de l'autre pour discuter de tout ça!
C'est exactement le genre de réflexions pour lesquelles je suis très friande de discussions de vive voix.
je suis tout à fait d'accord avec ce que tu écris, et admirative de la façon dont tu l'amènes. d'autant que tu proposes ici une discussion..
Mais pour moi l'écrit, dans ce domaine, mange un peu de la richesse qu'un ping-pong de vive voix pourrait offrir.
Et je ne peux prendre le temps de disserter maintenant mais je trouve ces quelques lignes vraiment très intéressantes.
Merci Andon!

abstractiole 15 août 2019 à 22:16   •  

Hmm je vais me faire un petit provocany, piur que ce soit plus distrayant. Tout ceci est effectivement joli et agréable à lire. Certes, ms c'est un peu trop classique à mon goût. J'aime penser plutôt la philosophie elle-même comme un mode de vie. Un mode de vie pratique, une praxis... Alors que parfois, on l'enserre, pour ne pas dire qu'on l'enterre dans des formes de spéculation, de logique et des catégorisations qui la rendent tellement inoxydables qu'elle risque de ne point éveiller notre curiosité et de ne point ouvrir à la discussion...
Alors je dirai par exemple : ou placer l'intuition ? Ou pourquoi opposer si simplement la sagesse à la stupidité ?

Merci

Siryackle 16 août 2019 à 07:51   •  

😄 :)
Et aussi, dépasser le cadre ethnocentriste ?! Et pourquoi pas -je pousse le bouchon- le cadre anthropocentriste ?! 😜

abstractiole 16 août 2019 à 10:13   •  

Pour rebondir, l'éthique in praxis, c'est savoir se décentrer de soi.

SoMoonle 16 août 2019 à 16:56   •  

Sujet intéressant dans le fond, la forme me pose problème mais c'est en cela que c'est génial. C'est une invitation de ta part à ce que nous débattions dessus. @abstractio a commencé, puis @Siryack... je les suis... Débattons !!

Ce qui m'interpelle dans la perception de la sagesse que tu nous exposes ici, c'est la correspondance que tu fais avec une forme d'intelligence et la façon dont on doit acquérir une certaine forme de sagesse par la philosophie.... le verbe "devoir" me fait monter aux créneaux direct !

On a un peu oublié ce que signifie réellement le mot intelligence en lui affublant une estime (limite, mérite) sociale supérieure. En se basant sur quoi ? sur qui ? par rapport à quoi ? à qui ?
Bref, "intelligence" a son origine veut dire "discerner"... "entre" et "lire, choisir". On est loin des tests de QI et du potentiel intellectuel...
Selon cette vision réductive, limitante et enfermante, un être peut éduqué, non reconnu comme être "intelligent" ne peut donc pas être sage ? (je répète que l'intelligence décrite est jugée, calibrée par d'autres êtres se pensant eux intelligents, dans la "norme" préétablie).

Je crois que dans le tout un chacun sommeille un sage.
La sagesse est une philosophie, une manière de vivre de concevoir la vie avec discernement et modération.
Alors je vous le demande : est-ce très sage que de croire une pensée, un acte ou un être jugé "stupide" comme manquant de sagesse ? La stupidité ne se mesure pas. Elle est juge et partie. Alors oui, là elle s'éloigne de toute forme de sagesse. Mais parfois ce ne sont pas les ignorants qui sont les moins sages... comme les savants ne sont pas exempt de vanité.
Et pour ne pas en dire trop long car il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet (excellent au demeurant je te remercie de l'avoir lancé @Andon), laissons nos enfants, jeune génération, vous prouver combien on peut être sage bien avant d'avoir acquis toute forme de savoirs. Cette nouvelle génération a beaucoup beaucoup à nous apprendre. Ils sont nés avec d'autres codes que les nôtres. ils sont plus intuitifs. Plus fins d'esprit. Plus ouverts aux champs des possibles que nous. Ils sont nos maîtres. Nous ne sommes pas là pour leur apprendre, mais pour les accompagner et pour grandir en conscience à leurs côtés.

La sagesse est donc en chacun de nous. Elle s'apprend, s'éveille, rit, s'amuse, se faufile... au fil des jours, à chaque pas que nous faisons. Nous n'en avons même pas conscience. La première sagesse étant d'apprendre à s'aimer, à se faire confiance, à accueillir l'autre comme un autre moi et ce, en écoutant la voix du sage qui est en nous depuis le début... notre intuition, notre âme. Libérez le sage qui est en vous !  😉

Abderianle 17 août 2019 à 21:06   •  

Le sage rit et l'imbécile regarde le clic.

