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les intelligences atypiques et le monde de l'entreprise
Les intelligences atypiques et le monde de l'entreprise
Aurelle 18 octobre 2018 à 17:16

Je viens de signaler un récent podcast de "La Tête au Carré" dans une autre rubrique du forum, et la fin de cette émission aborde sommairement le monde de l'entreprise, lequel mériterait à mon avis qu'on lui consacre un programme entier.

Ci-dessous, la retranscription du passage concerné :

[ Julie Dachez : ] - Les neurotypiques en entreprise qui vont réussir, ce sont ceux qui savent naviguer socialement, qui savent ménager la chèvre et le chou pour ne pas s'attirer d'inimitié, qui savent brosser leurs supérieurs hiérarchiques dans le sens du poil, qui vont toujours être hyper-partants pour faire les séminaires, les sorties en jet ski et tout ça, et ce sont ces gens-là qui vont grimper les échelons et qui vont ensuite avoir des postes vraiment importants, et ça laisse de côté évidemment les personnes autistes, mais pas que : toutes les personnes qui ont un petit déficit au niveau du sens social, ou en tout cas une façon d'être au monde différente.
Ca, c'est vraiment dommage.

[ David Gourion : ] - On le voit dans le monde de l'entreprise, où souvent, des personnes autistes ultra-brillantes commencent à avoir des difficultés vers 35/40 ans, à un âge où, dans le monde de l'entreprise, ce n'est plus uniquement votre expertise dans un domaine qui prime, mais vos capacités politiques à maintenir votre poste, à jouer un peu des coudes, et qui à ce moment-là se retrouvent en grande souffrance, et sortent de l'entreprise.


Votre avis là-dessus ?
Et peut-être votre propre expérience personnelle, votre propre ressenti ?

Kinder59le 21 octobre 2018 à 05:57

Bon, je me jette à l'eau!
En lisant Julie Dachez, bon sang que je suis contente d'être neuroatypique!!! 😄

"ce sont ces gens-là (les neurotypiques) qui vont grimper les échelons et qui vont ensuite avoir des postes vraiment importants" ---> au fond, est-ce le poste qui importe ou le fait de s'éclater (ou pas) à faire ce que l'on fait? Je vous laisse deviner ma position à ce sujet...

"vos capacités politiques à maintenir votre poste, à jouer un peu des coudes, et qui à ce moment-là se retrouvent en grande souffrance, et sortent de l'entreprise" ---> définitivement je sais pourquoi j'ai tout envoyé péter au boulot en début d'année...
Je ne veux plus jouer un rôle, avoir un masque de "faux-self" qui finalement se retourne contre moi car mon perpétuel engouement envers toute nouveauté et ma capacité au self-made dérangent et font que mes proches collaborateurs se sentent en danger... sauf que la "carrière", le fait de gravir les échelons jusqu'à l'Olympe, je m'en tamponne le coquillard. Na.

Vu l'heure à laquelle j'écris ce post, vous en déduirez que je suis insomniaque ou que je travaille de nuit... mais au moins j'ai retrouvé une certaine sérénité d'esprit sur le plan professionnel.

Belle journée!!

patrickle 07 janvier 2019 à 13:04

bonjour,

j'ai travaillé à l'époque dans une structure où on voyait clairement que toutes les personnes compétentes refusaient de postuler à un poste plus élevé dans la hiérarchie. elles savaient très bien qu'à la fois elle ne feraient ce qu'elles aiment et quelles passeraient la plupart de son temps à faire de la gestion politique et au final, ne plus être bénéfique pour la structure. les places étaient donc libres au personnes interressée par la gestion politique. au final cela créé un effet boule de neige où on se retrouve avec une vraie ligne de fracture entre les gens qui font de la 'gestion' au dessus, les gens qui font du 'travail de terrain' et aucun dialogue entre les deux. c'est pas ce qu'il a de plus en plus efficace.

je vous mets le lien d'une vidéo que j'adore, je suppose que la plupart d'entre vous se reconnaitront.
&t=125s

Caravagettele 07 janvier 2019 à 14:33

Que cette vidéo est pertinente !
J apporterai cependant une petite remarque illustrée par mon expérience professionnelle.
S il est vrai que nous pouvons nous adapter très facilement comme le montre ^ l expert ^ à la fin du film, forcer notre nature nous conduit inévitablement à une cassure ( départ de l entreprise pour les plus chanceux ou au burn out pour les acharnés dont malheureusement j ai fait partie).
Notre fonctionnement particulier nous conduit perpétuellement à être en décalage avec les valeurs plébiscitées par l entreprise ( Vision court-termiste motivée uniquement par le profit , priorité à la forme plutôt qu au fond etc ..).
Si j ai pu gravir les échelons, il n empêche qu à partir d un certain âge ( 35 , 40 ans), la remise en question intervient ( plus ou moins violemment 😜).