Que vaut une vie sage ? Que vaut une vie rangée ? Quoi donc, il faudrait se tenir toujours dans le milieu, dans l'auguste passion sans pression, dans le bon moment de la bonne température, dans le ni trop chaud ni trop froid, dans un bain juste le temps qu'il faut, et ainsi être toujours dans le pas du monde, toujours assez prompt pour le devancer et toujours assez lent pour ne point le dépasser ? La sagesse que l'on nous présente dans ces bonnes initiations sont de braves idéaux, des "eidola", des icônes et des images d'un petit père méditant sur une montagne lointaine. Pis, la sagesse a l'anachorétisme dans le sang ou le diable bon vivant démbulant dans les rues. Mais voilà, quand elle bruit plus que de raison, n'est-ce pas la ciguë qui se rappelle à son attention ? La sagesse est donc là une vision formée et une attente reçue, bref, un préjugé. Un anarchiste perd-il forcément toute sagesse ? Savoir composer avec l'incomposable n'est-il pas le summum de la tempérance ? Réunir les vertus de Socrate (dont la liste reste fluctuante) suffit-il vraiment ? La connaissance est-elle bien nécessaire, et le bon sage devrait-il faire et l'ENA et les Mines ?

Que vaut une vie où tous les événements conspirent à vous rendre tiède ? N'est-ce, d'ailleurs, le but de la civilisation ? Celui qui veut mettre le feu à son open space n'est-il pas plus sage que celui qui tend la main à quelques quidams ? Faut-il encore croire à "la" sagesse, comme on croit aux "animaux" ? N'est-ce pas une sinistre catégorie, une généralisation épuisante où les sophoi et les sophistes sont mis avec les savants, quelques illuminés, des zélotes prophètes et quelques langues bien mesurées sur les forums du Monde ?
En bref, être sage, n'est-ce pas prêter allégeance à un ordre du monde, et donc n'être toujours que dans le relatif de ce jugement, que dans la partialité de cette aspiration ? Et qu'être sage enfin est souvent postuler un absolu que l'existence ne rejoint que dans une contrition et une époque ? La sagesse, une épistémè publicitaire ?

Pacaloule 17 août 2019 à 21:54   •  

Etre simple, plutôt qu'être sage.
Etre, sans retour à soi.

Siryackle 22 août 2019 à 20:20   •  

La sagesse est toujours perçu comme tel par autrui. Le sage ne se voit pas. Il EST simplement. @Pacalou 😉

J'essaye de comprendre ta pensée @Abderian. Pas une mince affaire ! 😄
Déjà, chacun a sa propre perception, définition de ce qu'est la sagesse... La tienne aussi, non ?! Doit-on nécessairement la définir dans des frontières bien définies ? La sagesse est toujours définie par autrui, le "sage" -perçu comme tel- se voit-il lui-même comme sage ?! (l'oeil peut-il se voir ?)
Tu sembles appréhender la sagesse comme tel : "une vie sage", "une vie rangée", un juste milieu en fait sans les passions excessives (pléonasme ?!)...
Une définition que tu donnes comme imposée. Si bien que tu te donnes une vision de la sagesse imposée par le "bon sens" (ironie là), comme étant étriquée.
J'entends tes lamentations à ces trop de restrictions limitatives... Cette "épistémè publicitaire" -pour reprendre tes mots.
Oui ! C'est à la mode cette notion de "sagesse", qui regroupe tout et n'importe quoi.

Je suis partiellement d'accord avec toi.

Qu'en est-il de la "sagesse" des amants du "cantique des cantiques" ?! Pas très raisonnable...
Et de la "folle sagesse" ?! En apparence irraisonnés et irraisonnable et qui pourtant a un sens mais pas compris d'autrui...

La sagesse intérieure ne résonne qu'à soi-même.

Pour humble exemple, j'ai "commis" ( 😄 ) des actions qui n'étaient pas compris par autrui, mais très bien compris par moi-même dans les implications, intrications, conséquences... voulues.

Dis-moi, au delà des considérations contemporaines et culturelles, quelle est pour toi la sagesse en ton fors intérieur ?!
A moins de ne considérer le concept de sagesse comme une "coque vide" indubitablement irrécupérable... Quel est le "truc" qui te ferait vibrer s'approchant de près ou de loin à TA sagesse intérieure, @Abderian ??!

Siryackle 22 août 2019 à 20:37   •  

Au delà des différents posts de tout à chacun... il me semble que la pensée, l'introduction de @Andon a été quelque peu "réduit". Chacun y va de sa réaction, ce qui l'interpelle... C'était une introduction hein ! Certes quelque peu classique mais à plusieurs ouvertures. Je vous invite à relire, reprendre ses différentes ouvertures.
Je comprends pourquoi il n'a pas trop réagit. J'aurai pondu la même chose, pas sûr que j'aurai voulu répondre !

Multiplicité des personnalités, multiplicité des interprétations... Ouverture d'esprit !! Ouverture d'esprit quant à ces formes d'intelligences multiples que l'on peut avoir du mal à appréhender.
Risquer l'inconnu de l'altérité. Se mettre "en danger" quand à se "frotter" à ce qui nous apparaît comme peu familier.
J'ai dit. 😜

Juliette...le 22 août 2019 à 21:12   •  

A moi, la dernière phrase d'Andon m'allait très bien:

"La sagesse est le maximum de bonheur dans le maximum de lucidité, c'est la vie responsable et digne, la possibilité d'en profiter mais pas à n'importe quel prix."

Cette sagesse-la me parle. Peut-être parce-qu'elle reste tout de même assez floue pour me permettre une petite marge d'écarts quand-même 😉

Siryackle 22 août 2019 à 21:21   •  

C'est vrai que cette phrase idéale me plait bien aussi, @Juliette. :)
Idéal... Mais on peut bien rêver ! 😄
Le rêve, monde-forme des aborigènes. 😉
A ne pas négliger ! :)

Abderianle 25 août 2019 à 00:30   •  

Merci @Siryack d'avoir pris le temps de me lire et d'oser même me répondre, après avoir, ô diablerie rare, tenté de comprendre ce que je "disais".

Mh, vu que tu as bien saisi le jeu littéraire que j'y mettais, je ne le relèverai pas, mais rebondis sur ta réaction.

Assurément le sage est toujours perçu, en sorte qu'on est toujours le-sage-pour-qqn, et c'est bien là ce qui rend toujours impossible un propos juste ; c'est toujours une aspiration plus ou moins personnelle, mâtinée de beaucoup de concepts civilisationnels. Mais les définitions à brûle-pourpoint sont grosso modo les litanies qu'en donne Sponville, oubliant par exemple que le sage grec avait pour objectif l'indépendance totale vis-à-vis du monde, ce qui incluait des diètes sévères et l'idéal même de se passer de nourritures terrestres. Il y a donc toujours une pauvre idée de transcendance dans ces sophoi, et un peu à la Nietzsche, ne faudrait-il pas réhabiliter un peu la sagesse d'un corps, la déraisonnable sagesse d'une passion ou d'une action ? La sagesse qui divise, celle rationelle et pourtant consensuelle, n'est peut-être qu'un sticker mis dans un bel album mais non la photo d'un moment vécu. C'est là le ridicule, comme le mannequinat ou les "stars", et le bon sage serait peut-être Calliclès contre tous les autres, ou même l'enfant d'Héraclite, si pris dans son jeu qu'il ne se soucie du monde, et non le philosophe aux yeux éblouis de lumière... ("ooooh le monde est beau.... COMME l'oiseau bleu..." :p). Bref, être sage au détriment de ce qui fait homme, n'est-ce pas innoculer dans la pensée un virus qui a les mêmes relents que la religion et qui veut sans cesse combattre en notre espèce ce qui proprement fait que nous sommes une espèce ? Et quel mérite y a-t-il à sortir de notre condition ? Est-elle si viciée qu'il faut s'en échapper ? Ne peut-elle seulement être amendée ? Et si la sagesse consiste seulement à "vivre sa vie", alors même l'imbécile le fait très bien, et même mieux que tous les penseurs. Et s'il fallait affirmer que n'est sage que celui qui a su philosopher, c'est bien uriner avec mépris sur les bonnes âmes des villages perdus d'Europe, d'Afrique, d'Asie et d'Amérique qui sans avoir jamais lu savent bien que "le bonheur n'est pas écrit dans les livres". Ah les mains des travailleurs !
Bref, je m'égare en tançant un peu, mais vous aurez là l'oeil clair sur mon propos : en bref, vous serez sages ! :p