PauloMalamokle 07 janvier 2019 à 15:40

Cette vidéo est excellente, très kafkaïenne. Je vais la reposter 😂 et je vais m'entraîner à gonfler des lignes rouges perpendiculaires en forme de chatons, voire transparents, et verts, un jeu d'enfant !

patrickle 11 janvier 2019 à 10:12

la représentation des chefs est très bien faite aussi. combien de fois, j'ai vu des chefs qui connaissaient pas le domaine et qui veulent pas s'y renseigner vouloir absolument prendre des décisions (probablement pour justifier leur salaires) et qui tapent à côté de la plaque ou qui disent des banalités affligeantes ou ne s'intérreser qu'à la méthode (on va organiser un déjeuner de travailler) plutôt qu'au fond.

Caravagettele 12 janvier 2019 à 03:50

Et qui dit entreprise dit évaluation professionnelle 😋

Abderianle 12 janvier 2019 à 15:02

Vous connaissez la loi de Peter, j'imagine ? Ici même, sinon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_Peter
Moi je rêve d'atteindre mon climax !

patrickle 12 janvier 2019 à 22:03

cette vidéo traduit bien la réalité. elle traduit bien une constatation que j'ai fait depuis plusieurs années : la plupart des personnes n'ont pas comme objectif le bon fonctionnement de l'entreprise (quand ils visent le bon le fonctionnement de la partie dont ils sont responsables, c''est déjà bien). la plupart défendent leur intérêt (incluant leur confort). ceci est d'autant plus fort qu'on monte dans hiérarchie (puisque les avantages deviennent plus intéressant). Si on accepte cela, on vit un peu mieux.
pour faire écho, j'ai eu dans une de mes évaluations : 'vient en réunion avec la solution, ce qui énerve ses collaborateurs. parfois il vaut mieux une solution un peu moins bonne mais concertée'. Je l'applique encore maintenant mais je l'ai fait un peu évolué : je ne donne pas la solution mais je pousse les personnes à apprendre à trouver d'eux-même la bonne solution.
(j'ai la prétention de croire que dans mon domaine, je comprends facilement les problèmes et donc trouve facilement les solutions)

patrickle 12 janvier 2019 à 22:13

pour revenir sur les évaluations (ca tombe bien j'ai du en faire quelques unes récemment), c'est un truc qui ne sert absolument à rien à part permettre au RH de faire les intéressants. si j'ai un problème avec quelqu'un, j'attend pas l'évaluation. si je suis content de quelqu'un, il le sait avant l'évaluation. l'argument de dire que cela permet au chefs qui n'osent pas faire de remarques de le faire à ce moment là... vous pensez que c'est parce qu'il est en tête à tête avec son employé qu'il osera le faire.
On apprend aussi qu'une évaluation peut avoir des effets très pervers. un chef qui met une mauvaise évaluation à un collaborateur 'beau parleur' sera vu comme un harceleur'. il ne fera pas non plus car une mauvaise évaluation peut empêcher une mobilité de l'employé vers un autre service. un chef préfèrera déclarer un max d'employé comme bon parce que ca prouve qu'il est un bon chef (il recrute bien, il forme bien il encadre bien,...). il ne donnera pas non plus de très bonne évaluation car il aura alors l'impression qu'il ne pourra plus contenir ses employés.
en plus, j'ai appris que l'évaluation est le moment idéal pour un PN d'exercer son contrôle (qu'il sont évalué ou évaluateur)

patrickle 12 janvier 2019 à 22:16

et pour finir le triptyque sur la loi de Peters, elle est en réalité pire que cela car il y a un corolaire : souvent pour dégager une personne incompétente, on s'arrange pour la faire monter dans la hiérarchie (mais pas dans sa branche). il y a aussi les personnes placées par les personnes tout en haut.

patrickle 12 février 2019 à 10:27

pour relancer le débat (mais j'aurais pu le mettre dans le chapitre 'le malaise au travail'), j'avais vu à l'époque un reportage (ca devait être envoyé spécial ou complément d'enquête ou un truc du style) sur les surdoués au travail. l'un deux expliquait qu'il avait toujours eu du mal à s'intégrer dans le monde du travail jusqu'à sa boite actuel où il a rencontré un chef sympa. ils avaient trouvé un accord ou le HP travaillait à 4/5eme, le cinquième jour il le passait chez lui où il avait un vrai petit labo. les autres jours, ils bossaient sur plein de dossiers différents (dossier techniques, gestion de projets, programme informatique,...) qu'il venait régulièrement expliquer à son chef (qui par ailleurs avait l'air cool et le laissait faire, je suppose qu'il l'encadrait quand même un peu pour obtenir du résultat).
A la réflexion, je m'étais dit que je travaillais que sur un dossier à la fois, mais en réalité je dois avoir une trentaine de dossier sur le feu (certains plus géré par des collaborateurs) et ca me permet d'avoir un certain équilibre. par contre, je suis capable de dire stop (enfin parfois :) ) à la prise de nouveau dossier quand mon équipe ou moi débordons.


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