Alors, @Siryack, puisque tu me questionnes sur ce que serait la sagesse en son for intérieur, voilà que je m'étonne et agite le sabot en renâclant. Quoi, toi qui mets les visions classiques à bas, tu veux rétablir une division dans la sagesse, et mettre d'un côté la sagesse "star" pleine de strass et de conventions, et de l'autre la sagesse individuelle, portative, si discrète qu'elle ne serait connue que du seul porteur, nécessairement "saint" ? Que serait une sagesse dont nul ne saurait juger ? Une sagesse supérieure et discrète, calculante peut-être, qui navrerait autrui ? "Oh, ma belle Amélie, je t'aime, mais, pour d'obscures raisons que tu ne comprendrais pas, il me faut te quitter". Une sagesse pareille conduirait à moult gifles, j'en fais la prophétie ! Eh quoi, tu voudrais une sagesse sourde ? Sourde donc au monde et aux explications, une sagesse qui vibre sans troubler le monde de son nom, et qui se teinterait alors d'une petite vanité, du genre à être ésotérique ? Ce serait là encore faire un culte a quia, être dieu et prophète de ses propres commandements, sans qu'un juge puisse vérifier la bonne tenue et la juste procédure. Et si le moi est variable, cette sagesse si secrète n'en épouserait-elle pas à l'occasion les humeurs et les variations ? Ou comme Dédale, ne déprendrait-elle pas trop de l'expérience personnelle pour n'être qu'une petite collection de maximes ou de raisons toujours perfectibles, rendant ainsi toutes les opérations passées vaines, maladroites, voire grossières ou grotesques ? Qu'ainsi cette sagesse ne serait atteinte vaguement qu'avec l'âge, et qu'on dirait d'elle ce qu'on dit de tous les autres hommes : elle ne vient finalement qu'au crépuscule de ses pensées ? Serait-ce alors là une sagesse de trépassé, une bonne philosophie pour être quitte de la vie avant la tombe ? Quelle chute, mesdames, à cette sagesse !

Voilà donc la seule sagesse qu'on pourrait trouver en @Abderian : une violente autocitation cacophonique qui ébranle les murs et crache des lumières aveugles !

Siryackle 25 août 2019 à 08:35   •  

Ah bah voilà !! 😄 Je n'osais tirer de conclusion sur tes vociférations... J'avais des doutes, tu l'as très bien formulé toi-même !!
"une violente autocitation cacophonique qui ébranle les murs et crache des lumières aveugles !" 😄

Zut ! Je dois y aller... Je reprendrai.

😜

Abderianle 25 août 2019 à 22:38   •  

See you then ! 😛

Odysseusle 27 août 2019 à 10:00   •  

En l'état, la question initiale n'a pas de réponse car elle sous-entend une réalité objective et universelle.

Abderianle 27 août 2019 à 14:07   •  

Et d'aucuns y croient. Tout est affaire de chapelle, mais les meilleures liturgies sont celles qui s'entremêlent ! Et s'il faut vraiment dire qu'une telle réalité n'existe pas, comment blâmerait-on les hommes d'en rêver ?

Odysseusle 27 août 2019 à 20:17   •  

Dans ce cas c'est le mythe de la caverne. On se contente de contempler des ombres et non le soleil directement.

Abderianle 27 août 2019 à 21:04   •  

Qui peut franchement le voir ? Vois ce qu'est le soleil de Platon : une longue litanie de commentaires, et des centaines de philosophes contestataires après lui, dont son plus grand ami.
Franchement, tout le monde a ses petites crèmes solaires, mais je ne crois pas qu'elles servent vraiment.

Odysseusle 27 août 2019 à 21:14   •  

Ça n'est pas parce qu'une opinion est critiquée qu'elle devient fausse. Si elle est fausse c'est endogène à sa nature d'opinion.

Pour autant, il ne s'agit pas de Platon mais simplement de spécifier que définir la sagesse est illusoire puisqu'il s'agit de définir un idéal et donc de rendre subjectif un concept qui se veut universel.
Définir son idéal de sagesse et l'argumenter est davantage de l'ordre du possible.

Hatsale 22 septembre 2019 à 20:43   •  

Et si le sagesse, comme la spiritualité, c'était simplement d'arrêter d'en parler, de vouloir les définir, les mettre dans une boîte et simplement de prendre nos responsabilités...


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